IV. F. NAIDIDÆ
servir à distinguer les Tubificinea, chez lesquels il se rencontre, des Naidinea ; mais outre que ce rapport anatomique est d’une constatation souvent très difficile, il est impossible d’affirmer qu’elle existe pour tous les genres, et dans ses travaux les plus récents, M. Vejdovsky (1) convient que la disposition de l’oviducte n’est pas connue avec certitude dans bon nombre d’entre eux.
La reproduction présente des particularités qui ne sont pas sans importance. Tous ces animaux, comme les autres Lumbricini, se reproduisent par voie sexuelle; les œufs sont volumineux, et tantôt renfermés chacun dans une coque distincte, Nais , Müll., tantôt plusieurs réunis dans une enveloppe commune, qui rappelle le cocon des Lombrics, Tubifex, Lam. Autant qu’on en peut juger, car les observations sont loin d'avoir toute la généralité désirable, chez les Naidinea la reproduction est habituellement asexuelle, des bourgeons se forment à la partie postérieure du corps, produisant une chaîne d’individus, qui se détachent successivement. Le fait est souvent très facile à constater chez le Stylaria lacustris, Lin., la trompe, qui caractérise cette espèce, apparaît de bonne heure à l’extrémité antérieure de chaque bourgeon, indiquant avec netteté l’origine de chacun d’eux. Chez les Tubificinea, la reproduction sexuelle seule existerait.
Les reproductions gemmipares et scissipares chez les Naïdiens doivent, comme l’ont remarqué M. Schultze (1849), M. W. C. Minor (1863), être regardées comme un degré d'un même processus physiologique; la position du bourgeon placé à la partie postérieure, en continuité avec le corps même du parent, la communication directe du tube digestif et des vaisseaux de l’un à l’autre, toutes ces particularités se rapportent plutôt à un fractionnement qu’à un bourgeonnement. On a voulu établir une distinction, suivant que, le partage se faisant sur la continuité du corps de la nourrice, le nombre des anneaux restant le même en avant du point de section future (scissiparité) ou suivant que, la production des anneaux ayant lieu toujours à la partie postérieure du corps, le nouvel individu placé en arrière de ce point recule de plus en plus (bourgeonnement), mais pour les espèces les mieux étudiées sous ce rapport des genres Nais, Müll. et Stylaria, Lam., on observe pour une même espèce de trop grandes variations dans la position du point de sectionnement, pour que la distinction entre ces deux modes puisse être regardée comme nettement établie.
La famille des Naididæ ainsi comprise n’est en quelque sorte que l’extension de l’ancien genre Nais de Müller (1773), dont toutefois il faut retirer le Nais vermicularis devenu le type des Lumbriculus, Gr. ; les autres espèces sont restées dans le genre (Nais elinguù, Nais barbata ) ou ont formé des genres spéciaux ( Ûpsonais serpentina.
(1) Vejdovsky, 1884, p. 44.
L0MBR1CIN1ENS.
Stylaria proboscidea, Dero digitata). Quelques années plus tard, dans le Zoologia Danica du même auteur, se trouvent indiqués, parmi d’autres vers, le Lumbricus arenarius et le Lumbricus iubifex, regardés depuis comme devant former deux genres distincts; malheureusement dans cet ouvrage, publié après la mort du savant zoologiste qui l’avait composé, existe une certaine confusion et, comme on le verra plus tard, il n’est pas douteux que ces planches ne contiennent des espèces différentes regardées comme appartenant à un même type.
Les auteurs suivants se contentent de fonder de nouvelles subdivisions génériques aux dépens des types admis par Müller; tel est le genre Dero de Oken (1815). Lamarck (181G) fonde de même les genres Stylaria et Tubifex , et Savigny établit (1820) le genre Clitellio. Ces coupes, quoiqu'assez mal caractérisées au début, ont été adoptées généralement, car elles s'appliquent à des espèces parfaitement définies. Ehrenberg y ajouta (1828) le genre Pristina pour deux vers nouveaux.
Dix ans plus tard, Paul Gervais indique, dans les Bulletins de l’Académie royale des Sciences de Belgique, une disposition systématique de la famille des Nais, qui, parmi les premiers essais de classification générale pour ces animaux, est sans doute l’un des plus complets, mais l’auteur, comme cela arrive forcément en pareil cas, n’ayant pu examiner par lui-même tous les êtres dont il parle, a dû s’en remettre aux descriptions déjà données, lesquelles, souvent assez incomplètes, l’ont plusieurs fois induit en erreur, et la détermination des espèces laisse à désirer; quoi qu’il en soit, cette tentative mérite d’être citée et le tableau suivant, emprunté à ce travail, pourra indiquer dans quel esprit il est conçu :
Fam. NAIS (Gervais 1838).
Des soies latérales et point de crochets ventraux 1. Æolonais.
Æ. Hemprichii, Ehr.
» décorum, Ehr.
» quaternarium, Ehr.
Des crochets ventraux et point de soies latérales 2. Chætogaster.
Ch. Limnæi , Baër.
» furcatus, Ehr.
» niveus, Ehr.