COMMENSAUX ET PARASITES
Le Cachalot est encore bien incomplètement connu sous le rapport de ses commensaux et de ses parasites; Debell Bennet est le seul naturaliste que nous sachions, qui fasse mention de l'Otion Cuvierii trouvée sur sa lèvre inférieure et des Oniscus logés sur sa peau.
Il y est également fait mention de Cysticerques, trouvés dans des kystes de la peau ÿ, et Foster a trouvé des parasites qu’il a
! Additional Notes. Proc. Roy. Soc. of Edinburgh. Session 1871-72, pp. 656-657.
?2 Tome Il, n° 2417,
5 British fossi! Mammals, p. 526, fig. 20.
* Manuel of the anatomy of vertebrated animals, p. 404, fig. 106, Londres, 1871.
> DeBEeLL BENNET, Proc. Zool. Soc., 1857, p. 50.
envoyés à Sibbald, mais dont nous ne connaissons ni le nom ni la nature.
Sur les Cachalots, capturés en 1853, sur les côtes d’Istrie, on a trouvé des Balanes, mais on ne dit pas lesquelles !.
1 Turxer, Additional Notes on the Occurence of the Sperm-Wha'e, 1871-72, p. 644.
HYPEROODON ROSTRATUM.
LITTÉRATURE
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br A. Gerstäcker, Das Skelet des Düglings, Hypcroodon rostratus, Pont. Leipzig, 1887.
HISTORIQUE
Les pêcheurs de Färoër et d'Islande ont connu l'Hyperoodon longtemps avant les naturalistes. [ls le désignaient sous le nom de Dügling.
Au commencement du sièele précédent, deux Hyperoodons échouent en Angleterre sur les côtes d’Essex; il en est fait mention dans une Histoire des antiquités de Harwich, avec des notes sur l'histoire naturelle, par Dale. L'un, de 1% pieds, se perdit en 1717 près de Malden; l’autre, de 21 pieds, près de Bradwel, à peu près en même temps que le précédent.
En 1755, E. Pontoppidan publie une histoire naturelle de Norwège et il décrit l'Hyperoodon sous le nom de Balæna rostrata, nom spécifique qui a produit pendant longtemps une grande confusion. Fabricius a donné le même nom à la petite espèce de Balénoptère.
Chemnitz fait mention, en 1779, sous le même nom de Balæna rostrata, d’un mâle, capturé dans les eaux de Spitzherg, dont les principales parties du corps ont été apportées à Copenhague.
En 1783, un Hyperoodon est capturé dans la Tamise, près de London-Bridge ; il tombe heureusement dans les mains de Hunter, qui, tout en ne connaissant pas bien l'animal, n’en à pas moins parfaitement exposé son organisation.
Ce travail n’était pas seulement classique pour l’époque où il a paru, dit Eschricht, mais c’est la collection de faits anatomiques la plus remarquable sur les Cétacés; on y trouve tout ce que l’on sait sur les Hyperoodons, dit-il. Même le dessin de Hunter est un des meilleurs qui existent de cet animal, dit le savant professeur danois.
Deux années après la publication de Hunter, Baussard, un officier de marine, publia des observations sur deux femelles, Pune de 23 1% pieds, l’autre de 12 !), qui venaient d’échouer à Honfleur, à l'embouchure de la Seine. La description de la
peau qui tapisse le palais, à fait croire à Lacépède que ces animaux portaient des dents au palais; c’est l’origine du mot Hyperoodon, qui est accepté aujourd’hui par tous les cétologistes. |
L’Hyperoodon n’était pas encore représenté par son squelette au Muséum de Paris, à l'époque où Cuvier écrivait ses Recherches sur les ossements fossiles et la description qu’il en donne est faite d’après le squelette de Hunter.
En 1841, Wesmael publia une notice zoologique sur un Hyperoodon, à propos d'un animal échoué le 16 septembre 1840 sur un banc de sable près de Ziericzee. M. Wesrnael cherche à mettre d'accord les divers auteurs qui se sont occupés de cet animal. On a fait avant lui presque autant d'espèces qu'il est échoué d'individus, dit-il avec raison, et il exprime l'opinion, qu'il n’y a qu’une espèce d’'Hyperoodon, à laquelle il conserve le nom spécifique de rostratum, proposé par Pontoppidan.
En 1845, le D' A. Jacob a publié à Dublin le résultat de ses observations anatomiques et zoologiques sur ce même animal.
A l'occasion d’un Hyperoodon échoué en 1846 à Zantvoord, W. Vrolik publie, en 1848, un mémoire fort intéressant sur ce Cétacé et ne néglige pas d'étudier l’animal sous le rapport anatomique. Le savant anatomiste d'Amsterdam passe en revue J'appareil respiratoire, digestif, circulatoire, sexuel femelle, l'œil, la peau, et décrit avec soin le squelette sans négliger les os du bassin. Quinze belles planches accompagnent ce mémoire.
I! parle avec raison du temps, de l’argent et des efforts extraordinaires que l’on doit faire pour obtenir un mince résultat dans l'étude d’un Cétacé.
En 1849, Eschricht fait paraître ses Nordischen Wallthiere, et consacre un chapitre à l’histoire du Cétacé qui nous occupe. Nous lisons en tête de ce chapitre : « Ueber die Schnabelwalle » (Rhynchoceti, die Zahnlosen Delphine, Schlegels, Hyperoo- » dontina, Gray’s)im algemeinen und den Entenwall (Chænocetus » rostralus, Hyperodon rostratum, auctorum) im besondern. »
IL expose : 4° ce qui est connu de ces animaux; 2° leur répartition aux hautes latitudes et la connaissance que les habitants de ces régions avaient d’eux; 3 leurs caractères extérieurs; 4° leur dentition; 5° leur cavité de la bouche; 6° leur estomac; 7° leur muqueuse intestinale; 8 leur ostéologie; 9° leur place systématique dans l’ordre des Cétacés; 10° la comparaison de ces faits avec les observations des auteurs les plus récents.
Les Rhynchoceti ne comprennent que deux genres : Chænocetus où Hyperoodon, et Micropteron.
On a beaucoup écrit sur les Hyperoodons depuis Eschricht, mais, à l'exception des observations sur la différence des sexes qu'Eschricht soupconnait, nous ne trouvons rien de bien important à ajouter. On a été, jusque dans ces derniers temps, dans le doute sur l'existence d’une seconde ou de plusieurs espèces de ce genre dans nos mers. On avait pêché un Hyperoodon avec des maxillaires très élevés au milieu du rostre et se joignant même sur la ligne médiane; Gray lui avait donné le nom d'Hyperoodon latifrons. Eschricht avait émis l’opinion que cette forme extraordinaire pouvait bien indiquer le mâle; les individus capturés dont on avait constaté le sexe étaient à peu près tous femelles. Eschricht avait raison, comme nous le verrons plus loin.
Un médecin islandais, Haalland, a envoyé à Eschricht ! les principales parties du corps d’un Hyperoodon conservé dans le sel et dans l'alcool, et lui a fait part de plusieurs observations intéressantes faites sur deux individus, dont un fut capturé.
Eschricht a reconnu que, dans la description qu’il avait donnée de l’estomae, il avait été induit en erreur par la mauvaise conservation de la pièce qu'il avait eue d’abord sous les yeux.
Dans le fœtus, l'estomac présente déjà tous les caractères de l'adulte.
Le professeur Struthers (1871) a publié le résultat de ses observations sur les muscles des doigts d’un Hvperoodon échoué sur les côtes d'Écosse.
{ Escuricur, Nord. Walt. p. 96.
En 1882, M. W. Flower ! a fait connaître un crâne d’Hyperoodon, trouvé au nord-ouest de lAustralie, à Pile Lewis. Quoique mutilé, il appartient évidemment à ce genre, mais il présente des caractères assez particuliers pour ne pas le confondre avec l'espèce de notre hémisphère, dit M. Flower, qui le désigne sous le nom d’Hyperoodon planifrons.
A la séance du 19 décembre de cette même année, M. W. Flower ? communiqua une note dans laquelle il fit Phistorique de l’Hyperoodon latifrons proposé par Gray, et fit connaitre les observations de David Gray, commandant du baleinier l’Éclipse, d’après lequel le prétendu Hyperoodon latifrons est tout simplement, comme Eschricht l'avait soupçonné depuis trente ans, un Hyperoodon ordinaire du sexe mâle.
Le capitaine de l'Éclipse fait connaître en même temps les faits les plus intéressants sur le séjour de ce Cétacé à l’est du Groenland.
Au mois d'avril 1884, M. Southwell, de son côté, a publié des faits d’une grande importance sur la pêche des Hyperoodons.
Le Docteur-professeur Gerstäcker vient de publier une monographie du squelette des Cétacés, traitant surtout de l'Hyperoodon rostratus. Au commencement du mois de février 1877, un individu est venu se perdre la nuit sur un banc de sable sur les côtes de la Baltique.
M. Gerstäcker étudie d’abord la tête et s'étend longuement sur l'os lacrymal, que P. Gervais a bien décrit, dit-il ; 1] étudie ensuite la colonne vertébrale et consacre un chapitre à la région cervicale, un autre aux vertèbres dorsales, aux côtes et au sternum. À propos des os lacrymaux, il fait remarquer que, contrairement à l'avis de Stannius et de Flower, ces os existent dans les genres Delphinus, Phocæna, Lagenorhynchus,
* Frower, On the Cranium of a new species of Hypcroodon.…., Proc. Zoo. Soc., London, 1882.
3 Fcower, On the Whales of the genus Hyperoodon, Proc. Zoo. Soc., déc. 1882.
Tursiops et Globiceps, comme dans les Hyperoodons. Il s'étend ensuite sur les rapports morphologiques des côtes et des apophyses transverses des vertèbres dorsales.
Après avoir passé en revue les autres parties du squelette et fait remarquer le peu de développement des nageoires pectorales, si bien exposées par Vrolik, il compare la colonne vertébrale des Cétacés à la colonne vertébrale des autres ordres de mammifères.
Les figures qui accompagnent ce travail montrent fort bien la différence fondamentale qui existe dès l’origine entre les diapophyses et les parapophyses. Les dernières dorsales des Hyperoodons sont, sous ce rapport, très instructives.
SYNONYMIE
Delphinus diodon. Hunter.
Hyperoodon diodon. Lacépède.
— rostratum, Chemnitz.
— latifrons, Gray.
Butzkopf, Entenwall, des Allemands.
Dügling, des habitants de Färoër.
Bottlenose Whale, des Anglais.
Andvhalar ou Andarnefia, des Islandais.
Anarnak, des Groenlandais.
Le Dauphin diodon de Lacépède est l'Hyperoodon ; on lui a donné successivement les noms de Delphinus diodon, d’Edentulus, de Monodon, d’Ancylodon, d'Aodon, d'Hétérodon et d'Hyperdon; celui qui lui est conservé, Hyperoodon, repose, comme nous l’avons ditplus haut, sur une erreur d'observation.
L'Hyperoodon latifrons est bien, comme Eschricht lavait montré, basé sur un crâne de mâle : il avait trouvé déjà des différences sexuelles semblables dans d’autres Cétacés, parmi lesquels il cite le Globiceps.
L'Hyperoodon semijunctus de Cope est un Ziphius cavirostris 1.