V. F. CHÆTOGASTRIDÆ
direction par rapport à la tige, présentent des différences assez tranchées pour permettre dans bien des cas de distinguer les espèces d’après leur simple examen et avec d’autant plus de facilité qu'elles sont relativement fortes et que la transparence de la peau les fait facilement découvrir.
Le tégument est composé des couches habituelles que la transparence des tissus dans certaines espèces permet d’étudier avec plus de facilité que partout ailleurs. La cuticule présente parfois des sortes de bâtonnets désignés assez improprement par Udekem sous le nom de spiculés. On trouve en outre plus ordinairement des sortes d’élévations chargées de petits poils ayant l’apparence de cils vibratiles, mais n’en possédant pas le mouvement, et, à la partie céphalique, de longues soies évidemment tactiles comme sans doute aussi les précédents, au reste l’animal observé à l’état de vie se sert du disque antérieur pour toucher les objets et en reconnaître la nature à la façon des Sangsues avec leurs ventouses céphaliques. Ce sont là les seules traces d’organes de sens spéciaux qu’on puisse reconnaître chez ces vers.
L’appareil nerveux offre la disposition ordinaire avec toutefois une complication et, suivant les espèces, des différences peut-être plus grandes que chez beaucoup de Lombriciniens, mais ceci n’est-il pas plus apparent que réel et sans doute attribuable à ce que l’étude, grâce à la transparence des tissus, a été poussée plus loin que dans d’autres groupes. Le ganglion cérébroïde est le plus ordinairement composé de deux masses simples latérales, reliées par une portion médiane commissurale plus étroite. Chez le Chætocjaster vermicularis, MülL, il s’y ajoute deux prolongements postérieurs d’un volume supérieur aux masses latérales elles-mêmes, lesquels recouvrent en grande partie le pharynx. De la partie externe des ganglions cérébroïdes, à l’origine de la commissure, naît de chaque côté un tractus plus ou moins chargé de cellules ganglionnaires, qui s’accolle au pharynx et se dirige en arrière, c’est l’origine du nerf vague, lequel s’étend sur l’appareil digestif et se complique sur divers points de l’œsophage et de l’estomac par l’adjonction d’anneaux, composés de cellules au moins bipolaires, peut-être multipolaires, anneaux entourant le tube intestinal, les cellules y sont disposées sur une seule rangée circulaire, ordinairement contiguës les unes aux autres. La chaîne ventrale n’offre rien de particulier, en avant les deux connectifs sont réunis de distance en distance par des anastomoses transversales d’où résulte une apparence scalariforme. Une dizaine de ganglions antérieurs sont bien séparés, en arrière on en trouve quelques autres de moins en moins distincts. Ce qu’il y a de plus remarquable, et M. Vejdovsky insiste avec raison sur ce point, c’est que le nombre des ganglions est loin de concorder, surtout en avant, avec celui des
LOMBRICIN'IENS.
anneaux indiqué par les dissépiments, l'intervalle compris entre deux de ceux-ci pouvant en renfermer deux ou trois. Ce caractère exceptionnel, en dehors du type des Lombriciniens et même des Annelés en général, établirait, jusqu'à un certain point, une liaison éloignée avec les Mollusques.
Le tube digestif offre une complication, qui n’est pas en rapport avec l'état d'infériorité des autres appareils de la vie de nutrition en général. Il comprend outre la bouche, un pharynx, un œsophage, un estomac, un intestin, en ne prenant pas toutefois ces termes dans un sens trop absolu, les phénomènes physiologiques de la digestion chez ces animaux étant fort mal connus.
La bouche triangulaire ou quadrangulaire, d'ailleurs très polymorphe, se trouve placée, on l'a vu, plus ou moins près du bord inférieur de la portion discoïde céphalique. Elle débouche immédiatement dans un pharynx remarquable par l'abondance des fibres musculaires qui l'entourent, et par son développement, il occupe toute l'épaisseur du corps en ce point et sa longueur est triple ou quadruple de son diamètre. L'œsophage est étroit, sa longueur offre des variations qui peuvent être utilisées pour la détermination des espèces. Le renflement stomacal, ovoïde, rétréci en avant et en arrière pour se continuer d'une part avec l’œsophage, d’autre part avec l'intestin, remplit à peu près complètement la cavité viscérale ; sa paroi mince, transparente, renferme un réseau vasculaire serré à mailles polygonales parfois très régulièrement en trapèzes, formé d'autres fois de rameaux directs, transversaux, d'où résulte une apparence doliiforme.
On peut regarder comme intestin la portion du tube digestif dont les parois sont chargées de glandules dits hépatiques, laquelle s'étend jusqu'à l'orifice anal, les glandules manquent toutefois à la partie postérieure. Une première portion dilatée est comparable dans sa forme et ses dimensions à l'estomac lui-mème, on y trouve également un réseau vasculaire, moins visible cependant en raison de la teinte sombre due aux granulations hépatiques. En arrière l'intestin est étroit, se dilatant à peine entre les dissépiments pour aboutir à l'anus, qui est terminal.
Les espèces qui vivent à l'état libre se nourrissent d’infusoires et autres organismes inférieurs. Pour les espèces, qu'on rencontre sur les Mollusques ou aussi dans l'épaisseur de leurs tissus, on admet qu'elles sont parasites de ces animaux et, comme on le verra plus loin, certains faits de coloration du tube digestif donnent quelque poids à cette manière de voir.
1. appareil vasculaire comprend un tronc dorsal et un tronc ventral sus-nervien, une branche dorso-ventrale particulièrement importante existe au niveau de l'œsophage, elle est visiblement contractile, et même chez le Chætogaster Limnææ, I»aër, se renfle en ampoule