‹ Histoire naturelle des araignées (aranéides)Chapitre 61 sur 211 · à clous, . 0. claveata, Savigny, Europe méridionale · texte numérisé non relu

à clous, . 0. claveata, Savigny, Europe méridionale

La thomise à clous, que tous les aranéologues classent dans le grand genre thomise, me semble s'éloigner assez

des autres espèces de cette grande division déjà trop nombreuse, pour former un genre particulier. Son tégument au lieu d’être lisse et délicat, est recouvert sur toutes ses parties, de petits tubercules qui se durcissent et constituent de petites épines renflées à leur extrémité, en forme de clous; cette singulière armure, unique dans la classe qui nous occupe, est un moyen de défense efficace pour l’araignée qui la porte; elle lui donne l'aspect du petit coléoptère connu sous le nom de hispe. De plus, les yeux se présentent tout différemment que ceux des thômises : au lieu d’être disposés sur deux lignes presque droites, en avant de la tête, ils forment des lignes courbées en demi-cercle, et sont rejetés jusque sur le milieu du dos. Les couleurs de cette aranéide sont ternes et n'ont rien de remarquable. Quoique européenne, elle est d’une grande rareté, et peu d’entomologistes l’ont observée, aussi ses mœurs sont elles peu connues. Savigny Fa trouvée en Égypte, et l’a figurée dans son grand ouvrage : Latreille la connaissait également; Walckenaer l'a prise lui-même dans les Pyrénées, et conne sur elle les détails suivants :

«J'ai pris cette araignée le 16 août 1853, dans les « Pyrénées, dans la vallée d’Ossau, sous les pierres. J'en « vis deux individus sans fils, ni vestiges de nids ou de « toiles, mais avec leur cocon, qui est aplati, lenticu- «laire, et près duquel l’aranéide se tenait immobile, « ayant ses quatre pattes dirigées en avant : les œufs « étaient déjà éclos, et les jeunes d’un blanc de lait. Ils «avaient 1 millimètre de longueur. Ces petits n'étaient « qu’au nombre de six; et dans d’autres cocons que j'ou- « vris, il n’y avait que cinq œufs. Il n'est pas étonnant qu'une aranéide si peu prolifique, soit très-rare. »

ÉRIPE. 441

91° GENRE. ÉRIPE, Eripus. Walckenaer.

(ëcinvn, sommet à pic)

Yeux, huit, ainsi disposés : une paire en avant, sessile; plus haut trois yeux de chaque côté, groupés sur des tubereules élevés et pointus, un œil au sommet, un à moitié de la longueur, et un à la base.

Lèvre, allongée, ovalo-triangulaire, arrondie à son extrémité.

Mâchoires, étroites, allongées, droites, entourant la lèvre, un peu élargies et arrondies à leur extrémité.

Corselet, court, large, déprimé, portant quatre tubercules durs : deux élevés et pointus à la partie antérieure, sur lesquels sont les yeux : deux autres, plus petits, sur le milieu du corselet.

Abdomen, gros et globuleux; portant des tubercules trèsallongés, mous, dirigés dans tous les sens, deux en avant s'étendant sur le corselet, deux de chaque côté plus longs, et un seul en arrière.

Pattes, courtes, robustes, latérales, les deux premières paires beaucoup plus allongées que les postérieures; dans l'ordre 1, 2, 4, 3.

Couleur, jaune uniforme, extrémité des pattes noire. Taille, 4 centimètre et demi.

Patrie : Brésil.

Habitudes : inconnues.

UNE SEULE ESPÈCE

E. hétérogaster, E. heterogaster, Walckenaer,, Brésil,

Ce genre, le plus singulier de la famille des thomisiformes à cause de l’armure de son abdomen, est aussi un des plus rares : les musées de l'Europe n'en possèdent qu'une dizaine d'individus appartenant à la même espèce.

Par sa forme, ses tubérosités, etc., il rappelle le facies des gastéracanthes; mais il appartient sans nul doute à la famille des latérigrades, et ses caractères les plus essentiels le placent à côté des thomises. Cette aranéide habite le Brésil, où elle a été trouvée aux environs de Rio- Janeiro.

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MYRMÉCIFORMES. 443

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