DEUXIÈME FAMILLE
MYGALIFORMES E.s.
Le genre mygale de Latreille, compose, presqu à lui seul, cette famille bien remarquable par des caractères anatomiques de première importance, et encore plus par la taille exceptionnelle, qui dans quelques-unes de ses espèces, dépasse dix centimètres ; le corselet de ces araignées est énorme, presque carré, déprimé et arrondi en arrière, élevé et très-large en avant où il se termine par de puissantes chélicères horizontales, parallèles, et qui semblent prolonger le corselet : de sorte que le front ne forme pas un angle comme dans les familles suivantes, mais est plat et en continuité avec le corps des mandibules. Le crochet, qui est seul mobile, est articulé pour s'élever et s’abaisser. Les yeux des mygales , toujours au nombre de huit, sont rapprochés et groupés sur un mamelon que présente le corselet sur sa partie antérieure. Les membres sont robustes et fort peu inégaux, les palpes qui pourraient recevoir le nom de pattes, acquièrent une longueur énorme, servent à la locomotion et ont, comme les pattes, leur dernier article revêtu en dessous d’une espèce de semelle formée de poils ras , serréset gluants, qui joue le rôle de ventouse et peut s'appliquer sur les
corps les plus lisses ; de plus, l’article basilaire de ce membre ne s'étale pas en forme de mâchoire, et ressemble à celui des autres pattes. Tous les articles basilaires, ou les coxopodites des pattes, sont forts, s’insèrent près l’un de l’autre, et entourent un plastron très-petit et presque rond. L’abdomen est aussi long que le corselet, et se termine par quatre filières longues et palpiformes ; il présente à sa face inférieure quatre stigmates pulmonaires.
La grande taille des mygales qui rend leur dissection plus facile, fait que leur organisation est bien connue : Dugès, et surtout M. Blanchard, dans son ouvrage sur l’organisation du règne animal, en ont fait connaître les plus petits détails.
Le tube digestif a cela de particulier que l'anneau, formé par l'estomac, laisse à son centre un vide trèspetit, que l'intestin reçoit trois paires seulement de vaisseaux biliaires. Le cœur est énorme, l'aorte fort étroite se divise promptement en pénétrant dans le céphalo-thorax, et se répand dans tous les organes, à l’aide d’une multitude de vaisseaux, d’une complication admirable, dont l'injection a été habilement faite et figurée par M. Émile Blanchard. Mais c’est surtout les organes de la respiration qui sont profondément modifiés ; en effet, les ouvertures pulmonaires sont contre l'ordinaire au nombre de quatre, et chacune communique avec un sac pulmono-branchial distinct et limité. Les masses nerveuses ont peu d’étendue , mais elles rachètent en épaisseur ce qu’elles perdent en largeur ; on sait, au reste, que le plastron des mygales est fort petit, et que la grandeur de cette portion du squelette tégumentaire correspond à celle de la masse ganglonnaire nerveuse. L'organe copulateur a cela de remar-