‹ Histoire naturelle des araignées (aranéides)Chapitre 15 sur 211 · C. fulvipède. €. fulvipes, Lucas, Brésil · texte numérisé non relu

C. fulvipède. €. fulvipes, Lucas, Brésil

Le genre calommate ne devra pas nous arrêter longtemps, car il ne renferme qu'une seule espèce américaine d'une grande rareté, et imparfaitement connue; son principal caractère est, comme on l'a vu, la disposition des yeux, qui ne sont pas ramassés en une seule masse, mais disséminés sur tout le front, en formant trois groupes. M. Lucas l'avait d'abord décrite comme une espèce du genre sphodros ; mais cet entomologiste reconnut bientôt que son sphodros futvipes devait former un genre particulier, auquel il donna le nom de calommate.

ACANTHODON. 87

11° GENRE. ACANTHODON, Acanthodon, Guérin.

(äxav@x, épine; oùovs, dent.)

Yeux, huit, sur trois lignes dont l’antérieure est composée de deux yeux rapprochés, l'intermédiaire de deux un peu plus distants, et la postérieure de quatre; cette dernière est courbée en demi-cercle; les quatre intermédiaires forment un carré.

Lèvre, petite, étroite, allongée en parallélogramme ou en triangle tronqué.

Mâchotres, ovalaires, allongées et renflées dans leur milieu, écartées et divergentes.

Palpes, allongés, pédiformes, insérés à l'extrémité des màchoires.

Mandibules, larges, courtes, fortes, en forme de clous, ayant à l'extrémité de la tige, une espèce de râpe formée par de très-petites dents; onglets courbes, assez allongés.

Corselet, ovalaire, long, rétréci et élevé en avant, aplati sur les côtés et en arrière.

Abdomen, ovale, étroit, allongé.

Pattes, fortes, renflées, assez allongées, dans l’ordre suivant : k, 1, 3, 2.

Couleur, corselet brun marron vif, abdomen brun pâle terne velu.

Taille, 20 à 30 millimètres.

Patrie, Brésil.

Habitudes, inconnues.

ESPÈCE

A. de Petit, A. Petitii, Guérin, Brésil.

Ce genré à été fondé par M. Guérin, sur une arachnide rapportée du Brésil, et décrite par lui dans les

archives du voyage de la Favorite; elle est une des plus remarquables de la famille, en ce qu’elle associe à la fois les caractères des mygales, des sphodros et des ériodons; néanmoins ses yeux permettront toujours de là distinguer, et leur disposition même unit intimement l'a- ” canthodon à la calommate, et les mygaliformes aux scytodiformes.

SPHODROS. 89

12° GENRE. SPHODROS, Sphodros, Walckenaer.

(syoëpès, vif, véhément.)

Synonymie : Pachiloscelis et Cratoscelis, Lucas; Actinopus, Perty, Lucas, Koch.

Yeux, huit, formant un groupe dilaté transversalement sur la

Fig.34 partie antérieure du céphalo-thorax et au-dessus 2... des mandibules; trois de chaque côte, formant 2e e°

deux triangles latéraux, dont le sommet est dirigé en avant, les deux autres situés entre les antérieurs sur une ligne transverse presque droite.

Lèvre, allongée, étroite, s'avançant entre les màchoires. Mâchoires, divergentes. allongées, fusiformes ou cylindroiïides. Palpes, très-allongés, pédiformes, insérés latéralement à l'extrémité des mâchoires.

Mandibules, dirigées en avant, proéminentes.

Corselet, large et épais, plus volumineux que l'abdomen. Abdomen, de forme ordinaire, ovalaire, arrondi. Pattes, grosses, robustes, courtes et renflées. Couleur, brun noir, fauve ou noir profond, quelquefois des taches d'un brun plus rouge.

Taille, 2 à 5 centimètres.

Patrie, Amérique ; une seule espèce vit en Algérie. Habitudes, aranéides chasseuses, creusant des terriers profonds, qu'elles tapissent d'une bourse de scie, dont

une moitié sort du sol, et au fond de laquelle elles se renferment.

ESPÈCES

ua

. d’'Abbot, S. Abboli, Walckenaer, Géorgie américaine.

S. de Walckenuer, S. Walckenaerii, Lucas, Brésil.

S. nigripède, S. nigripes, Lucas,

S. d'Audouin, S. Audouini, Lucas, Amérique du Nord. S. tarsale, S. larsalis, Perty, Brésil.

S. de Lucas, S. Lucasii, Walckenaer, Brésil.

S. de Perty, S. Perlyi, Lucas, Amérique du Sud. S. édificateur, S. edificalor, Westwood,

S. algérien, S. algericus, Lucas, Algérie.

S. cuirassé, S. loricatus, Kock, Amérique.

S, longipalpe, S, longipalpis, Kock, Amérique.

Après le genre mygale, le genre sphodros est, de la famille des mygaliformes, le plus nombreux en espèces; il habite presque exclusivement l'Amérique, et n’a que quelques rares représentants en Afrique et en Asie ; l'Europe et l'Océanie en sont dépourvues. Les araignées dont il se compose, quoique plus petites que les mygales, sont fortes, trapues et robustes; la longueur encore plus considérable de leurs palpes, leur donne une physionomie spéciale ; quant aux caractères anatomiques, la bouche est celle des mygales, mais les yeux, plus écartés, rappellent ceux de l’ériodon. Depuis longtemps le voyageur" Perty avait séparé les sphodros des autres mygales, sous lenom d’actinope, qui a été souvent adopté par les auteurs, et auquel furent successivement substituées les dénominations de pachiloscelis, de cratoscelis, etenfin par Walckenaer, de sphodros, qui a prévalu à cause de l'autorité de l’auteur. Les mœurs de ces aranéides sont à peu près semblables à celles de l'atype, c’est à-dire qu’elles se creusent en terre des trous assez profonds, larges, à ouverture étranglée, et qu’elles en tapissent l'intérieur de couches de soie fine, blanche et serrée, qui forment un sac, dont la moitié sort du sol. L’aranéide se tient ordinairement au fond de cette demeure pendant le jour, mais en sort au crépuscule pour chasser, Comme toutes les mygaliformes mineuses, les sphodros poudent au fond de leur trou, et v construisent le cocon protecteur de leurs œufs: mais leur tendresse pour les jeunes, lorsqu'ils sont éclos, est plus extraordinaire, ear ils les portent sur le dos de leur corselet et de leur abdomen, comme le font quelques sarigues du nouveau continent, et aussi comme les Ivcoses parmi les arai-

nées,

ERIODON., é 91

13° GEXRE. ERIODON, E7rtodon, Guérin.

(£er, particule augmentative; oûov<, dent.)

Synonymie : Missulèna, Walckenaer.

Yeux, huit, disséminés sur tout le devant du corselet: six for-

Fig. 35. mant un triangle dont le sommet est dirigé en ® e avant, les deux autres situés au milieu de ce e eo

"| triangle, sur une ligne transverse.

Lèvre, allongée, ayant la forme d'un parallélipipède étroit, s’avancant entre les mâchoires, séparée du sternum par un sillon.

Mächoires, larges, grandes, à base dilatée; elles sont diver-

gentes et leur extrémité se projette en pointe arrondie.

Mandibules, courtes, grosses, renflées, munies de trois rangées de pointes qui forment un râteau.

Palpes, allongés, pédiformes, insérés sur les dilatations latérales des mâchoires.

Corselet, très-grand, à peu près carré, presque aussi large à sa partie antérieure qu'à sa partie postérieure.

Abdomen, plus long et plus large que le corselet.

Pattes, courtes, renflées, les postérieures les plus longues.

Couleur, brun foncé, mandibules luisantes, corps très-velu.

Taille, assez grande.

Mæurs, inconnues.

Patrie, Monde maritime, Nouvelle-IMllande.

ESPÈCE, E. herseuse, E. occaloria, Walckenuer, Nouv.-Hollaude, Tasmanie,

Quoique très-rare, ce genre est connu depuis longtemps, et fut d'abord décrit par M. Guérin sous le nom d'ériodon, et puis par M. Walckenaer sous celui de missulène. L'unique espèce qu'il renferme, bien que dif- {érant beaucoup des autres mygaliformes par la dispo-

sition de ses yeux, sur trois lignes assez écartées, appartient évidemment à cette famille, et ne peut-être rapprochée que des atypes, ou mieux des sphodros. Comme le fait remarquer Walckenaer, l'aspect général de cette aranéide a des analogies plus apparentes que réelles avec quelques érêses.

On ne sait rien de précis sur le genre de vie de cette singulière araignée ; mais la conformation de ses mandibules pourvues de râteaux, et le récit d’un voyageur assez récent, semblent prouver qu'elle se creuse en terre un terriercomme les mygalodontes, et qu'elle le recouvre d'un opercule mobile.

DRASSIFORMES. 93

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