CARACTÈRES ET DESCRIPTION
Après le Cachalot, c'est la plus grande espèce de Ziphioïde. On la reconnaît facilement à ses petites nageoires pectorales et à l'absence presque totale de dents aux deux mâchoires. Nous disons, absence, parce que les deux, ou quelquefois les quatre dents du bout du maxillaire inférieur, ne percent que faiblement les gencives.
On ne peut confondre l'Hyperoodon avec aucun autre Cétacé ; il a la tête tronquée comme le Cachalot, les dents manquent complètement à la mächoire supérieure, et, à la mächoire inférieure, on en trouve, tout au bout antérieur, une ou deux paires assez petites. La tête osseuse a surtout de remarquable, que les maxillaires s'élèvent verticalement comme deux ailes qui convergent l'une vers l’autresur la ligne médiane, et qui, chez les mâles, se touchent au milieu du rostre.
Ils ont deux sillons sous la gorge. Ces sillons sont bien représentés par Gray, planche IL, d'Erebus and Terror ; Vrolik les représente aussi dans son dessin.
Blainville les a signalé, sous le menton du Micropteron.
Le capitaine Scammon a reconnu ces mêmes sillons, même plus prononcés, dans le Rhachianectes glaucus, du Pacitique.
La couleur de la peau varie du noir au jaune pâle, chez les jeunes, au jaune brun, chez les adultes ; le rostre et le front deviennent blanc avec l’âge, et on voit apparaître une bande blanche autour du cou.
La coloration est, comme dans les autres cétacés, plus claire en dessous qu’en dessus.
La graisse renferme, comme celle du Cachalot, une certaine quantité de spermaceti ou blanc de Baleine ?.
1 Fnen. TRur, À note upon the Hyperoodon semijunctus of Cope. Proc. Ux. Sr. NAT. Museum, 1885.
2 Elle a plus de valeur commerciale que celle des autres Cétacés.
La coionne vertébrale n’a que quarante-cinq vertèbres, sept cervicales, neuf dorsales, dix lombaires et dix-neuf caudales.
Les cervicales sont réunies comme dans les vraies Baleines.
L’articulation de la sixième côte est fort intéressante ; elle s'articule encore supérieurement, à l'arc neural et à l’apophyse transverse, tandis que la septième ne s'articule plus qu'avec l’apophyse transverse, comme les suivantes.
On compte, dans la nagcoire pectorale, une phalange au pouce, cinq à l'index, cinq au médian, quatre à l’annulaire et deux au petit doigt.
L’estomac est formé de sept poches qui se suivent; il y en à encore plus dans le Mesoplodon. Je trouve dans mes notes que cetestomac existe déjà avec les mêmes caractères dans le fœtus. Eschricht doutait encore s’il existe une communication directe entre ces chambres; Je la lui.ai montrée à l’aide d’un stylet sur un fœtus pendant mon séjour à Copenhague en 1856.
Le professeur John Struthers a fait connaître les muscles des nageoires pectorales à la section de Zoologie de l'Association britannique à Aberdeen.
L'Hyperoodon a au moins 6 pieds en venant au monde ; les jeunes qu’on a trouvés en compagnie de leur mère avaient de 8 à 16 pieds. La femelle atteint de 27 à 98 pieds. On ne sait si le mâle devient plus grand.
La taille des individus capturés en Europe varie entre 8 et 28 1} pieds : les individus de 8 à 16 pieds suivaient encore leur mère.
David Gray accorde 30 pieds à l'adulte et 10 pieds au jeune en naissant. Ce dernier chiffre est exagéré.
On a donné la mesure de plusieurs mâles qui ont été capturés : un à Belfast qui avait 20 picds, un autre décrit par Dale en avait 21; celui décrit par Chemnitz en avait 25; le plus grand est celui de Dunkerque, qui mesurait entre 27 et 28 pieds.
On a capturé à peu près autant de femelles; leur taille varie de 14 à 28 pieds et demi. La femelle décrite par Dale (1717)
n’en avait que 14; celle de Pontoppidan, qui était pleine, portait un fœtus de 6 pieds; les femelles de Honfleur (1788). de Baussard, de Portland, de Zandvoort, avaient de 23 à 24 pieds; une seule, celle de Seignasse, en avait 28 et demi.
Il n’y a pas d'observation faisant voir que les mâles sont plus grands que les femelles, dit Eschricht.
MOEURS
L'Hyperoodon vit par petites bandes ; lorsqu'on a commencé à le poursuivre, il était confiant d’abord, mais il est devenu craintif et méfiant.
Aujourd’hui on a quelque peine à l’approcher. Le moindre bruit le met en fuite. Les pêcheurs des Färoër savent que, pour atteindre l'animal, ils doivent placer leurs gants de laine entre la rame et le canot sur lequel elle s'appuie.
Si l’on en juge par les individus qui sont venus se perdre sur les côtes et qui sont ordinairement deux, il y a lieu de croire que les Hyperoodons sont monogames.
On voit parfois aussi un jeune mâle avec une femelle et un vieux mâle.
On observe dans les eaux de Spitzberg que les Hyperoodons fréquentent la mer ouverte le long des glaces, en petites gammes de #4 à 10 individus, ayant un vieux mâle comme leader.
La pâture des Hyperoodons consiste principalement en Céphalopodes. On connaît le contenu de l’estomac de l'animal ouvert par Hunter, par Baussard, par Vrolik, et ce dernier estime le nombre de becs trouvés dans un seul animal à dix mille ; il y en a parfois non seulement dans l’estomac, mais aussi dans le commencement de l'intestin. La fin de l'intestin n’en renferme pas. En 1841 Eschricht a signalé, d’après Haalland, dans leur estomac, des becs de Céphalopodes qu'il rapporte à l'Onichoteuthis Fabricii, à une Sépia, à un Loligo, des restes de poisson et une Holothurie.
Ils trouvent ces nombreux mollusques surtout dans les grandes profondeurs.
L’estomac d’une mère capturée en septembre 1788 à l’embouchure de la Seine ne contenait que des becs de Céphalopodes ; le jeune n'avait dans son estomac que de l’eau blanchâtre.
L'individu de 24 pieds, capturé en septembre 1880 près de Bangor, ainsi que la femelle capturée en novembre 1880 sur la côte de Kent, avaient également l’estomac plein de becs de Céphalopodes.
On n'a trouvé dans l'estomac d’un autre individu capturé que des morceaux de bois et des cailloux de la grosseur d’une grosse poire.
Des baleiniers prétendent que cet animal peut rester deux heures sous l’eau.
Il beugle d’une manière effrayante s’il échoue.
On a souvent parlé de l'odeur infecte du cadavre des Cétacés en général. Eschricht n'écrivait en mars 1861 : je ne conçois pas comment tous les observateurs se plaignent de lodeur infecte d’un cadavre de Cétacé. Celui-ci (un Hyperoodon) était mort depuis trois mois; mais exviscéré, il ne puait pas beaucoup. Il est vrai que c'était en plein hiver.
On prétend que le lard de ce Cétacé est purgatif !.
DISTRIBUTION HYDROGRAPHIQUE
L'Hyperoodon semble se tenir pendant l'été dans les mers arctiques, où il vit par petites bandes, et en haute mer. En automne :l se rend au sud en passant, ou sur les côtes d'Islande, ou sur les côtes de Färoër où il arrive à peu près à époque fixe. Dans cette dernière île, il est même l’objet d’une pêche régulière ; on en prend tous les ans vers la fin d'octobre cinq ou six, et chose curieuse, ce sont toujours des femelles.
1 MaLuGren, Troschel’s Archiv., 1864, p. 92,
En 1886, le commandant de l'Éclipse part pour la péche dans la Mer de Bafin; il quitte Peterhead (Écosse) le 20 avril et à cent milles des côtes il rencontre plusieurs Schools d'Hyperoodons; quatre jours après il en rencontre encore et entre autres un Orque, très reconnaissable, dit-il, à sa nageoire dorsale, du moins le mäle. Le 26, le 27, il voit de nouveau l'Hyperoodon, et il apperçoit le même Cétacé jusqu’au dernier jour en approchant des glaces !. Ces Hyperoodons se rendent sans doute à cette époque de l’année dans leur quartier d'été, comme plusieurs autres Cétacés.
On peut considérer les profondeurs de l'Atlantique septentrionale, de janvier à mars, comme station d'hiver des Hyperoodons, dit Eschricht. Cependant ils seraient très rares sur les côtes ouest d'Islande, dit Haalland, et, d’après Holboll, ils le seraient également sur la côte ouest de Groënland. Ils sont sans doute rares à la latitude à laquelle Holbôll avait sa résidence, mais, à l'époque où Holbôll gouvernait ce pays, les baleiniers ne croyaient pas les Hyperoodons assez importants pour leur faire la chasse; ils étaient confondus avec les autres espèces qui ne donnent aucun profit.
On voit les Hyperoodons dans le détroit de Davis, jusqu'au 79e degré latitude nord, dans le détroit de Hudson, et dans la baie de Cumberland.
On le voit aussi autour du cap Farewell, autour de l'Islande, de Jan Mevyen, jusqu’au 71° degré autour de Beereneiland, et jusqu’à la Nouvelle-Zemble.
Is fréquentent la mer ouverte dans ces régions, le long des glaces, en petites gammes de 4 à 10 individus.
Fréd. Martens cite l'Hyperoodon, sous le nom de Butskop, parmi les Cétacés observés au Spitzherg.
Chemnitz, de même, a reconnu les Hyperoodons à la hauteur de Spitzberg à la fin de l'été en 1777.
Malmgren a fait l'observation que l'Hyperoodon ne se trouve plus dans les eaux dont la température descend au-dessous
1 Ron. Gray, The Zoolugist, fév. 1887.
de — 3°; il en a vu en allant et en revenant du Spitzhberg, mais seulement dans les eaux d’azur chauffées par le Gulfstream.
A son retour du Spitzberg, il en a vu reparaitre le 14 septembre sous la latitude de 78° nord.
Nous connaissons quelques exemples d'Hypéroodons perdus sur les côtes de Danemark, de Norvège et de Suède. Pontoppidan cite deux échouements sur les côtes de Norvège; nous en avons parlé plus haut.
Le 14 novembre 1838, quatre individus périssent sur les mêmes côtes, deux vieux, l’un de 24, l’autre de 27 pieds, et deux jeunes, chacun de 8 pieds.
Dans le courant du mois d'août 1846, dans l'intervalle de quelques jours, il en vient deux à la côte dans la baie de Christiania, près de Frederichstadt.
Vers la fin du mois d'octobre 1860, une petite school de cinq individus est venue se perdre sur la côte de Jutland (Danemark), après un très gros temps. Parmi eux se trouvait un nouveau-né qui a été malheureusement massacré, méerivait Eschricht. Je me suis rendu sur les lieux, dit-il dans une lettre du 28 novembre 1860, mais il était trop tard pour étudier le nouveau-né, les débris en étaient dispersés !.
En avril 1881, un Hypéroodon mâle a échoué aux iles Loffoden ; son crâne est conservé au Musée de Christiania.
En draguant dans la mer du Nord, sur le great Fischer Bank, on a recueilli la tête d’un mâle adulte. Elle est déposée à Norwich. Nous avons fait connaître une tête de Balænoptera rostrata recueillie dans les mêmes conditions, également dans la mer du Nord.
! Voici comment Eschricht s'exprimait à ce sujet en français :
« L'orage qui a jeté au mois d’octobre une masse de navires sur nos côtes paraît maintenant étend'e ses effets aux Hypéroodons. Il n’y en à pas moins de cinq qui viennent d’échouer sur nos côtes. Ce qui m'a fait le plus de peine, c'est qu'un nouveau-né se trouvait parmi eux et qu'il a été complètement massacré par ces ….. Je viens de donner ordre qu’on m'envoie les viscères qui sont enterrés ». (Lettre du 9 mars 1861.)
Tone XLI. 5
L'Hypéroodon pénètre parfois dans la Baltique. Le 3 décembre 1801, un individu de sexe femelle se fait capturer dans la baie de Kiel. Le squelette est conservé au Musée de l'École vétérinaire de Copenhague. L'animal a été figuré dans Voigt !.
Un autre individu a échoué en 1807 sur la côte de Holstein. {1 a été acheté par le professeur Viborg de Kiel.
En avril 4893, un Hyperoodon s’est perdu près de Landskrona (Oresund) dit Nilsson ?.
Dans la nuit du 11 février 1877, un Hypéroodon est venu se perdre sur un banc de sable au fond de la Baltique (presqu'île der Zingst, 30° 40’ long. 54° 28’ lat.). Les os sont conservés à Greifswald. Le professeur Môbius fait mention de cette capture.
Un autre est venu à la côte à l’ouest de Rügen, en 188...
Les côtes des Iles Britanniques nous en fournissent aussi plusieurs exemples :
Deux Hypéroodons sont capturés sur les côtes d'Angleterre, au commencement du siècle dernier; Dale, comme nous l'avons dit plus haut, en fait mention dans un appendice de la Topographie de Harwich en 1730 et Dover-court; lun était du sexe femelle, dit Dale; il avait 14 pieds ; il a été capturé le 23 septembre 41717. L'autre, pris à quelques jours de distance, avait 21 pieds. Dale croit le dernier un mäle.
Jacob et William Thompson ont connu l’échouement de seize Hypéroodons, dont neuf sur les côtes d'Irlande, deux sur Îles côtes d'Angleterre, un dans le Firth of Forth.
En 1783, un animal de 21 pieds fut capturé dans la Tamise.
On fait mention de plusieurs individus trouvés isolés sur les côtes d'Angleterre, dont un sur les côtes d’'Essex (23 septembre 18171.
On cite un animal de 16 pieds, un jeune par conséquent, qui a été capturé au printemps de 1829 près de Dublin et désigné sous le nom de Delphinus diodon *.
! Frév, Cuvier, Histoire naturelle des Cétacés, p. 244. ? Nas Nizsson, Skandinavisk Fauna, Lund, 1885. 5 R.-J. Graves, Trans. roy. irish. Acad. Dublin, 1825. Isis, 1838, p. 51.
Une vieille femelle de 24 pieds et une jeune de 16 pieds S pouces ont échoué au commencement du mois d'octobre (1845?), in Portland Roads.
Dans la baie de Belfast, un Hypéroodon a été capturé en septembre 1857 !,
Une mère et son jeune ont été capturés le 18 novembre 1860 à embouchure de la Tamise, à Whitstable (Kent) *. Is avaient une grande quantité de becs de Poulpes dans l'estomac.
On a vu un individu échouer vivant, à Fraserburg, Aberdeenshire coast, le 17 août 1871. Il avait 20 pieds de longueur {Struthers).
Le 16 septembre, dans la baie de Ballyholm, près de Bangor, un individu de 24 pieds est venu à la côte.
A l'Association britannique d'Édimbourg, le professeur Struthers a fait mention d'un mâle de 20 pieds, venu à la côte, et qu'il a eu l’occasion de disséquer.
Un jeune mäle a été capturé en novembre 1885 à Dunbar, côtes d'Écosse. Il avait des dents rudimentaires au maxillaire supérieur et inférieur 5,
Plusieurs échouements ont eu lieu sur les côtes de Belgique et des Pays-Bas : en 1783, un individu, décrit par Pierre Camper, dont le cräne est conservé à Saardam, est venu se perdre sur les côtes de Hollande.
En septembre 1840, un individu a échoué près de Ziericzee; il a été décrit et figuré par Wesmael.
Un autre, de sexe femelle, comme le précédent, est venu à la côle à Zantvoort, le 24 juillet 1846. Il a été décrit par Vrolik.
Un autre est venu se perdre dans l’Escaut, en 1873; son squelette est conservé à Liège.
Une femelle de 7",90 est allé mourir à l'ile Texel, le 15 novembre 1884.
eo
Proceed. Dub'in univers. Zuol. and Bot. Association, vol. f, part. 1, p. 4. Procred. Zoo. Soc , 1860, p. 375 — {llustraled neu s, 18 novembre 1860. 3 Prof. Turxer. Royal physical Society, January 20,1886. :
Plusieurs Hypéroodons sont venus échouer sur les côtes océaniques de France.
On y a constaté huit fois des échouements d'Hypéroodon, dit le D' Fischer en 1881.
On en cite un exemple au siècle dernier. Le 19 septembre 1788, une mère et son petit furent pris à Honfleur, à l'embouchure de la Seine; le petit avait 12 pieds, la mère, 23. L'estomac du petit ne contenait que de l’eau blanchâtre; la mère avait des becs de Céphalopodes dans le sien !.
Un autre a péri, le 12 octobre 1810, sur les côtes de la Gironde (Bassin d'Arcachon) ?; c’est le point le plus méridional à l’est de l'Atlantique, visité par cette espèce.
Sur la plage de Lagraner, près de Caen, il en est échoué un autre encore en 1840.
Eudes Deslongchamps fait connaître la perte d’un animal sur la côte de Normandie, en 1842. Son squelette est à Paris.
Vers le 17 ou le 18 décembre 1879, une femelle est venue échouer vivante à Hillian (Côtes-du-Nord), dans le voisinage de Saint-Brieuc. Le squelette est au Musée de l’Université de Liège. Il est fort incomplet. L'animal se débattait en beuglant, disaient les habitants de la côte qui avaient entendu un bruit insolite pendant la nuit.
Le 26 septembre 1880, une femelle, accompagnée de son jeune, a été capturée à Aigues-Mortes (Gard) et une partie du squelette avec le crâne du jeune sont au Muséum à Paris; ils moururent, peu de temps après leur prise; la mère, poussait des mugissements, disent les témoins de cette scène 3,
Le 25 juin 1884, une femelle de 9,50 a échoué à Seignasse, près du cap Breton. Le squelette est au Muséum à Paris.
! Baussar. Mémoire sur deux Célacés échoués vers Honfleur, JourNaz DE PHYSIQUE, 1789, p. 201.
? Bull. polym.du Muséum d'instruction publ. de Bordeaux, décembre 1810. FRéD. Cuvier, Hist. nal. Cét, p. 217. BarGuer, Act. Soc. linn., Bordeaux, t. XIII, 1843.
3 CLÉMENT, Bulletin Soc. d'étude des Sc. nat. de Nîmes, janvier 1881.
Depuis lors, MM. Pouchet et Beauregard ont fait connaître un Hypéroodon, échoué à Rosendael, près de Dunkerque, le 24 juillet 1885. Il portait des harpons dans les flancs. Le cadavre a été acheté pour l'huile, et le squelette en est perdu.
Le 19 août 1886, quatre Hypéroodons ont fait leur apparition à Saint-Vaast-la-Hougue. Deux ont été capturés. Tous les deux sont femelles. Une d'elles a expulsé un fœtus pendant qu'elle était étendue sur la grève. Il est conservé.
Jusqu'à présent on n’a vu qu’un Hypéroodon pénétrer dans Ja Méditerranée. Il existe, il est vrai, un squelette au Musée d'Alexandrie, mais il est possible qu’il provienne de Atlantique.
L’Hypéroodon de F. Cuvier !, échoué sur les côtes de Toscane, en 1835, s’il a 50 pieds de long, n’est évidemment pas un Hypéroodon, c'est plutôt un Cachalot. Le seul Hypéroodon connu de la Méditerranée est celui d’Aigues-Mortes.
Cet animal est également connu de l’autre côté de l’Atlantique :
On en a vu venir à la côte en hiver (janvier 1869) à l’est des États-Unis d'Amérique (à Nort Dennis) et M. Allen, fait remarquer que les Hypéroodons arrivent parfois par bandes, en automne, dans les baies de Massachusets 2.
Reinhardt fait observer qu'un Hypéroodon a échoué sur la côte des États-Unis d'Amérique, sous le nom de Mesoplodon Sowerbyt.
On a capturé un Hypéroodon dans le port de Newport (États- Unis), qui mesurait 27 pieds. Un second a échappé. Les os sont conservés.
Un autre a eté pris au cap Cod, de 24 pieds de longueur.
M. Cope reproduit le dessin d’un individu capturé sur la côte de Rhode Island.
En faisant le relevé de la date à laquelle des individus ont échoué, nous n'en trouvons qu’un en été (24 juillet, Hollande); quatre en septembre (Essex, Belfast, Escaut et embouchure
t EF. Cuvien, Cél., p. 586.
2 Somelimes come into our bay in large schools. Allen. Mamm. Massachus.
Qi
de la Seine); deux en octobre (Danemark et Portland road); un en octobre (Arcachon); un en novembre (dans l'Escaut, et le même mois 1838, à l'entrée du Petit-Belt); un en décembre dans la Baltique (Kieler Bucht) ; un en février (dans la Baltique, côtes de Holstein); un en avril (côtes de Landskrone).
Dans le courant de 1882, M. W. Flower a fait connaître une espèce nouvelle de ce genre sous le nom de Hyperoodon planifrons, habitant les mers australiennes, et qui est parfaitement distincte de l'Hyperoodon rostratum. Le savant directeur du British Museum a publié le dessin de la tête, qui est déposée dans ce riche Musée !. C’est bien le représentant de notre Hypéroodon dans les mers australes.
C'est le seul genre de la famille des Ziphioïdes dont une espèce est confinée dans l'hémisphère boréal.
PÉCHE
Depuis peu, on a reconnu que les Hypéroodons, sans doute comme tous les Ziphioïdes, fournissent du blanc de baleine, et on leur fait aujourd’hui une chasse très active sur les côtes est de Groenland, comme sur les côtes d'Islande.
Un baleinier de Peterhead, après avoir fait la pêche de Ja Baleine, s’est mis en 1877 à faire la chasse à l'Hypéroodon sur la côte nord-est d'Islande, et le succès semble avoir couronné complètement son entreprise.
En quelques années cette nouvelle pêche a pris d'énormes proportions ; elle a eu un bon résultat, non seulement au point de vue industriel, mais également au point de vue de la zoologie ; celui qui l’a entreprise a été à même de trancher une question qui tenait les zoologistes en suspens. L’Hypéroodon auquel on avait donné le nom spécifique de latifrons, à cause de l'énorme développement de ses crêtes sus-maxillaires, forme-
1 FLower, Cf the cranium of a netw species of Hyp-ro don (planifrons } Proc. Zoo. Soc , may 2, 1882.
t il une espèce distincte, ou, comme Eschricht l'avait dit, est-il le mâle de l’Hyperoodon rostratum ?
Les nombreux individus de tout âge et de tout sexe pêchés dans les mêmes parages et dont le capitaine Chieftain de Kerkealdy avait eu soin de distinguer les sexes, ont permis de trancher la question dans le sens du savant cétologue de Copenhague.
En 1880, le capitaine David Gray !, commandant de l'Éclipse (Whaling steamer), harponna trente-deux individus et fit connaître les lieux où se tiennent principalement ces Cétacés : c'est, d’après lui, à l’ouest et à l’est du Groenland. Il cite particulièrement Hudson-Bay et le détroit de Davis jusqu’au 70° nord; autour et à l’est de Farewell, autour d'Islande, les côtes est du Groenland jusqu’au 71° nord, à l’ouest de Spitzberg, à l’est de l'Ile des Ours, à la latitude 72° et longitude 1% est, Strait-Belle-[sle, à l’ouest et à l’est de la Nouvelle-Zemble.
En 1881, les baleiniers écossais seuls en prirent cent et onze, et en 1882 on a commencé la pêche aux Frobisher-Strait, où le capitaine Chieftain de Kerkealdy en captura vingt-huit.
Pendant une seule campagne on en a pris jusqu'a quatre cent soixante-trois.
Le 27 avril on avait capturé le premier animal, et au mois de juin on fut obligé de jeter du charbon pour faire de la place à bord.
Un seul baleinier en a capturé, pendant les mois de mai et de juin, deux cent et trois individus, dont nonante-six mâles adultes, cinquante-six femelles et cinquante et un jeunes mâles.
En 1883, onze navires ont pris cinq cent trente-cinq Hypéroodons, dont cent cinquante-sept par l'Éclipse seul.
En 1884, le principal navire n’en a plus capturé que cinquante-six.
La même année (1884), deux schooners de Vardô, Haabet Company, se livrent à la pêche de Hypéroodon, en se rendant
L Davin GrAï. Proc. Zoo!. Soc., 1885, p.726.
dans la direction de l'Islande et capturent à la fin de la saison neuf individus, produisant neuf ou dix tonnes de lard. Cette pêche sera rapidement arrivée à son déclin.
MUSÉES
Si, à l’époque où Cuvier a écrit ses Recherches sur les ossements fossiles, 1 n'existait pas un squelette d'Hypéroodon au Muséum de Paris, il n’en est plus de même aujourd’hui : on en trouve maintenant dans la plupart des musées.
En effet, nous en voyons à Amsterdam, à Belfast; à Berlin un squelette des Feroë; à Bruxelles, d’un animal capturé dans l’'Escaut en 1840; à Caen, des individus mâle et femelle qui ont échoué sur la côte de Calvados; à Cambridge, au Musée de l'Université; à Christiania, à Copenhague on en voit plusieurs squelettes des deux sexes, provenant des Feroë; à Édimbourg, à Groningue, à Hambourg, à Hull, à Leide, à Lille, également des Feroë; à Liège des ossements des côtes de France (Hillion) et un squelette d’un animal de l’Escaut; à Liverpool, à Londres, au Collège royal des chirurgiens; au British Museum, la tête du mâle des Iles Orcades; à Louvain, à Lund, à Oxford; à Paris, le squelette de Solenelles de l'embouchure de l'Orne, et à Stuttgardt, un squelette de Shetland.
DESSINS
Il y a peu de Cétacés qui ont été aussi souvent figurés, et il n'y en a pas de plus facilement reconnaissables que celui qui nous occupe; et, ce qui est plus extraordinaire, c’est qu’un des plus anciens dessins, celui de Hunter, compte encore aujourd'hui parmi les meilleurs.
Thom. Pennant (1776) publie un dessin de l’animal, tout en le plaçant parmi les poissons, avec le Cachalot et les Dauphins.
Lacépède en donne le dessin, planche 13, figure 3.
Il en existe une figure coloriée par Voigt, d’après un indi- . vidu femelle pris dans la baie de Kiel en décembre 1801.
Fréd. Cuvier ‘en a publié aussi une figure. PI. XVI, fig. 1.
On en trouve également une dans Krauss ?, pl. XLIL, fig. 4.
L'Ilustrated News, le ÎT novembre 1860, a publié un dessin, d’après l'animal échoué sur la côte de Kent.
Comme nous venons de le dire, Hunter a publié un très bon dessin de l'animal. L’Hypéroodon a été figuré également par Dael, Pontoppidan, Wesmael, Vrolik, Otto Torell, Gray.
Wesmael représente l’animal en chair, mais ne figure pas les sillons sous la gorge.
Vrolik donne un fort bon dessin et reproduit les sillons.
Une des bonnes figures est celle de Gray dans Erebus and Terror, qui reproduit également fort bien les sillons.
Une autre bonne figure se trouve dans l’expédition suédoise au Spitzherg en 1851 sous la direction de Otto Torell. ue gren faisait partie de cette expédition.
M. Cope figure l'Hypéroodon qui a été capturé sur la côte de Rhode Island.
Il'existe, avons-nous vu plus haut, de très grandes différences dans la tête, surtout entre les mäles et les femelles. Les meilleures figures du mâle, pour ne pas dire les seules, sont celles du capitaine David Gray, qui a observé lui-même les individus de différents sexes en chair.
Les diverses parties du squelette ont été dessinées avec plus ou moins de soin : en 1783 Pierre Camper reçoit une tête d’un marchand de Saardam, qui était encore intéressé dans la pêche de la Baleine au Spitzberg, et la fait figurer dans son ouvrage posthume, publié par son fils avec des notes de Cuvier.
Pander et d’Alton ont figuré également une tête d’'Hypéroodon.
* FRéD. Cuvier, Histoire natur. des Célacés, pl. XVI, fig. 1. ? FréD, KkRAUSS, Das Thicrreich in Bildern, 1851, pl. XLIH, fig. 1.
QU
Gray représente la tête du mâle dans Erebus and Terror.
Eschricht a fait reproduire la tête du mâle, vue sous ses trois faces, et celle de la femelle; il a fait dessiner aussi le fœtus et son squelette, de grandeur naturelle.
Vrolik reproduit, indépendamment de l'animal, le squelette et les principaux viscères {estomac, trachée-artère, cœur, intestins et appareil sexuel femelle).
Les planches XVIIT et XIX de notre Ostéographie représentent le squelette et les crânes des deux sexes.
PARASITES
L’Hypéroodon héberge généralement des parasites et des commensaux.
Il nourrit régulièrement, parait-il, l'Échinorhynchus tuwrbinella dans les intestins 1.
Krabbe y a trouvé l’Ascaris simplex.
Blainville fait mention du Monostomum delphini.
Haaland a trouvé dans l'estomac, des Nématodes qui lui paraissent être des Strongles.
Haalland à ouvert aussi les poumons pour voir s'ils ne contenaient pas des vers parasites. Il n’a rien trouvé.
Parmi les commensaux se trouve le Cyamus Thompsoni Gosse, qui s'établit sur la tête et s’y propage avec une abondance extraordinaire. Nous avons reçu, de notre ami M. Flower, la photographie d’un morceau de peau de la tête, sur laquelle les Cyames sont si serrés les uns contre les autres, que l’on dirait une peau de chagrin. Ils ont été recueillis sur une femelle, capturée en 1882, probablement dans la mer de Baflin.
1 DiesixG, Syst. helm., vol. I, p 54.
(PTE)
Ce Crustacé à été décrit par Gosse en 1855 ‘, et le professeur Lütken fait du Cyamus Thompsoni de Gosse, le Platycyamus Thompsoni ?.
Ce Cétacé héberge également la Penella crassicornis, Stp. et Lutk.
On a trouvé encore comme commensal le Conchoderma lotion, Cuvierti, qui semble hanter indistinctement la coque des navires ou le corps de certains Cétacés.
1 Gosse, On Some new or little knoivn marine animals, Ann. Mag. Nat. hist XNIAS55 p 150,1. 111 fir.2 2 LüTken, Didr. lill kundskab... Cyamus. Copenhague, 1875.
LTPHIUS CA VIROSTATS:
LITTÉRATURE
Cocco, À. Su di un Delfino rinvenulo nello Strello di Messina (Delphinus philippii). Maurozico, Giorn. DEL GaBix. D1 Messixa, 1841.
Anast. Coceo, leber cinen in der Moecrenge von Messina gefundenen Delphin. Exicusox’'s Arcuiv, 1846, p. 104.
Paul Gervais, Mémoire sur la famille des Cétacèés ziplioïdes. ANNALES DES SCIENCES NATURELLES, 9° série, t. XIV, 1850.
Duvernoy, Mémoire sur les caractères ostéologiques des genres nouveaux ou des espèces nouvelles de Cétacés vivants ou fossiles. ANNALES DES SCIENCES NATURELLES, 9° série, t. XV, 1851.
P. Fischer, Sur un crâne de Ziphius trouvé à Arcachon (Gironde). COMPTES RENDUS DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES DE Paris, 6 août 1866,
P.-J. Van Beneden, Mémoire sur une nouvelle espèce de Ziphius de la mer des Indes. MÉMOIRES COURONNÉS ET AUTRES MÉMOIRES PUBLIÉS PAR L'ACADÉMIE ROYALE DE BELGIQUE, coll. in-8°, t. XVI.
Hurmeister, l'auna argentina. ANNALES DEL MUSEO PUBLICO DE Buexos-Ayres, in-4°. Buenos-Ayres, 1868. Entrega quinta.
Malm. /lvaldjur à Sveriges Muscer är 1869, Koxic SVENSKA VETENskap-AkAD. HANDLINGaR, Band 9, n° 2. Stockholm, 1871.
W. Turner, On the occurence of Zipuius CAVIROSTRIS, in the Shetland Seas. Edinburgh, 1872. Traxsacr. r. Soc. Enins., t, XXV, p. 759.
3. H. Scott and Prof, #. 3. Parker, Volice of memoir on a Wlale of the genus Ziphius, recently oblaineä near Dunedin, New-Zealund, Proc. ZooL. Soc., 1887, p. 542 (april).
Prof. Julius von Haast, Further Notes on Ziphius (Epiodon) Novæ Zelandiæ. Proc. zoo. Soc., 1885, p. 590.
HISTORIQUE
En 1804, on trouva sur le bord de la plage, entre le village de Fos et l'embouchure du Galegon, une tête plus ou moins complète, très pesante et très dure, complètement pétrifiée en apparence. L'illustre auteur des Recherches sur les ossements fossiles la désigna sous le nom de Ziphius, terme employé par quelques auteurs du moyen âge. Le Ziphius cavirostris devint le premier et l'unique représentant de ce genre, et Cuvier croyait l’espèce complètement éteinte.
Cette tête a été longtemps l'unique partie du squelette connue des naturalistes ; Desmoulins en reprit l'étude en 1895, et, en la rapprochant des Hypéroodons, il montra qu'il avait apprécié les véritables aflinités de ce nouveau genre de Cétacés.
Paul Gervais trouva une seconde tête en 1850, également sur le bord de la Méditerranée, à Aresquiès ; (Hérault). Il parvint non sans peine a débrouiller l'histoire du Ziphius cavirostris : il rapporte les têtes de Fos et d’Aresquiès à une seule et même espèce encore vivante, et démontre que ce même animal a été désigné déjà sous deux noms bien différents, dans les eaux de Nice. Risso l’a connu et désigné sous le nom de Delphinus Desmarestii, et dans son {listoire naturelle, publiée en 1826, il figure une femelle venue à la côte. Cet animal n’est pas commun dans la Méditerranée, dit-11, — Nous en avons vu des restes dans son Musée à Nice. Sous le nom de Delphinus Philippii, le professeur Cocco a signalé le même animal dans Île détroit de Messine vers 1840.
Paul Gervais ne parvint pas sans peine à faire triompher son opinion et à y rallier l'adhésion des naturalistes. La tête décrite par Cuvier était toujours considérée comme fossile. Duvernoy, le successeur de Cuvier au Muséum, refusait d'admettre l'attribution de la tête de Fos et de celle d’Aresquiès à Ja même espèce animale. Pour justifier son opinion, Duvernoy passa en revue les squelettes des Cétacés voisins, conservés dans
les galeries du Muséum, et il rangea le Ziphius d'Aresquiès parmi les Hypéroodons, sous le nom de Hyperoodon Gervaisti.
A l’époque où des doutes existaient enccre sur l'identité des tôtes de Fos et d’Aresquiès, nous avons comparé avec soin les deux têtes réunies dans les galeries du Muséum, et nous trouvons dans nos notes, qu'une partie du crâne d’'Aresquiès a été sciée en dessus ainsi qu'une partie de la face à gauche. L’os propre du nez à droite manque. Le rostre est complet. Il est plus long que dans le Ziphius des Indes 1, et au bout il porte une espèce de rostrule qui existe exactement de même dans l'individu de Fos.
Ce qui distingue particulièrement ce dernier, c’est que l'intermaxillaire, de droite surtout, est beaucoup plus excavé en dessous des fosses nasales, de manière qu’à la base du rostre, la partie supérieure de la face est profondément creusée; cette excavation ne serait pas moins grande, si les parties qui manquent étaient remises en place.
Du reste, les intermaxillaires sont tous les deux complets dans cette région, ce qui était resté inaperçu, paraît-il.
Une autre différence, c'est que le cartilage du vomer est, comme dans l’{ndicus, complètement ossifié dans le crâne de Fos, et peu dans l’autre.
Dans les trous sous-orbitaires il existe également une différence notable : le sous-orbitaire de gauche s'ouvre au fond d'un profond sillon dans celui de Fos, tandis que dans l'autre il s'ouvre superficiellement, de manière qu'on en voit même deux à l'extérieur dans ce dernier. On ne distingue de ce côté qu’un seul trou dans celui de Cuvier.
La face indique ainsi de notables différences entre ces deux crânes, mais sont-elles sexuelles, individuelles ou spécifiques ? Les modifications du crâne des Hypéroodons semblent faire croire qu’il existe des différences individuelles assez grandes dans la tête des divers Ziphioïdes, et nous ne croyons pas que ces différences dépassent les limites des variations spécifiques.
1 Nous croyions à cette époque que le Ziphius des Indes était une espèce distincte.
Outre les exemples cités par Risso et Cocco, il y a également des Ziphius perdus sur les côtes de la Méditerranée dont la date et le lieu d'échouement ne sont pas cornus; la preuve en est que le Musée de Marseille possède la tête d'un animal sur l’origine duquel on ne trouve aucun renseignement.
Depuis lors, d’autres individus sont venus se perdre sur les bords de la Méditerranée, puis dans le golfe de Gascogne, et même dans la mer du Nord; de plus, nous savons aujourd’hui que le Ziphius cavirostris, auquel appartient la tête de Fos, est une espèce qui vagabonde, non seulement dans les mers d'Europe, mais également dans les eaux de nos antipodes et dans l'océan Pacifique.
On a été longtemps sans se douter que des Cétacés d’une même espèce pussent habiter à la fois les deux hémisphères; nous en connaissons cependant plusieurs exemples aujourd’hui, et nous pouvons même dire qu'aucun Ziphioïde, si ce n’est l’'Hypéroodon, ne semble confiné, ni dans une mer intérieure, ni même dans un océan.
Après 1850, le premier Ziphius qui échoue est un individu quise perd, en 1866, sur la côte de Villafranca, dans un moment où le professeur Haeckel y fait des observations sur les-animaux marins. Le savant professeur de léna prépare le squelette, et, comme on le pense bien, cette belle pièce prend la route de Iléna, pour y enrichir les collections de l'Université.
En septembre 1878, les pêcheurs de Villafranca en capturent un autre encore en vie, qui mesure 5,45, et le squelette est acquis pour le Musée de Florence.
En 1864, on découvrit une tête de Cétacé à Lanton, sur les bords de la baie d'Arcachon, provenant également d’un Ziphius cavirostris. C’est le premier exemple d'un animal de cette espèce trouvé hors de la Méditerranée. Le D° Fischer en a donné la description et le savant aide naturaliste du Muséum fait connaître en même temps les échouements connus dans la Méditerranée et à l’ouest de la France. me
Le professeur Sir Turner publie, en 1872, un intéressant: