‹ Histoire naturelle des annelés marins et d'eau douceChapitre 187 sur 290 · II. F. GNATHOBDELLIDÆ. G. XV · texte numérisé non relu

II. F. GNATHOBDELLIDÆ. G. XV

doubles emplois possibles, que beaucoup de simples variétés de coloration n’aient été regardées comme espèces distinctes, d’autre part la différence dans les mœurs de certains de ces animaux peut faire supposer que le genre n’est pas homogène et qu’il sera nécessaire de le subdiviser.

L’emploi que l’on fait de ces vers en médecine explique pourquoi ils ont été recherchés partout avec plus de soins qu’aucun autre animal analogue, de là, sans doute, le nombre considérable de types spécifiques signalés sur les différents points du globe.

En Europe, la seule espèce réellement certaine est 17/. medicinalis , Lin., avec ses nombreuses variétés de couleur et de dimensions ; quelques-unes ont reçu des appellations distinctes : H. vacca, Quatr. (1), pour les individus de grande taille. Les H. albopunctata, Wahlberg; H. chloronota, Wahlberg, de Suède; H. scotica, Ebrard, d’Ecosse ; H. verbana, Caréna, du Lac majeur, méritent-ils d’être considérés comme espèces réelles? la chose est douteuse. Quant aux H. flava, Brossât, II. marginata, Risso, H. stagnarum , Derheim, signalés sur quelques points de la France, ils sont trop mal connus pour qu’on puisse se faire une idée de leur valeur spécifique.

Sur la côte barbaresque VH. medicinalis , Lin., se rencontre également avec VH. troctina , Johnst., qui en diffère par sa coloration spéciale. Le genre paraît comparativement rare en Afrique. Une espèce est signalée du Sénégal : H. mysomelas, H., S. et V.; deux du Cap : H. capensis, Gr. et H. septemstriata, Gr.; encore cette dernière, trouvée dans une pharmacie, pouvait-elle bien être importée des Indes.

C’est d’ailleurs dans ces dernières régions et dans les îles Malaises avoisinantes, que se trouvent le plus grand nombre d’espèces : H. multistriata , Schmar., H. Schmardæ (= H. flava, Schmar. nec Brossât,), H. zeylanica, Moq. T.; H. inconcinna, Baird, de Ceylan; H. granulosa, Sav., de Pondichéry ; H. maculata, Baird, de Siam ; H. assimilis, Baird, de Honkong ; //. sinica, Blainv., II. sinensis, Kinb. de Chine ; H. maculosa, Gr., de Singhapour ; H. sumatrana, Horst, de Sumatra; H. smaragdina, Q.,G., H. hypochlora, Wahlberg, II. javanica, Wahlberg, II. batavica, Ebrard, de Java ; H. amboinensis, Q. G., d’Amboine; H. Lowei, Baird, H. Belcheri, Baird, de Bornéo ; H. Luzoniæ, Kinb., H. tagalla, Meyen, des Philippines; II. japonica, Moq. T., du Japon; H. quinquelineata, Gr., de Blagoweschtschensk (? Sibérie).

A cette énumération doit s’ajouter VH. limbata, Gr., espèce remarquable par son cosmopolitisme puisqu’elle existerait de Ceylan à l’Himalaya, à Sumatra, à Java, à Manille, au Japon, enfin aux îles

(1) PI. XXIV, fig. I, 2 et 3.

HIRUDINIENS.

Pelew, dans le sud de l’Australie et au Chili, c’est pour elle que Grube avait proposé de former le genre Chthnobdella^u'il a regardé plus tard comme n’étant qu'une simple section des Hirudo.

Dans le continent australien, on a signalé outre cette espèce les : H. australis, Besisto, H. tristriata, Schmar., H. elegans, Gr., H. novemstriata, Gr. L 'H. semicarinata, Baird, vient des îles Vancouver et se trouverait en même temps dans l’Amérique du Nord.

En raison des rapports intimes signalés entre la Faune de l’Amérique septentrionale et l'Europe au point de vue des Nais, Tubifex et autres genres de Lumbricim des eaux douces, on ne peut s’étonner de trouver les Hirudo assez pauvrement représentés dans ces régions, et M. Verrill, dans un travail fort complet sur la matière (1874), ne cite qu'une espèce, VH. ornata, Ebrard, encore ne paraît-il pas l’avoir observée par lui-même. Cependant le Macrobdella décora, Say, pour lequel cet auteur a créé ce nouveau genre (nec Macrobdella, Phil.) et qui diffère seulement des Hirudo parole nombre plus grand des plis œsophagiens ne mérite sans doute pas d’en être distingué et joue dans ces contrées, par son abondance, le rôle de la Sangsue médicinale dans l’ancien continent. Il faut citer avec lui le Macrobdella flo?'idana,Nevv. (s. g. Philobdclla, Verr.), imparfaitement connu.

Dans l’Amérique centrale on trouve : H. costaricensis, Gr. et GE. ; et plus au sud : H. Billberghi, Kinb. H. striata, Gr. (s. gen. Oxyptychus,GT.) de Monté vidéo ; H. tessellata, Blanch., //. cylindrica, Blanch. H. gemmata, Blanch., H. brevis , Gr., du Chili.

M. Baird a décrit un H. lævis, dont l’origine n’est pas connue. Quant à VH. ? fusca, Moq. T. observée en Ecosse par Derheim, il est assez difficile de savoir même à quel genre rapporter cette espèce, qui semble plutôt appartenir aux Trocheta ou aux Hæmopis.

La grande majorité des espèces habitent les eaux soit courantes, soit plus souvent demi stagnantes, cependant quelques-unes, parmi lesquelles on peut citer les H. limbata, Gr. H. zeylanica, Moq. T. H. tagalla, Meyen. H. brevis, Gr., toutes de pays cbauds et humides, ont un genre de vie très différent. Elles se trouvent dans les herbes, sur les arbres, et se jettent sur l’homme, alors même qu’il ne fait que traverser les endroits qui les recèlent, attaquant les parties découvertes du corps, pénétrant même par les interstices des vêtements ; elles peuvent causer ainsi des accidents plus ou moins graves et sont, au dire de tous les voyageurs, un des fléaux de ces contrées. Ces sangsues terrestres ( Chthnobdella , Gr.) ne présentent pas cependant de caractères, qui permettent jusqu’ici de les distinguer des Hirudo proprement dits. De nouvelles études seraient désirables pour fixer définitivement les idées sur ce point ; ces mœurs si différentes permettent de supposer des modifications organiques assez importantes pour justifier plus tard une distinction générique.

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