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ment que l’animal pris sur les côtes méridionales du Japon et dessiné sur les lieux même, est le même que le Rorqual du Cap et la Balæna longimana décrite et figurée par Rudolphi ; mais il désigne cet animal, si remarquable par le développement extraordinaire de ses nageoires pectorales, sous le nom de Balenoptera antarctica. Schlegel admet une Balenoptera arctica, distincte de la précédente par ses petites nageoires. Le savant Directeur du Musée de Leyde confond encore les diverses espèces de Balénoptères.
Eschricht s’est longuement étendu sur les caractères de la Baleine à bosse : le savant Cétologue a publié, dans ses nordischen Wallthiere, une gravure, faite à bord de la Corvette Galathea par Christian Thornam et intercalée dans le texte, qui fait parfaitement reconnaître à distance cet animal en pleine mer.
Le premier échantillon de Megaptera que Eschricht a reçu de Groënland par son ami Holbôll, était un fœtus de 1,176 de long, qui lui a permis de constater que la Megaptera était désignée au Groënland sous le nom de Keporkak.
Depuis il en a reçu huit squelettes, plus ou moins adultes, qu'il a échangés ensuite avec divers musées.
Peu de naturalistes ont eu cet avantage de pouvoir comparer plusieurs squelettes entre eux et sur place.
Le premier cerveau complet de grand Cétacé provenait du cétacé qui nous occupe et a été préparé par Holbôll pour son ami Eschricht 1.
En 186%, nous avons écrit une note sur le Rorqual du cap de Bonne-Espérance et le Keporkak des Groënlandais ; nous avons signalé la différence qui existe entre l’omoplate de droite et de gauche dans le squelette du Cap, les moditications principales du sternum d’après l’âge de la Mégaptère, et nous avons signalé des différences assez notables dans certains os ; nous ne croyons pas ces différences assez grandes, aujourd’hui surtout, pour séparer spécifiquement ces animaux. Nous ne
" Escaricar, Fecherches sur les Cétacés des mers boréales, p. 60.
connaissons jusqu’à présent qu'un seul squelette complet du Cap, et cela ne sufhit pas pour juger si les modifications de certains os sont ou non des dispositions individuelles.
Au mois d'octobre 1870, dans un chargement d'os de Cétacés recueillis au cap de Bonne-Espérance, et parmi lesquels se trouvaient beaucoup d'os de Humpback, M. le professeur Sir Turner à pu comparer un atlas de Megaptera de la Nouvelle- Zélande avec celui du Cap et, à l’exception du sillon qui sépare les deux surfaces articulaires, correspondant aux condyles de loccipital, qui est un peu plus large, 11 n’a pu voir aucune différence bien appréciable entre eux. L’atlas du Cap est seulement un peu plus grand 4. Dans son rapport sur les ossements de Cétacés rapportés par le Challenger, le savant professeur d'anatomie d’Édimbourg trouve que les différences entre la Megaptera boops et la Lalandii ne sont pas d’un caractère bien marqué (are not of a strongly-marked character).
Le capitaine Scammon a largement contribué à faire connaître le Humpback de l'Océan pacifique. On le reconnaît facilement à de grandes distances par ses évolutions à la surface de la mer et il ne nage Jamais longtemps en ligne droite dit-il. Le savant baleinier fait connaître les baies principales où il se tient. Il a vu des individus de tout âge prendre leurs ébats, depuis ceux qui venaient d’être mis au monde jusqu'aux adultes.
Les Mégaptères du nord du Pacifique ont été étudiées avec le même soin que les autres Cétacés; le capitaine Scammon signale quelques différences dans la couleur de ces animaux, dans la longueur des membres et dans la forme des nageoires, mais il est à remarquer que ces différences s’observent dans des individus de la même gamme, et que tous héber-
gent les mêmes Coronules et Oftions dans les mêmes con-
ditions.
Dans un intéressant travail Sur les Cétacés du sud-ouest de
: The zoology of the Voyage of H. M.S. Challenger. REPORT BY PROFESSOR TURNER, p. 51.
la France, le D' Fischer fait mention de la Megaptera qui nous occupe ; il fait un exposé complet de ce que l’on connaît de cet animal; il ne néglige ni la synonymie, qui a tant contribué à embrouiller son histoire, ni ses émigrations, n1 les commensaux crustacés qui les hantent si régulièrement, que les Groënlandais les croient venir au monde avec eux.
Peut-être toutes les Mégaptères appartiennent-elles à une même espèce, disait le Dr Fischer dans son mémoire sur les Cétacés, après avoir comparé des ossements provenant des Antilles avec le Rorqual du cap de Bonne-Espérance décrit par Cuvier.
Dernièrement M. H. Gervais a publié une note sur les Mégaptères dans les Comptes rendus de l’Académie des sciences, à propos d’un squelette provenant de la baie de Bassora (golfe persique). M. H. Gervais croit que le nombre d’espèces de Mégaptères doit être porté à trois: la Megaptera boops, de l’hémisphère boréal, la M. Lalandii du sud de l'Océan atlantique, et la M. indica du golfe persique. M. H. Gervais donne la description du squelette et fait remarquer combien le sternum et la caisse tympanique de la Megaptera indica diffèrent de ces mêmes os des autres Mégaptères.
M. H. Gervais nous a montré le squelette de ce Cétacé et, en plaçant les principaux os à côté les uns des autres, nous avons dû reconnaitre qu’il y a des différences qui dépassent en importance les modifications individuelles.
Nous avons vu également au Muséum d'histoire naturelle de Paris une tête des îles Poncotau, donnée en 1876 par le Musée des colonies, et qui se rapporte, nous semble-t-il, à une forme également distincte, aussi bien par la direction droite des intermaxillaires que par la forme élargie de la portion écailleuse de l’occipital; mais il est prudent d'attendre de nouveaux matériaux du sud du Pacifique avant de se prononcer sur la valeur de ces caractères.
Au moment de communiquer ce travail à l’Académie, M. Gustav-A. Gulberg fait paraître dans le Zoologische Jahrbücher un article fort intéressant sur la biologie des Balénoptères et
qui traite en même temps de la Mégaptère. M. Guldberg a assisté pendant trois ans à la chasse de ces animaux sur la côte de Finmark, et il a eu l’occasion de faire des observations fort intéressantes sur leur apparition le long de ces côtes, sur leur nombre, leur taille et surtout sur la gestation, en prenant pour guide les fœtus des femelles capturées.
SYNONYMIE
Les naturalistes sont d'accord aujourd'hui pour désigner cet animal sous le nom de Megaptera boops.
La Megaptera boops est évidemment le Cétacé à fanons que les baleiniers français ont appelé quelquefois Gibbar ou Jubarte, souvent Baleine à bosse, et qw'ils désignent aujourd’hui généralement sous le nom de Humpback. Cest la Baleine noueuse de Lacépède.
Les Groënlandais, qui connaissent parfaitement cet animal, appellent Keporkak.
Cest la Balæna boops de Fabricius, qui a eu l’occasion de la voir en vie pendant son séjour au Groënland.
Rudolphi lui a donné le nom de Balæna longimana.
C’est le même Cétacé que le D' Gray a appelé en 1844 Megapteron longiman«.
En 1849, Eschricht proposa le nom de Xyphobalæna boops, parce que, comme nous lPavons dit plus haut, au lieu d’une nageoire 1l porte une bosse sur le dos, d’où lui était venu le nom de Jubarte où Gibbar.
CARACTÈRES
Nous pouvons résumer ainsi les caractères distinctifs : Les Megaptera ont une bosse sur le dos à la place d’une nageoire, des plis sous la gorge comme les Balénoptères, des fanons courts et les deux rangées réunies en avant sur la ligne médiane; une lèvre
Ci)
inférieure peu élevée, un rostre presque droit, des nageoires pectorales de la longueur du tiers de l'animal, quatre doigts, sept vertèbres cervicales séparées les unes des autres, un sternum court et terminé en pointe en arrière; les apophyses transverses des vertèbres dorsales moîins élevées que dans les Baleines, mais plus que dans les Balénoptères ; la muqueuse des intestins gréles alvéolée et ceux-ci séparés des gros intestins par un cœcum.
DESCRIPTION
La nageoire pectorale a la longueur du Baleineau en venant au monde, c’est-à-dire le quart de l'animal adulte.
[l paraît qu'il y a de grandes différences dans la taille de cet animal: Fabricius lui accorde de 50 à 54 pieds; Holbôll va jusqu'à 60 pieds: 14 en naissant et 30 en quittant la mère, c’est-àdire, quand il est sevré. Eschricht fait remarquer qu'un squelette de 45 pieds n’a pas encore ses disques aux vertèbres soudés.
Nous trouvons, dans les Philosophical transactions, une note d’un marin sur la taille de ces Cétacés pêchés aux îles Bermudes, qui estime leur longueur à 88 pieds. [l y a un peu d’exagération sans doute, mais à en juger d’après plusieurs os que nous avons vus à Paris, à Stockholm et à Bordeaux, cette exagération n’est pas grande.
Les Danois, établis dans les colonies de Groënland, s’accordent avec l’auteur de la note des Philosophical transactions, en leur donnant également de 70 à 80 pieds.
A la latitude de 21° sud et 174 longitude ouest, Scammon a mesuré un individu qui avait T5 pieds.
[ semble toutefois que, dans les mers de l’Europe, cet animal atteint que rarement cette taille, et si nous voyons dans'les Musées de Paris et de Stockholm des os d’une dimension extraordinaire, nous devons croire que les marins qui ont apporté ces pièces, ont eu à choisir les os les plus remarquables par leur grandeur.
En général les baleiniers ne leur accordent pas une taille
supérieure à celle des Balenoptera musculus, c'est-à-dire 60 pieds.
La plupart de ceux que l’on capture aujourd’hui sur la côte de Finmarck n’ont pas même cette taille: M. A. Cocks donne la mesure de trois màles qu'il a vu prendre; le plus petit n'avait que 30 pieds, le second 40 et le plus fort 44.
En général leur taille varie sur les côtes de Norwège, entre 42 et 45 pieds, dit Guldberg.
Une Megaptera de 50 pieds a été trouvée morte en mer en 1883 sur les côtes de Finmark; on en a conservé le squelette. Les pêcheurs la considéraient comme un grand Imdividu.
En avril 1846, on a capturé autour de l'ile S'-Hélène, une mère de 45 pieds qui avait un fœtus de 14.
Le capitaine Scammon donne la mesure d’un mâle du détroit de Béring et d’une femelle des côtes de Californie; le mâle mesurait 49 pieds 7 pouces, la femelle 48 pieds. Il parle ensuite d’un autre Humpback de 46 pieds, dont il ne dit pas le sexe, puis d’une femelle de 52 pieds.
Sur les côtes d’Écuador, où l’on capture un assez grand nombre de Mégaptères, les baleiniers font une grande différence entre les mâles et les femelles; ils disent que les mâles ne donnent que 20 barils d'huile tandis que les femelles en donnent 59.
Guldberg estime la longueur de l'animal en naissant entre IL et 15 pieds.
On lui a donné cependant déjà 18 pieds. Nous connaissons le cas d’une femelle morte en mettant bas sur la côte près de Stavanger et dont le fœtus mâle de 14 pieds pendait par la queue hors du corps de la mère.
Une femelle, capturée en avril 1846 sur les côtes de Finmarken, avait 45 pieds et son fœtus de sexe mâle en avait également 14,
M. Guldberg a recueilli dix fœtus et 1l a observé qu’en juin ils ont un quart de mètre et dans la seconde moitié de juillet un demi mètre; 1l pense que le fœtus d’Eschricht qui avait 1%,90 avait été recueilli au mois d'octobre. La mise bas a lieu
pense-t-il, au printemps, et le fœtus à maturité mesure de 4 à 4 1/9 mètres.
Les Groënlandais leur accordent de 14 à 16 pieds en venant au monde, 30 quand elles quittent leur mère et 60 à l’âge adulte.
D’après les relevés de Guldberg, l’époque des amours aurait lieu à la fin d'avril ou au mois de mai.
On n’a pas encore vu l’accouplement d’après lui.
Les fanons des Mégaptères sont d’un beau noir avec des bords un peu plus pâles qu'au milieu; les barbes sont également noires, elles atteignent deux pieds de longueur, eton en compte jusqu’à 240.
Comme dans les Balénoptères, les rangs des fanons se réunissent en avant sur la ligne médiane.
Dans le commerce, on distingue aussi fort bien les fanons des Megaptera. Les Anglais les connaissent sous le nom de Bermuda finner, parce que les baleiniers ont fait pendant un certain temps la chasse à ces animaux aux /les Bermudes. Nous trouvons une note fort intéressante à ce sujet dans les Transactions philosophiques.
La couleur de l'animal est noire; sous la mandibule en avant, elle est toute blanche où marbrée dans la profondeur ; entre les replis, elle est rougeâtre. La nageoire caudale est noire en dessus, blanche en dessous, entourée d’un bord noir; ses bords sont ordinairement découpés. Les nageoires pectorales sont blanches des deux côtés.
La partie postérieure de la bosse est d’un blane pur.
La grosseur, pour ne pas dire la bosse, qu'il porte sur le dos, est désignée sous le nom de Hump par les baleiniers anglais, et de là le nom de Fiumpback.
La bosse existe déjà dans le jeune âge. Une jeune Megaptera non sevrée, mais déjà plus grande de taille que la Balenoptera rostrata, avait une protubérance dorsale en tout semblable à celle de sa mère qu’elle accompagnait encore, dit Holbôll, et
cette ressemblance était aussi complète pour la forme que pour la place qu’elle occupait. Le zélé gouverneur du Groënland fit cette observation en 1833 sur un animal capturé tout près de Godthaab.
Pechucl représente exactement la bosse comme le capitaine Scammon.
De gros tubercules recouvrent régulièrement la peau des mandibules et une partie du rostre. Ces tubercules sont gros comme une petite orange et formés dans l'épaisseur de Ja peau. Ils rappellent, mais en gros, le bulbe des poils qui recouvrent le rostre des autres Cétacés. On a trouvé des restes des poils dans quelques-uns d’entre eux, et au Muséum de Paris on a même trouvé au fond de l’un d’eux une Coronula diadema. X y a lieu de se demander sil y a des rapports entre ces tumeurs et les poils.
Indépendamment de la largeur plus grande des os du bras et de l’avant-bras, on peut dire que tous les os du squelette se distinguent par des caractères propres.
Les os de la face ressemblent à ceux des Balénoptères et on peut les confondre avec eux, mais les maxillaires supérieurs sont plus larges vers le milieu de leur longueur.
Les caisses tympaniques surtout sont caractéristiques; au lieu de ressembler à celles des Baleines par leur bord comprimé, elles sont arrondies, et le diamètre vertical ne diffère guère du diamètre transversal.
Les vertèbres se répartissent comme il suit : cervicales sept, dorsales quatorze, lombo-caudales trente-deux, c’est-à-dire cinquante-trois en tout.
Les vertèbres cervicales sont distinctes de celles des Balénoptères, par l’ossification plus tardive de leurs apophyses transverses supérieures et inférieures. Les apophyses transverses forment parfois un anneau complet; nous en avons vu un exemple intéressant dans un axis du Musée de Bordeaux, provenant des Antilles.
Comme dans les Balénoptères, les cervicales sont toutes séparées, mais on trouve toutefois des squelettes où certaines
vertèbres de cette région sont soudées entre elles. Dans une région cervicale conservée au Musée de Bordeaux, les quatre premières vertèbres sont dans ce cas; l'individu du Cap, au Muséum, a son axis soudé par le corps à la troisième cervicale. Un axis rapporté de la Nouvelle-Zélande par le Challenger est soudé à la troisième et à la quatrième cervicale.
L'omoplate est reconnaissable à l'absence des apophyses acromion et coracoide.
Le D' Fischer accorde 65 centimètres à l’humérus avec un trochiter bien marqué, dit-il; les radius de deux individus ont lun 1 mètre et 2 cent., l’autre 1 mètre 4 cent. de longueur. Ces os viennent de Bermudes.
Struthers à fait connaître les muscles des doigts de Ja Megaptera. Dans l'adulte 11 y a trois phalanges à l’index, sept aux deux doigts suivants, deux au petit doigt.
Le bassin des Megaptera a été étudié par le professeur Struthers. Il est d’une structure rudimentaire : vestige of a more complete limb possessed by ancestors.
Il s’est également occupé du carpe, dont il possède plusieurs beaux échantillons.
Guldberg a fait des coupes d’un fœtus de Megaptera, au laboratoire de zoologie de Liège, pour étudier avec soin tout le système nerveux de ces Cétacés.
Les fœtus des Mégaptères se distinguent déjà aussi bien que les adultes, si pas mieux, des fœtus des Balénoptères, et les jeunes ont à peine suivi leur mère, qu’ils logent déjà les commensaux Coronules sur la tête et les mandibules.
MOEURS
C’est à Holboll et aux capitaines Scoresby et Scammon que l’on doit surtout la connaissance du genre de vie de ces animaux.
La Mégaptère est si peu sauvage que les Groënlandais l’approchent aisément dans leurs kayaks et même de très près, quand elle mange des Mallotus arcticus.
Quand elle est poursuivie, dit Guldberg, elie fait entendre un
sourd hurlement et bat l’eau de la mer avec sa large nageoire caudale.
En plongeant, elle frappe Pair avec cette même nageoire,
comme la Baleine franche. Les Balénoptères ne se conduisent pas ainsi quand elles plongent à de petites profondeurs.
Quand un animal est tué, son compagnon ne l’abandonne que quand le cadavre est amarré et remorqué par le navire.
On a fait la remarque que le mâle est toujours plus sauvage que la femelle.
Le Humpback est toujours plus ou moins dangereux à harponner, disent quelques baleïniers; une fois qu’il se sent piqué, au lieu de plonger comme la Baleine franche, il reste entre deux eaux et nage avec une telle rapidité qu’à bord des meilleures embarcations, même celles des Américains, les baleiniers sont souvent obligés de couper leur ligne et d'abandonner leur proie.
Comme nous l’avons vu plus haut, la manière dont le Humpback se conduit dans la mer permet de le distinguer de tous les autres grands Cétacés : par un temps calme comme par un temps orageux on le voit s’'élancer hors de Peau, au point que tout le corps devient visible; 1l se retourne en Pair, retombe sur le dos, pendant qu'il se bat les flancs avec ses immenses nageoires. C’est ainsi que parle également Fabricius des Mégaptères des côtes du Groënland. Cest ce que les habitants des côtes de la baie de Vadsü ont pu voir aussi en 1881 quand la baie était littéralement envahie par elles et qu’elles venaient évoluer entre les navires.
Le capitaine Scammon observe les mêmes phénomènes dans le Pacifique ; elles montrent hors de l’eau non seulement leurs immenses nageoires pectorales, mais même tout le corps. Nous l'avons dit plus haut, le capitaine Scammon, et avant Jui Eschricht, a publié un dessin qui reproduit parfaitement ces atutudes.
Burmeister a fait les mêmes observations : cet animal est irrégulier dans ses mouvements et rarement 1l nage en ligne droite pendant un certain temps.
La nourriture des Megaptera, d’après ce que nous à appris Holbôll, qui a été à même d'observer ces animaux de près sur la côte de Groënland, consiste non seulement en poissons (Mallotus arcticus, Ammodytes tobianus, et Gadus agilis\, mais aussi en crustacés et en mollusques, comme la Limacina arctica, qu’elles avalent en immense quantité 1. Sars cite aussi le Mallotus arcticus comme nourriture principale de ces animaux aux Iles Loffoden.
On trouve pendant l'été, sur la côte de Finmark, des milliards de crustacés dans leur estomac, surtout des Thysanopoda inermis.
On voit les Mégaptères chasser en compagnie des Balénoptères.
On ne connaît rien de positif ni sur la durée de la gestation ni sur l'époque de la mise bas. Le capitaine Scammon estime, comme M. Guldberg, la durée de gestation à dix ou douze mois.
On prétend que c’est pendant leur séjour dans la mer des Antilles que ces Cétacés s’accouplent. Le D' Goes dit qu'ils apparaissent à l’île Saint-Bartholomew au commencement de mars ou même en février et qu'ils y restent jusqu'à la fin de mai; qu'en avril et mai ils sont en chaleur et qu’on les voit alors debout dans l’eau et accouplés.
Quand ces Mégaptères quittent ces parages au printemps, c'est en familles composées du père, de la mère et du petit d’un ou de deux ans; tout fait supposer que les femelles viennent mettre bas dans les mêmes lieux où elles ont passé la saison des amours.
Au mois de juin, une femelle de 52 pieds, capturée sur les côtes de Finmark, portait un fœtus d’un pied. Le capitaine Stavers a pêché une jeune Megaptera (Kalb) près de Sainte-Hélène.
La chair est bonne et a été mangée plus dune fois comme une délicatesse. Les colons danois des côtes de Groënland partagent le même avis sur la qualité de la chair. .
* Escaricar, Loc. cit, p. 150.
DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE
Les baleiniers comme les marins ont rencontré des Æumpbacks (Megaptera) dans les deux hémisphères, dans l’Atlantique sud et nord jusqu’à la mer de Baflin, dans la mer des Indes et le Pacifique jusqu’au détroit de Behring.
On connaît d'une manière non douteuse quelques stations de cet intéressant Balénide et, en coordonnant leur apparition périodique dans certains parages, leur séjour, leur départ et les échouements dont on a tenu compte, on peut tracer le séjour d'été et le séjour d'hiver, au moins dans l'Atlantique septentrionale, avec une probabilité qui approche de la certitude.
Si nous ne nous trompons, c’est le premier grand Cétacé, après la Balæna mysticetus, dont on peut apprécier l'habitat aux différentes époques de l’année.
La Megaptera boops fait tous les ans son apparition sur les côtes nord et nord-est de Norwège, particulièrement à la fin de l'hiver et au printemps. Il y a des années, qu’on en voit en quantité prodigieuse. On cite l’année 1881; en quelques jours au mois de mars le nombre de balénides était si grand dans le Varanger-Fiord, que tout le fiord était en ébullition. étaient principalement des Megaptera. Dans ces dernières années on n'en à plus vu dans ce fiord.
M. Alfred Cockx pense que les premières Megaptera arrivent sur les côtes de Finmark au mois de février et il a vu la dernière le 16 septembre.
Scoresby signale la Megaptera dans les eaux de Spitzherg.
Depuis le siècle dernier, et même antérieurement, on avait remarqué leur apparition aux Iles Bermudes, vers le mois de mars et d'avril, et les baleiniers du cap Cod avaient même organisé une pêche regulière dans ces parages.
Il est à remarquer que la Mégaptère arrive avec non moins de régularité dans les eaux d'Islande et sur les côtes de Fin-
(AMP)
mark : elle y est accompagnée surtout de la Balenopiera Sibbaldii. Sophus Hallas fait mention de la capture de six Megaptera, de quinze Balænoptera Sibbaldii et de deux Baltænoptera musculus, du 21 avril au 15 septembre (1867).
La pêche des Balénoptères sur la côte de Finmark se fait depuis un quart de siècle et elle nous apprend que, dans le nombre de Balénoptères qu’on capture, 1l y a toujours des Mégaptères.
Pendant la campagne de Pété dernier (1886) un baleinier à capturé quatre Mégaptères sur une trentaine de Balénoptères.
M. Alfred Cocks donne quelques renseignements fort importants sur cette pêche 1! : il rapporte que, sur quatre cent six Cétacés à fanons capturés en 1883, 1l y avait cinquante Mégaptères ; sur quarante captures faites par un seul pêcheur, il y avait dix-neuf B. Sibbaldii, huit Megaptera et les autres étaient des B. Musculus.
Tous ceux qui ont fait des observations sur les divers Balénides qui fréquentent les côtes du Groënland s'accordent à dire, avec Rob. Brown, que le Humpback n'apparaît dans ces parages que pendant les mois d'été; il arrive si régulièrement au détroit de Davys et à la mer de Baflin pendant l'été, qu'Eschricht a pu le comprendre dans son tableau de répartition des diverses espèces de ces parages. Nous voyons dans ce tableau qu’au mois d'août les Mégaptères s’observent depuis le 62€ degré de latitude Jusqu'au 76° et qu'à la fin de l'été elles abandonnent ces parages pour se rendre au sud.
A défaut de Baleines véritables dans la baie de Baftin, souvent les baleiniers se rejettent sur les Humpback pour compléter leur chargement. On cite le capitaine Walker qui, dans une seule campagne, captura quinze Mégaptères dans la baie de Disco.
Les baleiniers s'accordent à dire, avec les habitants des côtes, que le Keporkak, c’est le nom que les Groënlandais donnent à la Mégaptère, est le plus commun des Cétacés à fanons, surtout
! Arr. Cocxs, loc. cit., p. 20.
dans le détroit de Davis à la latitude de 65 degrés, qu'il y fait son apparition chaque année à la fin du mois d'avril et ne quitte ces parages qu’au mois de novembre.
Holbôll dit de son côté que cet animal est abondant dans la baie de Baflin jusqu’à Disco-Bay.
À Frederikshaab (62%) le Keporkak a même fait, dans le temps, l’objet d'une pêche régulière (Eschricht).
Cet animal a ses stations si bien déterminées, son apparition est si constante dans certains parages, que les pêcheurs ont reconnu le même individu apparaissant plusieurs années de suite à la même place. On en cite qui étaient reconnus à certaines blessures portées à l'extérieur et visibles à de grandes distances; on en désignait même par un sobriquet, comme on fait parfois pour des sangliers solitaires.
On connaît aujourd’hui diverses captures de cette espèce et des échouements qui ont eu lieu au nord de l'Atlantique dans la Mer du Nord, la Baltique et la Méditerranée.
Nous allons faire mention de ces prises avec la date et le lieu de leur apparition. Malheureusement on n’a pas toujours tenu compte des détails de leur capture.
En 1757 une Mégaptère, dont les Coronula ont été conservées au Collège royal des chirurgiens à Londres, a échoué sur les côtes de Norwège.
Un autre animal, de 12 1}; mètres de longueur, est venu échouer sur la côte de Suède près de Gôteborg, en 1803; son squelette est conservé au Musée de cette ville.
En novembre 1824, un échouement intéressant eut lieu près de Vogelsand, à l'embouchure de lPEibe. C'était un mâle de 43 pieds de longueur; le corps fut acquis pour le Musée de l'Université de Berlin, et Rudolphi, dans un mémoire spécial ?, en a fait connaître tout ce qu'il offrait d’intéressant.
Un autre mâle de 43 pieds de longueur a été trouvé mort sur les côtes d'Islande, le 18 juin 1867. C’est probablement un animal qui y à expiré à la suite de ses blessures.
! Akad.d. Wissenschaften, 25 juillet 1829.
En avril 1846, une femelle pleine est venue à la cc'e près de Stavanger (Norwège). Elle portait un mâle de 14 pieds de longueur ; elle en avait 45.
Nous avons quelques exemples d'individus échoués plus au sud.
Le 6 janvier 1877 un cadavre de cette espèce, de 15 mètres de long, est venu à la côte au sud de File de Noirmoutier (département de la Vendée), à la Barre-de-Morts, en pleine putréfaction. Il a été examiné par M. Dufour, directeur du Musée d'histoire naturelle de Nantes {. Le D° Fischer en fait mention dans son mémoire sur les Cétacés du sud-ouest de la France.
On en a vu venir à la côte en Ecosse. Le professeur Sir Turner parle de lun d'eux dans le Naturalists Library ?.
En janvier 1884, un mâle de 44-mêtres de long a fait son apparition dans l'estuaire de la Tay et, après avoir été mortellement blessé, il a été remorqué à Stonehaven près d’Aberdeen. Son squelette est conservé au Musée de l'Université de cette ville. Le professeur Struthers a entretenu de cette capture la section de biologie, à l'Association Britannique de 1885, à Aberdeen.
Dans lestuaire de la Dee, une Jeune femelle de 31 pieds est venue échouer, dont le squelette est conservé au Musée de Derby, à Liverpool.
Eschricht ne connaissait que trois exemples de Mégaptères échouées sur les côtes d'Europe : celui de 1824, à l'entrée de l'Elbe, celui de Johnston, près de Newcastle, et enfin celui de la baie de Firth of Forth.
Il y a aussi quelques exemples de Mégaptères qui ont pénétré dans la Baltique ; on n’en connaît qu'un seul dans ja Méditerranée.
On cite une Megaptère qui a échoué au mois de mars 1545, près de Greifswald ; une autre en mai 1578 sur la côte de Courland ; enfin une de 60 pieds près de Stettin en 1628. En 1847
" Annales de la Société académique de Nantes, 1S7G ? Mammalia, vol. 6, pl. VIT.
un individu fit son apparition dans la Baltique, v séjourna, a-t-on prétendu, pendant quatre ans, puis vint échouer sur les rivages des îles Wrangelsholm et Rammesaar, d’où on le remorqua jusqu'à Reval 1. C'était un mâle de 51 pieds 3/,; le squelette à été acheté par l'Académie des sciences de Saint- Petersbourg 2. Il n’est pas monté jusqu’à présent, mais les os sont bien conservés.
Dans la communication que nous avons faite à l’Académie, à la séance du 5 décembre dernier, nous avons fait mention d’une Mégaptère trouvée morte dans la Méditerranée. M. le professeur Marion nous en avait informé à la date du 25 novembre, Cette détermination a été confirmée par M. le professeur Pouchet, dans la séance du T décembre 1885 3. Le corps est conservé au Muséum de Paris. Nous supposons que ce jeune animal, accompagné de sa mère, a pénétré accidentellement dans la Méditerranée par le détroit de Gibraltar. Sans doute la mère et le jeune allaient prendre leur quartier d'hiver sur les côtes d'Afrique.
Eschricht a figuré dans un même tableau l’aire géographique de la Baleine franche et celle de cette espèce dans le détroit de Davys et la mer de Baflin pendant les douze mois de l’année. Comme nous venons de le dire, au mois d'août et de septembre ie Keporkak remonte dans la mer de Davis depuis le 62° degré jusqu'au T° et même le 76° degré, avec la Balenoptera Sibbaldii et disparaît de ces parages pendant les mois d'hiver.
Tous ces faits s'accordent: la Mégaptère se trouverait au mois daoût et de septembre dans les hautes latitudes et au mois de
‘ Dr vox Eicuwazn, Analekten aus der Paleontologie und Zoologie Russlands. Moscou, 1871.
? Hüexer, Carl W. Th. Popular-Naturhistorisches über das am 9 april TR51 bei der ôstlich von Reval unweit der Kuste Ehstlands gelegenen Insel Ramimusaar ausgebrachte, am 15 april bei Reval gestellte, am 19 april av die Keis. Akad. d. Wissenschaften in St.-Petersburg verkaufte, und am 50 april 1851 dorthin gesandte Wallthier. Langhändiger Wallfisch Mannchen mit Abbild. Reval, 1852.
© Comptes rendus....., Revue scientifique, 12 décembre 1885, p. 762.
novembre au sud pour retourner de nouveau au nord après l'hiver.
De novembre à février nous savons simplement qu’elle se rend au sud, mais nous ne savons positivement où ? Au mois de février seulement elle reparaît en nombre à l’archipel des Bermudes; en partant de là en mai, une partie se rend de nouveau dans la baie de Baflin, une autre à la mer de Barentz. Il faut croire que les individus se divisent ainsi en deux camps à cause de la pâture qu'ils poursuivent jusque dans les régions qui avoisinent ou dépassent légèrement le 70° degré.
Les observations positives nous manquent sur les lieux de leur séjour pendant les trois mois d’hiver, mais les baleiniers ont fait connaître leur présence en hiver sur les côtes d'Afrique dans les parages du Cap Vert. Parmi les principaux lieux de pêche dans le courant du siècle dernier, on a même cité les iles du Cap Vert pendant l'hiver.
On a vu échouer également des Megaptères de l’autre côté de PAtlantique et nous possédons quelques renseignements sur leur présence dans ces parages.
La Mégaptère, dont le squelette est conservé au Muséum de Niagara falls, a été trouvée morte en mer à 14 milles du phare de Petit Menan sur la côte de Maine (Etats-Unis d'Amérique). Elle avait 50 pieds de longueur.
Lacépède reproduit une note qui lui a été remise par le viceamiral Pleville-le-Peley, et qui se rapporte sans doute à cet animal : « La Baleine, poursuivant à la côte de Terre-Neuve la morue, le capelan, le maquereau, inquiète souvent les bateaux, dit-il; la mauvaise odeur de l’eau pourrie est sentie de loin et la fait fuir. »
Les anciens baleiniers des côtes de la Nouvelle-Angleterre, après avoir chassé la Baleine des Basques, qui visitait régulièrement leurs parages, se sont mis à poursuivre la Mégaptère, quand la Baleine est devenue plus rare et ils ont exercé leur industrie pendant plusieurs années aux îles Bermudes.
Nous trouvons, dans les Transactions philosophiques du XVIIe siècle (1665), que l’on chassait la Baleine sur les côtes de
la Nouvelle- Angleterre pendant huit ou neuf mois de l’année, et la Baleine à bosse, c’est-à-dire la Mégaptère, de février à mars et avril aux îles Bermudes 1.
C'est aussi au mois de février et de mars qu’on voit apparaître la Mégaptère aux Antilles, à l’île Saint-Bartolomez, où elle reste, comme nous lavons dit plus haut, jusqu’au mois de mai.
Les baleiniers signalent également la présence des Mégaptères dans les eaux de l’île de la Trinité (Petites Antilles) et le: golfe de Para. On cite même ces endroits parmi les prineipaux lieux de pêche.
Le professeur Cope fait mention de leur présence sur la côte de San-Domingo et dans d’autres parages de la mer des Antilles ; c'est aux mois de février et de mars, dit-il, qu’on les voit faire leur apparition, et il paraît qu’elles y restent jusqu’au mois de mai.
Le docteur Goess a recueilli à San-Bartholomez divers ossements de grande taille qui se rapportent à ce Cétacé; 1ls sont déposés au Musée de Stockholm. Nous avons pris la mesure, entre autres, d’un métacarpien qui n’a pas moins de 22 centimètres de longueur et 12 centimètres de largeur; un sternum mesure 45 centimètres en largeur; ce sont sans doute des os choisis à cause de leur dimension extraordinaire. Malm a fait connaitre ces ossements.
Le docteur Goess à envoyé au Musée de Philadelphie un squelette de 32 pieds qui provient des côtes de San-Domingo. Le professeur Cope lui a donné le nom de Megaptera belli- Cos«.
Les observations du D'Goess confirment complètement celles des baleiniers sur apparition de la Mégaptère dans ces parages : cet animal fait son apparition autour de Pile San-Bartholomez en février et mars, dit-il, et il y demeure jusqu’à la fin de mai. En juin, il va plus avant dans le Golfe du Mexique et retourne
t New american Walefishing about Bermuda. PHILOSOPHICAL TRANSAC- TIONS, 1663, p. 11, 152.
? Proc. Acad. nat. Srienc. Plhil., octobre 1870.
par l’est en automne !. En mai et en avril, on voit assez souvent des individus debout dans ces eaux pour s’accoupler et on les voit fréquemment retourner par groupes de trois mâles et de trois femelles, accompagnés d’un baleineau d’un ou de deux ans.
Le Musée de Bordeaux a reçu, de la Martinique, une quantité d’ossements de Mégaptères, consistant en fragments de tête, en mandibules, en vertèbres, en omoplates et en divers os de la nageoire pectorale. Tous ces os avaient été rapportés comme lest et destinés à la fabrication de noir animal 2. Le D' Fischer a eu l’occasion d'étudier toutes ces pièces et il lui est impossible de décider, dit-il, si la Megaptera des Antilles ou des Bermudes diffère ou non de la Mégaptère du Groënland. Peut-être, ajoutet-il, toutes les Mégaptères appartiennent-elles à une seule et même espèce, dont la distribution géographique serait universelle.
La Megaptera boops est commune sur les côtes de Massachusetts, dit M. Allen, et les baleiniers ly poursuivent à l’occasion; 11 prétend que la mère de la Megaptera boops a plus d'affection pour son petit qu'aucune autre espèce de Cétacé.
A la Nouvelle-Orléans on a trouvé à 16 milles de la côte et à 75 pieds de profondeur dans le sable, une tête qui ne pèse pas moins de 1700 livres. Il en à paru une lithographie 3 que nous avons mentionnée dans l'Ostéographie des Cétacés.
Eschricht a maintes fois exprimé l’avis que les grands Cétacés n'échouent pas dans leurs émigrations normales, et que ceux qui se perdent ainsi sont des individus égarés ou répudiés par leur gamme. Nous ne croyons pas que ce soit toujours le cas; il se peut que ces ossements proviennent de Cétacés harponnés par les pêcheurs et dont les corps ont été abandonnés.
? Copr, on Megaptera bellicosa, AMERICAN PHILOSOPHICAL SOCIETY, october
? Gervais, Journal de Zoologie, t. VI, nos 4 et 5, 1877, p 279.
5 Bayxrs et Harris, Litho. clements Lare, Lombard, St. Cette lithographie représentant la tête et dessinée par Scharf porte pour inscription : Fret os an enormous head of an unknown animal, found in Net Orlans, 160 miles from the sea and 75 feet from the earl's surface
En résumé, ces Cétacés arrivent aux îles Bermudes vers la fin de février, et y restent jusqu’à la fin d'avril ou au commencement de mai; pendant l'été, de mai à septembre, ils se rendent sur la côte du Groënland et dans la mer de Bafñlin jusqu’au 76° degré ; on les voit apparaître également, dès le mois de mai, sur les côtes de Finmark. A la fin de l'été, au mois de septembre, on les voit quitter la mer de Bafhin et les côtes de Finmark et nous avons tout lieu de croire que les Mégaptères du nord de l'Atlantique ont leur station d'hiver sur la côte d'Afrique; nous l'avons vu plus haut, il yen a de temps en temps qui échouent sur les côtes d'Europe, c’est-àdire à l’est de l'Atlantique, et nous ne doutons pas que ce ne soit en se rendant du nord au sud pour prendre leur quartier d'hiver. A leur retour au nord, c’est-à-dire au printemps, ils se trouvent à l’ouest de l'Atlantique.
Il y a quelques années, Eschricht exprimait l'avis que ces animaux qui viennent parfois échouer dans nos parages viennent du nord; Shlegel au contraire les faisait venir du sud. Ils ont sans doute raison tous les deux. Après l'hiver ils viennent du sud, à la fin de l'été ils viennent du nord, et le D' Goess est parfaitement d'accord avec les pêcheurs, en disant que les Mégaptères des îles Bermudes viennent d'Afrique, en passant par le détroit de Floride.
Ces grands Cétacés caractérisés par leur rostre tuberculeux sont également bien connus au nord du Pacifique.
Les Mégaptères habitent également l’autre hémisphère; elles sont bien connues au cap de Bonne-Espérance, à la Nouvelle-Zélande et sur les côtes du Chili.
Il serait difficile de dire si ces animaux ont actuellement des rapports quelconques avec les précédents ; on sait qu'ils peuvent passer la ligne, mais la passent-ils régulièrement et hantent-ils les pôles? Nous avouerons que nous inclinons fortement à penser, avec le D° Fischer, que la Megaptera boops
mes. à
est un animal cosmopolite. En attendant que nous ayons des matériaux suflisants pour trancher cette question, exposons simplement les faits que nous avons pu recueillir.
Il existe en effet des Mégaptères dans le Sud-Atlantique.
Le Muséum de Paris a reçu, du temps de Cuvier, le magnifique squelette du Rorqual du Cap, e’est ainsi que Cuvier le nommait, et qui a été envoyé par Lalande.
. Le capitaine Jouan a vu également des Mégaptères à la Plata, sur les eôtes de Patagonie, à S'e-Hélène et au cap de Bonne- Espérance.
M. H. Bolau rapporte qu'on les à reconnus autour de S'e- Hélène dans les eaux profondes, et que les pêcheurs ne les voient pas avec plaisir parce qu’elles mettent les poissons en fuite.
Dans certaines baies du cap de Bonne-Espérance, les ossements de ce Cétacé et d’autres encore doivent être fort abondants ; le professeur Sir Turner nous rapporte que, en novembre 1870, un chargement d’ossements importé du Cap à Leith, renfermait de nombreux ossements de Megaptera (Humpback) parmi lesquels se trouvaient plusieurs atlas. Il n’a pas trouvé de différence entre cette Mégaptère et celle du Nord, si ce n’est que dans PAtlas {he furrow between two anterior articular surface is somewhat broader and deeper in the Cape specimen. Nous avons fait mention plus haut de cette légère différence.
On en voit aussi sur la côte du Chili, à en Juger d’après les Cirrhipèdes commensaux que lon a trouvés au milieu de leurs os.
Burmeister a fait connaître la présence de la Megaptera sur les côtes de l'Amérique méridionale.
Reinhardt a aussi rapporté du Brésil des ossements de Megaptera; ls sont déposés aujourd’hui au Musée de Copenhague.
Au Muséum de Paris il existe un humérus de grande taille recueilli, d’après l'étiquette, non loin de Buenos-Ayres. IE sy trouve également une omoplate énorme d'origine inconnue, qui ne mesure pas moins de 1",52 en longueur et 0,97 en hauteur.
On a trouvé du reste tout un squelette de Megaptera enfour sur les côtes du Brésil, dont la caisse tympanique a même été conservée, et que Gray a proposé de nommer Megaptera Burmeistert.
Voici à ce sujet une note qui m'a été communiquée par mon fils à son retour de Buenos-Ayres : Il y a quelques années, on découvrit dans l’une des îles de Rio de la Plata, située au point de réunion du Panama et de l'Uruguay, près de Conchas, par conséquent dans l’ancien Delta du fleuve, des ossements que leur dimension colossale aussi bien que leur structure spongieuse firent reconnaitre pour des os de quelque Mysticète.
Is se trouvaient à 18 pouces (pulgados) sous la surface du sol dans le terrain d’alluvion ; leur enfouissement était donc de date relativement récente, et il est clair que ces os ont appartenu à quelque animal de l’époque actuelle. Quelques vertèbres et une caisse tympanique furent conservées et déposées au Musée national de Buenos-Avres.
Burmeister chercha à déterminer l'espèce à laquelle ces ossements avaient appartenu et, en l'absence de toute pièce de comparaison, il dut se borner à consulter, pour arriver à la détermination, les figures récemment publiées par Gray.
L'examen comparatif qu'il put faire de cette manière le conduisit à soupçonner que ces ossements pourraient bien être ceux de quelque Mégaptère. Il écrivit dans ce sens à Gray. Une Mégaptère des côtes orientales de l'Amérique méridionale devait être une espèce nouvelle, et M. Gray jugea qu'il était urgent de lui donner un nom. Il la dédia au célèbre directeur du Musée de Buenos-Ayres, et le nouvel animal fut appelé : Megaptera Burmeisteri.
M. Burmeister exhiba ces ossements dans la séance du 11 juillet 1867 de la Société de paléontologie de Buenos-Ayres, et 1l en est fait mention dans les Anales del Museo publico de PBuenos-Ayres.
Burmeister chercha à déterminer l’âge approximatif de ces ossements : se basant sur les observations faites relativement à la formation des terrains d’alluvion du Nil, desquelles il résulte
que la puissance de ces couches d'alluvion s'accroît de trois pouces par siècle, d’un pied environ en quatre cents ans, il conclut que, si la rapidité de formation des dépôts de la Plata est la même, l'animal doit avoir été enfoui il y a six cents ou huits cents ans. Mais comme l'embouchure du Rio de la Plata est probablement plus large que celle du Nil, il suppose que la formation des dépôts doit être moins rapide et que les os peuvent avoir été déposés il y a un millier d'années. A cette époque, au lieu d’une île, il devait exister à embouchure du Parana un immense banc, une sorte de plage semblable à celle qui s'étend aujourd'hui devant Buenos-Ayres, qui, couverte d’eau en temps ordinaire, se met complètement à sec par les vents du sud ou du sud-ouest.
En février 4840, Alcide d’Orbigny communiqua à la Société géologique de France 1, une lettre qu'il avait reçue du directeur du Musée de Montevideo, M. Vilardebo, par laquelle ce naturaliste faisait connaître la découverte d’un ossement fossile, qui, par sa taille comme par ses caractères, ne peut être qu'un humerus de grand Cétacé, probablement de Mégaptère. Il a été trouvé dans l’Arrogo-Negro, à plus de 120 lieues de la mer. L’Arrogo-Negro est au-dessus du confluent de l’'Uruguay et de la Plata.
Les Mégaptères sont parfaitement connues au nord de l'Océan Pacifique, et elles y sont assez abondantes dans certains parages pour y être l’objet d’une pêche régulière.
Le capitaine Beckerman en a vu, en août et en septembre, de 15 pieds de long sur les côtes de Upper California Bay of Monterey.
Pallas a reconnu la Megaptera au nord du Pacifique, et Steller a donné la description d’une femelle de 50 pieds qu'il a eu l’occasion d'étudier pendant son naufrage sur les côtes de Pile de Behring. La tête avait le quart et la nageoire pectorale, le
! Bulletin de la Sociélé géologique de France, fevrier, 1840, p. 156.
cinquième de la longueur totale du corps. Ce qu'il dit de la tôte circa capul scruposa, multisque acetabulis prominentibus, ne laisse pas de doute que c’est bien d’une Megaptera qu'il s’agit.
On la voit représentée également dans les livres japonais, et Chamisso nous en a reproduit une figure très reconnaissable.
Middendorf parle de trois espèces de Cétacés à fanons qui hantent la côte sud de la mer d'Okhotsch, dont une atteint la longueur de 70 pieds. Dans le courant de l'été, dit-il, il en est venu échouer sept, dont lui-même à pu en observer deux. Il pense que c’est la Megaptera boops. I a vu les plis sous la gorge d’un de ces animaux échoués 1.
M. Léopold von Schrenk fait mention également de trois espèces de Mysticètes sur les côtes des Amourlanden, une Megaptera et deux Balæn«.
En septembre 1886, le capitaine Bedfield a capturé dans la mer de Behring une Megaptera de 49 pieds T pouces, dont la nageoire pectorale avait 15 pieds 7 pouces 2.
Les Esquimaux aussi bien que les Indiens, habitants des côtes nord-ouest d'Amérique, font la chasse aux Mégaptères; les baies principales pour cette chasse étaient celles de Magdalena, de Balena et de Monterey, disent les baleiniers.
Les fumpbacks visitent régulièrement les mêmes localités qui correspondent avee les baies où les femelles mettent bas. A l'approche de l'hiver, ces Cétacés se rendent en masse au sud et en été ils se dirigent au nord, disent plusieurs baleiniers qui exercent leur industrie dans la Mer Pacifique.
Le capitaine Scammon parle des mêmes individus qui sont connus dans les localités où l’on pèche ces animaux ; comme dans l'Atlantique et surtout sur les côtes du Groënland, on reconnaît si bien les mêmes animaux qui reviennent tous les ans, que plusieurs d’entre eux portent des sobriquets.
1 Minpexnorr, Sibirische Reise, Bd. 11, p. 125. 2? Core, On the Cetacea, 1869, p. 59.
Les Megaptera s'approchent également de l’Équateur et le passent même. Le capitaine Scammon a vu des Megaptera sous l’Équateur sur les côtes du Pérou, d’autres au nord de l’Équateur, côtes de Californie: il en a rencontré au sud allant mettre bas dans les baies, puis s’en retourner avec leurs jeunes.
Le savant baleinier américain fait une observation fort intéressante sur la taille de ces animaux, observation faite déjà par le capitaine Jouan sur des Mégaptères de la Mer des Indes : il a observé des différences chez des individus de la même gamme sans qu'on puisse lattribuer à l’âge. Nous avons déjà fait cette remarque à plusieurs reprises, sur des Cétacés fossiles de notre grand ossuaire des environs d'Anvers.
Il résulte de cette observation, que les limites de variation de taille sont très grandes dans les Mégaptères, et, sans songer à des espèces distinctes, nous devons admettre que certains individus atteignent une taille extraordinaire sans qu'on puisse l'attribuer au grand âge de l'animal.
Les baleiniers font mention d'une pêche de Megaptera, entre trois degrés sud et trois degrés nord, entre le Golfe de Guayakil et la côte d'Ecuador (Pacifique). Le capitaine Scammon parle de leur apparition en juillet et en août.
D'après le produit d'huile par individu, ces animaux sont petits comparativement, puisqu'ils ne fournissent que de 20 à Jo barils.
La Megaptera se distingue par le même genre de vie dans le Pacifique comme dans l'Atlantique. En 1842 et en 1855, dit le capitaine Scammon, une quantité de Humpbacks étaient réunis dans le Golfe de Guayaquil, sur la côte du Pérou, pour mettre bas. C'était pendant les mois de juillet et d'août. On voit la même chose au nord de l'Équateur. Dans la baie de Valle de Banderas, côte de Mexique (lat. 20°,30"), Scammon a vu au mois de décembre des Humpbacks avec leurs jeunes, âgés de quelques jours. Dans la baie de Magdalena, côte de la basse Californie (environ lat. 24°,30°), il en vit en nombre semblable, dont quelques-uns étaient également accompagnés de leurs jeunes (large Calves, while others were very small). À Tonga-
taboo (une des Friendly Islands, lat. 21° sud, long. 174 ouest; c’est en août et septembre qu'on les observe.
Les Mégaptères se trouvent également dans la Mer des Indes: le capitaine Jouan en a vu à la Réunion, aux îles Comores, dans la Mer d’Oman.
Eiles hantent également les côtes des îles de la Sonde; le Musée de Leyde a reçu de Java une tête d’un animal de 45 pieds de longueur quiavait échoué près de Pekalongan (Mer de Java).
Comme au nord la Mégaptère pénètre dans la Baltique, ici elle pénètre également dans le Golfe Persique. Il y a quelques années un câble (de Gwadur à Kirrachee) se rompit et, en le relevant, le corps d’une énorme Baleine, entortillée dans le câble, fut amené à la surface. La queue était couverte de coquillages, ce qui nous fait supposer que c’est une Megaptera.
Du reste, nous avons la certitude aujourd’hui que des Mégaptères pénètrent dans ce golfe.
Le Musée de Paris a acheté un squelette de Mégaptère, rapporté par des marins, du Golfe Persique, mais il diffère de la Megaptera boops, dit M. H. Gervais. Comme nous l'avons dit plus haut, M. H. Gervais à fait connaître ce squelette et il exprime l'avis qu'il existe trois espèces dans ce genre : celle du nord (boops), celle du Cap (Lalandii) et celle des Indes (indica).
Nous avons vu le squelette de cette dernière Mégaptère, et nous avouons que les os du crâne, y compris surtout los jugal et lacrymal, tympanique et mandibule, et principalement le sternum, présentent des différences assez grandes pour justifier l'opinion de l’aide naturaliste du Muséum.
HolbGIT à cru voir également une autre espèce de Mégaptère dans un animal que les Groënlandais appellent Kiperkarnak, mais dont 11 n’a pu se procurer un squelette 2.
! Naluurk. Tydschr., voor Nederland. Indie, 1864, pp. 425 et 443. * Escaricur, Nordische Wallthiere, supplément, p. 197.
Les Mégaptères comptent parmi les Mystacocètes les plus communs de la Nouvelle-Zélande, dit M. Hector, directeur du Colonial Muséum de Wellington.
Il faut croire cependant que le Musée de notre savant confrère de Wellington n’en renferme pas un grand nombre d'ossements, puisque nous n'en trouvons auçun dans une photographie qu’il a eu l’obligeance de nous envoyer; nous y voyons figurer une tête, avec ses fanons, de la Neobalæna marg'nata, l'atlas, l'axis et une côte du Sulfurbottom, qui est sans doute notre Balænoptera Sibbaldii; mais les autres têtes et squelette sont de Ziphioïdes et de Delphinides; sauf la Neobalæna, on croirait voir des ossements de Cétacés de notre hémisphère,
M. Hector a reçu toutefois, pour son Musée, deux têtes de Mégaptère et divers ossements {, et il exprime l'avis, que ces restes se rapportent à la même espèce qui fréquente le Cap de Bonne-Espérance.
Dieffenbach fait également mention des Megaptera qui se rencontrent tout autour des îles de l’Océanie, à la côte orientale d'Australie, à la Nouvelle-Calédonie, même dans lintérieur des récifs et sur les côtes du Chili.
Le capitaine Jouan ? a passé trois ans dans ces parages, entre la Nouvelle-Zélande, l'Australie et la Nouvelle-Calédonie, etil a vu pendant ce temps deux Black Whale (Balæna antipodum ?), un ou deux petits Cachalots (Berardius peut-être) et pas mal de Humpback (Megaptera).
Parmices Humpback de lhémisphèresud, le capitaine Jouan, qui s’est toujours intéressé à ces animaux, en à vu dans fa même gamme de très petits qui lui paraissaient adultes comme les autres, et il se demande si ces petits ne constituent pas une espèce naine.
Parmi les ossements envoyés d'Australie à la grande Exposition de Paris, nous avons reconnu des caisses tympaniques de Megaptera en tout semblables à celles de la Boops.
! Trans. New Zealand Institute, vol. X, 1878. # Jouax, La chasse et la péche des animaux marins, p. 44, 1882.
Le professeur Sir Turner 1 a reconnu, dans les collections rapportées par le Challenger, des vertèbres (atlas, axis et les vertèbres cervicales suivantes) qu'il attribue à la Megaptera, et qui proviennent d’un animal eapturé dans les eaux de la Nouvelle-Zélande, probablement dans Queen Charlotte Sound. L’axis est soudé à la troisième cervicale et celle-ci à la quatrième.
Le savant professeur d’Edimbourg exprime la même opinion que M. Hector au sujet de la détermination de cette Megaptera ; il n'ya pasde raisons d'adopter la nomericlature de Gray, dit-il, et le squelette, comme les ossements d'Australie, se rapporte à la même espèce qui habite le Cap de Bonne-Espérance ainsi que la côte du Groënland.
Schlegel a exprimé le premier l'opinion, que la Mégaptère du Cap ne diffère pas de la Mégaptère Boops, mais cette supposition avait été ébranlée par suite de l'opinion, qui a régné quelque temps, que les Balénides ne passent pas la ligne, ce qui n'est vrai que pour les Baleines véritables.
Dans les eaux de Rosmary-fle, côte nord-ouest de la Nouvelle-Hollande, il paraît que cette espèce y arrive assez régulièrement de juin à octobre pour que lon y ait organisé une pêche régulière; il parait que c’est aussi l’époque de la mise bas dans ces baies.
Le Muséum de Paris a reçu en 1876 une tête de Megaptera, venant de Tahiti (Iles Pomotou).
Jacquemont a rapporté de l'Ile de Found des caisses tympaniques, que nous avons vues entre les mains d'un marchand à Paris. Nous n'avons rien trouvé dans ces pièces qui justifiät l'établissement d'une espèce nouvelle.
D'après Andr. Murray il y aurait trois ou plutôt quatre stations principales où l’on chasse régulièrement ces Cétacés ; ce sont les Iles Bermudes, les ectes de Finmark, le Cap de Bonne-Espérance et les Iles de la Sonde. Nous pouvons y ajouter d’autres stations où l’on exerce cette industrie : 1° la
5 The voyage of I. M, S. Challenger, REPORT ON THE BONES OF CETACEA, oy W. TURNER, M, B.
côte ‘ouest du Groënland; % dans le Pacifique, le Golfe de Guayakil; 3° à la Nouvelle-Hollande, Rosmary-[le, côte nordouest; 4 les îles du Cap Vert. Nous pouvons ajouter encore les côtes d'Ecuador jusqu'à Esmeraldo, où lon fait la chasse dés Mégaptères, de février à mars, vers le nord, et de juillet à août, vers le sud.
D'après ce que nous venons de dire, la Mégaptère du nord de l'Atlantique passe l'hiver sur les côtes d'Afrique, ie printemps dans la mer des Antilles, l'été dans la mer de Baftin où elle remonte jusqu'au 76° degré, ou bien elle passe à l'est par l'Islande jusqu'aux côtes de Finmark, et retourne ensuite au sud pour y passer son quartier d'hiver,
C'est aussi l'opinion que le capitaine Scammon exprime au sujet des Mégaptères qui habitent le Pacifique : 1l pense que dans notre hémisphère, ces animaux se rendent au nord à l’approche de l'été et retournent au sud, à l'approche de l'hiver 1.
Le printemps serait pour les Mégaptères, comme pour les mammifères terrestres en général, l’époque des amours. Si nous en croyons quelques renseignements, ce seraient aussi les lieux de leurs amours qui seraient les lieux de leur mise bas, et les mères arriveraient à peu près à la même époque de leur grossesse dans les mêmes parages, ou accompagnées de leur Baleineau. La différence de taille dans les fœtus recueillis à la même époque dans les mêmes eaux dépendrait du moment où la fécondation a eu lieu.
Est-ce la même espèce qui hante le nord de l'Atlantique et du Pacifique? Tout nous fait croire que oui! Il y a tant de Cétacés, maintenant connus, qui hantent à la fois le nord de l'Atlantique et du Pacifique; on connait aujourd'hui un si grand nombre d'espèces aquatiques de tous les ordres qui sont dans ce cas, qu'il n’y aurait plus lieu de s'étonner .de l'identité spécifique des Megaptera de ces parages.
Nous ne sommes pas éloigné de croire que la Megaptera boops est un Mysticète cosmopolite, qui passe la ligne dans le
‘ Loc. cit., p. 42.
Pacifique comme dans l'Atlantique et l'Océan indien et qui se rend, comme nous l'avons dit plus haut, tantôt vers le pôle, tantôt vers l'équateur selon l'époque de l’année. C’est du moins ce que l'on peut supposer d’après les faits connus jusqu’à présent.
MUSÉES
La plupart des Musées, possédant des squelettes de Cétacés, comptent dans le nombre des ossements de Megaptera. Eschricht a reçu par son ami Ho:bôll plusieurs squelettes complets des côtes occidentales du Groënland, qu'il a pu céder ensuite, après les avoir étudiés.
On trouve aujourd'hui des squelettes de cette espèce à Copenhague, Stockholm, Bergen, Gôteborg, Lund, Londres, Liverpool, Aberdeen (Ecosse), Berlin, Paris, St-Pétersbourg, Bruxelles, Liège et Louvain.
À Paris, on conserve au Muséum les deux squelettes rapportés par De Lalande et décrits par Cuvier sous le nom de Rorqual du Cap. Le professeur Pouchet a rapporté un squelette de mäle et un de femelle de Varanger-Fiord.
Le méme Musée renferme encore le squelette d’un jeune mäle de 7,50, qui a échoué au Bruce, près de S'-Nazaire (Var), une tète recueillie à une quinzaine de degrés su sud de l'équateur, dans l'océan Pacifique, et une autre tête près de Tahiti îles Pomotou) en 1876. Nous y avons vu également une omoplate, un humérus et un rocher provenant d'un animal d’une taille extraordinaire, mais d’origine inconnue.
M. H. Gervais à fait connaitre récemment, comme nous l'avons dit plus haut, un squelette acheté à Marseille, provenant du golfe Persique, qui est également conservé au Muséum. M. H. Gervais rapporte ce squelette à une espèce nouvelle.
Outre le Muséum de Paris nous pouvons citer, en France, le Musée de Bordeaux qui a reçu un grand nombre d'ossements de Mégaptères de la Martinique, que l’on destinait à la fabrication du noir animal. Ce sont des débris de tète, des mandibules, des os des membres, des vertèbres cervicales, etc.
Les squelettes de Louvain et du Musée royal de Bruxelles proviennent des côtes de Groënland par l'entremise d'Eschricht. Nous avons reçu une omoplate du D' Guldberg, remarquable par sa dimension et que ce savant a recueillie à Vadsô.
Le Musée de l'Université de Liège possède un beau squelette provenant des côtes de Norwège.
M. Flower a publié en 1885 la liste des espèces de Cétacés du British Muséum; on y voit, pages 4 et 5, les os nombreux de Megaptera conservés dans ce Musée : un squelette complet, à peu près adulte, du Groënland, une tête de Californie, une autre de la Nouvelle-Zélande, des caisses tympaniques et un fœtus du Groënland, dans la liqueur. Les caisses tympaniques de la Nouvelle-Zélande sont en tout semblables à celles de notre hémisphère.
Le Musée de Liverpool (Derby Museum) renferme le squelette de la femelle qui a péri dans l'estuaire de la Dee, en 1865, et qui n'avait que 51 pieds de longueur.
Le squelette du mâle de 40 pieds de long, capturé dans l'estuaire de la Tay, le 11 janvier 1884, qui se trouvait au Musée de Dundee, est aujourd'hui, si nous ne nous trompons, au Musée de l'Université d’Aberdeen 1.
Malm a fait le relevé des ossements de Cétacés conservés dans les Musées de Stockholm : Riksmuseum, Carolinska insiitutets anatomiska Museum, Veterinär-institutets Museum, de Lund et de Gôteborg.
Le Musée royal de Stockholm possède une portion de crâne de Mégaptère avec condyle et trou occipital, et des caisses fympaniques trouvées en Scanie, sur le bord de la mer, à 2 ou 3 pieds de profondeur, près de la ville de Cimbrisham ; il contient, en outre, de nombreux ossements provenant d'individus, de très grande taille, qui ont été apportés de l’île Barthélemy par le D° Goess. On v voit des humérus, des radius, des os carpiens et métacarpiens, des côtes et des sternums de grandeurs extraordinaires, de Buenos-Avyres.
* The Dundre Advertiser, 26 janvier 1886; Report of the British Associa tion, 1886, p. 1053. À:
On trouve également une tête au Musée de Christiania, mais dont on n'a pas indiqué l’origine. Ils’ vtrouve également un fœtus
A Lund (Suède) il y a également un squelette obtenu par l'entremise d'Eschricht.
On conserve dans le Musée de Copenhague des squelettes de tout äge venant du Groënland. Eschricht a reçu, indépendamment des viscères et des fœtus, six squelettes complets qu’il a pu échanger ensuite avec divers Musées. On y conserve également des ossements de Megaptera rapportés du Brésil par Reinhard. Ce Musée renferme le plus grand nombre de fœtus. Eschricht fait mention de deux mâles et de six femelles, longs de 35, 45 et 74 pouces.
Le D' Guldberg a rapporté à Hambourg, en 1884, un squelette de Megaptera boops de 54 pieds, provenant d’un animal trouvé mort entre les côtes de Norwège et de Russie. Il se trouve encore à Hambourg.
Le Muste de Kœnigsberg possède la portion postérieure de crane dont Auguste Muller à parlé et qu'il rapporte à une Balénoptère.
Le Musée de Berlin possède le squelette de lindividu qui a échoué, en 1824, à l'embouchure de l'Elbe et qui a été décrit par Rudolphi.
Le Musée de l'Académie des sciences de S'-Pétersbourg possède le squelette d’un mäle qui a péri dans la Baltique, à l’est de Reval. Le même Musée a reçu de l'océan Pacifique deux squelettes à peu près complets qui ne sont pas montés.
Le squelette de la Megaptera longimana du Musée de Niagara, dans le Canada, provient d'un animal trouvé mort en mer, à 14 lieues du phare du Petit Menan sur la côte de Maine. I lui manque le sternum, les os du bassin et les caisses tympaniques. L'animal avait 50 pieds de longueur.
Le Musée de Philadelphie possède également un squelette de cette espèce.
Au Musée de Wellington (Nouvelle-Zélande) se trouvent deux têtes ct plusieurs ossements; une de ces têtes provient d'un individu capturé à Kaïkoura-Peninsula. L'autre, plus petit, vient du nord de Cook Strait.
DESSINS
Il existe plusieurs dessins de la Megaptera boops; ce Cétace est toujours facilement reconnaissable au grand développe ment de ses nageoires pectorales.
Nous avons trouvé, dans un ouvrage chinois, un dessin qui représente fort bien cet animal, avec le grand développement de sa nageoire pectorale, avec les replis sous la gorge et sous le ventre.
Le professeur Giglioli en à publié un dessin sous le nom de Poescopia Lalandii. I est mauvais pour ce qui regarde la nageoire pectorale comme la nageoire dorsale. Cet animal porte une bosse sur le dos en arrière et n’a pas de nageoire dorsale proprement dite.
Cope en a reproduit un dessin, d'après un animal du Pacifique (Megapteru versabilis\.
Rudolphi reproduit le dessin du mâle qui a échoué à l’embouchure de PElbe.
Burmeister a figuré la Mégaptère des côtes de la République argentine.
Schlegel a figuré une Megaptera, dans sa faune du Japon (1850) pl. XXX, sous le nom de Balænoptera antarctica. La figure est bonne, sauf la bosse, qui est représentée comme une nageoire.
Dans le Naturalists library, Mammalia, vol. VE, pl. 7, figure un jeune individu échoué en Ecosse.
Brandt et Ratzeburg (Medicinische Zoologie, pl. XV, fig. 7, et pl. XV, fig. 2) reproduisent un dessin original de Muller.
Le professeur Sars a publié en 1880 un bon dessin d’une femelle adulte de 14 mètres capturée dans l'établissement de Vardô ; il a ajouté le dessin d’un fœtus de grandeur naturelle, pl. HE (Christiania vidensk. Selsk. Forh., 1880).
Pechuel en a publié un bon dessin d’après un animal de Atlantique. Il porte de nombreux tubercules sur le côté du rostre et les plis sous la gorge sont bien marqués.
Eschricht a publié, dans ses Nordischen Wallthiere, un dessin représentant la muqueuse de l'intestin (pl. IE, fig. 3-4, un fœtus de 34 pouces de long (pl. IH, une mandibule avec les dents (pl. IV), la bosse du dos (pl. V, fig. [).
Nous avons reproduit le squelette avec la caisse tympanique dans notre Ostéographie 1.
Malm a figuré des ossements de Megaptera du Musée de Stokholm, pl. I, fig. 4a-h et pl. IV, fig. 28 (os du carpe).
Sous le nom de Megaptera versabilis, Fred. True donne un dessin dans ses Suggestions by the Keepers, Washington, 1884, pl. X, fig. 28.
Les figures les plus intéressantes sont celles publiées par le capitaine Scammon. Indépendamment d’une bonne figure de animal adulte, il représente l'animal, tel qu'on le voit en pleine mer, se livrant à des évolutions qui le font facilement reconnaître de loin. Il n’y a pas un de ses congénères qui se montre à la surface de la mer comme lui, s’élevant dans l'air et se laissant tomber ensuite à plat ventre 2.
Scammon représente, pl. IX, une femelle donnant à téter à deux jeunes, et pl. VIIL, leurs allures dans l'eau.
COMMENSAUX ET PARASITES
Nous ne connaissons pas d'animaux plus intéressants par les commensaux qu’ils hébergent que les Mégaptères ; elles logent sur la tête, et sur les nageoires surtout, des Cirripèdes, qu'elles conduisent d'une mer à l’autre et des Cyames, qui ne perdent pas plus leur liberté que les Coronules. La présence de ces Cirripèdes est tellement régulière, que les Groënlandais ne doutent pas que des Baleines ne viennent au monde avec eux. Coronula diadema où Diadema balænaris est le nom sous lequel les zoologistes désignent ce commensal.
Ellis fait déjà mention de ce curieux Crustacé, qui a passé
HPIEXNITE * Loc. cit., pl. VII et IX.
si longtemps comme Mollusque. Il figure ce Whale barnacte, called pediculus ceti, just as it was cutt off the Whales lip, mith the naked barnacles (Otion), pl. XI, fig. 7 et Ta 1.
Pailas a également connu ce Whale barnacle, comme l’appelle Ellis, sur des Mégaptères de la mer Glaciale.
Mais ce qu'il y a de plus intéressant, c'est que le plus souvent, sur ce commensal sessile, vit un autre Cirripède pédiculé connu sous le nom générique de Ofion ou Conchoderma auritum.
Le Musée du Collège royal des chirurgiens de Londres possède, dans la liqueur, une Bernacle qui porte des Otions, et on lit sur l'étiquette : probablement de la lèvre d'une Baleine de la côte de Norwège, échouée en 1757.
La Mégaptère qui a échoué à l'embouchure de l'Elbe, et dont le squelette est conservé au Musée de Berlin, portait des Diadema avec des Otions comme les Mégaptères des côtes de Norwège. Ils ont été conservés par les soins de Burmeister.
La Baleine échouée près de Vogelsand portait des Diadema balænaris, également avec des Otions.
Le capitaine Scammon ?, qui a fait tant de bonnes observations sur les Cétacés, figure également un Otion implanté sur un Diadema. (Otion Stimpsoni, Dall, sur la Megaptera versabilis, Cope.) Il cite aussi, sur la même Mégaptère, un Cyame qui porte le nom spécifique de diffusus 3.
M. Cocks a trouvé sur les Mégaptères capturées sur les côtes de Finmark des Coronules avec des Otions auritum ; des Cyames avaient pénétré par milliers jusqu’à la profondeur de deux pouces dans Ja peau.
La Mégaptère mäle, qui est venue à la côte au sud de l'Islande le 18 juin 1867, portait également des Coronula avec des Otions, et des Cyames libres.
Ces Cétacés sont également couverts de parasites sur les
‘ Euus, On Sever. Rare Species of Barnacles, Puis. TRaxs., vol. L, 1758. ? Casrres M. Scammow, The marine mammals, Sau Francisco, 1874, pl. X, lig 5.
5 Proc. cal. Acad. Sc., décembre 1872,
côtes de Finmark, dit M. Guldberg : ce sont des Coronula diadema, des Conchoderma auritum et des Cyamus boopsis.
Darwin n’a pas trouvé de différences spécifiques entre Îles Coronula diadema, Lamk, des côtes d'Angleterre, de Scandinavie, des États-Unis, des Bermudes; M. le Dr Fischer a comparé en outre dix exemplaires du Cap de Bonne-Espérance et du Chili et n’a pas trouvé de différence non plus. Le Conchoderme (Otion) auritum est également le même ainsi que le Cyame (Cyamus subfusus).
Ainsi, dans l’Atlantique comme dans le Pacifique, ce sont les mêmes Cirripèdes : le même Otion sur le même Diadema.
Holbôll a pu s'assurer que les jeunes Mégaptères logent déjà des Coronula avant d’être sevrées.
Les Cyames se tiennent surtout à la tête et aux nageoires. Îl paraît que la peau devient sèche dans les endroits où ils abondent.
Le professeur Lutken a spécialement étudié ces Crustacés parasites et fait remarquer que de jeunes Cyames, pris sur des Cétacés inconnus ou plutôt indéterminés de l'océan Pacifique, près des îles Tonga et Rarotonga, se rapprochent exactement de lespèce qui habite la Mégaptère de la mer des Indes 1.
On sait que les Balénoptères, si voisines des Mégaptères et vivant dans les mêmes eaux, ne portent jamais ni Cirripèdes ni Cyames, tandis qu’on trouve régulièrement des Cyames sur les vraies Baleines.
On trouve ainsi sur les Megaptera trois sortes de Crustacés qui vivent en commensaux : des Coronules, des Otions et des Cyames.
Nous ne connaissons, jusqu’à présent, pas de véritables parasites de Mégaptères.
# Lurken, Sur les cyames ou poux de Baleines, Copenhague, 1875.