‹ Histoire naturelle des balénoptèresChapitre 13 sur 20 · Tome XLI · texte numérisé non relu

Tome XLI

Cornalia !, dans sa Fauna d'Italia, cite onze cas de Cachalots qui ont péri sur les côtes d'Italie : en 1713, 1768, et 1775 en deçà d’Ancône, en 1805, un au-dessus d’Ancône près de Fermo et un autre en 1874 à Porto-San-Giorgio, en 1810 un à Chioggia, en 1715, un près de Venise; en 1753 et 1764 sur la côte de Dalmatie à Rovigno, en 1767 près de Zara et en 1750 près de Sebenico.

Sur la côte de Nice il signale sept échouements : en 1798, 1833, 1852, 1854, 1860, 1863 et en 1864. De Gênes à Civita- Vecchia on en a vu échouer trois, le premier en 1863, à la Spezzia, le second entre Livourne et Civita-Vecchia, le troisième à Civita-Vecchia même.

Dans les Actes des curieux de la nature il est question d’un Cachalot, échoué à S'-Hospice, près de Villefranche (Alpes- Maritimes), le 10 novembre 1726 2.

Un autre aurait péri près d’Ascoli 8.

Mon collaborateur, F. Gervais, en cite huit échouements dans la Méditerranée.

L'Hyperoodon, échoué près de Piètri sur la côte de Toscane, dont parle Fr. Cuvier #, estun Cachalot, puisqu'il avait 50 pieds de long et qu’il n’y a pas d'Hyperoodon de cette taille.

En 1835, Th. Kotschy a vu, à la côte près d'Alexandrie, un Physeter que l’on a rejeté à la mer à cause de l'infection qu'il répandait autour de lui.

L'échouement le plus remarquable est celui de 1853, le 15 du mois d'août ; entre Pola et Trieste, sur la côte d’Istrie, une petite gamme est allée se perdre : d'abord un jeune, puis d’autres plus grands, de 36 pieds.

Le 16, le gouverneur du littoral en vit encore deux jeunes qui lançaient, disait-il, des jets d’eau par les narines.

Le 19, la nouvelle de la prise de plusieurs Cachalots arriva à Vienne, et Heckel partit le 20 pour arriver sur les lieux le 24.

1 CorxaL!A, Fauna d'Italia. Milano.

2 Bayer, Act nat. cur , 1755, Ile vol.

3 Element. di Zoo!, t W,p. 66

4 Hist. nat. des Célacés, p. 381.

Les cadavres étaient dépécés, mais les squelettes étaient malheureusement mêlés; le professeur Roth parvint à en reconstituer un. Deux têtes furent sauvées pour le Musée d'anatomie à Vienne ; une tête est restée, comme souvenir, à Citta Nuova.

Dans le golfe de Saint-Nazaire (Var), un sujet de moyenne taille a été pris en 1856. Une moitié de la mandibule en est conservée dans le cabinet des Pères Maristes, à la Seyne, près Toulon f.

Un mâle est venu se perdre, dans la nuit du 10 mars 1874, à Porto-San-Giorgio et a été l’objet d’une monographie z0ot0mico-zoologique ? par le docteur Leone de Sanctis.

On en a vu échouer un tout près de Venise. Le dernier a été capturé en 1874 près d’Ancône.

Dans la Bibliothèque de Ravenne, on conserve deux parties d'un crâne, sans indication d’origine.

En Italie, M. Rob. Lawley a signalé des portions de maxillaires et des dents ayant des caractères de Physeter provenant de Volterra et de Orciano 5.

Sous le nom de Physeter antliquus, Gervais a signalé un nouveau Cachalot dont 1l a trouvé la mandibule dans Les sables marins de Montpellier. Cette mandibule est déposée au Muséum -à Paris. Elle rappelle fort bien le Cachalot d'aujourd'hui.

Le professeur Turner a écrit une notice intéressante à propos d’une gravure fort rare qui représente un Cachalot, capturé le 95 février 1601, dans le port d’Ancône. C'était un mâle. On lui accorde 56 pieds de long.

[l fait mention aussi d’une dent, mise au jour dans des galeries, à l'ile de Sh. Ronaldsay, dont l'enfouissement date peut-être de l'époque de la premiere occupation par les Norwégiens f.

1 P. Gervais, Comptes rendus hebd., 1844, p. S77.

* Sul Capidogho arenato a porto S. Giorgio, in-4°, Roma, 1881.

5 Ros. Lawzey, Pesi et Altri oertebrati fossili del Pliocene Toseano. Pisa, 1875, p. 11.

# Proc. of the Royal Society of Edinburgh, session, 1871-72, p. 654.

En 1715, un Cachalot, long de 48 pieds, a échoué dans l'Adriatique. On en conserve des os à Sinigaglia.

Sous le règne de Louis XIV, un Cachalot de 60 pieds de long vint échouer à la Selva près Collioure.

M. Guyon a même recueilli en Algérie des ossements de Cachalot, sur la rive gauche de l’Oued-Ger, qui pouvaient fort bien se trouver là naturellement, puisque nous avons reconnu des os de Balénoptère dans les mêmes conditions. Ils ont été élevés au-dessus du niveau de la mer à la suite de soulèvements.

Paul Fischer à publié une Note sur les Cachalots échoués sur les côtes océaniques en France, dans le Journal de Zoologie de Gervais 1. Ces échouements ont eu lieu surtout en hiver et au printemps, de Janvier à avril, Les principaux par ordre de date sont :

Le {°° avril 1744, il v en a un de 49 pieds qui se perd près de Bayonne 2, Un dessin en est conservé dans la collection des vélins du Muséum. Fr. Cuvier la fait copier dans son histoire naturelle des Cétacés.

A quatre lieues de Boulogne-sur-Mer, un individu a échoué le à mars 1761, dont un dessin est conservé à la Bibliothèque de cette ville 3.

Le 19 janvier 1769, un autre périt dans la baie de la Somme près Saint-Valery 4. Rien n’en a été conservé.

En 178%, le 1 mars, une school entière, composée de trentedeux individus, vint se perdre sur la côte occidentale d’Audierneÿ. Une tête provenant de cette bande a été donnée à l’Académie de La Rochelle par M. Donnadieu, négociant en cette ville, qui lavait fait venir d’Audierne 6. Une tête de sujet adulte,

! Journal de Zoologie, 1. 1, 1872, p. 256.

? AHist. de l'Acad. roy. des sciences pour 1741 (1744).

# Fiscuer, Journal de Zoologie, 1. 1.

* BaiuLox, Catal. des Fertébres de la Somme. (MÉu. Soc. R. D'ÉMULATION D'ABBEVILLE, 1853.

5 Leltre de M. Le Coz, insérée dans le Mercure de France, détails citts par Lacépède, p. 205, et par Pierre Camper, p. 98.

5 Extrait du Journal Éphémérides, de M. Lambertz, uégociant à La Rochelle.

une colonne vertébrale, une portion d'os hyoïde, un sternum, une omoplate et quelques os des nageoires pectorales, en sont conservés au Muséum d'histoire naturelle à Paris.

Nous ne parlons pas des cinq Cachalots qui se sont montrés à l'entrée de la Loire, au mois de Juillet 1863, et qui sont restés, d'après les Journaux de Nantes, engagés dans le sable au reflux. Quoiqu'ils aient été exhibés à S'-Nazaire, rien n’en a été conservé et nous n’oserions affirmer que ce sont des Cachalots. Un d'eux mesurait, disait-on dans les journaux, 6,60.

Vers le milieu de novembre 1872, un mâle, de 12 mètres, est venu échouer près du phare de Biarritz. Il était en putréfaction avancée et le squelette n’a pu être conservé, malgré les soins de M. Souverbie, directeur du Musée de Bordeaux 1.

En 1875, deux individus ont été vus dans les parages de Guethary (Basses-Pyrénées). Le mâle seul a été capturé; son squelette est conservé au Musée de Bayonne; il a plus de I1 mètres de longueur.

Le professeur espagnol Graëlls de la Paz nr'éerit qu'il a mis les pêcheurs à contribution, depuis le détroit de Gibraltar jusqu’à la frontière française, pour connaitre les grands Cétacés qui fréquentent ces parages; ce sont la Balæna biscayensis, la Balænoptera musculus et le Cachalot qui sont les plus connus.

On a enregistré plusieurs exemples de Cachalots qui sont venus se perdre sur les côtes de Belgique, des Pays-Bas, d'Allemagne, de Danemark, de Suède et de Norwège.

Claas Mulder estime à vingt le nombre de Cachalots connus qui se sont perdus sur les côtes des Pays-Bas ; il fait avec raison la remarque que peu de restes en ont été conservés dans Îles Musées.

Le plus anciennement connu a échoué en 1531 sur les côtes des Pays-Bas. Houttuyn en fait mention. Îl avait 68 pieds et les mandibules mesuraient 13 pieds 2.

3 Gervais, Journal de Zoologie, 1. |, p. 537. ? De VRIES, Groot hist. schouivloneel, À, p. 585, Amsterdam, 1695,

Le 11 mars 1566, une femelle est venue à la côte à Zandvoort.

Le 19 septembre 1576, il en échoue un de 14 pieds de lon-

sueur sur la même côte.

Ambroise Paré fait mention de trois Cachalots capturés le 2 juillet 1577, dans l’Escaut : un à Flessingue, un à Saffinghe, et un troisième à Hastinghe, au Doel 1.

C'étaient bien des Cachalots d’après ce qu’il dit des narines et des dents. 11 leur accorde 58 pieds. La mandibule avait de chaque côté 25 dents et on voyait autant de trous à la mâchoire supérieure dans lesquels les dites dents pouvaient se cacher.

Ambroise Paré en donne une figure, qui a été copiée par Aldrovande et par Johnston.

De 1598 à 1614, cinq Cachalots ont été vus sur les côtes des Pays-Bas. Quatre d’entre eux ont été dessinés et gravés.

Emmanuel de Metteren fait mention d’un animal de 53 pieds de long qui est venu à la côte en 1601.

En 1606, on en cite un qui a péri à Springerplaat (île Schouwen).

Le 28 décembre 1614, un mâle a péri à Noordwvyk-aan-Zee. On en conserve la gravure 2.

En 1617, au mois de janvier, un autre mâle de 60 pieds est venu à la côte entre Scheveningen et Katwyk. C'est de lui que provient la tête qui est conservée dans une église à Scheveningen.

Le 14 février 1619, un mâle a péri à l'embouchure du Rodan,; il en existe une gravure : la nageoire pectorale est représentée comme un pavillon d'oreille.

Le 12 mai 1620 on en a vu échouer un sur la côte de Poméranie (bei Carmin); un autre le 15 octobre 1640.

Le 4 janvier 1629, un mâle est venu à la côte à Noordwyk-

* Œuvres complètes d'Ambroise Paré, t. WI, p. 779, Paris, 1841. * Por-Wazviscs, Gestrandt' by Noorthwyck-op-Zce, den 28 dec. 1614, Door Es. Van pin VEL9DE, in-folio,

aau-Zce; en 1635, un à Scheveningen, et en octobre 1641, a péri le dernier de ce siècle. Une gravure de ces deux derniers est conservée à la Bibliothèque royale.

Eu 1721, au mois de janvier, un animal de 60 pieds est venu à la côte non loin de Brême, et en 1793, un échouement de plusieurs à eu lieu dans le même endroit, Lacépède fait mention de dix-sept Cachalots qu'une tempête violente avait poussés cette année dans l'embouchure de l'Elbe. Les moins grands avaient 13 ou 44 mètres. IT y avait huit femelles et neuf males 1.

En 1755, une autre school a péri sur la côte de Mecklembourg.

: Au siècle dernier, nous voyons encore quelques animaux se perdre dans les mêmes parages : en décembre 1761, il y en a deux ou trois qui viennent échouer sur l'ile ou le banc 1. Grind, près de Harlingen. La caisse tympanique de l’un d'eux à été envoyée à Pierre Camper ?. Il en existe un dessin sur lequel on lit : ce poisson a 75 pieds de long et 18 de haut; c'est un Cachalot, échoué à l'île Grin. Ce dessin se trouvait entre les mains de Mulder et a été exécuté par P. Idserdts.

On fait mention d’un autre qui serait venu se perdre également en décembre 1761, à Everland.

On cite encore un individu échoué en 1762, à Terschelling, et un à Vlieland à la même époque de l’année.

Un Cachalot échoué entre Zandvoort et Wyk-op-Zee, en 1769, 20 février, a été figuré par H. Spilman. Il en existe une gravure à la Bibliothèque royale, sur laquelle on lit: Cagelot, lang 61 voelen, den 20 februari 1762, tusschen Zandvoort en WWyk-0p-Zee aangedreven.

. Nous ne croyons pas que ce soit un de ceux qui sont indiqués ci-dessus.

D'après un dessin de C. van Noorde, un mäle aurait péri encore en 1764.

* Lacerenr, Hist. Nat. Célacés, in-4, p. 254. 1 Camper ’s kl. Schriften, 1 B, 2 st. BLes. AxaT...., p. 107, pl. XXI

Un animal de 84 pieds, que l’on a dit femelle, à échoué le 4 décembre 1783, sur les côtes, près de Middelbourg. On en possède des os dans cette ville et on en conserve un dessin à Dornburg {. La mandibule porte quarante-huit dents.

Ainsi, au XVI: siècle, une vingtaine de Cachalots se perdent dans ces parages : trois sont reconnus comme mâles, un comme femelle, et on est sans renseignements sur le sexe des autres.

Au XVI siècle, il s'en perd une vingtaine, mais les renseignements laissés sur leur sexe sont bien incomplets.

Au XVILL: siècle, il vient en échouer encore sept.

Nous ne connaissons que deux exemples dans le courant de ce siècle : le premier, en 1819, sur les côtes du Holstein, et un, en 1895, sur les côtes de Rügen.

H y a deux ans, à la suite d’une rupture de digue, on a trouvé près de Heyst une tête presque entière de Cachalot. Elle est déposée au Musée de Bruxelles. On ne connaît pas la date de la perte de cet animal.

Malm cite des exemples d'individus capturés sur les côtes de Suède.

Linné en a cité sur les côtes de la Norwège.

Au nord de la Norwège, le professeur Sars cite le Cachalot parmi les espèces vues aux îles Loffoten (1865).

On connaît aussi plusieurs exemples d'individus qui se sont. perdus dans la Baltique. ;

Le conseiller d'État Hensche a fait le relevé des Cachalots observés dans cette mer intérieure et de quelques Mysticètes dont on ne peut que deviner la nature spécifique ?.

Le plus ancien connu, un animal de 58 pieds de long, échoué en 1291 sur la côte de Weichtelmunde, a été conduit à Dantzig.

En 1364, un autre de 26 pieds, a été également conduit à Dantzig.

1 Zelandia illustrata, middelburgische courant, le 6 décembre 1784 et Notulen, 4 avril, 1849.

2 Henscue, Schriften d. Physik. Ak. gesells zu Künigsberg, Jahrg, 1, Heft. Il. l

Le 15 octobre 1452 ou 1453, un de 35 pieds a été pris vivant et conduit encore à Dantzig. Il avait été vu pendant 3 jours. C’est sans doute une femelle.

Le 15 avril 1455, un autre de 66 pieds de long fut jeté sur la côte, nähe dem Baigaschen Tief.

En 1561, un jeune animal sous le nom de Baleine, long de 9 klafter, fut jeté sur la côte am alten Tief.

Le 19 septembre 1576, un animal, décrit sous le nom de Physeter, de 14 pieds, se perdit encore dans cette mer; mais on peut se demander si c’est bien un Cachalot.

Plusieurs Cachalots sont allés mourir sur les côtes des Iles Britanniques.

Les plus anciens ont été signalés par Sibbald : il parle d’abord d’une femelle qui a péri aux Orcades, en 1687; puis d'un mâle de 52 pieds, capturé, en février 1689, à Leine Kilns, au nord de l'embouchure du Forth. La mâchoire portait 42 dents. Il fait mention également de toute une school, de 102 individus, qui a péri sur les côtes d'Écosse, mais, à en juger par la taille qu’il leur accorde, ce ne sont pas des Cachalots.

Un mäle de 52 pieds a échoué ensuite à l'embouchure du Forth vers la même époque; sa mandibule portait 48 dents.

Au siècle suivant, en 1756, un autre mâle de 54 pieds est venu mourir également dans le Forth (côtes ouest de Ross- Shire) et un en 1769 dont le sexe n’est pas indiqué.

James Robertson signale l’échouement d’un mäle, en 1770, également dans le Forth.

En 1762, un individu, long de 54 pieds, avec dix-huit dents de chaque côté, a été pris à Blythsand.

: En 1769, on cite encore un mâle de 54 pieds qui a péri au même endroit.

La même année, 1769, un Cachalot a été capturé sur la côte de Kent; vers la même époque, un autre sur celle de Norfolk.

* H. Woo», Mag. of nat. hist., 2e ser. t. III, 1829.

En 1825, un Cachalot mâle adulte est venu à la côte à Tunstall, Yorkshire coast. Le squelette a 50 pieds de longueur.

Le 16 février 1829, un mâle de 62 pieds s'est perdu à l'entrée de la Tamise, à Whitstable, Kent. En attendant que les tribunaux eussent décidé qui était le propriétaire de cette épave, la marée a eu raison de ce cadavre et les os ont été dispersés.

Dans le courant du mois de mai de la même année, un Cachalot fut aperçu en mer et bientôt capturé et remorqué dans la baie de Dunstaffnage (Ecosse). Il avait 60 pieds, mais le sexe n’est pas indiqué. La mâchoire inférieure est conservée au château de Dunstaffnage.

On cite également un Cachalot qui a péri sur la côte de Cornouailles en juillet 1835 1,

Dans la Faune des Orcades, par le Rév. George Low (1813), il est question de divers Cachalots qui ont visité cette ile.

Le dernier observé sur ces côtes est un animal de 60 à 10 pieds, en pleine décomposition, près de Thurso, au mois de juillet ou août 1863, dont le squelette est au British Museum. C'est lui qui a servi à M. Flower pour la description des os ?.

Au mois de juillet 1871, un Cachalot mâle adulte a échoué à l’île de Sky. Son squelette est conservé à Édimbourg. La mandibule et le sternum sont très remarquables par l'âge de l'animal.

Le professeur Turner fait le relevé des Cachalots connus qui ont péri sur les côtes d'Écosse. Il en cite dix : un du XVIL: siècle, quatre du XVIIE siècle et cinq du XIX° siècle. Sur huit individus, dont le sexe a été reconnu, il y avait cinq mâles.

Le Cachalot étant un Cétacé équatorial, on a douté quelque-

* ALOERSON, J., An account of a Whule of the spermaceti tribe, cast on shore où the Yorkshire coast, 1825. Traxsacr. Cumsr. pui. Soc., 1827. Ferussac, Bull. scien. nat., 1829. Isis, 1855, p. 1006. Transiet. of the nat. histor. of Northumberland, vol. 1,1851.

? Report Brit. Assoc. for (he advancemeunt of science held at Nerwcastle, p.106.

fois de sa présence sur les côtes du Groënland. Les côtes nord de l'Écosse ont été souvent considérées comme limite septentrionale de cet animal.

Nous avons le témoignage de plusieurs marins que ces animaux visitent parfois l’ouest et l’est du Groënland.

En 1718 et 1719 quelques Cachalots ont été pris, dit Zorgdrager, auprès du Groënland et auprès du cap Nord. Le plus remarquable avait T0 pieds environ et dans sa tête on a recueilli vingt-quatre tonnes de spermaceti 1.

R. Brown ne fait mention que d’un seul Cachalot, capturé en 1857 près de Groven (72° L. N.)

Nous avons aussi le témoignage du gouverneur du Groënland : Le Cachalot est extrêmement rare sur la côte ouest du Groënland, dit Holbôll 2. 11 n’a vu, pendant ses nombreux voyages, qu'une seule fois cet animal remarquable, et de souvenir d'homme, on n'en a vu échouer dans ces parages.

Les Esquimaux, qui ont visité Paris et Bruxelles en 1877- 1878, avaient des dents de Cachalots avec eux; ces dents étaient exhibées avec celles de Narval, de Morse et d’autres Delphinides.

A l’est du Groënland, apparaît aussi parfois cet animal. Nous l'avons déjà dit plus haut, M. Naugaret l’a rencontré aux environs de l’île Jan Mevyen 5.

Ilest fort curieux de comparer le nombre de captures ou plutôt d’échouements de Cachalots des siècles précédents avec ceux des temps actuels.

Si l’on considère la rareté actuelle des Cachalots échoués et le nombre d'individus dont la capture est indiquée dans des livres anciens, on doit se dire que ces animaux doivent être bien près d’être exterminés.

Il y a aussi quelques exemples de Cachalots capturés ou

! Zorgdrager, Ed , 2. (1827), p. 112.

* Escunicur, Nord. Malth, p. 195.

5 Revue des deux Mondes, 1°" octobre 1869,

échoués de l’autre côté de l'Atlantique, dans l'océan Pacifique, dans la mer des Indes et dans les eaux de nos antipodes.

Onze individus, la plupart jeunes, sont venus à la côte à l’est de la Floride, près du cap Canaveral, pendant l'hiver de 1882.

Le 29 mars 1842, un jeune animal de 16 pieds a été capturé près de Boston, New Bedford, U.S.

Le à décembre 1849, on a trouvé la carcasse d’un mâle qu'on à remorquée au port Jackson ; c’est le squelette de cet animal que M. Macleay a décrit.

Le corps d’une femelle échouée à été remorqué à Botany- . Bay.

Sur les côtes de Tasmanie on a capturé un individu mâle, en 1864, dontle squelette se trouve au Collège royal des chirurgiens à Londres. On en connaît trois spécimens de Tasmanie dans ce remarquable Musée.

Ce sont ces squelettes qui ont autorisé M. Flower à se prononcer sur lidentité du Cachalot d'Australie et celui d'Europe.

MUSÉES

On a été longtemps sans connaître d'autre squelette de Cachalot que le squelette défectueux, dont nous avons parlé plus haut, et qui était monté à la cour du Muséum à Paris; Cuvier l'avait fait acheter à Londres, en 1818 1. Ce squelette, que personne ne regrette d’avoir vu disparaître, sera bientôt remplacé par un autre.

Paris possède également une tête d’un animal adulte, provenant de la bande échouée à Audierne, en 1784, avec une colonne vertébrale, des mandibules et un os hyoïde.

Il se trouve également au Muséum à Paris des mandibules d’un mâle capturé à Bayonne. On y possède encore la tête d’un jeune animal qui a péri à Rochefort.

D'après une note du mémoire de M. Flower, ce squelette est probablement le même qui a figuré au Musée Backstrow, Fleet street, décrit dans un ancien catalogue comme The Astonishing and complete Skelelon of a fuligrown Sperma-celi Whale.

Mais, de toutes ces pièces, la plus remarquable est le squelette que le Muséum a reçu récemment par les soins du professeur Pouchet, et qui provient des îles Açores.

On conserve aujourd’hui, au Musée à Bayonne, le squelette -d’un mâle qui a été capturé en 1875.

À Londres, au Musée du Collège royal des chirurgiens, on possède de riches matériaux pour l'étude du Cachalot. Il s'y trouve deux squelettes, un jeune et un adulte, qui ont été envoyés d'Australie. Ce sont ces pièces qui ontété figurées dans le beau mémoire du professeur Flower.

Le British Museum possède un autre squelette complet d’un animal capturé sur les côtes des Iles Britanniques. Le British Museum possède en outre la tête d’un mâle très adulte et qui s’y trouve depuis fort longtemps; on ne connaît pas son origine, si je ne me trompe.

Pendant longtemps le seul squelette complet de Cachalot adulte se trouvait à Burton-Constable Castle, près de Hull (Yorkshire). Il a été décrit par Beale.

A Cantorbéry, on conserve quelques ossements d’un animal échoué à l'embouchure de la Tamise. Pendant qu’on se disputait la propriété du corps, la marée dispersait les os du squelette.

Le Musée d'anatomie de l’Université d'Édimbourgh possède la mandibule d’un jeune mâle, capturé dans l'Atlantique, à la latitude des Açores.

On possède en outre à Édimbourg le sternum et la mandibule d’un animal très adulte qui a échoué, en 1871, à l’île de Skey. Le sternum est énorme.

Édimbourg possède aussi une mandibule rapportée des îles Bauda (Archipel des Moluques), avril 1843, par des baleiniers, et sur laquelle se trouve un dessin du Cachalot que le professeur Turner a cru devoir reproduire.

Au Musée de Bologne on conserve un squelette qui a été obtenu par échange du Musée de Naples.

A Pise on conserve un squelette dans le vestibule du Jardin Botanique.

On voit également une tête au Musée de Turin, mais dont nous ne connaissons pas l’origine.

On en possède des ossements à Pise, à Florence, à Bologne, et à Ravenne, parmi lesquels il y a une portion de crâne.

Les ossements des divers individus qui sont venus échouer en 1853 dans l’Adriatique, à Castel Nova, ont été pour la plupart conservés, mais ils ont été malheureusement mélés : à Berlin, à Munich, à Trieste, on en conserve une tête; à Vienne un squelette, mais on n’a pas tenu compte ni du nombre de côtes ni du nombre de vertèbres, et il est fort douteux que les os de chaque squelette appartiennent au même individu.

A Scheveningue (Hollande) on conserve une tête fort grande dont nous avons parlé plus haut dans une église située au pied des dunes.

Dans le cabinet de Camper se trouvaient : deux mandibules de 12 pieds et à vingt et une dents; une omoplate de 37 pouces de long et 26 pouces de haut avec une partie du membre (humérus, radius, cubitus) d’un animal de 65 pieds. — CI. Mulder pense que ces os proviennent de Cachalots capturés en 1762. — Ils sont actuellement conservés au Muséum de l'Académie de Groningue.

Le Musée de Bruxelles possède un atlas dort l'origine est inconnue. Il provient du cabinet du prince Charles de Lorraine. On y possède également une mandibule et une région cervicale, avec une côte mutilée, ainsi que la tête dont nous avons parlé plus haut. Il n'est pas impossible que latlas provienne d’un des Cachalots qui ont péri dans lEscaut Île 2 juillet 1577, et dont Ambroise Paré a fait mention.

Au Musée de Sydney on voit un squelette qui a été décrit par Macleay en 1851.

Au Muséum de Washington, on possède le squelette d'une femelle capturée sur la côte de New-Jersey et qui portait un fœtus d’un mètre environ de grandeur ; on a monté l'animal.

DESSINS

Il y a peu de Cétacés aussi souvent reproduits par le dessin que le Cachalot, mais pendant longtemps on n’en a possédé que de très défectueux. Aujourd’hui on en connaît plusieurs bonnes figures.

Tous les os du squelette sont également bien représentés.

Cet animal est même assez fidèlement reproduit sur des plaquettes en os par les pêcheurs des côtes d’Alaska. Paul Gervais a figuré dans la Nature une plaquette d’os de Cachalot, sur laquelle on voit d’un côté un Cachalot, de l’autre côté une Baleine.

Le professeur sir Turner a reproduit également un dessin de Cachalot, qui se trouve sur une mandibule de ce Cétacé, conservée au Musée d'anatomie d'Édimbourg.

On conserve à la Bibliothèque royale de Bruxelles un certain nombre de gravures qui ont été réunies dans un portefeuille par Du Bus.

Ces gravures sont faites d’après des individus échoués sur les côtes de Belgique et de Hollande.

Le plus ancien est un Cachalot, capturé dans lPEscaut en juillet 1577 ; nous lisons sur la planche qui le reproduit : Het waerachtig conterfeytsel en afmetinghe van desen walvisch, gevangen den 2 july 1577 ; ce dessin accompagne un manuscrit 1564, Chronyck van Antwerpen, door CANKERCKEN. Un texte explicatif, imprimé en flamand, latin, français, dit que la Baleine a été trouvée « tusschen Haeften gelegen in den Doel ende Saeftinghe in de Schelde, ontrent Antwerpen. »

La Bibliothèque royale possède une autre gravure, représentant un Cachalot échoué, d’après linscription, la même année (1577) à Terheyden. C’est probablement le même que le précédent.

Une autre gravure de la Bibliothèque royale représente un mäle, qui a péri, entre Katwyk et Scheveningen, en 1598. Il avait 52 pieds de long. Nous en trouvons également un dessin

dans Bor {. Cette gravure ne parait être qu'une copie et porte pour inscription : Een walvisch lang 70 voelen, gestrandt op de hollandsche zeekust, tusschen Scheveningen en Katwyk, in sprokkelmaend, 1598. Cet animal fut vendu publiquement pour

196 florins. Le rostre (Bek) fut donné au comte Jean de Nassau et envoyé à Dillenburg. D'après Clusius, les grands os sont conservés à la Maison de ville de La Haye.

Ambroise Paré reproduit le dessin d’un individu qui a péri dans l'Escaut 2; Clusius également en reproduit un qui est meilleur, Johnston en donne aussi une figure ©.

Le professeur Sir Turner est en possession d’une gravure, représentant un Cachalot de 60 pieds de IReUen rs capturé en 1601 dans le port d’Ancône 4.

Le savant professeur de l’Université d'Édimbourg a écrit une Notice intéressante à propos de cette gravure, qui n’est pas connue des naturalistes.

Sibbald à publié un dessin d’un mâle de 52 pieds de long, qui a péri dans une baie du Forth en 1689. Ce dessin est loin d’être un modèle. Le dessinateur a Dre une tête de Baleine avec des évents au front. Ce corps de 52 pieds, auquel il a mis un pénis, semblable à celui de la Balénoptère qui figure à côté, pourrait bien être le corps de la femelle, échoué en 1687, et non celui du mâle.

Le Cachalot, échoué en 1614 près de Noortwyk-op-Zee, a été reproduit par une gravure conservée à la Bibliothèque royale ; elle porte l'inscription suivante : Anno 161%, den 28 december, is gestrant dexen vis, lanck synde, 58 vocten. E. Vandevelde, fe.

Une autre gravure représente également un mâle qui a péri, d’après l'inscription, à embouchure du fleuve Rodan, le 14 février 1619.

! Bor, Nederl. histor. Amsterdam, in-fol., 1679, p. 435, 4° part.

2 AMBROISE PARÉ, 25e livre de ses OEuvres.

5 Iistoria naturalis de Piscibus et Cetis, Amstelodami, 1657. Tab. XLII.

“ Notes on som rare prints of stranded Sperm-Whales. Jourx. 0F ANATOMY AND PuysioLocy, vol. XIT, 1878.

Nous y trouvons aussi une gravure d’un Cachalot de 62 pieds échoué en 1629.

Un autre, échoué en 1762 entre Zantvoord et Wyk-aan- Lee, est figuré trois fois; des gravures en sont conservées à la Bibliothèque de Bruxelles. Nous lisons sur l’une : Cachelot gestrandt tusschen Zandvoort en Wyk-op-Zee, 1762. J. Augustini, door H. Spilman, folio. Brux. Sur l’autre : Cagelot, lang 61 voeten, den 20 febr. 1762, tusschen Zantvoort en Wyk-op- Zee aangedreven. Door Vander Vinne, 4°, mâle.

On trouve à la même Bibliothèque deux gravures représentant un Cachalot mäle de 60 pieds échoué vivant près de Egmond-op-Zee. Cagelot, Potwalvisch, Egmond-op-Zee, levend gestrandt den 15 febr. 1764, van 60 voeten.

La Bibliothèque royale de Bruxelles possède également une belle gravure d'un Cachalot mâle de 60 pieds, qui a échoué à Beverwy.

On conserve, à Boulogne-sur-Mer, un dessin d’un Cachalot qui a péri près de la ville le 5 mars 1761.

Un mäle, dont nous avons parlé plus haut, est représenté dans les Act. nat. curios. Vol. IT. (1733), Tab. 1; il a péri à Villefranche, le 10 novembre 1716.

Le Cachalot mâle de 48 pieds, échoué le 1% avril 1744 ou 1741 dans le golfe de Gascogne, a été dessiné également ; Despelette, chirurgien-major de l'hôpital militaire de Bayonne, en a envoyé la figure à La Feyronie; c’est sans doute ce dessin qui est conservé dans la collection des vélins du Muséam. Fr. Cuvier l’a fait graver dans son Histoire naturelle des Cétacés. Nous en avons parlé plus haut.

Il existe deux autres dessins d’après le même animal, l'un dans la Bibliothèque, l’autre dans les registres des délibérations du conseil municipal de Bayonne.

Du Hamel ! à publié aussi le dessin du mâle de 48 pieds,

1 Du Hauez, Hist. nat. des Pécles, part. 2, sect. X, pl. XV.

Tone XLI.

re

tué près de Bayonne en avril 1741. Il en a publié encore un autre dit Paul Gervais. |

Tous ces dessins sont faits avec peu de soin et on peut dire, avec le Dr Fischer, qu'ils sont fautifs.

Pennant fait figurer, dans sa Zoologie Britannique, un mâle de 54 pieds qui avait été pris à Bhythsand, en le considérant encore comme poisson (1766) !.

Alderson représente l’animal entier, sa tête, son œil, ete. ?.

On trouve une copie d’un dessin de Valentin Cary à la Bibliothèque de Boulogne, fait d’après un Cachalot échoué le 5 mars 1761, à 4 lieues de la ville.

Lacépède a figuré le Cachalot sous le nom de Physale cylindrique, Cachalot macrocéphale et Cachalot trompo.

Bonnaterre a figuré une femelle de la bande d’Audierne.

Le capitaine Scammon a publié un bon dessin de animal; on voit que le dos n’est pas pourvu d'une nageoire dorsale, mais de bosses, comme la Mégaptère. À côté du dessin il représente la coupe de Flanimal qui est aplati du côté du dos, aminci du côté du ventre et arrondi sur les flancs.

Il représente sur une planche distincte l'animal nageant la bouche ouverte.

Du Hamel représente une machoire de Cachalot, pl. IX, fig. 7, et un mâle entier, pl. XV, fig. 3.

Pierre Camper a reproduit la tête 3.

Cuvier a fait graver la tête et plusieurs os dans ses Recherches #.

W. Wall a figuré le squelette complet en 1851.

En 1868, le professeur Flower a publié un mémoire dans lequel se trouve une description complète de tous les os du squelette, accompagnée de sept belles planches.

& PENNANT, vol. IL, pl. VI.

? À few observation of the natural history of the Sperm Whale. 5 P. Camper, Célacés, pl. XVIII, XIX et XXVII.

# Ossem. foss., 1. V, 1re part., pl. XXIV.

Les principales parties du squelette sont figurées dans notre Ostéographie, pl. XVILL et pl. XIX, d'après les figures publiées par M. Flower.

Pander et d’Alton ont figuré une omoplate.

Le sternum du Cachalot adulte de l’île de Skye est figuré dans une notice de Turner f.

Parmi les dessins, nous devons faire mention de celui de la tête d’un fœtus, publié par R. Owen, dans la Description du catalogue des squelettes du Musée royal du collège des chirurgiens ?, et de la caisse tympanique à.

Huxley a figuré le crâne d’un fœtus de Cachalot #.

Au Musée d'Édimbourg on voit sur une mandibule de Cachalot un dessin du même animal, fort bien exécuté,

On en connaît aussi des figurines en bois et en os taillés par les habitants des côtes d’Alaska et des Iles Aléoutiennes.

Page 1