‹ Histoire naturelle des balénoptèresChapitre 7 sur 20 · Tome XLI · texte numérisé non relu

Tome XLI

sous le nom de Balænoptera latirostris, nom qui aurait dû lui rester Î.

Peu de temps après, M. Flower reconnut que la tête d'Utrecht appartenait à la même espèce que le squelette de Hull, et il abandonna le nom qu'il avait proposé 2.

Le 29 octobre 1865, une nouvelle jeune Balénoptère, luttant, pour se sauver, sur les côtes de Suède, près de Gôteborg, fut heureusement capturée; elle a été l’objet d’une monographie illustrée, avec dix-huit planches, contenant vingt-neuf photographies, deux planches lithographiées et trois gravures en bois dans le texte. L'auteur, A.-W. Malm, a décrit cet animal dans tous ses détails et, comme il lui paraissait nouveau pour la science, il a proposé de le nommer Balænoptera Caroline. Le terme spécifique était le nom de madame Malm.

L'année suivante, M. Flower publia une note : On the probable identity of the Fin-Whales described as Balænoptera Carolinæ. M. Flower avait parfaitement reconnu l'espèce 3.

En 1868, on commence à faire la pêche aux Balénoptères dans les eaux d'Islande.

Hallas, médecin à bord d’un des baleiniers, qui y a fait la chasse à ces Cétacés durant deux ou trois ans, est un des premiers qui ait bien fait connaître l’espèce que l’on chasse; il a envoyé une tête et des ossements à Copenhague, et Reinhardt a publié les documents et la description des principaux os du squelette. Il a figuré la tête, l’atlas, les os nasaux et los hyoïde #.

A la même époque, le Musée de Leyde reçut du capitaine Bottemanne plusieurs pièces importantes du squelette d’un individu de cette espèce, capturé dans les mêmes eaux, parmi

4 Notes on the Skeletons of Whales in the principal Museum of Holland and Belgium, Proc. Zoo. Soc., november, 1864 p. 410.

2 On Physalus Sibbaldii, Proc. Zoo. Soc., june, 1865, p. 470.

5 Proc. Zool. Soc. of London March, 1866.

# J. ReinuaRoT, Nogle Bemærkninger om Islændernes Steypireydr., Copenbague, 1868. Videnskab. Meddels. fra den naturhistoriske Forening for 1867.

lesquelles se trouvent un sternum, des vertèbres cervicales et d’autres ossements. Bottemanne dit que les Islandais connaissent cet animal sous le nom de Steypireydr, et qu’il n’atteint pas moins de 80 pieds de longueur; sa coloration est foncée, dit-il.

Le 3 novembre 1869, une Balénoptère femelle pleine, de l'espèce qui nous occupe, vint échouer dans la baie de Forth ; elle fut l’objet d’un travail fort intéressant de la part de Sir W. Turner, professeur d'anatomie à l’Université d'Édimbourg. Le fœtus mâle avait 19 pieds 6 pouces. Il s’étendait dans le corps de la mère en avant jusque tout près des condyles du maxillaire inférieur. Pour avoir une idée de l’organisation de la Balénoptère qui nous occupe, il faut recourir à ce beau mémoire.

Le professeur Sars, fils, pendant un séjour de plusieurs années aux iles Lofoten, a fait de son côté des observations intéressantes sur les différentes espèces de Balénoptères, et il distingue parfaitement la grande espèce. En 1874, il publia également une notice sur cette même Balénoptère, d’après des matériaux recueillis sur les côtes de Finmark. Cette notice est accompagnée d’un bon dessin, représentant un fœtus, d’un pied et quelques pouces de longueur.

En 1873, le D' Otto Finsch se rend à Vadsô pour assister à la pêche des Balénoptères, et il en rapporte une tête de fœtus, conservée dans la liqueur. D’après les notes et les dessins faits sur les lieux par le savant naturaliste de Brême, nous avons décrit les caractères extérieurs de l'animal dans les Bulletins de l'Académie 1.

Dans la suite la tête du fœtus a été étudiée avec un soin particulier par M. l'abbé Gérard Smets; il a fait connaître toutes les particularités des os, du crâne et de la face ?.

Le professeur Môbius a publié une notice sur une Balænoptera Sibbaldii, échouée, le 26 juin 1881, entre les îles Sylt et Führ (mer du Nord, côte occidentale du Jutland). L'animal était encore en vie quand il est venu à la côte.

1 Notice sur la grande Balénoptère du Nord, Bulletins de l'Académie, 1875. 3 Ann. Soc. scientif. de Bruxelles, 1885.

Plusieurs naturalistes se sont rendus dans ces dernières années au nord de la Norwège, pour y assister à la pêche des Balénoptères; ils en ont rapporté de précieux matériaux pour l'histoire de la grande espèce : en 1877, MM. Aurivillius et Forstrand, et depuis, MM. Tycho-Tollberg, Éd. Van Beneden, Pouchet, Guldberg et, en dernier lieu, M. O0. Cooks.

M. Tycho-Tollberg a publié un travail intéressant sur la structure et le développement des fanons de la grande espèce. Ils sont larges à la base, noirs comme du jais avec un teint bleuâtre.

Des expositions, comme celle qui vient d’avoir lieu à Hambourg (1884), ont, dans une large mesure, contribué au progrès de la cétologie. Ce n’est que dans des occasions pareilles qu’on peut comparer les squelettes de ces grands mammifères, dont on trouve bien rarement plus d'un exemplaire dans un musée. M. Guldberga rendu compte de cette exposition dans le journal anglais Nature 1, et, à cette même occasion, le D' H. Balan a publié une notice sur les Baleines principales de Pocéan Atlantique et leur distribution dans cette mer 2.

Ce qui a le plus contribué à nous faire connaître les diverses espèces des Balénoptères, et surtout celle qui nous occupe, ce sont les pêcheries que l’on a établies d’abord dans les eaux d'Islande et que l’on a continuées ensuite sur les côtes de Finmark, où elles ont pris une grande extension dans ces dernières années.

SYNONYMIE

Comme nous venons de le voir, c’est le même animal qui est désigné sous le nom de Balæna physalus, par Pallas; Cuvierius et Physalus Sibbaldii, par Gray; Pterobalæna gigas, par Eschricht; Pterobalæna gryphus, par Jul. Münter; Balænoptera latirostris, par Flower ; Balænoptera Cuvierius ou Carolinæ, par Malm.

+ No 799, 19 fév. 1885.

? Segelhandbuch für den Atlantischen Ocean. XIV kapitel.

Les Groënlandais le connaissent sous le nom de Tunnolik ; les Islandais sous celui de Sfeypireydr ; les Norwégiens sous celui de Blaahval.

Sars avait attribué le nom de Hushval à la Balænoptera Sibbaldii. M. Guldberg, conservateur du Musée zootomique de PUniversité de Christiania, croit que Sars s’est trompé; le Hushval ferait son apparition dans ces régions à une autre époque que le Sibbaldii, qui ne se montre qu’en été.

Dans notre mémoire sur la Baleine des Basques 1, nous avons d’ailleurs dit que ce nom était donné à la Balæna biscayensis.

Le Physalus antarcticus de Malm, dont nous avons vu des vertèbres au Musée de Stockholm, provenant du détroit de Magellan, représente sans doute le Sibbaldii dans l'hémisphère austral.

Parmi les ossements provenant de l'expédition française au Cap Horn et qui sont conservés au Muséum à Paris, il yen a sans doute qui se rapportent à cette même espèce.

Les baleiniers américains et anglais parlent souvent d’une Balénoptère sous le nom de Sulfurbottom; c’est, d’après eux, un animal de grande taille et qui hante l'océan Pacitique et la mer des Indes. Ils lui accordent une taille de 80 pieds et des fanons fort larges et d’un noir luisant. Nous avons ainsi plusieurs raisons de croire que ce Sulfurbotiom est aussi synonyme de B. Sibbaldii.

Ce qui nous confirme dans ce rapprochement, c’est l'examen, que nous avons eu l’occasion de faire à Vienne, des fanons désignés sous ce même nom par le capitaine Charles Scammon et que le prof. Steindachner avait lui-même rapportés de San- Francisco.

CARACTÈRES

Cette espèce se distingue des autres Balénoptères par le

rostre, qui est fort large, surtout sur le milieu de sa longueur ; Ed 1 Histoire naturelle de la Baleine des Basques ; Mémoires de l’Académie, 1886, p. 24.

par les os nasaux tronqués en avant, et par les palatins fort larges; le maxillaire supérieur est dépassé par le maxillaire inférieur, et l’apophyse coronoïde est haute et pointue; les vertèbres sont au nombre de soixante-trois ou soixante-quatre; les côtes sont au nombre de quinze ou seize paires; le sternum est large et court, les métacarpiens et les phalanges sont comparativement longs.

Les fanons sont courts et fort larges à leur base, d'un noir foncé à reflets bleuâtres 1.

La nageoire dorsale est petite, pointue et rapprochée de la nageoire caudale. Elle est placée au-dessus de lPanus, vers les quatre cinquièmes de la longueur du corps. Les nageoires pectorales sont longues et pointues. La peau du dos est d’un brun foncé tirant sur le vert. La peau du ventre est grisâtre, argentée.

Des poils, au nombre d’une trentaine, sont placés au menton dans un espace circulaire (Malm).

Le caractère si important de la largeur du rostre, qui lui avait valu le nom de Zatirostris, ne se trouve cependant bien prononcé que chez l'adulte. Nous avons été à même de comparer des photographies de têtes de fœtus, de jeunes et d'adultes, et nous avons pu nous assurer que la largeur des maxillaires, vers le milieu, se montre seulement après la naissance.

La taille de l'animal adulte dépasse 80 pieds. Pallas lui accorde 84 pieds.

La femelle de 1827, trouvée morte en mer, avait 85 pieds (26,60).

Scoresby en accorde 82 à une Balénoptère venue à la côte à Shetland pendant l’hiver 1817-1818. Il FR n pas le sexe de l'individu.

1 Les fanons sont noirs aussi dans la Balænoptera borealis, mais leur ‘forme les fait ressembler plutôt à des fanons dé Baleine qu’a des fanons de Balénoptère; ils sont en effet très étroits à leur base. Les barbes sont blanches et fines dans la Balænoplera borealis, noires et épaisses daus la Ba/ænoptera Sibbaldii.

Celui de Sibbald, capturé en 1692 à l'entrée du Firth ot Forth, était un mâle de 78 pieds.

Un autre individu, de sexe femelle, capturé également dans le Firth of Forth, avait 80 pieds, et le fœtus qu’elle portait en avait près de 20.

Knox accorde 84 pieds à un animal capturé le 5 octobre 1831 près de Nort-Berwick et dont le squelette est au Musée d’Édimbourg.

Un animal échoué sur les côtes à Plymouth mesurait 79 pieds.

La Balénoptère, dont la nageoïre pectorale avait été envoyée par Holbôll à Copenhague, avait été prise dans la baie de Baflin le 12 août 1845. Elle avait 34 aunes danoises. A en juger par sa taille, c'était sans doute une femelle.

M. Guldberg estime la taille au moins à 75 pieds à l’âge adulte. Les plus forts individus qu’il ait vus avaient 84 pieds. On en cite de 86 et même de plus grands.

Le D: Finsch a vu prendre à Vadsô une femelle pleine qui avait 84 pieds.

Un pêcheur des côtes de Finmark a capturé en 1885 : le 42 juillet, une femelle de 85 pieds; le 24 juillet, une de 82; le 9 août, une de 81; le 6 juin, une de 72 et le 24 août, un mâle de 75 pieds. Ainsi, le 24 août il prend un mâle et une femelle, et la femelle a 7 pieds de plus quele mâle.

Il paraît que l’on ne prend plus de si grands individus.

Dans ces derniers temps, six individus capturés dans les eaux d'Islande ne mesuraient que de 70 à 80 pieds.

La Balænoptera Sibbaldii est l'espèce la plus commune dans ces parages. M. Alfred Cocks rapporte que sur 406 cétacés à fanons, capturés en 1883 sur les côtes de Finmark, il y avait 175 Balænoptera Sibbaldii, et sur le restant à peu près la moitié Balænoptera borealis et musculus. Sur 40 individus capturés par un seul pêcheur, il y avait 19 Sibbaldii, 8 Megaptera et le restant des Musculus 1.

Les cétacés en naissant ont à peu près le tiers ou le quart de

*'ALrr. Cocxs, loc. cit , p. 20.

la longueur de la mère. Les Phoques, si l’on en croit le témoignage de quelques naturalistes, sont dans le même cas, et on cite même des exemples de jeunes animaux de cet ordre qui, en naissant, auraient eu à peu près la moitié de la taille de leur mère. Ce sont donc les mammifères dont la taille, relativement à la mère, est la plus grande à la naissance.

La grande Balénoptère, Balænoptera Sibbaldii, a été étudiée par le professeur Sir Turner : le savant professeur d'Édimbourg a vu une femelle de 80 pieds, échouée sur les côtes d'Écosse, qui renfermait un fœtus à terme de près de 20 pieds; c'était donc le quart de la taille de la mère.

M. Henri Berd a vu sur les côtes d’[slande un fœtus qui avait 18 pieds.

Le Musée de Leipzig a reçu de Vadsô un fœtus de 18 pieds également.

Un fœtus recueilli sur les côtes d'Islande et envoyé par le capitaine Bottemanne au Musée de Leyde, avait 17 pieds.

Le D' Finsch a trouvé dans une femelle, à Vadsô (Finmark), entre le T et le 10 juillet, un fœtus de 7 pieds et un autre de 41/0.

Le 7 août, on a trouvé dans une femelle, capturée à l’est du cap Nord, un fœtus de 9 à 10 pieds. La mère avait 75 pieds norwégiens, ou 78 pieds 2 pouces anglais.

M. Alfred Cocks a observé sur les lieux (également Finmark), le 21 juillet, un fœtus de 3 pouces, à Eretiki; un second de 9 à 10 pouces, le T août, à Jarfiord ; un troisième de 15 pouces, à Vardô, le 14 août, et un quatrième de 15 pieds 6 pouces, du 15 au 17 août (1884).

On connaît plusieurs autres fœtus. La plupart viennent de Vadsô. On voit des différences de taille assez grandes dans des fœtus recueillis à quelques jours d'intervalle. Il est à remarquer que l’on ne commence la chasse qu’au mois de mai sur les côtes de Finmark et que tous ces fœtus sont recueillis pendant les trois mois d’été.

Sars a figuré un fœtus de 1 pied 4 pouces.

Guldberg a rassemblé la mesure de 28 fœtus, mais on n’a malheureusement pas tenu note de la date de leur capture.

Tycho-Tollberg a eu un embryon de 1 mètre, un de 2 mètres, un de 3 mètres et un de 455.

Le fœtus de Longniddry avait au delà de 19 pieds.

Guldberg cite un fœtus de 23 pieds, qu’il considère comme étant à terme.

Il croit devoir fixer la taille de la Balænoptera Sibbaldii, en naissant, entre 23 et 24 pieds, ou 7 1/9 à 8 mètres 1.

ORGANISATION

Plusieurs travaux importants ont paru sur l’organisation de la Balénoptère de Sibbald, et parmi eux nous pouvons citer particulièrement le beau mémoire de Sir W. Turner, qui a eu à sa disposition une femelle de T8 pieds 9 pouces en chair et un fœtus de 19 pieds 6 pouces.

La tête du fœtus deT pieds, conservée dans la liqueur avecles

RE

Vue de la partie antérieure de la tète du fœtus, conservée à Louvain.

* Pour donner une idée de cette différence de taille, nous ferons remarquer que la petite Rostrata à, d'après Eschricht, 9 pieds de longueur en venant au monde, et la grande qui nous occupe en a 20.

parties molles, nous a montré combien le maxillaire inférieur dépasse le bout du rostre; une double rangée de bulbes à poils garnit la lèvre supérieure, et une double rangée se montre également sur le bord et au-dessous de la mandibule inférieure.

En disséquant la tête du fœtus, nous avons observé une disposition bien curieuse dans la cavité de la bouche. La langue forme en avant une saillie; mais en arrière, au lieu de s’élever et de s’insérer sur le corps de los hyoïde, elle se déprime et il se forme une véritable excavation.

La caisse tympanique mesure 13 centimètres en hauteur; la grande apophyse, 24 en longueur.

La colonne vertébrale de B. Sibbaldii compte un plus grand nombre de vertèbres que celles des autres Balénoptères, mais il est à remarquer que l’on conserve bien rarement les dernières caudales. Il n’y a que les naturalistes qui attachent de l’importance à conserver tous les os, petits ou grands, ossifiés ou cartilagineux.

Knox a compté soixante-trois vertèbres, qu'il répartit en cervicales, sept; dorsales, quinze; lombaires, seize ; caudales, vingt-cinq.

C’est le même nombre que dans le jeune squelette de Gôtenborg, seulement il y a une lombaire de moins et une caudale de plus. Cette différence peut dépendre de la dernière lombaire, qui est comptée quelquefois avec les caudales.

Pallas n’accorde que soixante et une vertèbres à la Balæna physalus, comme il appelle la Sibbaldii.

Un squelette du Musée de Stockholm, provenant de Vadsô, montre soixante-deux vertèbres, d'après une lettre de M. Smith. Ce même nombre se trouverait dans une mère et dans un fœtus.

Le squelette de Hull, de 50 pieds de long, a soixante-quatre vertèbres (7 cervicales, 16 dorsales, 41 lombaires et caudales).

La femelle échouée dans les sables de l’île d’Oleron, en 1827, et qui n'aurait aussi que 94 pieds, portait, d'après les suppositions, soixante-trois vertèbres (46 présentes et 17 qui manquaient dans la queue).

Le squelette d'Édimbourg a soixante-trois vertèbres (7 cerv., 45 dors., 16 lomb. et 25 caud.).

Celui de la Balænoptera Carolinæ de Gôtenborg, en a cin- -quante-six (15 dors., 15 Iomb, et 26 coccygiennes). Sans doute, elles ne sont pas toutes conservées, puisque le nombre ne s'accroît pas avec l’âge, pas plus que celui des fanons.

Une femelle de 13 mètres, du Musée de Kiel, a également soixante-quatre vertèbres (7 cerv., 16 dors., 15 lomb. et 26 caud.).

L’atlas de la femelle de Stockholm présente à sa face postérieure tous les caractères que MM. Flower et Reinhardt ont attribués à cette espèce.

Pour se faire une idée de la taille des vertèbres, nous ferons remarquer que l’axis mesure, d’un bout de ses apophyses à l'autre, 1",95.

Nous avons vu au Musée de Stockholm une vertèbre lombaire du détroit de Magellan, dont les apophyses n'étaient pas soudées et dont le corps mesurait en largeur 49 centimètres, en hauteur 39 et en longueur 27, avec une apophyse épineuse, mesurée de sa base, de 77 à 78 centimètres.

Malm a écrit sur l'étiquette de cette vertèbre du Musée de Stockholm : Physalus antarcticus ; elle est figurée dans son mémoire 1.

Une autre vertèbre, de grandeur colossale également, une dorsale, la onzième, du même Musée, mesure en travers 48 centimètres, en hauteur 39, en longueur 16, avec une apophyse transverse, mesurée depuis le canal vertébral, de 54centimètres.

Les épiphyses sont soudées.

Nousavons tout lieu de croire que ces vertèbres proviennent de l’espèce représentative de notre Sibbaldii, ou de la Sibbaldii même.

Nous venons de recevoir une omoplate d’un individu, qui avait près de 80 pieds et qui mesure un mètre soixante, de l'angle antérieur à l’angle postérieur de l'os.

! Hvalljur à Sveriges Muzeer. Kongl. Svenska Vetenskaps-Akademiens handlingar. Stockholm, 1871, pl. 1,7, c.

Le sternum de jeune animal le plus intéressant est celui du Musée de Leyde. Il consiste dans un large disque, sans échancrure en avant et sans appendice en arrière, ayant en travers de 39 à 40 centimètres, et d'avant en arrière 25 à 26 centimètres.

Le sternum du jeune mâle de Gôtenborg présente la même forme.

Le sternum adulte de Leyde se termine en arrière en pointe arrondie, et mesure en travers 67 à 68 centimètres.

Celui d’Ostende lui ressemble aussi bien qu'au sternum d'Édimbourg.

Sternum d'une femelle, du Musée de Stockholm.

Le sternum de la femelle de Stockholm se termine de la même manière postérieurement, mais, en avant, le bord n’est pas arrondi comme dans les autres; il y a pour ainsi dire un second étage.

D’après ce que nous venons de dire, cet os n’est point échancré en avant dans l'espèce qui nous occupe, corame il l'est dans d’autres espèces.

Le sternum représenté par sir Turner, provenant d’une femelle adolescente, ne ressemble pas complètement aux autres.

Le professeur de l’Université d'Édimbourg a publié aussi la figure du sternum d’un fœtus mâle, fort intéressant; il est formé d’un cartilage qui ressemble au sternum de l’animal adulte, et d’un second cartilage fort petit, placé derrière l’autre sur la ligne médiane, et qui semble devoir former la pointe postérieure de cet os.

Le squelette a seize paires de côtes quand elles sont toutes conservées. La dernière se perd souvent. Nous en comptons seize dans le squelette de Hull et dans quelques autres squelettes.

Un fœtus femelle du Musée de Stockholm n’en a que quinze.

Dans la Balénoptère qui nous occupe, on voit souvent cette première côte formée de deux pièces plus ou moins complètement soudées.

Dans le squelette d’Ostende, la première côte est réellement bifurquée, comme nous l’avons déjà fait remarquer, et celui qui la monté a attaché cet os à la dernière cervicale et à la première dorsale; c’est ce qui avait fait dire à Dubar, qui a décrit ce squelette, qu'il n’y avait que six vertèbres à la région cervicale,

La première côte du squelette d’un jeune mâle de Gôtenborg est simple, ainsi que la première du squelette de Stockholm.

Un radius des Antilles, au Musée de Bordeaux, mesure plus d’un mètre de longueur.

Dans le squelette de Hull, nous voyons les phalanges des doigts au nombre de 4, 6, 3 et 3. Dans celui de Gôtenborg, décrit par Malm, ils sont 5, 8, 8, 4. Dans celui de Copenhague, qui vient de la baie de Baflin, nous avons compté 6, 6, T, 4.

Il est à remarquer que les doigts des adultes sont rarement complets, ce qui paraît dépendre des luttes que ces animaux ont eu à soutenir avec les Orques. Les bords des nageoires sont très souvent rongés, aussi bien des nageoires caudales que des nageoires pectorales. Le dessin publié par Schlegel dans la Fauna Japonica montre bien comment ces organes sont entamés sur leurs bords.

D’après le fœtus de Longniddry, le nombre de rangs de fanons serait de trois cent trente-cinq.

L'espace qui les sépare est d’un dixième de pouce. Chaque rang de fanons compte vers le milieu jusqu’à sept, huit et même neuf lames en avant, seulement cinq en arrière; le nombre s'accroît jusqu’à trente, mais dans ce cas les derniers sont à peine distincts.

.Les fanons du fœtus n’ont pas cette belle couleur noire des adultes. |

Quand le fœtus a 2 mètres, les fanons sont en voie de formation. M. Tollberg a figuré les fanons d’un fœtus de 3 mètres, et d’un autre qui avait atteint 4 1/ mètres.

Dans ces dernières années, un beau travail a paru sur la formation des fanons de la Balænoptera Sibbaldii, par Tycho-Tollberg !.

Sous le rapport morphologique, les fanons correspondent aux papilles du palais des Ruminants; leur origine est épidermique.

Lorsque l'embryon a 2 mètres de long, l’épithélium du milieu du bord du maxillaire s’épaissit, et cette épaisseur s'étend ensuite en avant et en arrière. Comme Eschricht l'avait déjà remarqué, le nombre de fanons ne change pas dans le cours du développement.

MM. G. Pouchet et Chabry ont exposé le résultat d’observations intéressantes sur l’évolution des dents de la Balænoptera Sibbaldii, dans les Comptes rendus de l’Académie des sciences 2.

M. Planteau a fait connaître des observations sur la muqueuse de l'utérus, d’après des pièces rapportées de Vadsô par le professeur Pouchet 5.

MOEURS

Chaque espèce de Cétacé se comporte d’une manière particulière en mer, et les pêcheurs les reconnaissent à distance sans se tromper. La Balénoptère qui nous occupe est reconnaissable non seulement à sa nageoire dorsale, qui est très petite et placée fort en arrière, mais également à son high spout and conspicuous size, comme disent les baleiniers anglais.

1 Tozzserc-Tycao, Sur la structure et le développement des Baleines (Bal. Sibbaldii), ArcHiv. Zoo. EXPÉRIM., 1. III, n° 5, notes, p. xxx1x. Nov. act. Reg. Soc. Scientiar., Upsaliensis, vol. XI, 18853.

2 920 février 1882:

8 PLANTEAU, Muqueuse de l'utérus de Balænoptera Sibbaldii. Journ. D’ANAT. ET DE Puys., juillet, 1881, p. 277.

La Baleine franche parcourt un espace de 9 à 10 milles à l'heure, et les Balénoptères, surtout la grande, nagent encore plus vite; le capitaine sir Turner accorde à la Balænoptera Sibbaldii, qui atteint 89 pieds, une vitesse de 12 milles à l'heure, comme au Cachalot. |

Le professeur Sir Turner, dans une conférence donnée dernièrement à Édimbourg, a parlé de la force des grands Cétacés. Il estime la force de la Balænoptera Sibbaldii, qui parcourt 12 milles à l'heure, dont le poids est de T0 tonnes et l’envergure de la queue de 18 à 20 pieds, il estime cette force, d’après M. Henderson, à 145 chevaux.

Les Balénoptères sont généralement considérées comme ichtyophages, ainsi que les Mégaptères, mais l'espèce qui nous occupe ne paraît guère manger que des Crustacés.

Le Crustacé qui fait sa pâture principale est un mysidé, que l’on désigne sous le nom de Roeger ; ’estune Thysanopoda, qui porte maintenant le nom de Euphrasia inermis. C’est le Krill des pêcheurs !. La Balénoptère poursuit ces Crustacés schizopodes jusque dans les Fiords, dit Sars. Ce petit crustacé paraît en si grande abondance à l’est du cap Nord, pendant les mois d'été, qu'elle sert de pâture non seulement aux Balænoptera Sibbaldii et borealis, mais également au Gadus virens et aux nombreux oiseaux marins qui descendent comme des nuages sur cette proie.

Collett a trouvé communément de 3 à 400 litres de Thysanopoda dans leur estomac. Mon fils en a ouvert à Vadsô en 1889, qu'on venait de capturer et il a trouvé leur estomac également plein de ce petit crustacé.

C’est par erreur, sans doute, que Holbüll cite le Mallotus arcticus, et Pallas, les Loligo et les Méduses, comme nourriture principale de cette Balénoptère.

D’après le D° Guldberg, la Balænoptera borealis poursuit la même pâture et ne se rend cependant pas autant à l’est que la Balænoptera Sibbaldii. I faudrait en conclure que ce n’est pas

1 Nalurw. Verein., mai 1885.

exclusivement la recherche de la pâture qui les guide dans leurs pérégrinations.

Le Cestode, que nous possédons à l’état de strobile, provient sans doute de ce crustacé Schizopode.

Ces Cétacés vivent par couple et la femelle atteint une taille plus forte que le mâle.

Malmgren a vu deux grandes Balénoptères, sans doute mâle et femelle, à la latitude de 79,45.

En septembre 1881, on a trouvé une femelle morte sur les côtes près de Plymouth, et le 2 novembre suivant, on a vu échouer un mâle à peu près sur les mêmes côtes.

Comme les autres espèces, la Balænoptera Sibbaldii s'apparie sans doute à certaines époques de l’année et les sexes, comme les individus qui composent les bandes, se prêtent assistance en cas de danger.

Les pêcheurs ont plus d’une fois remarqué que des Balénoptères vont au secours des individus capturés, et continuent leurs évolutions autour du cadavre remorqué, jusqu’à ce que le danger d’être prises elles-mêmes devient trop éminent.

-Ya-t-il une époque des amours, ou ces cétacés s’accouplentils à toutes les époques de l’année? Est-ce dans l'Atlantique pendant l’hiver, ou dans la Mer de Barentz pendant l'été? Qu'elle est la durée de gestation ? Y a-t-il un lieu de prédilection pour la mise bas? Ce sont autant de questions auxquelles il est encore difficile de répondre positivement. Nous n’avons encore que des observations isolées.

L’accouplement se fait, d’après Guldberg, en étésurlescôtes de Finmark et de Laponie et il cite un exemple à la date du 15 juillet (1883). On a vu un mâle etune femelle tous les deux sur les flancs, s'approcher lentement l’un de l’autre, puis se tourner ventre contre ventre. Le vapeur tira sur le mâle, qui làcha la femelle sans être blessé. Le lendemain on captura une femelle de 70 pieds. A l’autopsie, la muqueuse vaginale était rouge et injectée. L’impression était que la femelle était fécondée. Guldberg n’a pas trouvé de spermatozoïdes dans les mucosités utérines.

Mais à en juger par la taille des fœtus que l’on recueille assez régulièrement pendant l’époque de la pêche, l’accouplement doit avoir lieu également ailleurs et en d’autres temps; ainsi cette Balénoptère n'aurait pas d'époque fixe pour laccouplement, par conséquent non plus pour l’époque de la parturition. Dailleurs M. Guldberg est arrivé à la même conclusion, comme il ressort d’un de ses derniers travaux 1.

La durée de la gestation dure au delà d’une année, et sans aucun doute elle varie d’une Balénoptère à l’autre.

La Balænoptera Sibbaldii se reproduit tous les trois ans; les Balænoptera musculus et rostrata semblent se reproduire tous les deux ans environ.

La taille des fœtus, recueillis à Vadsô et dans les ports voisins, est très variable, comme nous lPavons déjà dit plus haut.

Au commencement de juillet 1883, on amena à Svartnæs, près de Vardô, une grande femelle, avec les mamelles pleines de lait et une matrice énorme; il a semblé au conservateur du Musée Zootomique de Christiania, que cette femelle avait mis bas depuis peu de temps.

La femelle de la baie de Forth, ainsi qu’une autre citée par le professeur d'anatomie de l'Université d Édimbourg, auraient au contraire mis bas au mois d'octobre ou de novembre.

DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE

Cette Balénoptère fait régulièrement son apparition sur les côtes d'Islande et de Finmark au printemps, et elle disparait à la fin de l’été. Quelle direction prend-elle alors pour passer les mois d'hiver? Traverse-t-elle l'Atlantique pour se rendre à la côte de Labrador? Nous fondons grand espoir sur l'initiative,

1 G. A. Guzogerc, zur Biologie des Nordatlantischen Finwhälarten. ZooLoGiscHE Janreücner, JENA, 1866. vol. I, fasc. 1, pp. 126-174.

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qui vient d’être prise par la commission de pêche de Washington, d'inviter les habitants des côtes d’informer par télégraphe le professeur Sir A. Baird, le secrétaire de l'institut Smithsonien de Washington, chaque fois qu’un Cétacé de quelque importance apparaitrait.

Pour faciliter cette tâche, M. Fréd. True, curateur des mammifères du Musée national, a publié une notice intéressante, avec dessin au trait, des différents Cétacés qui pourraient faire leur apparition sur les côtes des États-Unis d'Amérique 1.

Quant à l’époque de l'apparition de la grande Balénoptère, nous avons recueilli quelques faits qu’il s’agira de coordonner quand ils seront assez nombreux.

Sophus Hallas, qui a pris part à la pêche des Balénoptères sur les côtes d'Islande, dit que leur apparition dans les eaux d'Islande a lieu vers le 21 avril.

D’après les pêcheurs, les Balænoptera Sibbaldii et musculus, ainsi que la Megaptera boops, apparaissent dans le voisinage du cap Nord en même temps que la Mallotus villosus, la nourriture favorite des Gades. Des millions de Larus (Larus glaucus et eburneus) suivent ces bancs de poissons.

L’Éclipse, partie de Peterhead, le 20 avril 1886, pour la pêche à la Baleine, a rencontré, quatre ou cinq jours après son départ d'Écosse, une Balænoptera Sibbaldiü ; du moins, R. Gray suppose, d’après la taille, que la Balénoptère qu'ils ont aperçue appartient à cette espèce. Le huitième jour, l’Éclipse s'est approchée des glaces, et deux autres individus de la même espèce se sont montrés à l’horizon.

Le capitaine de l’Éclipse a vu ensuite des Balænoptera Sibbaldii à côté d’Hyperoodon, et même dans des eaux qui avaient une température au-dessous de deux degrés et demi, à côté des Mysticetus. Nordenskiold croyait que les Sibbaldii n’entraient pas dans des eaux au-dessous de cette température.

Ÿ Fren. TRUE, Suggestions to the keepers of the U.S. Life-Saving stations .. 19 the best means of collecting and preserving SH of whales and note Washington, 1884.

A 79%, 15° N., le capitaine Gray a vu encore une Balænoptera Sibbaldii avec deux jeunes.

Avec les baleiniers, on peut dire qu’elles sont Cold water whales.

Il n’est pas douteux que cette même Balénoptère ne se montre de l’autre côté de l'Atlantique. Le professeur Cope cite quatre espèces, dont une est connue des baleiniers sous le nom de Finbach whale, et mesure au moins T4 pieds, à en juger par un squelette du Musée de Cambridge. C’est le Sibbaldius sul- [ureus de Cope.

Guldberg cite le cas d’un individu capturé en Europe, qui portait un harpon semblable à ceux qu’on emploie de l'autre côté de l'Atlantique, probablement des côtes du Labrador.

Nous savons que cette Balénoptère apparaît régulièrement au printemps au détroit de Davis, quand la Baleine franche l’a quitté, et elle se rend dans la mer de Baflin à de hautes latitudes. C’est l’espèce la plus boréale du genre, dit F. Gray. Les Esquimaux, comme les baleiniers, ne distinguent pas la Balænoptera Sibbaldi de la Balænoptera musculus, dit R. Brown !.

Nous connaissons un exemple intéressant de cette capture, faite le 12 août 1843 dans la baie de Bafin : c’est celle de la femelle de 34 aunes danoises, dont la nageoire pectorale avait été envoyée à Eschricht. Le ventre de cette Balénoptère était noir et gris, disait HoÏbôll; souris-foncé entre les plis et la nageoire dorsale petite ?.

Celles qui doublent le cap Nord longent la côte de Finmark et se dirigent vers l’est. M. A. Cockx a vu des Balænoptera Sibbaldii jusqu’au 18 septembre à l'entrée de la mer Blanche.

Déjà en 1852, O0. Heuglin avait signalé à la Société royale de géographie de Londres à que ces animaux sont extrêmement abondants dans la mer Blanche, et il avait même exprimé l’espoir de voir l’industrie de la pêche s'établir dans cette mer, si

! The Zoologist, février 1887.

? Escuricur, 5e Traité, p. 151.

5 Journ.roy. geoyr. Society, vol. XXI, p. 129.

peu connue alors. Il prétend aussi que les côtes de cette mer intérieure sont couvertes d’ossements de ces Cétacés.

Elle se rend dans les eaux de Spitzhbergen, comme dans la mer de Baflin, à de hautes latitudes. Malmgren rapporte qu’il a vu, comme le capitaine Gray, le 17 septembre-1861, deux Balénoptères de grande taille, à 79,45’ latitude nord, entre l’île d'Amsterdam et le Spitzberg. Leur navire y était à l'ancre.

On sait que cette Balénoptère est également commune à Beeren-Eïland et sur les côtes de la Nouvelle-Zemble.

Dans le courant du mois d’août, ces animaux abandonnent ces régions, et la première espèce qui quitte les côtes de Ia Laponie, c’est la Balænoptera Sibbaldii; la seconde espèce, c’est la Balænoptera musculus. La Megaptera reste la dernière, paraît-il (A. Cockx).

Le 18 septembre, on a vu encore un individu de cette espèce à Eretiki.

M. Guldberg a fait le relevé des Balénoptères de cette espèce capturées depuis dix ans : en 1876, il y en a eu 42; en 1877, -22 seulement, c’est le plus petit nombre; en 1878, il y en a eu 10; en 1879, 84; en 1880, 62; en 1881, 221. Cest le plus haut chiffre que l’on ait atteint. En 1889 et 1883, on estime le nombre à 200; en 1884, les animaux étaient grands, mais moins abondants; en 1885, on n’en a pris que 58. On a capturé à la place une centaine de Balænoptera borealis. En 1886, on en à capturé une centaine. La Balænoptera borealis était rare cette année, mais la Balænoptera musculus, par contre, fort abondante.

M. Alfred Cockx estime que sur 406 captures faites en 1883 sur les côtes de Finmark, il y avait 175 Balænoptera Sibbaldii.

La Balænoptera Sibbaldii a été rare en 1885 sur les côtes de Finmark. Le Crustacé qui forme sa pâture, la Thysanopoda inermis, a fait défaut, etle Seje ou Cod whale des Norwégiens a paru à sa place.

À cause de son énorme taille, cette espèce est plus exposée à échouer que les autres, et nous avons plusieurs exemples d'individus trouvés flottants en mer.

Ascanius signale l’exemple d’une femelle de 66 pieds qui est venue se perdre sur les côtes de Norwège.

Le 28 juillet, on a vu sur les côtes est de l’Islande un Steypireydr flottant en mer.

Un animal de 80 pieds a échoué sur les côtes de Hollande (Oosten et Sluysche Gal) le 1% mai, nous ne savons de quelle année. Le commissaire De Witte fait mention des fanons noirs, d’une aune de longueur, et dont il estime le nombre à deux cents 1.

Une des captures, dont on s’est le plus occupé, est celle faite en 1827 d'une femelle trouvée flottante en mer et remorque par les pècheurs jusqu’au port d’Ostende. L’animal mesurait, comme nous l'avons dit plus haut, 85 pieds, et son squelette, après avoir été exhibé dans les principales capitales de l'Europe, est conservé, dans un triste état, au Jardin botanique de St-Pétersbourg 2. C’est la propriété du Musée impérial de l'Académie des sciences de St-Pétersbourg.

Cette même année, au mois de mars (le 10), une jeune femelle, qui n'avait que 54 pieds, a échoué dans les sables de l’île d'Oleron, et on peut se demander si ce n’est pas un Baleineau qui avait accompagné la Balénoptère dont nous venons de parler. Le D' Fischer donne des détails fort intéressants sur cette Balénoptère : le sternum était petit et plat, les vertèbres, au nombre de quarante-six, sans celles de la queue, qui sont au nombre de dix-sept, ce qui fait en tout soixantetrois vertèbres. Les os n’ont malheureusement pas été conservés.

Le D' Fischer fait mention d’une autre Balénoptère qui a échoué en avril 1863 sur les côtes de Dunkerque, et qui mesurait 30 mètres.

£ Le 1er mai est venue échouer une Baleine : « na myne gissinge omtreut 200 git zwarte tande, een elle langh ende breed, groot van muyle, daer wel eene gemeene schuyt ingaen soude, in der waerheyt een monster der hellen. »

? « Das grosse Skelet der bei Ostende gestrandeten, welches Europa durchwanderte, ist jetzt Eigenthum unseres Museums, » m'écrivait le Dr Brandt dans une lettre datée de St-Pétersbourg le {er janvier 1872.

On cite encore un animal, rejeté par la mer à l’état de cadavre sur la plage de Soulac, dans le golfe de Gascogne. C'était le 43 juillet 1879. On ne voyait flotter qu’une masse informe de chair en putréfaction ; la tête et la queue étaient séparées; il y a lieu de croire, n'écrit le capitaine Jouan, que, sous l’impulsion des vagues, qui sont terribles sur cette côte, le corps aura été replié en deux. Le corps a été mis en vente, et c’est la commune de Soulac qui la achété pour 90 francs. L'animal avait 2% mètres de long 1.

On en a observé à diverses reprises sur les côtes d'Écosse et de- Shetland.

Sibbald, qui a fait tant de bonnes observations sur les grands Cétacés des côtes d'Écosse, parle d’un mâle de 75 pieds qui a péri en 1690 dans la baie de Forth. C’était un mdividu de la grande espèce.

C'est encore sans doute un animal de cette espèce qui a échoué à l'entrée de l'Humber, au mois de septembre 1750, et dont Scoresby fait mention.

Neill fait mention également d’un grand individu, dont le sexe n’est pas déterminé, qui à péri dans la même baie en 1808.

Scoresby parle d’une Balénoptère de 82 pieds qu'il a vue sur les côtes de Shetland pendant l'hiver de 1817-1818. Elle était venue y échouer.

Arthur Jacob fait mention d’une femelle de 70 pieds, venue à la côte, à l’ouest de l'Irlande, au mois d’avril 1895.

Un jeune animal de 51 pieds, dont le squelette est conservé au Musée de Liverpool, a échoué dans la Dee.

Une femelle trouvée morte en mer, a été remorquée à Plymouth le 27 septembre 1831 ; elle était longue de 79 pieds (Couch) et son estomac renfermait une grande quantité de Pilchards. D’après sa taille, ce serait une Sibbaldii, mais cette espèce se nourrit-elle de Pilchards? N'y a-t-1l pas de l’exagération dans la longueur? C’est ce que nous croyons plutôt.

‘ Act. Soc. Linn. de Bordeaux, séance du 6 août 1879.

En octobre 1831, un individu a échoué à l'embouchure de la baie de Forth; son squelette est au Musée des sciences et des arts à Édimbourg. Il avait 76 pieds (Knox).

En 1833, une bonne capture a été faite dans le Humber, près de Hull; le squelette de l'animal est conservé au Musée de cette ville.

Le professeur Sir Turner, qui signale cinq échouements, parle d’un individu échoué à l'entrée du Firth of Forth en 1858.

Une Balænoptera Sibbaldii, prise, le 9 novembre 1869, à l'entrée de ce fleuve, et qui heureusement est tombée dans de bonnes mains, nous fournira des renseignements bien importants. Elle s'était montrée en spectacle aux habitants de la côte pendant quatorze jours. C'était une femelle sur le point de mettre bas, et dont l’acquisition a été faite de manière à être utilisée complètement pour la science. Le professeur Sir Turner a d’abord publié une première notice dans les Proceedings de la Société royale d'Édimbourg, puis, dans une notice particulière, il a fait connaître le sternum f, le placenta ainsi que l'os du bassin de la mère et du fœtus mâle qu’elle portait.

Le fœtus n'avait pas moins de 20 pieds 6 pouces ; la mère mesurait 78 pieds 9 pouces.

Dans cette notice, il fait savoir qu’au mois d’octobre 1869 une autre femelle avec son jeune, appartenant à la même espèce, a été capturée sur la côte de Shetland, mais il ne nous apprend pas si cet animal a été conservé pour la science.

Le même savant parle encore d’un autre individu échoué à Wick (Caithness) en 1871.

La Balænoptera Sibbaldii pénètre dans la Baltique.

Nous avons déjà parlé de deux mâles rencontrés dans cette mer intérieure, le 8 avril 1895 et en juillet 1862, et que Jul. Münter a fait connaître.

Le 29 octobre 1865, un individu mâle, non adulte, a été cap-

! Turner, On the sternum ...….. of the longniddry Whale (Balænoptera Sibbaldii). JOURN. OF ANATOMY AND PHYSIOLOGY, VOl. IV.

turé près de Gôteborg, et a été décrit par M. Malm sous le nom de Balænoptera Carolinæ. C’est le professeur Flower qui reconnut le premier que ce jeune mâle est une Balænoptera Sibbaldii. Son squelette est conservé au Musée de Gôteborg.

Le 26 juin 1881, entre les îles Sylt et Fôhr (Baltique), les douaniers aperçurent une femelle Balænoptera Sibbaldii de 50 pieds, échouée sur le sable; elle fut tuée à coups de hache. Le Dr Môbius acheta le squelette pour le Musée zoologique de Kiel. Le bassin manque f.

Nous ne croyons pas que la Balænoptera Sibbaldii soit confinée dans l'Atlantique septentrionale, comme les autres espèces du genre; elle hante le Pacifique comme lAtlantique, et se répand même dans les eaux de nos antipodes.

On parle, en effet, sous des noms divers, d’une grande Balénoptère, répandue dans l’Atlantique comme dans le Pacifique, dans la mer des Indes comme dans la mer du Japon, et dans les eaux de nos antipodes, comme nous l’avons déjà dit dans les généralités sur le genre.

Les baleiniers amériçains et anglais parlent souvent d’une Balénoptère sous le nom de Sulfurbottum ; c'est un animal de grande taille et qui hante l'océan Pacifique et la mer des Indes. Nous avons plusieurs raisons de croire que ce Sulfurbottum appartient à l’espèce qui nous occuppe. Ils accordent en effet à ce Sulfurbottum une taille de 80 pieds et des fanons fort larges et d’un noir luisant.

Au mois d'août 1871, une jeune Balénoptère a échoué près de l’embouchure du Rio de Lozan, un des affluents du Rio de la Plata. À en juger par ses fanons noirs, par la face inférieure du corps, également noire, un peu plus claire que le dos, mais pas blanche, nous croyons que c’est une Balænoptera Sibbaldii. Son squelette est conservé. Burmeister lui a donné le nom de Balænoptera intermedia.

A. Smyth a vu des Balénoptères de 95 pieds à Table Bay.

1 Prof. Môgius, Ueber einen bei Sylt gestrandelen Blauwal (Balænoptera Sibbaldii). NaTuRwISS. VEREINS FÜR SCHLESWIG-HoLsTEIN, Bd. VI. Kiel, 1865.

Os nasaux, sternum et partie distale de la première côte.

Le Muséum d'histoire naturelle de Paris a reçu de Patagonie des squelettes qui serapportent à la Balænoptera Sibbaldi et à la Balænoptera musculus.

Nous reproduisons ci-contre la première côte qui est bifide, les os nasaux et le sternum.

Un de ces squelettes a été trouvé sur la plage dans le New- Vear-Sund, à la Terre de feu.

L'animal dont il provient avait échoué sur la plage, et les Fuegiens s'étaient empressés d’enlever la chair pour la manger.

MUSÉES

Jusque dans ces dernières années, on ne connaissait dans les Musées aucun squelette bien authentique de cette espèce, et quelques os séparés de grande taille pouvaient être attribués à des géants de l’espèce commune.

Aujourd'hui le doute n’est plus possible, surtout depuis

que l’on possède des ossements et des squelettes des Balénoptères recueillis aux pêcheries d'Islande et de Finmark.

Nous allons indiquer par ordre alphabétique les Musées qui possèdent des restes authentiques de cette Balénoptère.

Au Musée de l’Université de Breslau, on conserve le squelette d’un jeune animal qui a péri, en 1862, au Sund.

Le Musée de Bruxelles possède aujourd’hui un squelette complet, provenant des pêcheries de Vadso. Il est d’une remar-

quable conservation pour les membres comme pour les os du bassin.

Il possède également une vertèbre isolée, dont l’origine n’est pas connue, et qui se rapporte sans doute à cette espèce. Le corps est haut de 32 centimètres, large de 39 centimètres, mesuré au milieu du disque; l’apophyse épineuse mesure 52 centimètres depuis le corps de la vertèbre, et elle est loin d’être complète. C’est une des dernières lombaires.

Le Musée de Copenhague possède une tête et divers ossements provenant de la pêche en Islande (1866). Le professeur Reinhardt a publié une notice intéressante sur ces dernières pièces, avec de bonnes figures. Depuis 1843, on y conserve également le squelette d’une nageoire pectorale d’un animal capturé au mois d'août dans la mer de Baffin. Cette pièce a été envoyée à Eschricht par le gouverneur Holbôll.

Au Musée de l'Université de Christiania on conserve un squelette d'un mâle de 77 pieds, préparé par Guldberg, en 1881.

L'Indian Museum de Calcutta renferme plusieurs ossements importants.

On trouve dans la ville d'Édimbourg des ossements de quatre individus différents : il y a d’abord un squelette complet d’une femelle qui a échoué en octobre 1869 sur les côtes de Shetland. Il est monté au Musée de l’Université. Ce squelette fut déposé d’abord au Jardin zoologique d’Édimbourg. II s’y trouve ensuite des vertèbres cervicales, dorsales et lombaires, avec des côtes et une omoplate recueillies sur Îles côtes de Shetland. Le squelette d’un individu de 84 pieds trouvé flottant en mer près de North-Berwick, le octobre 1831, étudié par Frederick Knox, est conservé dans le Département d'histoire naturelle du Musée des sciences et des arts.

Le Musée de Gôteborg renferme un squelette d’un jeune mâle qui a échoué, le 29 octobre 1865, non loin de cette ville, et dont Malm a donné une belle description, sous le nom de Balænoptera Caroline.

On conserve un squelette de mâle au Musée de l'Université de Greifswald, recueilli à l’île de Rügen en 1895.

Un squelette est conservé à Ja Société philosophique de Hull, provenant d’un animal de 47 pieds de long, qui a été capturé en 1833 dans le Humber. |

Lesquelette d’une femelle de 13 mètres de longueur qui a péri, en juin 1881, sur les côtes du Jutland, est conservé au Musée de l’Université de Kiel, grâce aux soins du professeur Môbius.

À Ja Rochelle, on possède deux vertèbres, dont l'origine est inconnue, et qui proviennent sans doute de cette Balénoptère.

Le Musée de Leyde renferme également deux premières côtes d’un mâle de 78 pieds anglais, un sternum, un atlas et un axis, puis quelques os provenant de la pêche d'Islande, donnés par le capitaine Bottemanne.

A Leipzig, on conserve un fœtus de 18 pieds, conservé dans le sel, que l’on a reçu du cap Nord.

Le Musée de l'Université de Liège est en possession de deux beaux squelettes, l’un de mâle, l’autre de femelle, tous les deux adultes; ils proviennent d'individus capturés dans l’établissement de pêche de Vadsü.

Le même Musée possède également des fœtus, dont un a une dizaine de pieds de longueur.

Le Musée de Liverpool possède des vertèbres, des côtes et des fanons rapportés d'Islande par M. Henri Baird en 1868.

Nous avons à Louvain la tête, les nageoires pectorale et caudale d'un fœtus de 7 pieds de long, que le D' Finsch a rapporté de la pécherie de Vadsô, ainsi que l’omoplate dont nous avons déjà parlé.

Le British Museum possède également un squelette; il provient de la collection de Lidt de Jeude d’'Utrecht. C'est la vue de ce squelette qui avait frappé M. Flower en 1864; son coup d'œil exercé lui fit reconnaître une forme nouvelle, à laquelle il donna le nom de Balænoptera latirostris.

On conserve aujourd’hui un autre squelette au British Museum, qui provient d'une femelle de T9 pieds, capturée à

Plymouth; des caisses tympaniques et des fanons de la Nouvelle-Zélande.

Au Muséum de Paris se trouve aujourd’hui un squelette de mâle et un autre de femelle, tous les deux rapportés des pêcheries de Vadsô par le professeur Pouchet.

Il s'y trouve également depuis longtemps une omoplate et un atlas de grande taille dont l’origine est inconnue.

Le même Musée est en possession aujourd’hui dun squelette provenant du cap Horn 1.

Le plus ancien squelette est celui de l’animal qui a été trouvé, en 1827, mort en mer, par les pêcheurs, et qui a été remorqué jusqu’à Ostende. Comme nous l’avons dit plus haut, cesquelette, après avoir été exhibé dans les principales capitales de l’Europe, est allé échouer au Jardin zoologique de Saint-Pétersbourg.

Pallas parle d’un squelette de 84 pieds de long (pieds anglais), provenant d’un animal capturé dans la mer Glaciale, sous le . nom de Balæna physalus ; il a été envoyé par Petrus Kargin, en 1740, au Musée de S'-Pétersbourg. La taille et la couleur des fanons (laminis atro-cæruleis) ne laissent guère de doute sur l'espèce. Personne n'a pu nous donner des renseignements sur ce squelette pendant notre séjour à St-Pétersbourg.

On voit encore au Musée de S'-Pétersbourg un atlas et trois vertèbres lombaires, provenant des côtes de la Nouvelle-Zemble, que nous attribuons à cette espèce.

A la fin de 1878, le Musée de Stockholm a reçu de Vadso un squelette de Balænoptera Sibbaldii femelle et de son fœtus à peu près à terme 2.

Au Musée de l'Académie des sciences de Stockholm, nous avons vu en outre une vertèbre dorsale (deuxième), rapportée par le D' Kinberg des côtes de Patagonie (détroit de Magellan);

! La Revue scientifique, dans son n° du 29 mars 1884, rend compte de l'expédition scientifique au cap Horn et fait merition de ces ossements qui ont été rapportés par la Romanche,

2 Smirr, Ueber Balænoptera Sibbaldii. ZoO0LOGISCHER ANZEIGER, 16 décembre 1878

elle est d’une dimension extraordinaire. Nous n’en avons pas vu de plus grande. M. Malm rapporte encore au même animal plusieurs autres vertèbres, dont deux lombaires. M. Malm a fait le relevé des Cétacés conservés dans les Musées de Suède; il a donné à cette espèce le nom de Physalus antarcticus.

Nous connaissons aussi quelques squelettes conservés dans des Musées hors d'Europe; ils sont généralement désignés sous d’autres noms. À défaut de pièces assez nombreuses de comparaison, nous ne pouvons pas affirmer avec certitude que c’est la même espèce qui vit aux deux hémisphères, mais nous pouvons assurer qu'elle représente notre grande Balénoptère par tous les caractères essentiels, la taille, la forme de la face, la couleur des fanons, le nombre des vertèbres et des côtes, etc.

Il existe un squelette de Balénoptère de 74 pieds au Musée de Cambridge (État-Unis) et qui appartient sans doute à cette Balénoptère. C’est l’espèce la plus grande et la plus commune, dit le professeur Cope.

On en cite une autre de 84 pieds, capturée en 1851, à la latitude de 19% N, on Juggu or Amherst Islet. Quelques-uns de ses os sont conservés au Musée du collège médical de Calcutta, sous le nom de Balænoptera indica 1.

En 1873, une Balénoptère de très grande taille a échoué sur la côte sud- est d'Otago ; ses fanons, d’après le D' Coughtrev, sont semblables à ceux «le la Balænoptera Sibbaldii des mers arctiques ? et ont la largeur et la couleur de la Balænoptera Sibbaldii d'Europe.

Le squelette décrit et figuré dans les Trans. of the New-Zealand Institute, sous le nom de Physalus australis, par M. Hector, provient d’un animal capturé au sud de Cook’s Strait; 1l a soixante-quatre vertèbres 3; il est conservé au Musée de Wellington.

1 BLyra, Journal of the Asiatic Society of Bengal, xxvur, 1860.

? Captain F. H. Hurrow, Trans. n. Zel. inst., vol. VIT, p. 266.

5 Le texte porte 57, mais M. Hector a mis 64 dans un tiré à part qu'il a eu la bonté de me faire parvenir.

Un squelette d’un animal de 90 pieds, dont les fanons avaient 28 pouces de longueur, 18 de largeur, et tout noirs, est conservé au Musée de l’Université de Melbourne. L'animal a échoué sur la côte de Vittoria f.

. On conserve des fanons bien authentiques de cette espèce à Edimbourg (de Shetland), à Liège (de Finmark), à Louvain (de Shetland), à Vienne et à San Francisco, de Sulfurbottum (du Pacifique).

DESSINS

Il existe quelques anciennes figures de Balénoptères, mais comme l’espèce n’a été définitivement reconnue que dans ces dernières années, on n’a pu donner des figures authentiques que dans ces derniers temps.

La plus ancienne figure, pensons-nous, est celle que Rob. Sibbaldus ? a publiée dans sa Phalainologia nova.

Van Breda en a publié une d’après le corps recueilli en mer en 1827 par des pêcheurs d’Ostende, et dont le squelette se trouve à S'-Pétersbourg 2.

Différentes gravures et deux lithographies de grand format sont conservées à la Bibliothèque royale, à Bruxelles.

Nous trouvons cette espèce représentée dans le grand atlas de Goldfuss, vol- 4, pl. 332 4.

Fried. Rosenthal a publié une Hthographie de l'individu échoué en 1825 dans la Baltique.

Le professeur Münter publie deux planches représentant l'animal vu des divers côtés 5.

Eschricht possédait un dessin de la Balænoptera Sibbaldii.

# Gigloli Cetacei osservali, p. 51.

* Phalainologia nova. Edinburgi, 1692, pl. IT.

5 Van BreDA, Afbeelding van den op 5 nov. 1827 gestranden Walvisch le Oostende. Letterbode.

4 Gozpruss, Atlas, vol. IV, pl. CCCXXXIL.

5 Münrer, Ueber Zwei in 19 Jahrh. bei Greifswald männlichs Individuen von Bal. Sibbaldii. Greifswald, 1877,

Burmeister a figuré l'animal, vu de profil, par sa face inférieure et par le ventre, faisant ses évolutions dans l’eau 1, sous le nom de Balænoptera intermedia.

Sars a publié d’abord, en 1865, le dessin d’un mâle et des détails sur le squelette 2, puis celui d’un animal adulte 3 et d’un fœtus mâle de 1 pied 4 pouces de long.

En 1874, le zélé professeur de Christiania a publié le dessin d’une femelle adulte des côtes de Finmark. Le dessin de la planche III représente un individu capturé à l'établissement du capitaine Foyn. La planche IV représente un fœtus de 9 pieds et demi 4.

Le D° Malm a publié plusieurs photographies faites d’après le jeune mâle qui est allé échouer dans le voisinage de Gôtenborg, le 20 décembre 1865. Il reproduit vingt-deux photographies sur dix-huit planches, deux planches lithographiées et trois gravures sur bois ÿ. Le savant Directeur du Musée de Gôteborg figure également la région cervicale avec les deux premières dorsales, l’atlas et l’axis, les quatre premières côtes avec l’hyoïde, et le squelette du membre pectoral.

Le professeur Sir Turner en a donné aussi une très bonne figure 6.

Nous avons publié un dessin de cetanimal, d’aprèsles extraits du Journal de voyage et les croquis que le D' Finsch avait rapportés de Vadsô, en 1873 7.

1 Atlas de la Description physique de la république Argentine. Buenos- Ayres, 1883.

2 Vid-Selskabets Forhandl., for 1865.

3 Vid-Selskabets Forhandl., for 1878.

+ Sars, Om Blaahvalen (femelle adulte), Christiania Vid-Selskab. For- HANDL. for 1874. Sars, Forsatte Bidrag til kundskaben om vare Bardehvaler. CHRISTIANIA VIDENSKABELSK. FORHANDL., 1880.

5 Mauw, Monographie illustrée de la Balénoptère . ... Stockholm, 1867.

6 Turner, On account of the great Finner Whale (Balænoptera Sibbaldii), Trans. Roy. Soc. ÉnineurGs, vol. XXVI, pl. V, 1870 et Z!lust. London News, 1869, n° 1567.

7 Van BENEDEN, Notice sur la grande Balénoptère du Nord (Balænoptera Sibbaldii), BuLL. AcaD. ROY. DE BELGIQUE, 2° sér., t. XXXIX, 1875.

Le cap. Scammon a publié un dessin du Sulfurbottum, ou Sibbaldius sulfureus Cope, pl. XL. Comme Burmeister, il représente l'animal faisant ses évolutions dans l’eau.

Du Bar a publié plusieurs planches représentant grossièrement le crâne, vu de trois côtés différents, les mandibules, l'os hyoïde avec la caisse tympanique, le sternum, la colonne vertébrale, l’atlas, une première côte avec deux autres, l’os du bassin, l’omoplate et les os de la nageoire pectorale.

Le professeur Reinhardt a reproduit quelques bonnes figures, représentant la tête avec les os nasaux, l’atlas et le corps de l’os hyoïde, d’après les pièces conservées au Musée de Copenhague, provenant d'individus capturés dans les eaux d'Islande,

Gray a figuré l’atlas et cinq cervicales. Reinhardt a également publié une figure de lénorme atlas rapporté par Hallas des côtes d'Islande.

Nous avons reproduit dans l’Ostéographie, pl. XIE et XII, fig. 25 à 34, la tête vue d’en haut, la région cervicale, la nageoire pectorale, le sternum et Patlas avec l’axis, vus de face. Ces dessins sont faits d’après des pièces du Musée de Copenhague et de Güteborg.

M. Smitt a eu l’obligeance de me faire parvenir des photographies de la tête d’une femelle et du fœtus, de l’atlas, du sternum, de l’hyoïde, des côtes et des membres conservés au Musée de Stockholm, pour faire la comparaison avec les mêmes os provenant de diverses localités.

PARASITES

On connait sur cette Balénoptère de petits Cirripèdes et deux Copépodes à l'extérieur, un Monostome, un Filaire, un Échinorhynque et un Cestode dans l'intestin.

On a trouvé des Penella sur une femelle de 13 mètres, capturée sur la côte du Jutland, le 26 juin 1881, et sur quatre individus capturés, en avril 4867, sur les côtes est d'Islande.

Les Penella sont des Crustacés parasites qui s’implantent par la tête dans l'épaisseur de la peau, et qui se déforment si com-

plètement qu'à moins de les avoir étudiés, ou d'avoir étudié les Copépodes, qui minent sous tant de formes différentes la peau des poissons, on ne saurait les prendre pour des animaux.

Un autre commensal est celui que l’on a trouvé d'abord sur les fanons de la Balænoptera borealis, et qui vit également sur les fanons de la Balænoptera Sibbaldii.

I est à remarquer que les Crustacés, dont ces deux Balénoptères se nourrissent, sont les mêmes, d'après quelques naturalistes qui ont assisté à la pêche.

Creplin a trouvé des Filaria crassicanda et des Monostomum plicatum dans lœsophage et dans lintestin grêle.

On trouve communément dans les intestins l’Echinorhynchus, dont Malm avait cru devoir faire une espèce nouvelle, sous le nom spécifique de Brevicollis.

Le professeur Sir Turner à trouvé également cet Échinorhynque dans lindividu qu'il a disséqué.

Cette Balénoptère nourrit en même temps un Cestode, sans doute nouveau pour la science, mais que nous n'avons pu déterminer à défaut de scolex. A en juger par les proglottis, c'est en tout cas un animal voisin des Bothriocéphales.

Ce Cestode à été recueilli a Vadsô, il y a quelques années, et nous ne savons si l’on n’en a pas trouvé depuis d’autres exemplaires complets.

Tone XLI. 10

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