ARGYRONÈTE
23° GENRE. ARGYRONETE, Argyronela, Walekenaer.
(&pyupoc, argent; véw, nager ou filer.)
Yeux, huit, égaux, placés sur une avance antérieure du corselet, sur deux lignes dont la supérieure est plus large.
Lèvre, allongée, étroite, terminée en pointe un Le] peu arrondie.
Mâchoires, larges, à côtés parallèles, aussi longues que la s lèvre, et l'entourant.
Mandibules, presque verticales, à crochets assez forts.
Corselet, grand, étroit, pointu en avant.
Abdomen, oblong, allongé, marqué de quatre fossettes sur le dos, à filières égales, visibles, en couronne.
Palles, allongées, la quatrième paire la plus longue, la troisième ensuite, la seconde paire et puis la première les plus courtes, elles sont aussi plus grêles que les deux pattes postérieures.
Couleur, brun uniforme, corps couvert d’un duvet soyeux. Taille, peu considérable, 7 à 8 millimètres.
Patrie, nord de l'Europe.
Habitudes, aranéides aquatiques, construisant leur coque, leur toile et chassant au milieu de l’eau, où elles sont aussi agiles que les autres araignées sur terre, grâce à la couche d'air dont leur abdomen est entouré.
ESPÈCE
A. aquatique, A. aquatica, Nord de l'Europe.
Si, pour classer l’argyronète, on ne devait tenir compte que de son genre de vie, on en ferait une famille à part ; car elle seule possède cette faculté singulière de vivre dans l’eau, d'y construire sa demeure et d'y pondre ses œufs. Si, au contraire, on prend surtout en considération la forme et les caractères anatomi-
ques, on est frappé de la ressemblance qui existe entre cette araignée et les drasses dont elle a les veux, la bouche et plus encore la physionomie.
Elle est rare et paraît particulière aux contrées septentrionales de l'Europe ; Walckenaer l'a trouvée au Petit- Gentilly et dans les environs de Paris. Elle a été vue en Suède par Glerck , par de Geer et par Linnée; en Allemagne par Hann, Koch et Herrich Schæffer ; De Lignac l'a prise aux Bordeaux, près du Mans et de Troisvilles, dans la rivière d'Erdre, près de Nantes. De Villiers assure qu'elle se trouve aussi dans le midi de la France : cependant aucun naturaliste du midi n’en a donné la description d'après nature.
L'argyronète est une petite araignée dont la forme et les couleurs n’ont rien de remarquable ; car son corps est entièrement d'un brun terne et uniforme. Sa vie, comme je l'ai dit en commençant, se passe sous l'eau ; c'est là qu'elle tend des fils, qu'elle poursuit sa proie, et qu'elle établit sa demeure.
Son abdomen est revêtu d'une sorte de duvet, qui ne permet pas à l'eau de mouiller la peau, et qui, de plus, se pénètre d'une certaine quantité d'air qui suffit aux besoins de la respiration. Cet air forme comme une lame tout autour du corps, de sorte que dans les moments où l'animal nage, on croirait voir une bulle de gaz ou plutôt de vif-argent se mouvoir avec rapidité au fond des eaux.
Lorsque, par une circonstance quelconque, l'air s’est détaché du corps de l'araignée ; pour en reprendre, elle remonte promptement à la surface, en sortant son abdomen de l'eau, et recommence sa course et sa chasse aquatiques.
Comme les drasses le font sur terre, l'argyronète construit dans les étangs une grande coque de soie, qu’elle