‹ Histoire naturelle des cétacés des mers d'EuropeChapitre 19 sur 51 · ÈS · texte numérisé non relu

ÈS

DES

BALÉNOPTÈRES,

P.-J. VAN BENEDEN

MEMBR: DE L'ACADÉMIE ROYALE DE BELGIQUE

(Présenté à la Classe des sciences dans la séance du 40 mai 1887.)

(Extrait du tome XLI des Mémoires couronnés el autres Mémc

publiés par l'Académie royale de Belgique. — 1887.)

BALÉNOPTÈRES.

LES BALÉNOPTÈRES.

De tout temps, les baleiniers ont fait la distinction entre les Baleines, les Mégaptères et les Balénoptères, c’est-à-dire entre

£ | les Right wales, les Humpback et les Finback, qu’on appelle

aussi Vinfisch.

Les naturalistes n’ont connu ces distinctions que fort longtemps après les baleiniers. Les récits de ceux qui avaient observé ces animaux étaient généralement incomplets, et les musées, même les plus importants, étaient dépourvus de restes de ces animaux.

Linné confondait, dans le genre Balæna, tous les grands Cétacés qui portent des fanons. Lacépède a proposé le nom de Balénoptère pour ceux qui ont une nageoire sur le dos.

Cuvier croyait à l'existence de deux espèces de Balénoptères : l’une, de la Méditerranée, représentée par le squelette de l’animal échoué en 1798 à l’ile S'e-Marguerite et dont la tête, avec quelques os, est conservée au Muséum de Paris; l’autre, de la mer du Nord, d’après un animal jeté, en 1819, sur la côte du Holstein, et dont le squelette complet est conservé au Muséum de Berlin. Le troisième squelette, que Cuvier connaissait éga-

lement, est celui qui est conservé à la maison de ville de Brême; et comme il provient d’un animal de petite taille, échoué à l'embouchure du Weser, Cuvier le croyait un jeune de l’espèce précédente.

[l y avait pour Cuvier un Rorqual de la Méditerranée et un Rorqual du Nord. Le grand naturaliste avait préféré le mot torqual, donné par les Norvégiens à des Baleines qui portent des tuyaux sous la gorge; il croyait à l'existence d’une Jubarte, espèce supposée sans plis sous la gorge.

Cuvier n'avait pas assez de matériaux à sa disposition quand il a écrit ses Recherches sur les ossements fossiles des Cétacés, et ce n’est que quelques années plus tard, que feu mon ami Eschricht a commencé ses intéressantes publications sur les Cétacés. Gräce surtout aux précieux et nombreux squelettes et fœtus que son ami Hollbôll Iui envoyait du Groënland, le savant naturaliste de Copenhague a fait connaître les prineipales espèces de Balénides, en même temps que les caractères sur lesquels elles reposent.

Eschricht à fait faire un pas immense à la Cétologie, en démontrant que le nombre de vertèbres est le même dans le jeune äge qu’à l’âge adulte, que celles-ci ne se soudent pas à un äge avancé, après avoir été séparées d’abord, et que tous les caractères de l'adulte se trouvent déjà dans le fœtus.

En même temps le savant naturaliste de Copenhague a fait voir, ce que l’on semblait également ignorer, qu’il existe une Balénoptère de petite taille, ne dépassant pas 30 pieds de longueur, qui n’a pas plus de quarante-huit vertèbres, qui a des fanons jaunes et des nageoires pectorales à moitié blanches, et que c’est elle qu'Othon Fabricius a eu l'occasion d’observer en vie pendant son séjour au Groënland.

Depuis les travaux de Cuvier, il a été reconnu également que la Balénoptère de la Méditerranée est lPespèce commune de Atlantique, et, dès 1836, nous avions signalé sa présence sur la côte d'Islande, d’après des caisses tympaniques que Gaimard avait rapportées de son voyage au Nord.

Nous voilà done en présence de deux espèces bien distinctes,

la Balænoptera musculus et la Balænoptera rostrata, auxquelles vient s’en joindre une troisième de taille moyenne que Cuvier avait cru être la seule espèce du Nord : c’est la Balænoptera borealis.

Les deux premières pénètrent de temps en temps dans la Méditerranée, surtout la seconde. Comme nous le verrons plus loin, ces Balénoptères se distinguent parfaitement les unes des autres par leurs caractères extérieurs, aussi bien que par leur genre de vie et leur taille.

On connaît aujourd'hui une quatrième espèce, la plus grande de toutes, que Pierre Camper avait déjà mentionnée sous le nom de Steypireydr, et qui fréquente les courants glaciaires à côté de la Baleine franche; c’est l'espèce qui atteint la plus forte taille puisqu'elle a jusqu’à 80 pieds de longueur; Gray à proposé de la nommer Balænoptera Sibbaldi.

Après Eschricht, c’est à M. Flower que nous devons les principaux progrès accomplis dans cette étude. Le savant directeur du British Museum s’est occupé particulièrement des mdividus échoués sur les côtes d'Angleterre, et il a largement contribué à faire disparaître les nombreuses erreurs qui avaient été introduites dans la Cétologie.

M. Flower a fait connaitre aussi divers faits anatomiques intéressants, parmi lesquels nous devons citer la composition du bassin de ces animaux et les caractères propres aux os nasaux.

Schlegel ne croyait pas devoir admettre plus d’une espèce dans les mers septentrionales.

On trouvera plus loin le nom de ceux qui ont également contribué à mieux faire connaître ces Cétacés.

Le genre Balænoptera peut se caractériser par la nageoire que l'animal porte sur le dos, par les membres pectoraux qui sont petits, par les fanons qui sont courts et par des tuyaux ou plis que l’animal porte sous la gorge et qui s'étendent jusqu’à l'abdo-

men. Il se distingue en même temps par la tête, qui a le quart de la longueur du corps, par le rostre qui est très peu courbé, comme par les vertèbres cervicales qui sont toutes séparées.

Comme caractère distinctif des espèces, nous croyons pouvoir accorder une grande valeur aux fanons : la Balænoptera Sibbaldii a les fanons d’un noir bleuâtre uniforme; la Balænoptera musculus à les fanons verdâtres ou päles, avec des lignes pâles dans toute la longueur; la Balænoptera borealis a les fanons noirâtres avec les barbes blanches et soyeuses; la Balænoptera rostrata a les fanons d’un jaune pâle.

La femelle des Balénoptères est en général plus grande que le mâle, comme dans les autres Cétacés à fanons.

L’accouplement, comme la parturition, a lieu en hiver; la gestation parait être de dix à douze mois. En venant au monde, le jeune a le quart de la longueur de la mère 1.

Le jeune accompagne sa mère jusqu’à ce qu'il ait la moitié de sa taille.

La Balænoptera Sibbaldii parait faire exception pour la durée de la gestation aussi bien que pour l’époque de l'accouplement et de la parturition.

D'après une observation faite au détroit de la Sonde, par le professeur Giglioli, les Cétacés qui nous occupent seraient également sujets à l’albinisme.

Le système nerveux, à l’âge embryonnaire, a été l’objet de recherches importantes au laboratoire de zoologie de lUniversité de Liège, par le D' Guldberg ? de Christiana, et le cerveau de l’adulte à été étudié avec soin par M. Beauregard 3. Cette

1 Les vraies Baleines, comme les Cétodontes, ont le tiers de la longueur de la mère en naissant,

? GuLp8erG, Ueber das Centralnervensystem der Bartenwale. Christiania, 1885. (Christiania videnskab Forhandlinger, 1885, n° 4.) -— GULDBERG Ueber die Grüssen- und Gewichtsverhälinisse des Gehirns bei den Bartenwalen… Meddelelser fra den Naturhistoriske Forening ? Kristiania, 1885.

5 Journal d'analomie et de physiologie, t, XIX, 1883.

étude a conduit l’aide naturaliste du Muséum de Paris au même résultat auquel Broca était arrivé, c’est-à-dire, que les Cétacés, par la conformation du cerveau, se ramènent à un type peu différent de celui des Solipèdes et des grands Pachydermes.

Les Balénoptères, comme les autres Cétacés à fanons, se distinguent par le développement de leur lobe olfactif des Cétacés à dents.

Le larynx des Balénoptères présente également un caractère qui ne se trouve pas chez les Cétodontes, mais qui leur est commun avec tous les Cétacés à fanons : il est pourvu d’une poche, sac laryngé, qui peut au besoin se remplir d'eau et dont le calibre est assez grand pour avoir été confondu avec l’intestin. Ce sac laryngé semble représenter les poches des évents des Cétodontes et l’eau qu'il renferme peut se mêler à Pair au sortir des évents.

L’intestin des Balénoptères se distingue aussi par un cœcum qui n'existe pas dans les vraies Baleines, et, dans ces derniers temps, MM. Beauregard et Boulard ont fait connaître les particularités de leur appareil génito-urinaire 1.

Chez certaines Balénoptères il existe une tendance particulière à la bifidité de la première côte. C’est à tort que des zoologistes avaient cru devoir accorder une certaine importance à cette disposition qui est purement individuelle.

Les pêcheries de la côte de Finmark ont fait connaître en partie les mœurs de ces animaux.

Le régime n’est pas le même dans les différentes espèces de Balénoptères; les unes poursuivent surtout les bancs de Mallotus, de Harengs ou de Gades : la Balænoptera musculus et la Balænoptera rostrata ; les autres se repaissent de Crustacés assez petits, leur estomac en est toujours plein sur la côte de Finmark : dans la Balænoptera Sibbaldiü, on trouve l'Euphrasia

? Journal d'anatomie et de physiologie, 1862.

inermis (Thysanopode), dans l'autre, la Balænoptera borealis, le Calanus finmarchicus.

Les baleiniers s'accordent à dire que la voracité des Balénoptères est si grande que, quand elles se trouvent au milieu d’un banc de Mallotus, elles ne s'occupent pas plus d’un steamer qui approche que du vent qui ride la surface de la mer.

Il est à remarquer que ces dernières espèces de Balénoptères ont des fanons noirs : la Balænoptera borealis avec les barbes toutes fines et blanches, la Balænoptera Sibbaldii avec les mêmes barbes grosses et noires.

Chaque espèce souffle et respire à sa manière, et les baleiïniers distinguent fort bien à distance les espèces qui apparaissent sur l'horizon. En général, on peut dire qu’elles se tiennent dans une position horizontale en venant à la surface, qu’elles respirent trois ou quatre fois, puis plongent en levant la queue hors de l’eau. Les baleiniers disent que c’est la Balænoptera Sibbaldii qui relève le plus la queue, la Balænoptera musculus, le moins.

Sur les côtes de Finmark on voit ordinairement la Balænoptera Sibbaldii dominer ; mais en 1885, c'était la Balænoptera borealis. Cette dernière ne compte dans les années ordinaires que pour un sixième.

Les Balénoptères émigrent toutes périodiquement.

Les Balénoptères, comme les Harengs, et sans doute comme bien d’autres animaux marins, émigrent à la même époque de l'année, mais ne pénètrent dans certaines régions que pour autant qu’elles y trouvent certaine pâture dont la présence dépend de la température de l’eau. On a fait depuis longtemps l'observation, que les Baleines franches descendent plus bas sur la côte de Labrador que sur la côte du Groënland; les glaces sont plus abondantes du côté de l'Amérique que du côté opposé,

On a observé que les Balénoptères atteignent une latitude plus élevée dans POcéan glacial, en automne, quand les eaux sont chauffées pendant les mois d'été, qu’au printemps. En mai on ne les voit pas au delà de 75,45, tandis qu'en septembre elles remontent jusqu’à 78° (Leslie).

M. Alfred Cocks a rencontré des Balénoptères en automne 1882, au 1e septembre, tout près des glaces (la température de l’eau était de 1.3° au-dessus de zéro). Elles n'étaient que trois ou quatre; le3 septembre suivant, il en aperçut encore deux à la latitude de 75°,28", l’eau était à peine au-dessus de zéro. M. Alfred Cocks ne sait dire le nom de lespèce qu'il a eu sous les veux; cela peut être la Balænoptera Sibbaldiü et les moins grandes des Megaptera, dit-il.

Nous avons publié une Notice sur la distribution géographique des Balénoptères, dans les Bulletins de l'Académie, en tenant compte surtout des échouements, qui ont eu lieu depuis les côtes de Norvège jusqu'aux côtes de Portugal, comme à l’intérieur de la Méditerranée et de la Baltique. Mais ces échouements ne nous ont rien appris; en général, comme la dit Eschricht, ces animaux n’échouent que sur les côtes qu'ils ne visitent guère.

On voit apparaître les Balénoptères tous les ans vers le mois de mai dans l'Atlantique; elles se rendent, les unes vers la mer de Baflin, les autres vers l'Islande et la mer de Barentz, où elles restent pendant les mois d'été; au mois d'août elles abandonnent ces parages pour se rendre dans des eaux plus méridionales.

On a remarqué que la Balænoptera musculus arrive la première sur les côtes de Finmark et la Balænoptera Sibbaldii la dernière; la B. musculus se montre parfois déjà à la fin de hiver.

Sophus Hallas a indiqué, dans une intéressante notice, les observations qu’il a eu l’occasion de faire sur les Cétacés des eaux d'Islande. [la vu la Balænoptera Sibbaldii, que les Islandais appellent Steypireydr, depuis le 16 juin jusqu’au 15 septembre, et une autre espèce dont il ne dit pas le nom et qui est probablement la Balænoptera musculus.

1 2e série, t. XLV, mars, 1878.

On a longtemps pêché les Baleines sans songer à faire la chasse aux Balénoptères ; on ne poursuit guère les Balénoptères, observait Holbôll, gouverneur du Groënland ; leurs fanons sont sans usage, l'animal donne peu d'huile et leur pêche est diflicile.

Les vraies Baleines ayant considérablement diminué partout, on a songé à mettre à profit les steamers et la poudre pour faire la chasse aux Balénoptères, et, en 1865, une Compagnie anglo-américaine a commencé la pêche de ces Cétacés dans les eaux de lIslande. Cette Compagnie a poursuivi cette industrie pendant 1865, 1866 et 1867.

Le capitaine Bottemanne, qui dirigeait cette pêche, m'écrivait, à la date du 17 juillet 1868, qu'il se trouvait quatre espèces de Balénoptères dans les eaux d'Islande, dont une lui était moins bien connue que les autres, qu'il avait préparé le squelette de celle qui est connue sous le nom de Steypireydr.

Vers cette époque, un pêcheur norwégien, M. Sven Foyen, après avoir fait la chasse aux phoques dans les eaux de Jan Meyen, où 1} avait capturé jusqu’à 22,000 individus en une saison de deux mois, a commencé la chasse aux Balénoptères sur les côtes de Finmark, et, grâce aux perfectionnements qu’il a apportés successivement aux projectiles, il existe aujourd'hui des établissements sur toute l'étendue de la côte de Finmark.

Les steamers sortent le matin, soit de Vadsô, soit d’un autre port des environs, et ils reviennent le même jour; rarement ils quittent les lieux de pêche sans avoir capturé une Balénoptère. Ils remorquent le corps jusqu’au chantier, où l’on enlève ses fanons, sépare la graisse, et transforme ce qui reste en guano de Baleine.

Au début de cette pêche on ne chassait que la grande espèce, la Balænoptera Sibbaldii ; aujourd’hui on ne néglige même pas la Balænopiera musculus, qui donne le moins de profit.

Les premières années qu'on se livrait à cette chasse dans le Varanger-Fiord, ces animaux y étaient si abondants pendant les mois d'été, que la surface de la mer paraissait par moments

en ébullition; les navires osaient à peine se hasarder au milieu de cette surface vivante, qui s’étendait à perte de vue. On y prenait régulièrement des individus qui n'avaient pas moins de quatre-vingts pieds de longueur. En même temps, ces Cétacés se laissaient tous approcher sans fuir, comme partout ailleurs où les animaux se trouvent pour la première fois en face de l’homme.

Aujourd'hui ces Cétacés ne pénètrent plus guère dans ce Fiord, et ceux que l’on chasse à l'entrée n’atteignent plus guère toute leur taille ; ils sont devenus très farouches; on ne les approche que bien difficilement, mais les engins sont plus perfectionnés et les steamers mieux appropriés a leur destination.

Pendant l'été de 1871, le capitaine Sven Foyen a capturé 38 Balénoptères, en 1875, 45, en 1879, ce nombre s'élève à 81, en 1881, il atteint 104.

M. Alfred Cocks rapporte que, sur 406 Balénoptères capturées en 1583 sur les côtes de Finmark, il y avait 175 B. Sibbaldü et le restant moitié B. musculus et B. borealis.

Indépendamment de ces trois espèces, on voit de temps à autre dans ces mêmes parages la petite espèce, la Balænoptera rostrata et la Megaptera boops.

On a remarqué, avons-nous dit plus haut, que c’est la grande espèce qui remonte le plus haut, puisqu'on la trouve jusqu’au milieu des glaces à côté de la Baleine franche.

Ces différentes espèces sont-elles confinées dans ces parages, comme le sont les vraies Baleines, où les voit-on encore dans d’autres mers ?

Nous venons de voir que, dans notre hémisphère, la grande Balénoptère n’a guère été observée que dans les parties les plus septentrionales de l’Atlantique. Mais est-elle confinée dans ces régions ?

Contrairement aux Baleines véritables, les Balénoptères sont probablement toutes cosmopolites, et on trouve les quatre formes de nos régions septentrionales, aussi bien dans lAtlan-

tique méridionale, que dans l’océan Pacifique, la mer des Indes et l'océan Austral.

On voit des Finbacks dans toutes les mers, dit le capitaine Jouan t. Nous en avons rencontré, dit-il, dans l'Atlantique nord et sud, dans la Méditerranée, en grande quantité aux environs des Iles Malouines, à la côte du Chili, au Cap de Bonne-Espérance, dans les eaux de Madagascar, dans la mer d’Oman, dans le golfe de Bengale, au Japon, ete. Le capitaine d'Urville et, plus récemment, le professeur Moseley, en signalent un grand nombre dans les mers du pôle austral.

Partout on parle de quatre espèces différentes par la taille aussi bien que par les caractères extérieurs.

Depuis longtemps nous avons été frappé de voir une petite Balénoptère, décrite et figurée par le capitaine Scammon, hanter l'océan Pacifique, ayant tous les caractères de notre Balænoptera rostrata. La taille, la couleur et tout le squelette sont si semblables, que nous n'avons pu nous empêcher de dire que notre petite Balénoptère se trouve également dans la mer Pacifique. Nous avons été étonné ensuite de voir cette petite espèce dans l'océan Austral avec tous les mêmes caractères.

Et si une espèce est répartie dans les deux hémisphères, les autres, sans en excepter la Megaptera, ne peuvent-elles pas être dans le même cas?

Nous connaissons déjà le Cachalot qui hante les deux hémisphères, comme plusieurs Ziphioïdes et certains Cétodontes; parmi les Ziphioïides nous pouvons citer, outre le Cachalot, le Ziphius cavirostris comme le Micropteron Sowerbyi (Oulodon); parmi les Cétodontes, le Globiceps melas et l Eudelphinus delphis.

Partout où, jusqu’à présent, on a réuni des observations sur les espèces de Balénoptères, nous le répétons, on à remarqué qu'il y a quatre formes, différentes par la taille et par les caractères extérieurs et intérieurs, et qui correspondent aux quatre formes de l'Atlantique septentrional.

1 H. Jouax, La chasse et la péche des animaux marins, Paris.

Le capitaine Scammon parle de quatre Balénoptères au nord de la Californie, dont la petite, comme nous venons de le dire, a tous les caractères de notre petite espèce, et la grande, ceux de notre Balænoptera Sibbaldii. La petite espèce y est désignée sous le nom de Balænoptera Davidsoni, la grande, sous celui de Sulphurbottom (Sibbaldius Sulfureus, Cope).

Cette dernière se trouve aussi bien dans l'Atlantique que dans le Pacifique, dit le capitaine Scammon.

La Balænoptera musculus % porte le nom de Balænoptera velifera.

M. Burmeister a recueilli, pour son Musée de Buenos-Ayres, des squelettes qui se rapportent également à trois de nos espèces.

Mon fils avait remarqué trois squelettes de différentes Balénoptères au Musée de Buenos-Ayres, et avait reconnu l’analogie qu'ils présentent avec ceux des Balénoptères de nos parages !. La grande espèce correspond à notre Balænoptera Sibbaldii; elle y est désignée sous le nom de Balænoptera intermedia ; la Balænoptera musculus y est représentée par la Balænoptera patachonica, et la troisième, la Balænopterarostrata, par la Balænoptera bonærensis.

Les squelettes du cap Horn qui se trouvent aujourd’hui au Muséum de Parisse rapportent aussi parfaitement à nos espèces européennes.

Nous en dirons autant pour les squelettes que M. Anderson a réunis pour son Musée à Calcutta.

M. Anderson distingue trois espèces de Balénoptères dans la baie de Bengale : outre la grande, de 84 pieds (Balænoptera indica), 1 en connaît une de 60 pieds (Balænoptera blythii), et une de 40 pieds (Balænoptera edenii).

Il est question aussi d’une tête et de vertèbres d’un animal de 30 pieds, conservées au Musée de la Société asiatique 2.

* Sile sternum de la Balænoptera rostrala à des caractères particuliers, ces Caractères ne sont que des exagérations de dispositions qui se trouvent déjà dans notre Balænoptera rostrata.

? Calcutta asiatic Society's Museum. Tête et vertèbres d'une Balénoptère de 50 pieds de long (par G. Swixtox, 1856)

Ainsi ces quatre formes se retrouvent également dans la mer des Indes, et parmi elles figure l'espèce qui dépasse 80 pieds comme notre Balænoptera Sibbaldii.

M. Anderson accorde à la grande 84 pieds et fait mention d’un individu capturé en 1851 à la latitude de 19° N, on Jugqu or Amherst Islet, qui porte au Musée de Calcutta le nom de Bal. indica. On a cité un individu de la même taille dans la mer Rouge.

Dans ces dernières années, le Muséum de Paris a reçu des squelettes du Japon, que nous avons pu comparer avec les nôtres, et nous n'avons aucun doute sur la présence de la petite et de la grande espèce dans les eaux du Japon, la Balænoptera rostrata et la Balænoptera Sibbaldii. Le Muséum a reçu également du Japon une tête et des fanons qui se rapportent fort bien à notre Balænoptera musculus. Quant à la quatrième espèce de ces mêmes parages, nous en connaissons depuis longtemps les squelettes, dont on a fait la Balænoptera Schlegelü.

Nous trouvons également quatre formes dans l’océan Austral, qui correspondent parfaitement aux nôtres par la taille comme par les autres caractères.

M. James Hector 1 et d’autres naturalistes de la Nouvelle- Zélande ont fait la même observation sur ces Balénoptères, et, depuis longtemps, nous avons fait remarquer que la petite Balénoptère (Balænoptera huttoni) de la Nouvelle-Zélande a tous les caractères de notre petite espèce.

À Melbourne, on conserve, dans les collections de l’Université, les fanons et le squelette d’une Balénoptère de 90 pieds, qui a été jetée sur la côte de Vittoria. Les fanons sont noirs, larges de 18 pouces et longs de 98 (Giglioli). Ce sont bien les caractères de notre grande espèce.

Sur la côte sud-est d'Otago, une autre Balénoptère de très grande taille a échoué en 1875. Le capitaine Hutton en fait mention dans les Transactions de la Nouvelle-Zélande (vol. VIN.

M. Knox fait mention de trois espèces de tailles différentes,

1 Trans. New Zealand Institute.

dans les eaux de la Nouvelle-Zélande, qui correspondent parfaitement aux nôtres: une de 80 à 100 pieds, que l’on a désignée sous le nom de Rorqualus major, une de 30 à 35 pieds, le Sulfur-Bottom, et une troisième de 25 à 50 pieds, le Rorqualus minor 1.

J. von Haast a fait mention de la petite Balénoptère, dont un mâle a échoué le 8 février 1880, on the Summer Beach, et qu'il n'hésite pas à rapporter à notre Balænoptera rostrata. Du reste, nous en avons pu comparer un squelette qui est conservé au British Museum.

Les squelettes et les ossements séparés de la Nouvelle- Zélande, reçus dans ces derniers temps au British Museum, confirment complètement ces appréciations.

Le capitaine F. W. Hutton, en parlant de la flore et de la faune de la Nouvelle-Zélande, dit que l’une et l’autre sont si particulières sous ces régions australes, qu’elles forment une province distincte du reste du monde; cela peut être vrai pour les plantes et les animaux terrestres, mais cela n’est pas exact pour les animaux marins, pas plus pour les Cétacés que pour les poissons. Nous venons de voir les mêmes Balénoptères également au nombre de quatre, et à celles-là, nous pouvons ajouter le Cachalot, le Ziphius cavirostris, le Micropteron Sowerbyi, le Globiceps melas, les Eudelphinus delphis, auxquels, il est probable, nous pourrons en ajouter bientôt d’autres. Nous sommes loin de l’époque où le capitaine Hutton écrivait : sur treize Cétacés de ces parages, se divisant en six familles, les deux tiers appartiennent exclusivement à la Nouvelle- Zélande.

Le Challenger arapporté divers ossements recueillis au milieu du Pacifique, dans une station remarquablement riche en restes de Cétacés 2; parmi eux se trouvent plusieurs caisses tympaniques, et le professeur Sir Turner n’a pas hésité à les rapporter,

! Kxox, Proc. New Zealand Institute.

? Station 286, lat, 35°29’ S., long. 133°22’ W., 16 octobre 1875, à 2,555 brasses.

les unes à la Balænopterarostrata, les autres à la Balænoptera Sibbaldii. I y a des os d’une troisième espèce encore indéterminée.

Et ce n’est pas seulement à l’époque actuelle que nous voyons ces différentes formes se répéter dans la mer de nos antipodes comme ailleurs; si nous remontons de l’époque actuelle à celle qui nous à précédés, nous voyons le même phénomène se reproduire ; à la fin de l’époque tertiaire, ces quatre formes principales ont laissé leurs ossements dans le Crag des environs d'Anvers, et les ossements fossiles recueillis dans les environs de Buenos-Ayres offrent la plus complète ressemblance avec eux 1. Mon fils a rapporté des vertèbres avec une caisse tympanique que l’on ne saurait distinguer de celles de notre Crag.

Dans les Enchaînements du monde animal, nous trouvons une observation semblable faite sur des Mammifères terrestres : en parlant des Hyènes, M. Albert Gaudry fait remarquer que l’Hyène tachetée des temps actuels correspond à l’Hyena perrieri du Pliocène, l’'Hyène brune, à l'Hyena exümia de Pikermi, et l’'Hyène rayée, à l'Hyena arvernensis de Perrier.

Les Balénoptères sont peu hantées par les commensaux et les parasites ; elles n'hébergent ni des Cyames ni des Cirripèdes; on ne trouve sur elles qu'un Copépode du genre Penella, sertie par la tête dans l’épaisseur de la peau, et un autre Copépode, du genre Balænophilus, sur les fanons.

Comme parasites, nous ne connaissons qu’un Echinorhynque assez commun dans l'intestin, et nous possédons un Botriocephale recueïli également dans l'intestin, mais dont nous ne connaissons pas encore le Scolex.

Il est assez remarquable que la Baleine franche ne se couvre que de Cyames, la Mégaptère de Diadema, les Balénoptères de Penella.

1 Bulletin de P Académie royale de Belgique, ?* série, t. XXXV,1875,p. 775.

BALÆNOPTERA ROSTRATA.

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Beauregard, Vote sur une jeune Balænoptera caplurée près de Fécamp. Comptes RENDUS, Soc. DE BioLoGrr, tome [, 27 novembre 1885.

HISTORIQUE

La Balænoptera rostrata de Fabricius, qui n’est pas la Balæna rostrata de Linné, comme nous le verrons plus loin, est connue depuis les temps les plus reculés ; il en est fait mention dans les plus anciens manuscrits des Islandais. Le mot Tikagulik, sous lequel les Esquimaux la désignent, correspond assez bien avec celui de Tschikagulik, que les habitants de l'Amérique russe donnent à une petite Baleine du détroit de Behring; cette analogie de noms est intéressante à plus d’un titre : elle semble indiquer des relations anciennes entre les populations du Groënland et celles qui occupent aujourd'hui les régions de l'Alaska; elle montre clairement, en outre, que les habitants des côtes de l'Amérique russe ont cru retrouver, dans la petite Balénoptère du détroit de Behring, le même animal qui vit dans les eaux du Groënland et que Fabricius a fait connaître sous le nom de Balænoptera rostrata.

Mais si les pêcheurs distinguaient bien cette espèce des autres Balénoptères, 1l n’en était pas de même des naturalistes. La confusion la plus complète a régné dans les livres, jusqu’au jour où l’on a commencé à conserver les squelettes de ces animaux en vue de pouvoir les comparer.

Cuvier et surtout Eschricht ont été les premiers à reconnaitre que la connaissance des Cétacés n’était possible qu’à cette condition; les matériaux qu'il reçut du Groënland permirent à Eschricht d’aflirmer que la Balænoptera rostrata de Fabricius n’est pas la Balænoptera rostrata des auteurs; il put définir nettement les caractères distinctifs de l’espèce et empêcher ainsi toute confusion ultérieure.

Linné n’a pas connu cette Balénoptère; mais O. Fabricius, pendant son séjour au Groënland (1768-1775), ayant eu l’occasion de l’étudier et croyant reconnaître en elle la Balæna rostrata de Linné, l’a désignée sous ce nom. C'était une erreur de la part de Fabricius, mais le nom qu’il a attribué à cette espèce de Baleine lui est resté.

Fréd. Martens a parlé ensuite de cet animal sous le nom de petite Baleine (kleine Walvisch); mais c’est à John Hunter que l'on doit les premières observations anatomiques. Le savant anatomiste anglais a eu l’occasion de disséquer une femelle, qui avait été capturée au Doggersbank dans la mer du Nord; John Hunter a fort bien reconnu que cette petite Baleine est la même que 0. Fabricius avait connue au Groënland.

Bonnaterre a fort bien caractérisé cet animal d’après les écrits du savant missionnaire danois, et Lacépède en a parlé également sous le nom de Balénoptère à museaupointu ; Lacépède avait connu un jeune animal qui avait été pris, en 1791, dans la rade de Cherbourg. C’est la moins grande des Balénoptères, dit Lacépède, et elle ne parvient qu’à une longueur de 8 à 9 mètres. La gravure, dont Lacépède accompagne le texte, est faite d’après un dessin que sir Joseph Banks lui avait envoyé de Londres.

Cette figure de Lacépède représente un gonflement extraordinaire de la langue et de la cavité de la bouche, dû sans doute à la poche du larynx que l’on a comparée à une vessie natatoire.

A l’époque où Cuvier s’occupait des Cétacés, on ne possédait aucun ossement de cette espèce dans les collections, et la Balénoptère à museau pointu fut considérée à tort comme un animal n'ayant pas atteint toute sa croissance. On voit clairement Ici les services que les collections doivent rendre à la science. Les directeurs des Musées sont les conservateurs des archives qui sont mises à la disposition du public.

A la séance du 21 avril 1834 de la Société royale d’Édimbourg, le D' Knox fit un rapport sur la dissection d’une jeune Balænoptera rostrata, et ajouta des observations fort intéressantes sur l'anatomie d’un fœtus de Mysticetus 1.

M. Knox eut l’occasion d'étudier un jeune animal de 9 à 10 pieds de longueur, capturé près de Queensferry (Baie du Forth); il reconnut facilement, par le nombre de ses vertèbres, l'espèce que 0. Fabricius avait désignée sous le nom de rostrata.

1! Journal l'Instilul, 1854, p. 556.

Depuis le siècle dernier, on possède à Bologne une tête bien conservée, dont Mondini et d’autres avaient fait mention.

Le professeur Capellini en a fait l’objet d’un travail spécial et il a cru devoir en faire une espèce nouvelle, qu'il a dédiée à Mondini.

Postérieurement aux recherches du professeur Knox, d'Édimbourg, Eschricht reçut de son ami Holbôll, gouverneur du Groënland, des matériaux immenses se rapportant à la plupart des animaux marins qui visitent la côte du Groënland, et parmi lesquels se trouvaient plusieurs squelettes d'adultes et sept fœtus, dans l'alcool, dont deux mâles et cinq femelles de la Balænoptera rostrata; ces fœtus variaient en longueur depuis 8 jusqu’à 78 pouces.

Dès ce moment la cétologie entre dans une phase nouvelle; ce qu'on ne peut voir dans le ventre ou la poitrine d'une Balénoptère, sans le secours d’échelles et de marchepieds pour arriver aux viscères, on peut le disséquer dans son cabinet quand on a un fœtus sous la main; aussi Eschricht démontre d’abord que, sous le même nom, on a désigné des espèces bien différentes les unes des autres, que la B. rostrata ne dépasse pas 30 pieds de longueur, que Fabricius l'a très bien connue, qu’elle n’a pas plus de 48 vertèbres dans sa colonne vertébrale, que son sternum est en croix latine, que ses fanons sont de couleur jaune, et que la nageoiïre pectorale porte un chevron blanc sur un fond noir.

On peut dire que c’est depuis les travaux de lillustre cétologue de Copenhague que cette Balénoptère a été définitivement reconnue.

En 1884, nous avons fait connaître qu'une nouvelle Balænoptera rostrata venait d'être capturée dans la Méditerranée.

A la séance du 21 novembre 1885 de la Société de biologie de Paris, M. Beauregard a communiqué une note sur une jeune Balénoptère, capturée près de Fécamp. C'est le même animal dont J'avais entretenu l’Académie à la première séance du mois de septembre. La Balénoptère de Fécamp est une femelle de 3,15.

Le Muséum de Paris a reçu un très bon moulage de cet animal, et son squelette est conservé au Musée du Havre.

M. Perrin, démonstrateur d'anatomie au King's College à Londres, a décrit une Jeune femelle, capturée en avril 1870 à Neumouth, dont la longueur était de 13 pieds 8 1, pouces.

Il ajoute deux dessins représentant les nageoires pectorales avec leurs muscles en place, vues du côté dorsal et du côté opposé f.

M. Julin à publié un travail fort intéressant sur l’ossification du maxillaire inférieur et la constitution du système dentaire du fœtus 2.

Au mois de novembre 1860 a échoué, au sud-est de Crower, une Balénoptère de 25 pieds de longueur, que le professeur Flower a fait connaître 3. C’était un mâle. Son estomac était plein de débris de poissons, qu’il croit être des cod-fish (Gades). Il était presque adulte, à en juger par les épiphyses. Tout le squelette est décrit avec soin par le savant Directeur du British Museum.

M. James Hector fait mention de deux têtes provenant du nord de Cook street et qui ressemblent, dit-il avec raison, à celle de la Balænoptera rostrata. I accorde 7 pieds de longueur à la mandibule. C’est la Balænoptera Huttonii de Gray.

Dans le courant de l’année, M. Guldberg a publié un mémoire intéressant sur la biologie des Balénoptères du nord atlantique; ce travail renferme plusieurs observations intéressantes sur cette espèce. Nous avons mis ces nouveaux faits à profit, notamment dans le chapitre où nous traitons du genre de vie et des phénomènes de la parturition.

Le professeur Burmeister a réuni, dans son Musée de Buenos- Ayres, les squelettes de différentes Balénoptères, parmi lesquelles nous en trouvons une petite qui a tous les caractères de notre petite espèce si bien décrite par Fabricius.

1 Perrin, Notes on the anatomy of Balænoptera rostrata. Proc.zooL.Soc., décembre 1870.

? Archives de Biologie, vol. 1, 1880.

5 On a lesser Fin-Whale (Balænoptera rostrata, Fabr.), recently stranded on the Norfolk coast. Proc. Zoor.. Soc., may 1864.

En 1873, une Balénoptère de 16 1} pieds, ayant 48 vertèbres, les fanons blancs et le sternum en croix, à été capturée sur les côtes de la Nouvelle-Zélande (Otago Heads). Le professeur Hutton en a donné une figure et, plus tard, le professeur von Haast en à publié une description en joignant à la description une figure du sternum. Gray lui avait donné le nom de Balænoptera Huttontü, et J. von Haast a rapporté ce mêmeanimal à notre Balænoptera rostrata. I résulte de ces faits que la petite Balénoptère, à 48 vertèbres, habite également les deux hémisphères.

Le capitaine Scammon a décrit une petite Balénoptère du Pacifique, sous le nom spécifique de Davidsonii qui, dans notre opinion, est synonyme de Balænoptera rostrata.

SYNONYMIE

Cette espèce, la plus petite de toutes, est désignée sous les noms les plus différents. Nous pourrons les énumérer ainsi :

Balæna rostrata, O. Fabr.

Balænoptera aculo-rostrata, Lacépède.

Rorqualus minor, Knox.

Pterobalæna minor, Eschricht.

Balænoptera rostrata, Gray.

— Eschrichtü, Rash.

— Davidsonii, Scammon.

— Mondini, Capellini.

— Bonœrensis, Burmeister.

= de Huttoni, Gray.

Cette même espèce est encore désignée par des noms vulgaires :

Baleine d’élé. Côte de Norwège.

Piked Wahle. Pennant.

Little Finner Pike Whale des balciniers anglais. Tikagulik, des Groënlandais.

Vaagehval, des Norwégiens.

Zwergwhal, des Allemands.

La Balænoptera Davidsonii de Scammon est bien, comme il le soupçonne, semblable à la Balænoptera rostrata d'Europe, quoiqu’elle habite les côtes de Californie. « This species is evi- » dently congeneric with the Balænoptera rostrata » dit avec raison le capitaine Scammon 1.

La troisième Balænoptera musculus de Pallas, qui n’a que . 22 1/, pieds de longueur, est sans doute une Balænoptera rostrala.

La Balénoptère à museau pointu de Lacépède (pl. VID est bien l’espèce désignée sous le nom de Balænoptera rostrata.

La Balænoptera Huttonii de Gray n’est qu'une rostrata.

La Balænoptera rostrata est regardée, sur les côtes de Massachusetts, comme une jeune Balænoptera musculus.

CARACTÈRES

Il n’y a pas d'espèce plus facile à caractériser ; elle ne dépasse guère 30 pieds de longueur, quoiqu'on en ait vu de 36; la nageoire pectorale a un chevron blanc; les fanons sont toujours de la même couleur jaune päle ; la colonne vertébrale compte 48 vertèbres; le sternum est en croix latine; les côtes sont au nombre de 11.

On la reconnaît toujours parfaitement à l’extérieur au che= vron blanc qu'elle porte sur les nageoires pectorales.

Dans un certain nombre de squelettes, on voit des coalescences entre les corps ou les apophyses de quelques vertèbres, le plus souvent entre les cervicales; mais ces dispositions n’ont aucune valeur sous le rapport systématique.

Parmi les individus quisont venus à la côte, nous en trouvons un qui n’a que de 9 à 10 pieds, cinq qui ont de 15 à 17 pieds, quatre de 24 à 95 pieds et un seul de 29 pieds. Le premier, de 9 à 10 pieds, vient de naître, et les autres, de 14 à 15 pieds,

1 Cap. Scammow, On a new species of Balænoptera. Proc. of the cal. Academy of sciences, octobre 1 872.

c’est-à-dire la moitié de la taille de la mère, viennent sans doute de la quitter. Les jeunes se séparent de la mère à l’âge de deux ans. Ils ont encore la moitié à gagner pour atteindre la taille adulte.

Le squelette le plus fort que nous ayons vu, est celui du Musée de Stockholm, qui a été obtenu par échange du Musée de Bergen. Un autre squelette d’un animal très fort se trouve au Musée de lUniversité de Liège. Il vient également de Bergen.

On accorde généralement 30 pieds de longueur à cette espèce; mais, à en juger par la longueur du jeune en venant au monde, longueur qui est de 9 pieds d’après Eschricht, cet animal, à l’âge adulte, doit atteindre jusqu’à 36 pieds. Nous avons vu, du reste, certains squelettes qui confirment cette dimension comme taille naturelle.

ORGANISATION

M. Charles Julin a consigné, dans les Archives de Biologie, des observations du plus haut intérêt sur la constitution du système dentaire d’un fœtus de cette espèce. Les dents rappellent plus ou moins les dents adultes des Squalodons.

Nous avons compté dans un fœtus quatre bulbes pileux à la mâchoire supérieure et cinq à la mâchoire inférieure.

La colonne vertébrale se compose généralement de T cervicales, 11 dorsales, 13 lombaires et 17 caudales, en tout 48. Il y a quelques squelettes dans lesquels il y en a plus et d’autres, en plus grand nombre, où il y en a moins.

Dans le mâle du Musée royal du collège des chirurgiens à Londres, on voit les apophyses transverses, de la troisième à la sixième cervicale, séparées, ne pas former un anneau complet.

Le mâle de Buenos-Ayres (Balænoptera bonaërensis) n’a que 32 pieds et 48 vertèbres comme notre espèce.

Dans le squelette de Hunter, les apophyses transverses supérieure et inférieure de l’axis ne sont pas non plus réunies.

La sixième cervicale de l'individu de Norfolk Coast, conservé au Musée royal du Collège des chirurgiens, a un anneau complet d’un côté, incomplet de l’autre.

Il y a aussi parfois coalescence entre les corps de deux vertèbres qui se suivent. Nous en avons vu dans les régions cervicale et caudale.

Nous avons vu des squelettes qui ont le corps de l’axis soudé à la troisième cervicale. C’est ce que l’on observe dans un squelette du Collège des chirurgiens, et dans un autre, du Colonial Museum de Wellington (Nouvelle-Zélande).

Les trois dernières caudales sont également réunies dans un squelette que nous avons eu sous les yeux.

Nous avons déjà fait la remarque que la Balænoptera borealis montre habituellement la première côte bifide; nous en avons cité un cas remarquable, en 1868, dans les Bulletins de l'Académie 1; dans le squelette de Balænoptera rostrata du Musée de Cambridge, nous voyons également des traces de fusion des deux premières côtes.

Cette bifidité de la première côte a souvent été vue chez Fhomme; elle a été signalée dans un squelette de Globiceps melas du Japon, qui est à Leyde, et dans un Delphinapterus leucas du Musée du Collège royal des chirurgiens de Londres. Le cas le plus intéressant est celui que nous avons signalé dans un marsouin (Phocæna communis). La côte supplémentaire est développée des deux côtés 2.

Le sternum est caractéristique par sa forme en croix latine. La Balænoptera bonærensis 3 de Burmeister présente cette même forme, mais présente en outre, en avant, deux saillies formant une sorte de fourche que nous avons retrouvée en miniature dans des sternums très adultes.

Le sternum de la Balænoptera borealis, à âge fœtal, présente cette mème fourche, sans avoir le bout xiphioïde allongé.

! 2e série, t. XXVI, n° 7.

? Bulletins de l'Académie, 2e série, 1. XXVE, n° 7. 5 Atlas de la description physique de la république Argentine, pl. V, fig 5.

Les fanons de cette espèce sont toujours faciles à reconnaitre à leur longueur ainsi qu’à leur couleur jaune pâle. Les plus longs fanons ne dépassent pas 2 pieds.

MOEURS

Le capitaine Holbôll à eu l’occasion d'observer cette petite Balénoptère sur la côte du Groënland, et il fait remarquer qu'on la voit au milieu des grandes Baleines. Il n’en est pas de même de la Balænoptera musculus, dont les baleiniers considèrent l'apparition comme un indice certain de la fin de la saison de pêche.

Quand on ne les voit pas au milieu de grandes Baleines, ces Balénoptères sont isolées ou à deux et trois ensemble,

Comme les autres Balénoptères vivent par couples et qu’à Bergen on voit souvent des mâles et des femelles, dont les dernières seules approchent des côtes, il y a tout lieu de croire que l'espèce qui nous occupe mène le même genre de vie.

Cette petite espèce poursuit les poissons comme la Balænoptera musculus et borealis.

Hunter a trouvé dans l'estomac des restes de divers poissons, surtout du Dog-fish.

Une femelle capturée à Weymouth avait l'estomac vide; il y avait au lieu de pâture dix cailloux dans son premier estomac et autant dans le second (Perrin).

Motzfeld à vu à Juliane haab, côte du Groënland, cette Balénoptère avaler des Mallotus arcticus, fermer la bouche au-dessus de l’eau et rejeter ensuite l’eau de la bouche en jets d’écume des deux côtés; puis, après un moment de repos, il a vu l’haleine sortir des narines comme chez tout autre animal qui respire.

On a vu souvent cette Balénoptère entourée de Tursiops tursio, au moins au nord de l’Atlantique. Ils poursuivent sans doute la même pâture.

D’après Eschricht la gestation n’est que de dix mois; en naissant l'animal a 9 pieds de long, c’est-à-dire, comme dans les autres espèces, à peu près le quart de la longueur de la mère.

Melchior a vu un fœtus de 8 pieds 2 pouces qui n’était pas à terme.

On a recueilli à Bergen des fœtus de différentes tailles, et les femelles arrivent cependant à la même époque de l’année.

Eschricht a vu plusieurs exemples de jumeaux.

Sur les côtes de Finmark on recueille également des fœtus de tailles différentes à la même époque.

En faisant le relevé des côtes où des individus sont venus échouer et où on a tenu compte des dates de leur capture, on ne peut pas dire qu'il y ait quelque part un passage régulier, si ce n'est sur la côte de Norwège et à l'entrée de la mer de Baflin. Nous connaissons leur apparition périodique dans les Fiords de Bergen en été, comme dans le détroit de Davis, mais nous ignorons complètement, comme pour les autres Balénoptères, le lieu de leurs quartiers d'hiver.

Il est à remarquer qu’il n’y en a pas une seule, de celles qui sont venues vagabonder sur nos côtes tempérées, qui ait dépassé ou même qui ait atteint 30 pieds.

Grâce aux nombreux fœtus que lon a pu recueillir, en tenant compte de la date de la capture de la mère et de la taille du fœtus, en faisant ensuite la comparaison des jeunes animaux capturés pendant les différents mois de l’année, on a pu constater de combien par mois les fœtus grandissent dans le corps de la mère et de combien les baleineaux s’accroissent par mois pendant la première année de leur vie.

On a recueilli un grand nombre de fœtus et on a heureusement tenu compte de Ja date de la capture de la mère et de la taille des fœtus. Eschricht est arrivé à ce résultat, confirmé par Guldberg, que le développement commence dans les premiers mois de l’année et continue jusqu’en novembre; en avril il a reçu un fœtus de 0,090 et en septembre un autre de 1,624.

Comme la taille, à la naissance, est, d’après Eschricht, de 2u,8, il y a lieu d'en conclure que la mise-bas a lieu en hiver.

Le Dr Knox a signalé un jeune animal capturé au mois de février 1834 qui avait 9 pieds 11 pouces. C’est un peu plus que la taille du baleineau au moment de la naissance. If avait probablement un peu plus de deux mois.

Le 18 février ou mars 1878, un individu long de 3",50 a été capturé près de Villefranche.

En février 1861, un de 3 mètres a échoué sur les côtes de Bretagne.

En avril 1791, on en a pris dans des filets, près de la rade de Cherbourg, un individu qui avait 14 à 15 pieds.

La jeune femelle que M. Perrin a décrite a été capturée en avril 1870; elle était longue de 13 pieds 8 1/9 pouces.

Le 15 mai 1885, un de 9,62 a été capturé en mer par le Gaulois, de Fécamp.

Le 27 septembre 1863, un de 8",60 à Saint-Jean-de-Luz.

Le 15 septembre 1878, un Vaagevhal a été pris dans le Fiord de Christiania ; il avait 14 1) pieds.

En novembre 1860, un mâle de 25 pieds a échoué au sud-est de Crower (Flower).

D’après un manuscrit sur les pêches, cité par M. Guldberg, le temps de la mise-bas du Vaagevhal serait le commencement de novembre. Guldberg eroit que cette époque est un peu trop avancée, et la fixe entre la fin de novembre et le commencement de Janvier.

La gestation serait, comme Eschricht l’a estimée, de dix mois.

L'accouplement aurait lieu pendant les premiers mois de l'année.

Reste la question de savoir où ils se réfugient pour mettre bas et de connaître les lieux où ils s’accouplent.

DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE ET PÉCHE

Pendant l'été on les voit communément sur les côtes de Finmark, mais on ne les y chasse généralement pas.

Guldberg a trouvé tout près de Vadsô, dans le Varangerfiord, le squelette d’un individu qui s’y était perdu pendant l'hiver.

Nous allons citer d'abord les parages où des imdividus sont venus se perdre, en faisant remarquer que les Cétacés n’échouent généralement, comme l’a dit Eschricht, que sur les côtes qu'ils ne fréquentent pas régulièrement.

Le plus ancien exemple connu date du XVIT siècle. Le 8 mai 1699, une petite Baleine vient se perdre dans le Weser et son squelette est conservé à Brême. La ville de Brême en a fait exécuter une peinture à l’huile. Cuvier en parle, mais en prenant cet animal pour un jeune Rorqual; le grand naturaliste n'avait pas de matériaux pour débrouiller cette histoire.

Nous en connaissons deux exemples en Belgique.

Le 10 juillet 1838, une jeune femelle de 5 mètres a été trouvée morte en mer près d'Ostende. Son squelette est au Musée de l'Université de Gand.

En 1865, au mois d'octobre, un mâle de 16 pieds a remonté l'Escaut et s’est fait prendre en amont d'Anvers. Son squelette est conservé à Bruxelles, au Musée royal.

Sur les côtes océaniques de France on a vu se perdre plusieurs individus.

En avril 1791, un jeune Rorqual de 14 à 15 pieds de long, dont le milieu des nageoires pectorales était blanc, est venu se perdre dans des filets de pêcheurs, près de la rade de Cherbourg. Un médecin de Valogne en a envoyé une description à Lacépède, et c’est d’après cet animal que ce naturaliste a établi la Balénoptère à museau pointu. La bande blanche des nageoires pectorales, dont parle le médecin de Valogne, ne laisse pas de doute sur l'espèce à laquelle appartient ce jeune animal.

Le 10 mars 1827, un individu de 7 mètres de long a été capturé sur les côtes d’Oleron ; nous en avons vu les ossements au Musée de la Rochelle.

Le D' Fischer croit que c’est par erreur qu’on a annoncé la capture d’une petite Balénoptère en juin 1850 sur les côtes du Morbihan; mais il n’est pas douteux qu'en 1852 on en a pris une à l'embouchure de la Seine, et dont le dessin est conservé dans les Vélins du Muséum 1.

Le 26 août 1835, un mâle à échoué dans la Charente; son squelette est conservé au Musée de l’École de médecine de Rochefort; sa longueur était de T mètres 48 centimètres.

Un autre individu a été capturé sur la côte de la Gironde, dont le squelette n’a pas été conservé (Fischer).

Au mois de février 1861, un individu de 3 mètres a échoué sur les côtes de Bretagne.

Vers 1879, M. Quillau a envoyé un squelette imcomplet au Muséum de Paris, qui provenait sans doute de cet animal.

Un autre encore, de 6 mètres 60, a échoué à Saint-Jean-de- Luz le 27 septembre 1865.

Au Musée de Lille on conserve le squelette d’un individu échoué sur les côtes de Montreuil-sur-Mer (Fischer), et un autre à Brest, provenant d’un animal reconnu par Rochon.

A Bordeaux on conserve le squelette d’un animal qui a échoué à Boulogne.

Le 15 mai 1885, un bateau de Fécamp (Le Gaulois, patron Deshayes) a capturé en mer une Balænoptera rostrata, longue de 3 mètres 62 pieds. M. Leunier, directeur du Muséé du Havre, en a donné le dessin d’après l’animal étendu sur le pont ?.

On a été longtemps dans le doute sur la question de savoir si la petite Balénoptère pénètre dans la Méditerranée. Ce doute est levé maintenant.

On en connaît aujourd’hui des exemples bien constatés, mais

? Ce dessin, le plus beau que nous connaissions de cette espèce, a été reproduit par P. Gervais dans les Annales du Muséum, Mémoires, t. VIT, pl. 5. ? La Nature, 7 novembre 1885.

en tout cas ce sont des apparitions bien rares; un squelette est conservé depuis le siècle dernier au Musée de Bologne, provenant, paraît-il, d’un animal capturé en 1771 dans l’Adriatique; il a été décrit par Mondini, et le professeur Capellini a cru devoir lui donner le nom de Balænoptera Mondini 1.

L'abbé Ranzani avait envoyé à Cuvier un dessin de la tête, conservée au Musée de Bologne, et Cuvier avait cru qu'elle était semblable à celle du Rorqual, de manière, dit-il, qu'il n’y a pas lieu de douter que la même espèce de Rorqual ne vive dans la mer du Nord et dans la Méditerranée ; mais en même temps il existe dans cette dernière mer une autre espèce, celle qui a échoué aux [les Sainte-Marguerite, et que le grand naturaliste croyait propre à cette mer intérieure.

Le 18 mars ou février 1878, un autre individu, long de 3,50, a été capturé par les pêcheurs de Saint-Hospice, au petit port de Saint-Jean, près de Villefranche (dép. des Alpes maritimes) 2. Le corps a été acheté par les frères Gall, de Nice. Le squelette est conservé à Florence.

Nous ferons remarquer que la Méditerranée ne possède aucun Cétacé qui lui soit propre, pas plus que la Baltique et la mer Noire, et qu'il ne pénètre même aucun Cétacé à fanons dans cette dernière mer intérieure.

Il y a eu des Cétacés à fanons dans la mer Noire à la fin de l'époque tertiaire, en même temps que des Siréniens et même des Squalodons; mais aujourd'hui on n’y voit plus que trois Cétacés, tous les trois à dents : le Marsouin, le Tursio et le Dauphin ordinaire, qui viennent de l'Atlantique.

On connaît aussi quelques individus qui sont venus à la côte en Hollande.

Le 20 décembre 1862, après un violent orage, une femelle de 5 mètres de long est allée échouer dans lY. Le squelette en est conservé au Jardin zoologique d'Amsterdam.

1 Gervais, Journal de zoologie, 1877, p. 167. 2 P. J. Van BENEDEN, Un mot sur quelques Cétacés échoués sur les côtes de la Méditerranée. BüLLET. ACAD. ROY. DE BELGIQUE, février 1880.

M. Max Weber annonce, en 1861, qu'un animal de 30 pieds de long est venu se perdre dans la Zuiderzée, sur les côtes de Vlieland, mais il ne dit pas l'époque de l’année, ni si le squelette est conservé 1.

On connaît plusieurs exemples de Balænoptera rostrata échouées sur les côtes d'Angleterre et d'Ecosse.

En 1765 les pêcheurs ont pris, dans la mer du Nord, au Doggersbank, une jeune femelle de 16 à 17 pieds ; John Hunter l’a disséquée, et le squelette en est conservé dans son musée, aujourdhui le Musée du Collège royal des chirurgiens.

Le 14 novembre 1808, une femelle de 17 pieds a été capturée aux Orcades, dans Scalpa-Bays.

En février 1834, une jeune femelle de 9 à 10 pieds, la plus petite que l’on ait encore vue se perdre, est allée échouer dans le Firth of Forth. Son squelette est conservé au Musée d'Édimbourg. Il y a tout lieu de croire que l'animal venait d'être mis au monde.

Un mâle mort, mesurant 25 pieds, est venu à la côte en novembre 1869, près de Cromer (Norfolk). Son squelette est conservé au Musée du Collège royal des chirurgiens à Londres. Son estomac était plein de cod-fish, Gadus œæglefinus.

Le 8 mai 1865, un Jeune individu de 10 pieds 2 pouces est venu se perdre Jrish Coast off Cloger-Head. H n’a que 46 vertèbres. (AI. Carte et A. Macalister).

Le squelette d’une femelle capturée à Yarmouth, ainsi qu'une tête et une omoplate d’un animal qui a péri à lIsle d'Islay en 1866, sont conservés à Cambridge.

Une jeune femelle de Balænoptera rostrata de 15 pieds et quelques pouces a été capturée en avril 1870 à Weymouth, et a été achetée par M. Gerrard. M. Perrin, demonstrator of anatomy, King's College, à Londres, l’a disséquée et a publié les résultats de ses recherches dans les Proc. Zool. Soc., décembre 1870. Le premier et le second estomac contenaient des petits

® Verslagen der Nederl. Dierkund. Vereeniging, Tydschrift der Nederl Vereeniging, 2: serie, af. 5 et 4, 1886.

cailloux. Il ajoute deux dessins représentant les nageoires pectorales avec leurs muscles en place, vues du côté dorsal et du côté opposé.

Le 16 mai 1887 une jeune femelle s’est perdue à Plymouth.

Un jeune animal de 9 à 10 pieds a été capturé près de Queensferry (Firth of Forth). A la séance du 21 avril 1834 de la Société royale d'Édimbourg, le docteur Knox fait un rapport fort intéressant sur la dissection de cet animal 2.

Une jeune femelle de 14 1/, pieds est venue échouer vivante sur la côte d’Aberdeen, en juillet 1870. Son squelette est conservé au Musée d’Aberdeen, dirigé par le professeur Struthers.

Un autre encore a échoué en septembre 1871 à Dunbar (Firth of Forth). Le professeur sir Turner en fait mention.

M. Flower a signalé, en 1880, une jeune femelle de 15 pieds qui est allée échouer sur les côtes de Cornouailles.

On en a vu périr également sur la côte de Norfolk, dit M. Southwell.

En 1837, sur la côte ouest de Jutland, près de Vardo, est venu échouer un individu de 22 pieds ; son squelette a été envoyé à Eschricht. Il n’est pas complet.

A l’est du Jutland, un animai de 18 pieds est venu à la côte en juillet 1824. Le Musée de Halle en possède le squelette.

On a enregistré aussi quelques exemples d'individus égarés dans la Baltique.

En 1845, un animal, dont le dessin est conservé dans l’église Sainte-Marie à Greifswald, est venu échouer dans le voisinage de cette ville (an der Wiek).

Un autre est venu à la côte à l’île de Rugen; son squelette est conservé à Breslau 3; il a 25 pieds de longueur et 48 vertèbres.

On conserve au Musée de Stockholm une mandibule trouvée

! BLakwiLz, The Zoologist, july, 1857.

? Journal l'Institut, 1854, p. 356.

5 Ernst Roll.

dans la marne de l’époque glaciaire (Halland) !, que nous rapportons à cette espèce.

Nous avons attiré l’attention des naturalistes sur une tête de cette même espèce, conservée au Musée de Brême; elle a été pêchée dans la mer du Nord, et l’on avait cru pouvoir Pattribuer un instant à un animal fossile. D’après les pêcheurs de Brême, les ossements de ces animaux ne sont pas rares dans certains endroits de la mer du Nord ?.

Le 2 juillet 1840, un animal de 16 pieds est venu à la côte près de Christiania.

Un autre, un mâle de 14 1/, pieds, est venu échouer dans les mêmes parages en septembre 1878. Le professeur Sars en a publié un dessin.

Nous avons vu une omoplate de cette même espèce suspendue dans la cour d’un des principaux hôtels de Christiania.

Il est évident que toutes ces visites sont purement accidentelles ; mais il n’en est pas de même de celles qui se font dans les Fiords de la côte de Norvège, dans les environs de Bergen. Dans ces derniers parages, on en voit arriver périodiquement, le plus souvent depuis le mois de mai jusqu’en décembre ; ce sont généralement des femelles qui entrent dans les Fiords pour y mettre bas; sur onze individus qu’on avait capturés dans un temps déterminé, il n’y avait qu'un seul mâle. On à remarqué du reste partout, que les mâles de toutes ces espèces se tiennent au large, pendant que les femelles approchent des côtes.

Depuis longtemps on sait que la Balænoptera rostrata entre dans ces baies et que les pêcheurs des alentours les emprisonnent à l’aide de filets. L'animal, enfermé comme dans un aquarium, est attaqué à coups de flèches empoisonnées; il perd immédiatement, après ses blessures, de son activité ordinaire et devient facilement la proie des pêcheurs. La flèche est empoisonnée par le pus de la capture précédente et, depuis des temps

? ANGELIN, Ofvers. af k. Vet. Akad. Forh , 1867, p. 81. ErDmanx, Pidr. till känned.om Sveriges Quartära Bildingar, p. 158. ? Van BENEDEN, Journal de Zoologie, t. IV, 1875.

fort reculés, on prépare ainsi des flèches qui ne doivent servir qu'à la campagne suivante.

Tous les ans, dit le docteur Armauer Hansen,aux mois d'avril et de mai, les pêcheurs attendent la Balænoptera rostrata à l'entrée d’un Fiord très étroit, nommé Skogsväg, à 50 kilomètres de Bergen. Dès qu’un animal est entré, ils ferment Fembouchure au moyen d'un filet et ils l’attaquent à l’aide de flèches. Ils empoisonnent leurs flèches en baignant la pointe dans la chaire gangrénée et ils la laissent sécher. Il paraît que la forme des arcs dont ils se servent date de l’époque des anciens guerriers, ies Vikings.

M. Armauer Hansen a trouvé des bacilles dans la chair gangrénée, et croit que la flèche empoisonnée inocule aux Balénoptères les germes qui produisent la septicémief.

La petite Balénoptère a été vue également dans le détroit de Davis, mais seulement pendant les mois d'été 2; on la voit paraître aussi sur les côtes d'Islande, aux îles Loffoden, sur les côtes de Finmark et, comme nous venons de le dire, périodiquement sur les côtes de Norvège. On en a vu également dans la mer Blanche; Nordenskjôld la même observée dans la mer de Kara, à côté de Beluga, et Scoresby 3, comme Malmgren # et Sluyter l'ont reconnue dans les eaux du Spitzherg ÿ.

! ARMAUER HANsEN, La seplicémie inoculée à des Baleines par les flèches dont se servent les pécheurs, ARCHIVES DE BIOLOGIE, (. VI, fasc. HIT, 1885, p. 85.

? Cette même petite Balénoptère, dont nous possédons un squelette envoyé par Holbôll du Groënland, se trouve également plus au nord, mais en moins gränd nombre toutefois que dans la partie méridionale; elle arrive au mois d'avril à Godhaab, dit Holbôll, et ne quitte qu’au mois de décembre. La Balænoptera rostrata aurait ainsi, comme du reste nous l'avons fait remarquer déjà pour la Megaptera boops, plus d’une station d'été.

5 Scoresby fait mention d'un individu de 17 ‘/, pieds, capturé au mois de novembre 1808, dans la baie de Scalpa; il a été figuré par Watson. An Account of the arct.reg., 1. 1, p.485, pl. IN, fig. 2.

4 Malmgren a vu, pendant son voyage au Spitzberg, des individus de cette espèce pendant le mois de mai.

5 Jl n'est pas sans intérêt de faire remarquer que Ruyter, en gagnant des

WÉTOR)

Avant Nordenskjôüld, des baleiniers norvégiens en avaient déjà signalé dans la mer de Kara.

On en a vu en abondance dans les parages de Godthaab (Groënland). Tous les baleiniers s'accordent à dire que la petite Balénoptère arrive en été au détroit de Davis et à la baie de Baflin.

De l’autre côté de l'Atlantique, on a constaté depuis longtemps la présence de cette même Balénoptère; le Musée de Stuttgard a reçu un squelette de la côte du Labrador et, depuis, on a fait mention d’un animal de 18 pieds capturé dans la baie de New- York (D' Kay).

M. Allen cite la Balænoptera rostrata avec un signe de doute, comme animal propre à ces parages, mais ce doute est évidemment levé.

On trouve dans l'Atlantique méridional, comme dans lAtlantique septentrional, dans le Pacifique et mème dans les eaux de nos antipodes, des Balénoptères qui correspondent à notre Balænoptera rostrata par leur taille, par leurs fanons ainsi que par l’ensemble de leur organisation Il y en a qui sont tellement semblables à l'espèce de nos parages, que, si on les trouvait sur les côtes d'Europe, on ne songerait pas à en faire des espèces distinctes. Telle est la Balénoptère du nord du Paeifique à laquelle, comme nous Pavons déjà dit, le capitaine Scammon a donné le nom de Balænoptera Davidsonii. Cette aflinité n’a, du reste, pas échappé aux naturalistes américains : Balænoptera Davidsonii is evidently congeneric with the Balænoptera rostrata, dit le capitaine Scammon. Nous avons eu l'occasion de voir à Vienne des fanons, rapportés de San Francisco par le professeur Steindachner, en tout semblables aux fanons de notre espèce naine.

A l'embouchure de la Plata du Mediano, près de Belgrano, à 10 miles de Buenos-Ayres, flottait, le 3 février 1867, un

regions de plus en plus septentrionales, a vu successivement disparaitre les Marsouins, puis les Tursio, et ce n’est qu'après celte disparition qu’il à vu apparaître, au 60€ degré, la Balænoptera rostrala.

cadavre qui a été recueilli par les pêcheurs, et dont le squelette est conservé aujourd'hui au Musée de Buenos-Ayres. C'était un mâle. La taille ne dépasse pas 32 pieds; les vertèbres cervicales 2, 5 et 4 sont réunies par le corps; les apophyses transverses supérieures des sixième et septième cervicales sont réunies à gauche dans toute leur longueur. Burmeister l’a décrit sous le nom de Balænoptera bonaérensis{. I possède le squelette et en a fait connaître les divers caractères, qui sont la reproduction de notre Balænoptera rostrata. nv a que le sternum qui diffère par une bifurcation qu'il présente sur son bord antérieur, mais le squelette montre jusqu'au nombre de vertèbres (48) si caractéristique de cette espèce.

Le British Museum a reçu également de l'île Formosa, par le consul anglais Swinhoe, des fanons, avec les barbes jaunes de la grandeur des fanons de l'espèce qui nous occupe, ou même un peu plus petits, et qui proviennent sans doute de la même Balénoptère, si pas d’une espèce similaire. Ces fanons sont conservés dans un bocal; il n’y en a qu’une rangée. Nous avons fait mention de cette Balénoptère dans notre Ostéographie, sous le nom de Balænoptera Swinhoei.

Pallas fait mention d’une Balénoptère de 22 pieds de long, avec une nageoire pectorale blanche, observée par Merle sur la côte du Kamschatka, et qu'il rapporte avec raison à la Balænoptera rostrata de Fabricius.

Le Muséum de Paris a reçu du Japon un squelette qui a tous les caractères de cette espèce; il a deux ou trois vertèbres de plus que le nombre normal de 48, mais on trouve de semblables variations dans des squelettes d'Europe.

Près de l’île Kerguelen, on a capturé une Balénoptère de 30 pieds de long qui appartient sans doute à cette même espèce. On n’en a malheureusement rien conservé.

* H. Bunmeister, Prelim. descript. of a new species of Finner whale (Ba- Iænoptera bonaërensis). — Proceed. Zool. Soc., 1867, p. 707. — Annales del Museo publico de Buenos-Aires, 1868. — Vax BENEDEx et PauLz Gervais, Osteograpliie des Célacés.

La mer de nos antipodes nourrit également, à côté de Balénoptères de grande taille, une petite espèce qui ne dépasse pas la nôtre en dimension; elle atteint à peine 30 pieds de longueur. En octobre 1873, écrit-on de la Nouvelle-Zélande, on a capturé une petite Balénoptère dont le squelette a été envoyé au British Museum. En recevant la lettre d'envoi, le docteur Gray croyait d’abord, d’après les dimensions, que c'était un squelette de Neobalæna marginata 1. Le squelette de cette Balénoptère est complet et ses fanons d’un jaune pâle {cream colour) sont conservés. Il a 48 vertèbres, un sternum en eroix latine, et les fanons semblable à ceux de notre espèce. Nous ne doutons pas que, si ce squelette avait été expédié du nord de Atlantique, personne n'aurait hésité à le désigner sous le nom de rostrata.

Gray a publié le dessin que le professeur Hutton, conservateur du Muséum d’Iotago, lui a fait parvenir 2.

M. James Hector fait mention de deux têtes, provenant de Cookstrait, et qui ressemblent, dit-il avec raison, à celle de la Balænoptera rostrata. HN accorde T pieds de longueur à la mandibule.

Jul. von Haast fait également mention d’un jeune mâle, échoué on the Summer beach, le T février 1873; il a 23 pieds de long, et le Directeur du Musée de Canterbury n'hésite pas à le rapporter à la Balænoptera rostrata d'Europe, tout en reconnaissant que cest la Balænoptera Huttoni de Gray. Il représente le sternum et un fanon 5.

Nous trouvons dans nos notes : le squelette de la Balænoptera Huttoni, conservé au British Museum, a la taille, le nombre de vertèbres et le sternum de notre Balænoptera rostrata ; le sternum est en croix latine, mais un peu plus petit que celui de notre rostrata. Les fanons sont jaunes, avec une bande

* En mai 1874 Gray m'écrivait : « Le squelette de Ja petite Baleine de la Nouvelle-Hollande est arrivé. C’est une Balænoptera voisine de la Balænoptera rostrala, maïs bien distincte, et pas une Neobalæna. »

* Gray, Ann. nal. hist., 1870, vol, V, p. 224; 4874, vol. XII, p. 516, pl. XVI.

5 Philosophical Institute of Canterbury, 50 décembre, 1880.

noire à l'extérieur; les vertèbres sont au nombre de quarantesix ; sans doute les deux dernières manquent.

>armi les caisses tympaniques, rapportées par le Challenger et recueillies par la sonde au milieu du Pacifique, à quelques degrés au sud de lPéquateur, le professeur Sir Turner en a trouvé qui se rapportent à la Balænoptera rostrala 1.

En somme, la Balænoptera rostrata à été observée en Europe sur les côtes du Groënland et du Spitzberg, d'Islande et de Norvège, de Suède, de Danemark, d'Allemagne, des Pays-Bas, de Belgique, de France, d'Écosse, d'Angleterre, et enfin dans la Méditerranée et la Baltique. On l’a vue aussi dans la mer Blanche et dans la mer de Kara.

En dehors de l'Europe, elle a été observée sur les côtes du Labrador et des États-Unis d'Amérique. Dans le Pacifique on l’a vue au détroit de Behring, sur les côtes du Kamschatka, dans les parages des îles Aléoutiennes, et elle est connue sous le nom de Balænoptera Davidsonii sur les côtes de Californie.

Dans l'hémisphère antarctique on reconnait une petite Balénoptère à 48 vertèbres, sur les côtes de la Plata, de Kerguelen et dans les eaux de la Nouvelle-Zélande.

On ne connaît que deux parages où la petite Balénoptère apparait périodiquement : ce sont le détroit de Davis et les Fiords de Bergen. De l’un comme de lautre côté elle n'apparait qu’en été. Où se trouve-t-elle pendant le restant de l’année ?

Pendant l’été de 1878, les naturalistes du Willem Barents ont fait quelques observations intéressantes sur les Cétacés. M. Sluyter rapporte que, au delà du 60° degré de latitude, ils ne découvrirent plus de Marsouins, mais deux espèces de Dauphins, le D. Steno ? rostralus et le D. (Tursiops) fursio. Le premier n’est pas abondant; l’autre vit par petites gammes, qui disparurent à la hauteur de lile Jan Meyen. A l'ile des Ours et à la côte de la Nouvelle-Zemble ils parurent de nouveau. Ils

! Tuner, Report of the bones of Celacea, THE Z00LOGY OF THE VOYAGE or H. M.S. Challenger, 1880.

ont vu une gamme d’une centaine de Beluga. Des Balænoptera rostrata ont fait leur apparition dans ces parages pendant les mois d'été 1.

MUSÉES

La Balænoptera rostrata est représentée dans le plus grand nombre de musées, soit par des squelettes complets, soit par des têtes ou des os isolés.

On connait aujourd’hui des squelettes de cet animal, provenant de la mer Blanche, des îles Loffoden, des côtes d'Islande et du Groënland, des côtes du Labrador et des États-Unis, de la côte de Norvège, de la Baltique, de la mer du Nord, de la Manche et du canal St-Georges, des côtes de Bretagne, du golfe de Gascogne, de la Méditerranée et de l’Adriatique.

La ville de Brême en a possédé le premier squelette, qui a été décrit par Albers; après lui, e’est le musée de Hunter, aujourd'hui le Musée du Collège royal des chirurgiens à Londres, qui est entré en possession du second exemplaire.

On en trouve des squelettes dans les villes suivantes : A Aberdeen (Écosse), d’un animal qui a péri en 1870; à Amsterdam, d’un animal qui a échoué dans V’Y ; à Bergen (Norvège) il y en a plusieurs et le Musée en a fourni à divers autres établissements; à Berlin, un squelette des Fiords de Bergen; à Bordeaux, un crâne d’un animal qui a échoué sur la côte de la Gironde; à Bologne, un crâne d’un animal de l’Adriatique (4771); à Boulogne-sur-Mer; à Brest; à Brême, le squelette dont nous venons de parler ; à Bruxelles, le squelette d’un animal pris dans l’Escaut, un autre de la côte du Jutland et un troisième du Cap-Nord; à Breslau, le squelette de 25 pieds de l'animal échoué en 1895 à l’île de Rügen (Baltique); à Buenos-Ayres, le squelette de l'animal capturé sur les côtes de la Plata ; à Cam-

1 SLUYTER, Verslag en Zoologische onderzoekingen gedaan gedurende den tocht van « de Willem Barents » in den zomer 1878, TYDSCHRIFT VAN HET AARDRYKSKUNDIG GENOOTSCHAP, n° D, 1879.

bridge (Musée de l’Université), la tête et une omoplate d’un animal qui a péri sur les côtes de l’île d'Islay en 1866, et un squelette complet; à Christiania, un squelette de 16 pieds, d'un animal capturé dans le Fiord de la ville; à Copenhague ; à Édimbourg, une tête de grande taille, d’un animal échoué sur les côtes d'Écosse; à Florence, le squelette de l'individu capturé à Villefranche le 18 février 1878; à Gand, squelette d’une femelle capturée près d’Ostende le 10 juillet 1838; à Giessen ; à Gôthemburg (Musée d'histoire naturelle); à Gôtingue; à Greifswald, des os, surtout un occipital, d’un animal échoué en 1845, au mois de mars, près de la ville ; à Halle, squelette de 18 pieds d’un animal échoué en juillet 1824, à l'est du Jutland, provenant du Musée de Meckel ; au Havre, celui d’une jeune femelle capturée à Fecamp; à Hull; à Heidelberg; à Leide, un squelette des Fiords de Bergen; à Londres, au Musée Britannique (squelette du Groënland, de la collection de Brandt et un autre de Ja Tamise)1; au Musée du Collège royal des chirurgiens (squelettes de mâle adulte, de 25 pieds, des côtes de Norfolk, 1862, et d’une jeune femelle du Doggersbank, de 16 pieds, de la collection de Hunter) ; à Louvain, squelette du Groënland et une tête séparée, d'origine inconnue, mais probablement de nos côtes ; à Liège, un squelette de grande taille provenant des Fiords des environs de Bergen; à Lund (Suède); à Munich; à New-York; à Oxford; à Paris, squelette des Fiords de Bergen, rapporté par Gaïmard, et un autre d’un animal capturé à l'embouchure de la Seine et étudié par Gratiolet; on y conserve un très bon moulage de la jeune femelle échouée à Fecamp en 1885 ; à Rochefort, on conserve le squelette d’un mâle, qui a échoué le 26 août 1835 dans la Charente ; à la Rochelle on trouve divers ossements, sans doute du mâle qui a échoué en août 1835 à Vergeroux; à Rouen ; à Stockholm, Musée royal anatomique de Carolinska Institut; à Stuttgard (squelette des côtes du Labrador); à Upsala ; à Wurzbourg, squelette envoyé par les missionnaires ;

1 From Brandt's collection, dit Gray, Catalogue...

à Washington, Musée national, la tête de la Balænoptera Davidsonii, de Scammon 1.

il existe un grand nombre de fœtus de cette espèce dans divers musées d'Europe, et qui viennent sans doute tous de Bergen. Le Musée de cette dernière ville en possède sept.

DESSINS

En 1675 à paru le dessin de la Balæna mysticetus èt d'une Balænoptera, par Martens de Hambourg.

Sibbald, dans sa Phalainologianova, a représenté des Balénoptères avec leurs évents et les plis sous la gorge.

Hans Egede en a aussi publié un dessin.

A Greifswald, on conserve une peinture faite d’après un individu échoué à l'embouchure du Weser, en mai 1699, et dont le squelette est conservé à la maison de ville de Brême; c’est cet animal que Cuvier a mentionné sous le nom de jeune Rorqual du Nord.

John Hunter a publié une bonne figure de cette Balénoptère en 1787, d’après une femelle de 17 pieds, capturée au Doggersbank. Lacépède en a publié un dessin qui lui a été envoyé par Sir Joseph Banks.

Fred. Cuvier l’a reproduit sous le nom impropre de Rorqual Jubarte (pl. XX, fig. 1) 2. Ce dessin figure aussi dans le grand atlas de Goldfuss, sous le nom de Balænoptera boops.

Scoresby en publie également un dessin 5.

Dans le New-York Museum, de Kay, a figuré, pl. XXX, fig. 1, la Balénoptère qui a péri aux Orcades en 1808.

Dans les actes de la Société Linnéenne de Bordeaux, nous en trouvons également un, d’après un individu échoué dans le golfe de Gascogne en août 1835.

? On a new species of Balænoptera. Proceed of the Californ, ACADEMY 0F SCIENCIES not. IV, part. V, Jan. 1875; San Francisco, 1875, p. 269.

? FRep. CuviEr, Mist. nat. de Célacés, pl. XX, fig. 1.

5 ScorEsBy AÀn account of thesarctic reg., L 1, p.485, pl. XI, fig. 2.

Rosenthal à également publié celui d’un mâle, qui a été reproduit par Brandt et Ratzeburg dans leur Zoologie médicale (pl. XV, fig. 4).

Il existe encore un dessin à la Bibliothèque royale à Bruxelles, provenant de notre confrère le vicomte du Bus, d’après l'animal qui a été tué dans l’Escaut, au mois d'octobre 1865, en amont d'Anvers.

On vient de publier un dessin de l'individu pêché en mer par Le Gaulois de Fécamp.

Le professeur Hutton a publié, dans les Annals and Magazine of natural history (ser. 4, vol. XIE, pl. XVI), le dessin d’un animal de 16 pieds 2 1/, pouces capturé en octobre 1873 à la Nouvelle-Zélande.

Le professeur Julius von Haast a figuré le sternum et un fanon dans les Trans. N. Z. Institute, vol. XIE, pl. I, fig. 1 et 2.

Eschricht a figuré un fœtus 1.

Fischer à publié un dessin assez grossier d’après un journal illustré qui représente l'animal échoué à S'-Jean-de-Luz.

Sars à publié un dessin fait d’après un mâle de 14 1} pieds capturé près de Christiania en septembre 1878.

Lesson a donné une bonne représentation de cette Balénoptère mâle, échouée dans la Charente, le 26 août 1835.

Le plus beau dessin est celui que P. Gervais a publié d’après une planche, faite d’après nature, en 1861, et qui est conservée dans les vélins du Muséum d'histoire naturelle de Paris.

Le capitaine Scammon a reproduit un bon dessin (pl. VI, fig. 2), sous le nom de Balænoptera Davidsonii.

C'est sans doute une Balénoptère de la même espèce, que Anderson a figurée dans Yunnan expedition, pl. XLIV, et dans Anat. and Zoolog. Researches, London, 1878, sous le nom de Sittang Whale ?

On conserve à Paris, au Muséum, un modèle en plâtre d’après l'animal qui a échoué en février 1861 sur la côte de Bretagne.

! EscuricaT, Nord. Wallthiere, pl. VI et VIT.

PARASITES

On a trouvé divers parasites, d’abord :

Le Distoma goliath. Van Ben. 1, qui habite le foie. Eschricht n'avait donné des exemplaires de ce Trématode, et plus tard j'en ai trouvé moi-même dans l'animal qui a péri dans l'Escaut, en novembre 1865.

Ensuite le Filaria crassicauda, Creplin, qui vit dans le canal de lurètre ou le corps caverneux.

Enfin l’Ascaris angulivalvis ; Creplin l’a observé le premier; Koren en a remis trois exemplaires à Oscar Schmidt; Krabbe pense que c’est le même (Ascaris simpleæx) qui habite le Beluga, PHyperoodon, le Narval et le Lagenorhyneus albirostris 2.

Il parait que l’intestin renferme également lEchinorhyncus porrigens, Rud. W a été vu déjà par plusieurs naturalistes.

On a trouvé, à diverses reprises sur la peau, des Penella Balænopteræ, sur lesquelles on a trouvé un Cirripède, le Conchoderma virgata. Cette Penella se loge surtout autour des organes sexuels.

La Balænoptera rostrata, capturée à Villefranche en 1878 et dont le squelette est conservé au Musée de Florence, hébergeait une Penella.

On a trouvé entre la peau et les muscles de cette même Balénoptère, comme dans certains Dauphins, des parasites enkystés, dont la nature n’est pas bien déterminée.

! Bullet. de l’' Acad. royale de Belg., 2° série, 1. V, 1858. ? Bullet. Acad. roy. des sc. danoise, . .. . 1878.

BALÆNOPTERA BOREALIS.

LITTÉRATURE

Rudolphi. Einige anatomische Bemerkungen über Balæna rostrata;

ABHanD. D. KÔNIGL. AKADEMIE D. Wissenscuarr. Berlin, 1820-1821.

Lesson, Aisloire naturelle générale et particulière des mammiferes

et des oiseaux (Cétacés). Paris, 1828.

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&. Zaddach, Beschreibung eines Finnwales, ARCHIV FUR NATURGE-

scHIiCurE, 1875.

Paul Gervais, Remarques sur les Balénides des mers du Japon. Comptes rendus ….… novembre 1875, JourNaL DE zo0LoG1e, t. V, p. 1,

Menge, 4, Scelel d. Breitküpfigen l'innwals, Plerobalæna laticeps.

Dantzig, Narurr. Ges., 1876, 80.

P. Fischer, Sur une Balénoptère boréale, échouée à Biarritz en 1874.

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of Forth. JourN. 0F ANAT. AND PHysi0L., VOl. XVI, april 1882.

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Guläberg, Sur l'existence de la quatrième espèce du genre Balænoptera dans les mers septentrionales de l’Europe. BuLL. ACAD. ROY. D. SCIENCES DE BELGIQUE, 1884.

Guldberg, La Nature, novembre 1885.

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cisr, vol. VIE.

mobert Collett, On the External Characters of Rudolphis Rorqual

(Balænoptera borealis). Proc. zoo. Soc., march and april 1886.

HISTORIQUE

Cette espèce a été longtemps confondue avec les autres : sa petite taille, comparativement à celle du Musculus et du Sibbaldii, Va généralement fait prendre pour un animal incomplètement développé. Grâce aux recherches de M. Guldberg, faites sur les côtes de Finmark, cette espèce est établie aujour-

d’hui sur des caractères aussi certains que les autres Balénoptères.

Cuvier, comparant le squelette décrit et figuré par Rudolphi avec celui de la Balénoptère de la Méditerranée, crut que ce squelette provenait d’un animal qui fréquente seul la mer du Nord, et proposa de lui donner le nom de Rorqual du Nord, par opposition au Rorqual qui fréquente la Méditerranée.

Lesson, dans son histoire naturelle des Cétacés (1828), admet les trois espèces de Cuvier, et donne le nom de Balænoptera borealis au Rorqual du Nord.

C’est ce même animal que Gray proposa, dans le Voyage d'Erebus and terror, de désigner sous le nom de /aficeps. Ce nom n’est pas heureux, puisque le rostre est moins large que celui des autres espèces ; mais Gray avait en vue les os nasaux qui, en effet, sont plus larges que dans la Balænoptera physalus, cest-à-dire du Musculus. On se figure naturellement que le mot laliceps s'applique à l’ensemble de la tête, et par conséquent au rostre.

Quelques années avant sa mort, V. Baer nrécrivait de Dorpat (14-26 juin 1869) : « Dans votre distribution géographique des Balénoptères, je n'ai pas trouvé l'espèce qui est si commune au cap Nord et au nord de la mer Glaciale. J'ai rapporté moi-même à Saint-Pétersbourg une tête de cette Balénoptère à travers la Laponie. Je vais la faire dessiner et vous envoyer le dessin. Peut-être connaîtrez-vous l'espèce d’après le dessin ».

Cette tête appartient sans aucun doute à l'espèce qui nous

occupe; malheureusement je n’ai pas reçu le dessin que V. Baer me promettait, et je n’ai pu découvrir la tête au Musée de Saint- Pétersbourg. Il parait que depuis longtemps l’espace faisait défaut dans le Musée de l’Académie, et les pièces de grande dimension recevaient difficilement une place convenable. C’est ainsi que le superbe squelette de Balænoptera Sibbaldii, connu sous le nom de Baleine d’Ostende, dont un magnat avait fait cadeau à l'Académie, a été relégué au Jardin zoologique, où tout est exclusivement organisé pour l’amusement du publie.

En 1876, M. Menge a fait un travail sur le squelette d’une femelle échouée le 23 août 1874 dans la baie de Dantzig; il la désigne sous le nom spécifique de laticeps. M. Menge donne une description détaillée du squelette et accompagne sa notice de quatre photographies représentant fort bien le squelette.

Le professeur Zaddach de Kônigsberg en a donné une description dans les Archives de Wiegmann, avec une figure de l’animal, vu de profil et vu en dessous; mais 1l ne partage pas l'avis de Menge, qui considère cet animal comme appartenant à l'espèce Borealis.

À propos d’un animal capturé dans le Firth of Forth, le professeur Sir Turner a publié, dans les Proc. roy. Soc. d'Édimbourg (1881-82), un mémoire comprenant la partie historique complète.

Le professeur Flower a communiqué a la Société zoologique de Londres (20 novembre 1883) des observations sur une Balænoplera borealis capturée en novembre 1883 dans Crouch-River (Essex) !. Le savant directeur du British Museum a publié un dessin du sternum de cet animal, qui présente un haut intérêt. L'animal est encore jeune. Le squelette en est destiné au British Museum.

Une nouvelle capture d’un individu de cette même espèce a été faite, en septembre 1884, sur les côtes de Lincolnshire et, en décembre de la même année, un mâle a été pris aux Orcades.

J. Muller avait attiré l'attention sur la bifidité de la première

! Proc. Zool, Soc., novembre 1883.

côte du squelette de Berlin, disposition à laquelle plus tard le D: Gray avait attaché tant d'importance. On peut dire que dans cette espèce la première côte a une tendance particulière à devenir double ; mais on ne peut pas faire un caractère spécifique de cette disposition anormale et en tout cas accidentelle. Nous avons montré que, dans plusieurs Cétacés, la côte de la septième cervicale correspond avec l’absence de lapophyse transverse inférieure de cette vertèbre. Le professeur Sir Turner a publié une notice fort intéressante sur ce sujet 1,

MM. Chr. Aurivillius et C. Forsstrand sont allés, pendant l'été de 1877, étudier les Cétacés à l’établissement de M. Sven Foyn ; ils en ont rapporté beaucoup de matériaux.

Celui qui a le plus contribué à nous faire connaître cette espèce, c'est M. Guldberg, conservateur au Musée zootomique de l’Université de Christiania. M. Guldberg a communiqué à l'Académie de Bruxelles, pendant son séjour à Liège pour y suivre les travaux du Laboratoire de zoologie, une notice, renfermant plusieurs observations précieuses qu’il a recueillies sur les côtes de Finmark, pendant les mois d'été de 1883.

M. Guldberg croit que c’est seulement en 1878 que l'attention a été fixée sur la Balænoptera borealis, et que les premiers travaux sur cette espèce n’ont été publiés qu’en 1881. Nous ferons remarquer que, déjà du vivant d'Eschricht, notre attention a été fixée sur cette Balénoptère; Eschricht m'avait cédé un squelette vers 1858, squelette que j'ai abandonné à mon tour à M. Du Bus, pour le Musée royal d'histoire naturelle de Belgique 2.

Tandis que la pêche au nord de la Norwège a principalement en vue la Balænoptera Sibbaldii, elle s’est exercée en 1885

{ Cervical ribs, and the so-called bicipital ribs in man, in relalion Lo corresponding structures in the Cetacea. JOURNAL OF ANATOMY AND PHysi0- LOGYy, vol. XVII.

3 Nous avons fait mention, en 1868, de ce squelette, à cause de la curieuse conformation de sa première côte, Bullet. de l’Acad. royale de Belg, 2° série, t. XXVI, 1868.

presque exclusivement sur la Balænoptera borealis. La B. Sibbaldii n'y a paru qu'en fort petit nombre cette année. On a capturé presque exclusivement des Borealis, et un établissementest aujourd'hui érigé à Drammen, par la Christiania preserving Ce, pour la préparation de la chair de cette espèce comme aliment !. On tire également partie des mandibules, dont on fait des aiguilles à tricoter.

M. Robert Collett a publié, en 1886, un travail intéressant sur les caractères extérieurs de la Balænoptera borealis, et a accompagné sa Notice de deux planches représentant le mâle et la femelle 2.

Après l'exposé des caractères extérieurs, R. Collett décrit sommairement les caractères distinctifs des quatre espèces de Balénoptères qui hantent le nord de l'Atlantique.

Ce travail renferme des détails fort intéressants sur les caractères distinctifs propres à cette espèce; 1l fait connaître ses parasites et ses commensaux, sa capture, ses habitudes, son âge adulte et fœtal, et même ses monstruosités.

SYNONYMIE

Balænoplera borealis, Lesson.

Balæna rostrata, Rudolphi.

Borqual du Nord, Cuvier.

Sibbaldius laliceps, Gray.

Langrür où Saaiwahl, Seichval, Seje, Cadwhale, Sildehval, des pêcheurs

finmarkois.

CARACTÈRES

Les individus qui échouent atteignent communément de 30 à 40 pieds; cette dernière longueur est même rarement atteinte.

* Les Chinois aiment la chair des Cétacés à fauons, et préfèrent la chair des Baleines véritables à celle des Balénoptères.

? On the External Characters of Rudolph s Rorqual (Balænoptera borealis). Proc. Zoo. Soc., 1886, p. 245.

Les fanons sont noirs avec les barbes blanches et soyeuses. La nageoire dorsale est élevée, courbée et pointue. La nageoire pectorale est noire à sa face externe, blanche à sa face interne, pointue à son extrémité.

En 1885, on a fait observation que les nombreux individus capturés sur les côtes de Finmark, ont les nageoires pectorales noires des deux côtés.

Les flancs sont couverts de taches blanches (spotted with while) et le dessous blanc (with a faint reddish tinge).

Si l’on tient compte de la taille, du nombre de vertèbres (55 ou 56), de la couleur des fanons, de la forme de latlas et des autres cervicales, on ne peut confondre cette espèce avec aucune autre Balénoptère. La Balænoptera rostrata a quarantehuit vertèbres, les fanons jaunes, et ne dépasse guère 30 pieds; la Balænoptera musculus a plus de 40 pieds et a toujours les fanons foncés avec des stries blanches, et près de soixante vertèbres. La Balænoptera Sibbaldii a plus de 80 pieds, des fanons noirs et fort larges à la base.

La Balænoptera Schlegelii des îles de la Sonde, ainsi que la Balénoptère qui a été envoyée du Japon, ont si bien les caractères de notre Balænoptera borealis, que MM. Flower, Turner et Paul Gervais ont été frappés tous les trois de cette ressemblance.

R. Collett donne la mesure en longueur de divers individus : les six imdividus qu’il a mesurés ont de 45 à 49 1% pieds. I] signale même un individu de la longueur de 52 pieds.

I donne de 35 à 37 pieds aux plus petits individus qu’il a vus pendant l'été 1885 sur les côtes de Finmark (14.7 mètres).

Le squelette de Berlin n'indique qu’une longueur totale de 31 à 32 pieds; celui de Leyde, de 32, comme le squelette du cap Nord, qui est à Bruxelles. Sars en a même vu aux Iles Loffoden dont la taille varie entre 20 et 30 pieds; mais ce sont de jeunes individus 1.

# G. O0. Sar4, Om individuelle variationer hos Rorhvalerne. Vidensk. Selsk. Forhandlinger for 1868.

M. Flower a étudié le squelette de Leyde, et trouve une longueur de 29,7 pieds, en ne tenant pas compte de l’espace inter vertébral. Il provient de l'animal capturé au Moniken-Dam dans la Zuyderzée.

La longueur moyenne des individus capturés pendant le mois de juin sur les côtes de Finmark en 1885, était de 45 pieds.

Il faut conclure de cette différence detaille, ou qu'il y a deux races, quiprennent peut-être chacune une direction différente, ou, ce qui paraît plus probable, que les individus qui viennent se perdre dans la mer du Nord, sont tous jeunes.

ORGANISATION

M. Collett a compté dans une femelle adulte, de chaque côté, le long de la mandibule, onze bulbes pileux avec des poils de 10 millimètres, et derrière eux encore deux autres, ce qui fait vingt-six en tout.

Dans un fœtus de 1 1/, mètre, il existait de nombreux poils, mais très courts. Dans un autre fœtus de 2.50 mètres, les : poils formaient trois rangs le long de la mandibule, la supérieure et l’inférieure comprenant trois poils, celle du milieu, onze, ensemble dix-sept poils de chaque côté,

A la mâchoire supérieure d’un fœtus, il n’y avait que sept poils placés sur un rang, les deux premiers plus éloignés lun de l’autre que les suivants.

Les fanons de l'animal dont le squelette est à Édimbourg et qui a 37 pieds de long, were black, striped with grey and white, andthe hairs projecting from the lower free border were greyish white (Turner).

M. Collett a publié des détails fort intéressants sur les fanons qu’il a observés sur les lieux de la capture de ces animaux.

Les deux rangées de fanons s'unissent en avant sur la ligne médiane ; Gaimard avait déjà figuré cette disposition.

Les fanons sont noirs comme ceux de Sibbaldii, mais, en dedans et en avant, ils sont d’un jaune pâle. Les barbes sont extraordinairement fines et toutes blanches. La forme des

fanons, surtout des derniers, les rapproche de ceux des vraies Baleines par leur longueur et leur étroitesse à la base. À ne considérer que les fanons, cette espèce se trouverait entre les Baleines et les Balénoptères.

Les fanons frais ont une couleur jaunâtre (horngelb), dit Zaddach, mais desséchés, ils sont en partie d'un gris bleuâtre et même noirs.

Si nous passons en revue les os du squelette, nous remarquons que cette espèce se distingue par la largeur des os nasaux ; par l'os frontal, qui n’est pas plus large à sa base qu’audessus des orbites; par les vertèbres, qui sont proportionnellement petites et au nombre de cinquante-cinq ou cinquantesix; par les os en général, qui sont délicats et moins spongieux que dans les autres espèces; enfin par la première côte qui a, comme nous l’avons déjà dit, une tendance particulière à la bifidité, Cette observation, faite d’abord par 3. Muller, a conduit plus tard le docteur Gray à établir des subdivisions multiples, tant parmi les Baleines que parmi les Balénoptères.

La caisse tympanique a la plus grande ressemblance avec celle de la Balænoptera musculus, en différant toutefois par se forme aplatie et par ses extrémités pointues.

L'individu dont parle Zaddach a la troisième vertèbre cervicale unie à la quatrième; ce n’est guère que dans la Balænoptera rostrata que l’on a vu jusqu’à présent ces coalescences.

La réunion de certaines vertèbres cervicales a été observée également par Guldberg. Par cette tendance des cervicales à la soudure, comme par les fanons, cette Balénoptère se rapproche des vraies Baleines.

Dans un squelette du Musée de Leyde, provenant d’un animal échoué près du Moniken-Dam (Zuyderzée), et qui à été décrit par Schlegel, nous trouvons la colonne vertébrale divisée en : sept cervicales; treize dorsales; seize lombaires, et vingt caudales ; en tout : cinquante-six.

Nous avons trouvé, dans l’exemplaire qui est à Bruxelles, à droite, une côte supplémentaire, attachée par des parties molles à la première côte dorsale, et à gauche, une côte

soudée. Le squelette provient d’un jeune animal 1 capturé sur les côtes de Finmark, et dont les ligaments étaient encore tous en place au moment de son arrivée à Louvain.

La première côte est également bifide des deux côtés dans le squelette de Leyde, provenant du Moniken-Dam, et elle s'articule avec la dernière cervicale et la première dorsale.

La Balænoptera borealis, de la côte d’Essex (1883), a la première côte bifide des deux côtés, une partie articulée à la première dorsale, l'autre aux apophyses de la dernière cervicale.

La bifidité de la première côte a été reconnue dans presque tous les individus, excepté dans celui qui a été décrit par le professeur Sir Turner (Journ. anat. et physiol., avril 1889).

Le squelette de Dantzig, décrit par Menge et par Zaddach, montre une petite côte rudimentaire de forme triangulaire.

M. Flower a observé sur un Tursiops tursio deux côtes, chacune de 52 millimètres de long, articulées aux apophyses transverses de la septième cervicale.

Nous connaissons aujourd'hui le sternum de quelques squelettes, ainsi que les dernières vertèbres, qui manquaient à celui dont nous avons donné la description dans notre ostéographie.

Le sternum est élargi comme celui du Musculus, mais latlas et le bassin ont des caractères particuliers et ressemblent beaucoup à atlas et au Bassin de la Balénoptère de Scheveningen, qui est au Musée royal de Bruxelles.

Dans le squelette de Leyde, le sternum est plus large que long et affecte la forme d’un disque à contour irrégulier.

M. Flower à publié une figure intéressante du sternum de Panimal qui a échoué en 1883 (Proc. de la Société zoologique de Londres). I est petit, en partie cartilagineux, long de 7 pouces et un peu moins large que long. La première côte de ce squelette est également biceps.

Les deux os du bassin ne se ressemblent pas, dit Guldberg; celui de droite à 0,250 de largeur ; l’autre est renversé en S et un peu tordu; la largeur est de 0,220.

1 Bullet. de l’'Acad. roy. de Belq., 2e série, & XXVI, pl. I.

D’après le professeur Struthers, le trapezoïde du carpe manque dans la Balænoptera borealis, tandis qu'il existe dans la Balænoptera musculus 1.

On connaît quelques fœtus de cette espèce. En 1885, le 28 juin, on à trouvé une femelle pleine avec un fœtus de 5 1} pieds anglais (Cocks).

Le marquis de Wavrin a rapporté de Vadsôü, en 1885, trois fœtus, un de 1,96, un autre de 1",87 et un troisième de 1",27.

M. Guldberg fait mention de quatorze fœtus, presque tous recueillis au mois de juillet; ils ont de 1%,550 à 3",03%.

Si l’on en juge par la taille des adultes, le Baleineau doit avoir 4 mètres en naissant.

La taille moyenne de l'adulte complètement développé est, comme nous l’avons dit plus haut, de 15 mètres environ.

MOEURS

En général cette espèce est rare et, dans les eaux visitées par les Balénoptères, on n’en trouve qu’en très petit nombre au milieu des autres.

Dans les individus capturés sur les côtes de Finmark, on a trouvé l'estomac plein de Crustacés, comme celui de la grande espèce.

Nous supposons qu'il y a une erreur dans l'observation de Pindividu qui aurait renfermé 600 gades (Dorsche).

Il se nourrit, comme nous l'avons dit déjà, d'un Thysanopode (Euphausia inermis); en 1885, M. Collett n’a trouvé dans Pestomac que le Copépode connu sous le nom de Calanus finmarchicus, Mull.

La chair de cette espèce est si différente de celle des autres Balénoptères, dit M. Guldberg, qu'on la conserve pour la table; il y a une pêche particulière près du cap Nordyd’où l’on expédie la chair sous forme de boudins. Les mandibules sont travaillées sur les lieux en aiguilles à tricoter, dit M. Cocks.

! Report, Brinsh Association, 1885, p. 1056.

DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE

La Seichwal n'arrive qu’en juin sur les côtes de Finmark. Le meilleur moment de la pêche de cette espèce est du milieu de juin jusqu’à la première moitié de juillet (Guldberg;.

Plusieurs baleiniers assurent qu'habituellement elle disparaît quand les autres espèces se montrent.

Le dernier individu de la saison exceptionnelle de 1885 a été tué le 28 août. Collett dit qu'on en a vu encore le 8 septembre.

D’après les observations recueillies sur les lieux de la pêche, cette Balénoptère fait ordinairement son apparition à la fin du mois de mai, à la distance de 10 à 15 lieues des côtes de Finmark, et n'entre dans les baies que pendant le mois de juin et de Juillet,

Son apparition correspond avec celle du Gadus virens, ce qui lui a fait donner le nom de Seichval (Guldberg).

Elle arrive périodiquement au cap Nord venant de l’ouest, et, jusqu'en 1855, elle n'avait guère dépassé le cap Nord. Cette année, les Balænoptera Sibbuldii faisaient défaut, et les Balænoptera borealis sont arrivées en grand nombre, continuant leur route jusqu’au Varanger-Fiord.

Malmgren cite cette espèce sur les côtes ouest du Spitzhberg et à la Nouvelle-Zemble; Brown ne croit pas à sa présence sur la côte ouest du Groënland.

Elle fréquente aussi la mer Blanche. L'illustre V. Baer en a envoyé un squelette à St-Pétersbourg. Der von Baer mityebrachte Schädel gehürt Balænoptera laticeps zu, m'écrivait Brandt, le 2 janvier 1872.

M. True signale la présence de la Balænoptera borealis, sous. le nom de laticeps, sur les côtes des Etats-Unis d'Amérique.

Le capitaine Scammon distingue trois Balénoptères dans le Pacifique, l’une sous le nom de Balænoptera sulfureus, c’est notre grande espèce, la Balænoptera Sibbaldü; Vautre la Balæ-

noptera velifera, est bien notre Musculus, et sous le même nom il réunit sans doute aussi la Borealis.

La troisième espèce, à laquelle il donne le nom de Balænoptera Davidsoni est notre Rostrata.

La Balænoptera borealis est également représentée dans la mer du Japon. Le Muséum d'histoire naturelle de Paris en a reçu un squelette complet, accompagné de ses fanons.

Le Musée de Leyde en a reçu un squelette des îles de la Sonde. Il a été rapporté à une espèce nouvelle sous le nom de Balænoptera Schlegelii.

M. Flower, en étudiant les Cétacés du Musée de Leyde, a parfaitement reconnu les affinités de cette nouvelle espèce avec la Balænoptera borealis. Si ce n’était l’origine de ce squelette, je croirais avoir affaire à une Balænoptera borealis, dit-il. Le professeur sir Turner fait remarquer que les côtes de ce squelette des Iles de la Sonde correspondent à celles de la Balænoptera borealis.

Paul Gervais avait reconnu également que le squelette du Muséum, provenant de la mer du Japon, ressemble beaucoup à celui de Leyde, connu sous le nom de Balænoptera Schlegelii.

Nous ne serions pas surpris de voir un des squelettes, envoyés de l’île Formose par le consul anglais, M. Swinhoe, rapporté également à cette espèce.

Nous venons de voir que pendant longtemps la Balænoptera borealis ne dépassait pas le cap Nord; c’était donc à l’ouest qu’on péchait principalement cette espèce. En 1885 c’est la Balænoptera borealis qui a été le plus abondante sur toute la côte de Finmark. Les baleiniers prétendent que le Crustacé qui forme la pâture ordinaire des Sibbaldii faisait défaut cette année. En 1883 il y avait à l'Ouest cinq baleiniers qui n’ont guère capturé que des Balænoptera borealis ; cette même année dix-neuf baleiniers ont capturé à l’est de ces mêmes parages 406 Balénoptères de différentes espèces, dont 50 Megaptera,

90 Borealis, et le restant, moitié Balænoptera Sibbaldii et moitié Balænoptera musculus. Le nombre le plusélevé par bateau était de 40.

Guldberg pense que la Borealis est plus méridionale que les autres espèces ; nous pensons, au contraire, que les Balænoptera musculus et rostrata sont les plus méridionales et que les deux autres sont au contraire les plus boréales. Les Balænoptera musculus et rostrata sont les seules espèces que l’on ait vues jusqu’à présent dans la Méditerranée.

Ce n’est qu’en 1878 que l'attention des baleiniers fut attirée sur cette espèce, dit Guldberg, et il pense que c’est en 1881: que les premiers exemplaires furent pêchés.

Depuis 1882, on en a pris tous les ans à la station de Sôrvär (10° 1) N.-E.), près de Hammerfest.

L'année 1884, sur 35 Balénoptères de différentes espèces, on a compté, d'après un relevé, 3, d'après un autre relevé, » Borealis.

En 1885 leur abondance a été telle qu’on en a capturé 750, pendant la campagne de l’année 1; pendant le mois de juin, on en a capturé jusqu'à 4 par Jour.

M. Guldberg nous apprend que, en 1886, il y a eu peu de Balænoptera borealis, mais plus de Balænoptera Sibbaldii que l'année précédente. On a pris en tout 932 Balénoptères et Mégaptères, la plupart des Balænoplera musculus.

On connaît plusieurs individus qui sont venus échouer sur les côtes des mers d'Europe : un des premiers dont les annales fassent mention, est celui qui est venu à la côte en 1811, dans la Zuyderzée, près de Moniken-Dam, et dont le squelette est conservé au Musée de Leyde, Van Breda en possédait le dessin.

1 O0. H. Cocxs, The Finmvhale fishery of 1855 on the North european coast. Tue ZooLocisr, april, 1886.

En 1816 un autre a pénétré également dans la Zuyderzée.

Le 21 février 1819, une Balénoptère a échoué sur la côte du Holstein et son squelette est conservé au Musée de Berlin.

Rudolphi à décrit ce squelette sous le titre : Einige anatomische Bemerkungen über BALÆNA ROSTRATA 1.

C'est cet animal que Cuvier a regardé ensuite comme Balénoptère du Nord et auquel il a donné le nom de Rorqual du Nord, par opposition à la Balænoplera musculus, qu'il croyait propre à la Méditerranée. Cest le type de la Balænoptera borealis. Les individus qui se sont perdus n’ont guère plus de 28 à 29 pieds de longueur, mais on compte au moins d4 vertèbres.

C'était sans doute une Balænoptera borealis qui est venue échouer près de Rugen en 1825, et que Rosenthal a nommée Rostrata species major.”

Le 5 avril 1826, les pêcheurs de Wyk-aan-Zee trouvèrent en mer, flottant à une lieue de la côte, le corps d’une Balénoptère femelle, dont Schlegel a donné une description, accompagnée de deux planches représentant ce Cétacé, vu par ses trois faces 2.

En 1840, un individu a été capturé à Charmouth, Dorsetshire. Était-ce un Borealis ou un Musculus? Le squelette est perdu. à

En juin 1861, à l’ouest de Finmark, dans Altenfiord, un individu de 50 pieds a échoué; son squelette est au Musée de Bergen.

Entre Bidart et Biarritz (Basses-Pyrénées), un jeune mâle de 7 à 8 mètres a échoué le 29 juillet 1874. Son squelette est conservé au Musée de Bayonne 3.

Près de Bergen, dans Skogsvaag, a échoué en juillet 1883 un

! Mém. de l’ Acad. des sciences de Berlin, 18 20,,..

* SCHLEGEL, Verhandeling over eenen, in het jaar 1826, aan de Noordhollandsche kust gestranden vinvisch.

5 Fiscner, Comptes rendus de l'Acad. des se., décembre 1876. — Revue scientifique, janvier 1877, p. 688.

animal, apparemment de cette espèce, dont le squelette n’a pas été préparé 1.

Le professeur Sars fait mention d’une Balénoptère de cette espèce, ayant 30 pieds de long, et qui s'est fait capturer le 45 juin 1865 aux îles Loffoden 2.

Dans ces dernières années, trois individus ont été capturés sur les côtes d'Angleterre ; le premier dans le Firth of Forth en septembre 1872; son squelette est conservé au Musée anatomique de l’Université d'Édimbourg.

En novembre 1883 une autre capture est faite sur les côtes d’'Essex; M. Flower en à fait part à la Société zoologique de Londres. Le squelette a été acheté pour le British Museum 3.

On vient de voir échouer au mois de septembre dernier (1884) un autre individu sur les côtes de Lincolnshire, et dont le squelette est destiné à un Musée d'Australie.

En septembre 1884, on en a vu périr un à l'embouchure du Humber.

Un mâle de 36 pieds a été capturé en décembre, également en 1884, dans la baie de Widewall (Orcades). Le squelette a été exhibé à l'Association Britannique de 1886, à Aberdeen #.

Le 23 août 1874 a péri, dans la baie de Dantzig, une Balénoptère dont M. Menge a fait connaître le squelette. Du 17 au 48 août on avait vu l’animal dans la baie; les trois derniers coups de lance, donnés dans les poumons, le foie et l'estomac, l'ont achevé. M. Menge a accompagné sa notice de quatre photographies, représentant le squelette complet et les divers os séparément. La longueur est de 34 pieds 10 pouces. Il reste aux yeux de quelques naturalistes, des doutes sur la nature de cette Balénoptère.

Nous trouvons aussi quelques exemples de captures faites de l'autre côté de l'Atlantique. Dans la baie de Mob Jack (Virginie),

1 Lettre de Koren à Lilljeborg.

NDeskiivelse p25.

5 Proc. Zool. Soc., novembre 1883.

4 Report of the british Association, 1886, p. 1053.

en mai1866,on a pris un Mysticète qu’on a désigné sous le nom de Sibbaldius tuberosus, et qui paraît appartenir à cette espèce, Je crois que les os en sont conservés au Musée de Philadelphie. L’animala été décrit par le professeur Taliaferro. M. Cope croit que ce Cétacé est une Balænoptera de l'espèce qui nous occupe !.

MUSÉES

Le squelette de cette espèce était encore excessivement rare, il y a quelques années; il sera bientôt aussi répandu que celui de la petite espèce, grâce à la pêche des Balénoptères sur les côtes de Finmark et de leur extrême abondance pendant Pété de 1885.

La tête de Balænoptera, rapportée par v. Baer de la mer Blanche pour le musée de S'-Pétersbourg, appartient, d’après le Dr Brandt, à la Balænoptera borealis.

Le Musée de l'Université de Berlin possède depuis longtemps le seul squelette connu, provenant de l'individu échoué en 1819 sur les côtes du Holstein et décrit par Rudolphi.

Le Musée de Leyde possède le squelette de l'animal échoué à Moniken-Dam. On fait aussi mention d’un squelette au Musée de Leyde, provenant d’un Jeune individu échoué dans la Zuyderzée, vers 1816, et qui a été acheté par un marchand d'huile d'Amsterdam. Les deux apophyses transverses de l’axis ne sont pas jointes. La première côte est biceps. Les caractères de ce squelette ont été donnés par le professeur W. Flower 2.

Le Musée de Bergen possède deux squelettes, un des îles Loffoden, donné par le D' Daniellsen, l’autre d’un animal échoué dans le voisinage de Bergen, en juillet 1863.

Le Musée royal de Bruxelles à fait l’acquisition d’un squelette préparé au cap Nord et que Eschricht nous avait cédé.

LProceed...... Acad., 1866, n.8- ? Traduction du mémoire de Lilljeborg sur les Cétacés des côtes scandinaves.

Nous avons vu, au Musée anatomique d'Édimbourg, des ossements fort intéressants d’un animal capturé dans le Firth of Forth.

Le Musée du Collège royal des chirurgiens à Londres renferme divers os d’un animal de taille ordinaire, provenant des côtes d'Angleterre; parmi eux nous avons remarqué une première côte bifurquée, fort large, du côté du sternum surtout, ainsi qu'un atlas et un axis provenant d’un animal bien adulte.

Au British Museum on conserve le squelette de Panimal qui a été capturé dans la rivière Crouch, en 1883 1.

Si je suis bien informé, le squelette de Panimal capturé vers ia même époque, également sur les côtes est d'Angleterre, a été acheté pour un musée d'Australie.

Le Musée de Leyde possède un squelette envoyé de Java et que M. Flower n'aurait pas hésité à rattacher à Pespèce qui nous oceupe, S'il ne venait pas de ces parages. Il est connu sous le nom de Balænoptera Schlegeli.

Le Muséum de Paris a reçu un squelette du Japon qui se rapproche, par tous les caractères tirés des os, de la Ealænoptera qu'on a nommée Schlegelii. I a de 11 à 12 mètres de longueur, et la tête a la même dimension que celle de notre Balænoytera borealis.

Au Musée de Christania, M. Guldberg a déposé un fœtus de 4n,355, dont il a donné la description dans les Bulielins de l'Académie Ce Bruxelles (janv. 1884).

Le mémc Musée renferme un crâne, une omoplate, une troisième cervicale, les os du bassin, los tympanique.

M. Guldherg est en possession des trois premières cervicales d’un animal très vieux, capturé près du cap Nord (Fufjord). Ces trois vertèbres sont soudées par leur bord inférieur, tout en laissant un certain espace entre le corps des vertèbres.

Nous trouvons un squelette complet au Musée de Dantzig

1 List of the specimens of Cetacea in the Zoological department of the British Museum. London, 1885.

dont le crâne est photographié. Il provient d’un animal échoué dans la Baltique.

A Bayonne on trouve le squelette de l’animal capturé à Biarritz, en juillet 1874; 1] a été signalé par le D" Fischer 1,

M. Gerrard, à Londres, est, au moment de mettre cette page sous presse, en possession d’un squelette provenant d’un animal qui a échoué dans la Tamise, près de Tilbury, au mois d'octobre dernier (1887).

Le Musée de Cherbourg est en possession de sept fanons d’un animal de cette espèce, que je croyais d’abord devoir rapporter à la Balænoptera Sibbaldii à cause de leur couleur noire luisante; je n’avais pas remarqué d’abord les barbes blanches. On ne connaît rien de positif sur leur origine. Peut-être ont ils été apportés par un des navires de l’État, qu’on envoie au Nord protéger la pêche d'Islande : la corvette La Recherche à été envoyée en 1834 à la recherche du brig La Lilloise.

Plusieurs Musées du Nord ont des fanons de cette espèce; nous en avons à Louvain d’un jeune animal et d’un animal adulte que nous devons à M. Guldberg, et nous en possédions un depuis longtemps, qui nous avait été envoyé par le capitaine Jouan.

DESSINS

Cette espèce a été rarement représentée; nous en trouvons un dessin dans Brandt, Medicinische Zoologie (1827-1834), planche XV, figure 3, dessin qui a été exécuté par Von Mathiesen en 1819, à Hambourg, d’après l'animal échoué sur les côtes du Holstein; le squelette est au Musée de l'Université de Berlin. C’est la même Balénoptère qui a été décrite par Rudolphi et que Cuvier avait confondue avec les autres espèces sous le nom de Balénoptère du Nord.

! Comptes rendus, 27 décembre 1876. et Journal de Zoologie, vol. V, p. 462, 1876.

TouE XLI. 15

Le professeur Van Breda possédait le dessin de l'animal qui a été capturé en 1811 dans la Zuider-Zee. Nous ne savons entre les mains de qui il se trouve aujourd’hui.

Le Dr Fischer a publié un croquis, fait par MM. de Folin et E. Moreau, d’un jeune mâle qui est venu à la côte, entre Bidart et Biarritz (Basses-Pyrénées), en 1874.

Sars en à publié un dessin d’après un animal des îles Loffoden.

Le D' Guldberg m'a montré un dessin fait grossièrement sur place au cap Nord ; 1l reproduit la forme du corps, mais sans la queue.

R. Collett vient de publier un beau dessin du mâle et de la femelle encore en chair.

L'individu échoué dernièrement dans la Tamise a été photographié.

Le squelette et la tête surtout ont été dessinés plusieurs fois. Nous trouvons d’abord Fun et l’autre dans le Mémoire de Rudolphi, et Cuvier n’a fait que reproduire le dessin de la tête, dans ses Recherches sur les ossements fossiles.

Brandt et Ratzeburg ont ensuite reproduit le dessin du squelette de cette espèce, comme plus tard Pander et d'Alton.

La même tête avec la première côte ont été reproduites encore par Gray et plusieurs autres naturalistes.

Nous avons inseré un dessin du squelette dans l'Ostéographie que nous avons publiée avec la collaboration de Paul Gervais, planche X et XI, sous le nom de Balænoptera laticeps.

PARASITES

Les fanons, surtout ceux du milieu, se couvrent de Crustacés Copépodes en prodigieuse quantité. On trouve d’un côté des jeunes en voie de développement, et de l’autre côté des adultes, parmi lesquels nous avons vu des femelles portant leurs œufs dans des ovisacs de forme ovale. Ce parasite ou, pour mieux dire, ce commensal, puisqu'il ne peut se nourrir aux dépens

de son hôte, a été décrit et figuré dans les Mémoires de l’Académie de Stockholm {1879)sous, le nom de Balænophyllus unisetus, par M. Aurivillius. Nous l’avons trouvé en abondance sur des fanons que M. Guldberg a bien voulu nous donner.

Ce même Balænophyllus vit aussi sur les fanons de la Balænoptera Sibbaldi.

M. R. Collett a trouvé dans l'intestin de tous les individus qu'il a ouverts, des milliers d'Échinorhynques, qu'il rapporte à deux espèces différentes : l’une à l'Echinorhyneus porrigens, l'autre à une espèce voisine de lEchinorhyncus brevicollis, décrite par Malm en 186%. M. Collett suppose que ce dernier Échinorhyncus est nouveau, qu'il est introduit par une pâture que la Balénoptère prend dans une autre saison et probablement dans d’autres parages. M. R. Collett lui donne le nom de Echinorhyneus ruber ; il publie une bonne figure de animal, de grandeur naturelle, et du rostre grossi.

M. le marquis de Wavrin a arraché de la peau d’une Balænoptera fraichement capturée sur la côte de Finmark, que nous supposons être la borealis, un parasite qui ne peut être qu’une Penella, d’après la description qu'il nous en a donnée.

BALÆNOPTERA MUSCULUS.

LITTÉRATURE

Van Beneden, Votice sur une Baleine prise près de l’île Vlicland, et dont le squelette est monté au Jardin royal de zoologie d’ Anvers. BuLLer. DE L'ACAD. ROYALE DE BELGIQUE, t. XXIV, 1857.

Paul Gervais, Sur la Baleine de la Méditerranée. BuLrer. DE L’ACav. ROYALE DE BELGIQUE, 2° série, t. XIV.

D' Murie, On the anatomy of Physalus antiquorum. Procsen. ZooL. Soc., 1865, p. 206.

VW. H. Flower, Observations upon a Fin-whale (Physalus antiquorum,

Gray) recently stranded in Pevensey Bay. Proc. Zoo. Soc. of London, novembre 1865,

G. 0. Sars, Beskrivelse af en ved Lofoten indbjærget Rohrval Balæ-

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Chev. Prof. w. biorio, Z{ Celaceo di S. marinella. ATri DELL’ ACCADEMIA PONTIFICA DEI NUOVI LINCEI, AS66.

Malm, Om cit à Zoologiska Rick:museum Skelett af Balænoptera mus-

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1869. p &ou WA } LM

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Van Boeneden, Mémoire sur une Balénoptère, capturée dans l'Escaut. Mém. AcaD. ROYALE DE BELGIQUE, 1871.

Thom. Dwight, Description of the Balænoptera musculus. ME. oN

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Fried. Braeutigam, Eïinige Zoologisch-Zootomische Beiträge zur Walthierkunde. INauG. DisserTATIioN, Berlin, 1874.

Van Heneden, Une nouvelle Balænoptera rostrata dans la Méditerrance. BULLETIN DE L'ACADÉMIE, t. VIII, 1884.

Yves de Lage, Histoire de la Balænoptera musculus, échouée sur la plage de Langrune. ARCHIVES DE ZOOLOGIE EXPÉRIMENTALE, 1886.

+ éditées ht à

HISTORIQUE

La Balænoptera musculus est la Balénoptère la plus commune : elle échoue sur les côtes d'Europe depuis la Laponie jusqu’au fond de la Méditerranée. Elle est aussi la plus anciennement connue : Aristote parle d'elle sous le nom de Mysticetus ; 1 lui met dans la bouche des poils qui rappellent, dit-il, les soies du porc, ce qui ne peut s'appliquer qu’à un Cétacé à fanons.

Pline cite les paroles d’Aristote et donne à l'animal le nom de Musculus, nom que cette espèce porte généralement aujourd'hui.

Dans son Systema naturæ, Linné a réuni les observations faites sur ces animaux tant par les naturalistes que par les baleiniers et les voyageurs. Mais comme on ne possédait point de squelettes dans les Musées et que les descriptions laissaient beaucoup à désirer sous le rapport de l’exactitude, il n’est pas possible de dire si le naturaliste suédois a appliqué le nom de Musculus à l'espèce de Balénoptère qui nous occupe. D'ailleurs, si Linné s'était rendu au Groënland, il aurait eu de la peine à reconnaitre lui-même les animaux auxquels il avait donné des noms.

Un élève de Linné, Fabricius, a eu l’occasion d'étudier les Cétacés qui vivent sur les côtes de Groënland ; mais trop confiant dans la science de son maître, il a voulu se servir des noms linnéens pour désigner les animaux qu’il connaissait. Il en est résulté une certaine confusion, qui heureusement touche à son terme. On connaît aujourd’hui positivement les espèces que Fabricius a dû voir sur place; mais on est loin d’être d'accord sur celles que Linné n’a connues que par des descriptions incomplètes et souvent erronées.

Ce qui montre combien nos connaissances sur la structure des Cétacés étaient peu avancées, c’est que, en 1835, Vrolik disait, dans sa Notice sur l'anatomie d’une Balénoptère, « si on

examine attentivement les ouvrages antérieurs de Hunter, de Camper et de Cuvier, il ne peut y avoir de doute que tout notre savoir ne va quère plus loin que le squelette, le larynx, l'œil et l'oreille. » Ce sont en effet les parties que Pierre Camper avait étudiées.

Les naturalistes sont d'accord aujourd’hui pour conserver le nom de Musculus à l'espèce de Balénoptère qui atteint une longueur moyenne de 60 pieds, qui a les fanons d'un gris verdâtre, rayés de blanc, soixante-deux vertèbres, un sternum court et large en avant, et dont le fœtus à terme atteint le quart de la longueur de la mère.

C'est le Cétacé à fanons qui pénètre le plus souvent dans la Méditerranée.

Ce n'est que depuis peu que l’on connaît deux exemplaires de Balænoptera rostrata, un de Balæna biscayensis et un de Megaptera boops, qui ont pénétré accidentellement dans cette mer intérieure, tandis que la Balænoptera musculus x est assez fréquente, au point que Cuvier la croyait propre à la Méditerrance; aussi, pour le grand naturaliste du Muséum, c'était le Rorqual de la Méditerranée, tandis que les autres espèces n'étaient que des âges différents du Rorqual de la mer du Nord.

Nous l'avons déjà répété, toutes les Balénoptères qui pénètrent dans les mers intérieures d'Europe sont prepres à Atlantique, et nous pouvons même ajouter à l'Atlantique septentrionale.

Ïl est vrai, on a capturé dans ces derniers temps un Musculus assez Jeune (5%, 25) pour supposer qu'il est né dans la Méditerranée; mais quand cela serait vrai, il n’est pas démontré que ce n’est pas une mère grosse, qui, approchant des côtes pour chercher une baie propice à la parturition, a penétré accidentellement par le détroit de Gibraltar et dont le baleineau à peine né a été capturé.

On a d’ailleurs capturé dans la Méditerranée d’autres femelles accompagnées de leur baleineau ou qui y ont mis bas.

En 1583, on en a vu une avec son jeune, au Nord-Ouest du

OC

cap de Creux, et le 3 septembre 1870 une femelle, presque à terme, a été capturée sur les côtes du département de l'Hérault.

On cite encore la capture d’une autre femelle accompagnée d’un Baleineau de 6 mètres.

Sur la plage de Monte-Rosso une femelle, en état de gestation, a été trouvée morte en 1878.

La taille des deux baleineaux (5. 25 et 6.) indique à peu près leur âge : le jeune musculus à tout au plus à mètres en venant au monde.

Schlegel a publié différents mémoires sur les animaux qui nous occupent; pour le directeur du Musée de Leyde, il n’y avait qu'une Balénoptère pour tout l'hémisphère arctique, et la Megaptera du Japon passait pour la Balénoptère antarctique ; il n’y avait également pour lui qu'une seule espèce de Baleine dans chaque hémisphère.

Lorsqu’en 1834, Paul Garmard rapporta de son voyage en Islande quelques caisses tympaniques de Balénoptères, 1l ne nôus fut pas difficile de reconnaitre l'identité de ces os avec ceux de la Balénoptère qui fréquente la Méditerranée; confiant dans la science de Cuvier, le Rorqual s'étend, disions-nous, jusqu'en Islande, tandis qu'en réalité cette espèce est un animal boréal qui va se perdre quelquefois dans cette mer.

Ce n’est pas moins Cuvier qui a établi la cétologie sur sa véritable base, en n’admettant que ce que les squelettes ou ies crânes connus lui avaient appris; et, de son côté, Holbüll, gouverneur du Groënland, faisait des observations sur les Cétacés qui fréquentent ces côtes; il recueillait en même temps tout ce que les pêcheurs lui rapportaient, et envoyait à son ami Eschricht squelette, fœtus et toutes les parties qui pouvaient être conservées. Il existe, en dehors des Baleines, cinq espèces de Cétacés à fanons, disait Holbôll ; une est connue aujourd’hui sous le nom de Megaptera, et les quatre autres sont les Balénoptères des naturalistes actuels. Celle qui nous occupe était connue des pêcheurs sous le nom de Keporkarnak.

Eschricht a mis à profit tous ces matériaux, et on peut dire que c’est lui qui a fondé la Cétologie des naturalistes.

Le professeur O0. G. Sars, de son côté, a beaucoup contribué à étendre nos connaissances sur ces animaux; ayant passé plusieurs années aux Iles Loffoden, il a fait des observations intéressantes sur la Balænoptera musculus, comme sur les autres espèces, et il a comparé avec soin les divers os de leurs squelettes. Son travail spécial sur la Batœnoptera musculus est accompagné de trois planches qui reproduisent fidèlement leurs caractères extérieurs.

Le professeur de Christiania a publié ensuite, en 1868, une notice sur les variations des Balénoptéres, une autre en 1874 sur la Balænoptera Sibbaldii, en 1878 une nouvelle sur les caractères des diverses espèces de ce genre.

Le professeur Flower a beaucoup contribué à faire connaître l'espèce qui nous occupe, en publiant divers mémoires, parmi lesquels nous pouvons citer surtout celui qui a pour objet l'individu qui a péri dans la baie de Pevensay (Sussex) en 1865. C'était un mâle de 67 pieds de longueur, dont l’état de conservation laissait beaucoup à désirer. C’est dans ce cadavre que le directeur du British Museum a reconnu la véritable composition du bassin des Balénoptères. Le savant directeur du British Museum a eu l’occasion d'étudier également deux autres individus capturés, l’un à Margate, l’autre à Falmouth, et le superbe squelette conservé à l'Ile de Wight (Blac Gang Chine) provenant d’un animal échoué près de Ventnor.

On a beaucoup écrit sur cette espèce, comme nous venons de le voir; on a donné des détails sur son organisation; on s’est occupé de ses caractères extérieurs, du nom qu'elle doit porter, des parages qu’elle fréquente, des lieux où des individus sont venus échouer ; mais ce n’est que depuis la pêche des Balénoptères, organisée sur une grande échelle sur les côtes de Finmark, que l’on a commencé à la reconnaître définitivement.

Parmi les auteurs qui ont le plus contribué à éclaircir l’histoire de cette espèce, nous devons citer, par ordre de date, Knox, Schlegel, Vrolik, Eschricht, Flower, Sars, et, dans ces derniers temps, Yves Delage et Guldberg.

SYNONYNMIE.

Cette Balénoptère a été désignée sous un grand nombre de noms, et il y a lieu d'espérer que le nom de Balænoptera musculus lui restera.

Nous croyons que la science n’a rien a gagner à former une liste complète de tous les synonymes; ilest préférable, pensonsnous, de faire un choix et de ne donner des synonymes que pour éviter la confusion.

Mysticetus, Aristote

Musculus, Pline.

Rorqual de la Méditerranée, Cuvier.

Physalus antiquorum, Gray.

Dterobulæna communs, Eschricht.

Le Tunnolik ou Keporkarnak des Groënlandais.

Le Sitdreki des Islandais.

Le Razorback des baleiniers américains.

Le Finnfisch et Vinwall des baleiniers en général. Le Rohrval des Norvégiens.

On l'appelle encore Lodde et Capelan Whale.

La Balénoptère que James Hector fait connaître sous le nom de Physalus australis, Gray, correspond parfaitement, d’après les fanons, à notre Balænoptera musculus ; elle a aussi 60 pieds de long. Les vertèbres sont au nombre de 62, divisées en 7 cervicales, 15 dorsales, 15 lombaires et 25 caudales.

La Balænoptera Patachonica de Burmeister doit aussi être assimilée au Musculus.

CARACTÈRES

La face inférieure du corps est blanche; les fanons sont d’un gris pâle verdâtre, souvent parcourus dans leur longueur par des stries blanches; les vertèbres sont au nombre de 62 et les côtes de 15 paires ; le sternum est large en avant etterminé en pointe.

La nagcoire dorsale est placée au-dessus de l'anus, vers les trois quarts de la longueur du corps ! ; elle est assez grande.

Le corps est mince et allongé comme s’il était appauvri, très comprimé au-devant de la nageoire caudale 2,

Il y a une sorte de pleuronectisme dans la Balænoptera musculus, dit M. G. Pouchet 3, en ce que la face du corps est souvent plus pâle d’un côté que de l’autre. Cette observation a d'abord été faite par Sars 4; Guldberg à croit que cette couleur blanche d’un côté se trouve tantôt à droite, tantôt à gauche.

Les fanons n’ont Jamais cette couleur noire de la grande espèce, mi la couleur jaune de paille de la petite espèce ; ils sont généralement verdâtres et portent des stries; ils ont moins de valeur que ceux de la Balænoptera Sibbaldii. Cependant ils n'ont pas toujours la même couleur : l'individu échoué à Palevas avait les fanons blancs, nuancés de vert, teinte qui passait même au noir sur le bord concave ou interne.

La longueur moyenne de l'animal complètement adulte est d'environ 60 pieds. M. Guldberg leur donne de 60 à 70 pieds.

Le professeur Sars pense de même que leur longueur peut atteindre jusqu’à 70 pieds, mais on peut se demander s'il n’y a pas confusion avec la B. Sibbaldii.

La femelle est plus grande que le mâle. M. A. Cocks a mesuré à Vardô un mâle qui avait 64 pieds 6 pouces (anglais).

M. Cocks à vu à Vardô, au mois d'avril, un fœtus de 1 pied 41/9 pouces, et le 13 juin, à Eretiki, un autre de 4 pieds 6 pouces.

Mais c’est surtout à Guldberg que nous devons des renseignements intéressants sur la taille des femelles, sur les fœtus, et sur leurs mesures aux divers mois de l'été.

! Dans la Balænoptera Sibbaldii, la nageoire dorsale est placée sur les quatre cinquièmes de la longueur du corps et elle est encore plus élevée.

? Cet animal est si mince, si allongé et si tranchant en arrière, que les marins Anglais l'ont appelé Razorback. |

5 G. Poucuer, De l'asymétrie de la face chez les Célodontes, Paris, 1880-

# Vidensk., Fôrhandl., 1880.

® Bullet. de l'Acad. royale de Belgique, avril 1884.

La plupart des mères mesuraient de 65 à 68 pieds, et dépassaient donc la moyenne que nous avons donnée. Les mères, pendant la gestation, sont recherchées par les baleiniers, à cause de la graisse qu’elles ont au cœur, au mésentère et aux reins.

La mesure des fœtus, trouvés dans le sein de mères capturées depuis le mois de mars jusqu’en août, et observés pendant quatre ans, présente une certaine régularité. En mars, M. Guldberg a mesuré un fœtus qui avait 126%; en avril, quatre avaient de 300 à 787, et un 2,510; en mai cinq fœtus avaient de 325 à 975"; en juin, six avaient de 1,135 à 2,037; en juillet, quatre mesuraient de 1,700 à 3,100; à la fin de juillet, deux jumeaux atteignaient chacun 2 mètres.

On n’a pas capturé de Balénoptère à terme.

Les nouveau-nés sont estimés à 6 mètres ou 18 pieds, et peut-être faut-il réduire cette taille à 16 pieds.

M. Guldberg a vu également des baleineaux accompagnant leur mère : au mois d'avril, un avait de 18 à 19 pieds; un second, 18 pieds; un troisième, 21 pieds, et, au commencement de mai, il en a vu un quatrième de 40 pieds.

En 18583. à la fin de mai, les pêcheurs ont observé pendant deux à trois Jours, à l’Est de Finmark, une gamme de baleineaux, dans le Voranger-fiord, sous la conduite d'individus adultes : les plus jeunes avaient 20 pieds. En juin on a aperçu encore d’autres petites gammes de baleineaux, accompagnées d'individus adultes.

Le 24 juillet 1883, une femelle, accompagnée de son baleineau, y fut encore tuée; ses mamelles contenaient plusieurs litres de lait. On n’a pas indiqué la taille du jeune.

ORGANISATION

Il existe une poche du larynx comme dans la Balénoptère de Sibbald, et sans doute dans les diverses espèces du genre. Du

Hamel la connaissait : on m'a assuré, dit-il {, que les Baleines ont au-dessous du gosier un grand réservoir d'air, qui équivaut aux petites vessies à air.

Cette poche a fait commettre bien des erreurs. Ainsi F. Cuvier 2, qui n'avait sans doute jamais vu de cadavre de Balénoptère, parle d’une vessie qui, après la mort, remonte dans la bouche de lanimal et force les mâächoires à s'écarter Pune de l’autre.

W. Vrolik s’est trouvé en présence d’un cadavre de cette espèce sur les côtes de la Hoïlande et a confondu cette poche avec un intestin, qui va, d’après lui, du menton jusqu'à Pombilie $. Au lieu de se trouver dans la cavité abdominale, comme chez les autres mammifères, les intestins sont placés, dit-il, en dehors. On ne dira pas cependant que W. Vrolik, comme son père, nétait pas un véritable anatomiste.

Pour expliquer la présence des sillons dans les Balénoptères, Vrolik suppose qu’il sont en rapport avec la nécessité de dilatation de l’œsophage, quand lanimal avale de gros poissons, comme il a l’habitude de le faire, dit-11. — Jamais on n’a trouvé, que je sache, des restes de gros poissons dans l'estomac des Balénoptères; ce sont des poissons comme les harengs, les capelans ou les petites espèces de gades dont elles se nourrissent.

Nous avons fait dessiner cette poche et ses rapports avec le larynx dans les Bulletins de l'Académie, 8° sér. t. II, 1881. Le professeur Sir Turner a fort bien représenté cette même poche en place dans un fœtus de Balænoptera Sibbaldii.

Le Dr Ravin a publié quelques observations anatomiques sur les fanons d’un animal de 41 pieds de long, échoué en 1829 sur la côte du département de la Somme #.

L'étude du fœtus a fait connaître que l'intestin grêle et le

1 Traité des Péches, vol. IV, p. 6.

Hist natur. Célacés, p xv.

Ann. Sc. nal., 1858.

4 Ann. Sc. nat., 1856, p. 266, pl. 11.

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