‹ Histoire naturelle des cétacés des mers d'EuropeChapitre 24 sur 51 · MIN · texte numérisé non relu

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HYPEROODON ROSTRATUM.

LITTÉRATURE

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HISTORIQUE

Les pêcheurs de Färoër et d'Islande ont connu l'Hyperoodon longtemps avant les naturalistes. Is le désignaient sous le nom de Dügling.

Au commencement du siècle précédent, deux Hyperoodons échouent en Angleterre sur les côtes d’'Essex; il en est fait mention dans une fistoire des antiquités de Harwich, avec des notes sur l'histoire naturelle, par Dale. L'un, de 1% pieds, sé perdit en 1717 près de Malden; l'autre, de 21 pieds, près de Bradwel, à peu près en même temps que le précédent.

En 1755, E. Pontoppidan publie une histoire naturelle de Norwège et il décrit l'Hyperoodon sous le nom de Balæna rostrala, nom spécifique qui a produit pendant longtemps une grande confusion. Fabricius a donné le même nom à la petite espèce de Balénoptère.

Chemnitz fait mention, en 1779, sous le même nom de Balæna rostrata, d'un mâle, capturé dans les eaux de Spitzberg, dont les principales parties du corps ont été apportées à Copenhague.

En 1783, un Hyperoodon est capturé dans la Tamise, près de London-Bridge ; il tombe heureusement dans les mains de Hunter, qui, tout en ne connaissant pas bien l’animal, n’en à pas moins parfaitement exposé son organisation.

Ce travail n’était pas seulement classique pour l’époque où il à paru, dit Eschricht, mais c’est la collection de faits anatomiques la plus remarquable sur les Cétacés; on y trouve tout ce que l’on sait sur les Hyperoodons, dit-il. Mème le dessin de Hunter est un des meilleurs qui existent de cet animal, dit le savant professeur danois.

Deux années après la publication de Hunter, Baussard, un officier de marine, publia des observations sur deux femelles, l’une de 23 1} pieds, l’autre de 42 !,, qui venaient d’échouer

à Honfleur, à embouchure de la Seine. La description de la

peau qui tapisse le palais, a fait croire à Lacépède que ces animaux portaient des dents au palais; c’est l’origine du mot Hyperoodon, qui est accepté aujourd'hui par tous les cétologistes.

L'Hyperoodon n'était pas encore représenté par son squelette au Muséum de Paris, à l'époque où Cuvier écrivait ses Recherches sur les ossements fossiles et la description qu’il en donne est faite d’après le squelette de Hunter.

En 1841, Wesmael publia une notice zoologique sur un Hyperoodon, à propos d'un animal échoué le 16 septembre 1840 sur un banc de sable près de Ziericzee. M. Wesmael cherche à mettre d'accord les divers auteurs qui se sont occupés de cet animal. On a fait avant lui presque autant d’espèces qu'il est échoué d'individus, dit-il avec raison, et il exprime l'opinion, qu’il n’y a qu’une espèce d'Hyperoodon, à laquelle il conserve le nom spécifique de rostratum, proposé par Pontoppidan.

En 1845, le D' A. Jacob a publié à Dublin le résultat de ses observations anatomiques et zoologiques sur ce même animal.

A l'occasion d'un Hyperoodon échoué en 1846 à Zantvoord, W. Vrolik publie, en 1848, un mémoire fort intéressant sur ce Cétacé et ne néglige pas d'étudier l'animal sous le rapport anatomique. Le savant anatomiste d'Amsterdam passe en revue J’appareil respiratoire, digestif, circulatoire, sexuel femelle, l'œil, la peau, et décrit avec soin le squelette sans négliger les os du bassin. Quinze belles planches accompagnent ce mémoire.

Il parle avec raison du temps, de l'argent et des efforts extraordinaires que l’on doit faire pour obtenir un mince résultat dans l'étude d'un Cétacé.

En 1849, Eschricht fait paraître ses Nordischen W'allthiere,

et consacre un chapitre à l’histoire du Cétacé qui nous occupe.

Nous lisons en tête de ce chapitre : « Ueber die Schnabelwalle » (Rhynchoceti, die Zahnlosen Delphine, Schlegels, Hyperoo- » dontina, Gray’s)imalgemeinen und den Entenwall(Chænocelus » rostralus, Hyperodon rostratum, auctorum) im besondern. »

Il expose : 1° ce qui est connu de ces animaux; 2° leur répartition aux hautes latitudes et la connaissance que les habitants de ces régions avaient d'eux; 3° leurs caractères extérieurs; 4° leur dentition; 5° leur cavité de la bouche; 6° leur estomac; 7° leur muqueuse intestinale; 8° leur ostéologie; 9 leur place systématique dans l’ordre des Cétacés ; 10° la comparaison de ces faits avec les observations des auteurs les plus récents.

Les Rhynchoceti ne comprennent que deux genres : ChϾnocetus ou Hyperoodon, et Micropteron.

On a beaucoup écrit sur les Hyperoodons depuis Eschricht, mais, à l'exception des observations sur la différence des sexes qu'Eschricht soupçonnait, nous ne trouvons rien de bien important à ajouter. On a été, jusque dans ces derniers temps, dans le doute sur l'existence d’une seconde ou de plusieurs espèces de ce genre dans nos mers. On avait pêché un Hyperoodon avec des maxillaires très élevés au milieu du rostre et se joignant même sur la ligne médiane; Gray lui avait donné le nom d'Hyperoodon latifrons. Eschricht avait émis l'opinion que cette forme extraordinaire pouvait bien indiquer le mâle; les individus capturés dont on avait constaté le sexe étaient à peu près tous femelles. Eschricht avait raison, comme nous le verrons plus loin.

Un médecin islandais, Haalland, a envoyé à Eschricht ! les principales parties du corps d’un Hyperoodon conservé dans le sel et dans l'alcool, et lui a fait part de plusieurs observations intéressantes faites sur deux individus, dont un fut capturé.

Eschricht à reconnu que, dans la description qu'il avait donnée de l’estomae, il avait été induit en erreur par la mauvaise conservation de la pièce qu'il avait eue d’abord sous les yeux.

Dans le fœtus, l'estomac présente déjà tous les caractères de l'adulte.

Le professeur Struthers (1871) a publié le résultat de ses observations sur les muscles des doigts d’un Hyperoodon échoué sur les côtes d'Écosse.

{ Escaricur, Nord. W'allt., p. 26.

En 1882, M. W. Flower! a fait connaître un crâne d'Hyperoodon, trouvé au nord-ouest de l'Australie, à Pile Lewis. Quoique mutilé, il appartient évidemment à ce genre, mais il présente des caractères assez particuliers pour ne pas le confondre avec l'espèce de notre hémisphère, dit M. Flower, qui le désigne sous le nom d’AHyperoodon planifrons.

A la séance du 19 décembre de cette même année, M. W. Flower ? communiqua une note dans laquelle il fit l'historique de l'Hyperoodon latifrons proposé par Gray, et fit connaître les observations de David Gray, commandant du baleinier l'Éclipse, d’après lequel le prétendu Hyperoodon latifrons est tout simplement, comme Eschricht lavait soupçonné depuis trente ans, un Hyperoodon ordinaire du sexe mâle.

Le capitaine de FÉclipse fait connaître en même temps les faits les plus intéressants sur le séjour de ce Cétacé à l’est du Groenland.

Au mois d'avril 1884, M. Southwell, de son côté, a publié des faits d’une grande importance sur la pêche des Hyperoodons.

Le Docteur-professeur Gerstäcker vient de publier une monographie du squelette des Cétacés, traitant surtout de l'Hyperoodon rostratus. Au commencement du mois de février 4877, un individu est venu se perdre la nuit sur un banc de sable sur les côtes de la Baltique.

M. Gerstäcker étudie d’abord la tête et s'étend longuement sur l'os lacrymal, que P. Gervais a bien déerit, dit-il ; il étudie ensuite la colonne vertébrale et consacre un chapitre à la région cervicale, un autre aux vertèbres dorsales, aux côtes et au sternum. À propos des os lacrymaux, 1l fait remarquer que, contrairement à l'avis de Stannius et de Flower, ces os existent dans les genres Delphinus, Phocæna, Lagenorhynchus,

1 FLower, On the Cranium of a new species of Hypcroodon.…, Proc. Zoo. Soc., London, 1882.

? Frower, On the Whales of te genus Hyperoodon, Proc. Zoor. Soc., déc. 1882.

Tursiops et Globiceps, comme dans les Hyperoodons. Il s'étend ensuite sur les rapports morphologiques des côtes et des apophyses transverses des vertèbres dorsales.

Après avoir passé en revue les autres parties du squelette et fait remarquer le peu de développement des nageoires pectorales, si bien exposées par Vrolik, il compare la colonne vertébrale des Cétacés à la colonne vertébrale des autres ordres de mammifères.

Les figures qui accompagnent ce travail montrent fort bien la différence fondamentale qui existe dès l’origine entre les diapophyses et les parapophyses. Les dernières dorsales des Hyperoodons sont, sous ce rapport, très instructives.

SYNONYMIE

Delphinus diodon. Hunter.

Hyperoodon diodon. Lacépède. —— rostratum, Chemnitz.

— latifrons, Gray.

Butzkopf, Entenwall, des Allemands.

Dügling, des habitants de Färoër.

Bottlenose Whale, des Anglais.

Andvhalar où Andarnefia, des Islandais.

Anarnak, des Groenlandais.

Le Dauphin diodon de Lacépède est l'Hyperoodon ; on lui a donné successivement les noms de Delphinus diodon, d'Edentulus, de Monodon, d’Ancylodon, d'Aodon, d'Hétérodon et d'Hyperdon; celui qui lui est conservé, Hyperoodon, repose, comme nous l'avons ditplus haut, sur une erreur d'observation.

L'Hyperoodon latifrons est bien, comme Eschricht l'avait montré, basé sur un crâne de mâle : il avait trouvé déjà des différences sexuelles semblables dans d’autres Cétacés, parmi lesquels il cite le Globiceps.

L'Hyperoodon semijunctus de Cope est un Ziphius cavirostris 1.

CARACTÈRES ET DESCRIPTION

Après le Cachalot, c'est la plus grande espèce de Ziphioïde. On la reconnait facilement à ses petites nageoires pectorales et à l'absence presque totale de dents aux deux mâchoires. Nous disons, absence, parce que les deux, ou quelquefois les quatre dents du bout du maxillaire inférieur, ne percent que faiblement les gencives.

On ne peut confondre l'Hyperoodon avec aucun autre Cétacé ; il à la tête tronquée comme le Cachalot, les dents manquent complètement à la mâchoire supérieure, et, à la mâchoire inférieure, on en trouve, tout au bout antérieur, une ou deux paires assez petites. La tête osseuse a surtout de remarquable, que les maxillaires s'élèvent verticalement comme deux ailes qui convergent l'une vers l’autresur la ligne médiane, et qui, chez les mâles, se touchent au milieu du rostre.

Ils ont deux sillons sous la gorge. Ces sillons sont bien représentés par Gray, planche IT, d’Erebus and Terror ; Vrolik les représente aussi dans son dessin.

Blainville les à signalé, sous le menton du Micropteron.

Le capitaine Scammon a reconnu ces mêmes sillons, même plus prononcés, dans le Rhachianectes glaucus, du Pacitique.

La couleur de la peau varie du noir au jaune pâle, chez les jeunes, au jaune brun, chez les adultes ; le rostre et le front deviennent blanc avec l’âge, et on voit apparaître une bande blanche autour du cou.

La coloration est, comme dans les autres cétacés, plus claire en dessous qu’en dessus.

La graisse renferme, comme celle du Cachalot, une certaine quantité de spermaceti ou blanc de Baleine ?.

1 Fev. Trur, À note upon the Hyperoodon semijunctus of Cope. Proc. UXx. Sr. NAT. Museum, 1885.

? Elle à plus de valeur commerciale que celle des autres Célacés.

La colonne vertébrale n’a que quarante-cinq vertèbres, sept cervicales, neuf dorsales, dix lombaires et dix-neuf caudales.

Les cervicales sont réunies comme dans les vraies Baleines.

L'articulation de la sixième côte est fort intéressante ; elle s'articule encore supérieurement, à l'arc neural et à l'apophyse transverse, tandis que la septième ne s'articule plus qu'avec l’apophyse transverse, comme les suivantes.

On compte, dans la nageoire pectorale, une phalange au pouce, einq à l'index, cinq au médian, quatre à l’annulaire et deux au petit doigt.

L’estomac est formé de sept poches qui se suivent; il y en à encore plus dans le Mésoplodon. Je trouve dans mes notes que cetestomac existe déjà avec les mêmes caractères dans le fœtus. Eschricht doutait encore s’il existe une communication directe entre ces chambres; Je la lui ai montrée à laide d’un stylet sur un fœtus pendant mon séjour à Copenhague en 1856.

Le professeur John Struthers a fait connaître les muscles des nageoires pectorales à la section de Zoologie de l'Association britannique à Aberdeen.

L'Hyperoodon a au moins 6 pieds en venant au monde ; les jeunes qu’on a trouvés en compagnie de leur mère avaient de 8 à 16 pieds. La femelle atteint de 27 à 28 pieds. On ne sait si le male devient plus grand.

La taille des individus capturés en Europe varie entre 8 et 28 1} pieds: les individus de 8 à 16 pieds suivaient encore leur mère.

David Gray accorde 30 pieds à l'adulte et 10 pieds au jeune en naissant. Ce dernier chiffre est exagéré.

On a donné la mesure de plusieurs mâles qui ont été capturés : un à Belfast qui avait 20 pieds, un autre décrit par Dale en avait 21; celui décrit par Chemnitz en avait 95; le plus grand est celui de Dunkerque, qui mesurait entre 27 et 28 pieds.

On a capturé à peu près autant de femelles; leur taille varie de 1# à 28 pieds et demi. La femelle décrite par Dale (1717)

n’en avait que 14; celle de Portoppidan, qui était pleine, portait un fœtus de 6 pieds; les femelles de Honfleur (1788), de Baussard, de Portland, de Zandvoort, avaient de 23 à 24 pieds; une seule, celle de Seignasse, en avait 28 et demi.

I n’y à pas d'observation faisant voir que les mäles sont plus grands que les femelles, dit Eschricht.

MOEURS

L'Hyperoodon vit par petites bandes ; lorsqu'on a commencé à le poursuivre, il était confiant d'abord, mais il est devenu craintif et méfiant.

Aujourd'hui on a quelque peine à Fapprocher. Le moindre bruit le met en fuite. Les pêcheurs des Färoër savent que, pour atteindre l'animal, ils doivent placer leurs gants de laine entre la rame et le canot sur lequel elle s'appuie.

Si l'on en juge par les individus qui sont venus se perdre sur les côtes et qui sont ordinairement deux, il y a lieu de croire que les Hyperoodons sont monogames.

On voit parfois aussi un jeune mâle avec une femelle et un vieux mâle.

On observe dans les eaux de Spitzberg que les Hyperoodons fréquentent Ja mer ouverte le long des glaces, en petites gammes de # à 10 individus, ayant un vieux mâle comme leader.

La päture des Hyperoodons consiste principalement en Céphalopodes. On connaît le contenu de l'estomac de l’animal ouvert par Hunter, par Baussard, par Vrolik, et ce dernier estime le nombre de becs trouvés dans un seul animal à dix mille; il y en a parfois non seulement dans l'estomac, mais aussi dans le commencement de l'intestin. La fin de l'intestin n’en renferme pas. En 1841 Eschricht a signalé, d'après Haalland, dans leur estomac, des becs de Céphalopodes qu'il rapporte à l'Onichoteuthis Fabricii, à une Sépia, à un Loligo, des restes de poisson et une Holothurie.

Ils trouvent ces nombreux mollusques surtout dans les srandes profondeurs.

L’estomac d’une mère capturée en septembre 1788 à lembouchure de la Seine ne contenait que des becs de Céphalopodes ; le jeune n'avait dans son estomac que de l'eau blanchâtre.

L'individu de 24 pieds, capturé en septembre 1880 près de Bangor, ainsi que la femelle capturée en novembre 1880 sur la côte de Kent, avaient également l’estomac plein de bees de Céphalopodes.

On n’a trouvé dans lestomae d’un autre individu eapturé que des morceaux de bois et des cailloux de la grosseur d’une grosse poire.

Des baleiniers prétendent que cet animal peut rester deux heures sous leau.

Il beugle d’une manière effrayante s’il échoue.

On a souvent parlé de l'odeur infecte du cadavre des Cétacés en général. Eschricht n'écrivait en mars 1861 : je ne conçois pas comment tous les observateurs se plaignent de lodeur infecte d’un cadavre de Cétacé. Celui-ci (un Hyperoodon) était mort depuis trois mois; mais exviscéré, il ne puait pas beaucoup. Il est vrai que c'était en plein hiver.

On prétend que le lard de ce Cétacé est purgatif !.

DISTRIBUTION HYDROGRAPHIQUE

L'Hyperoodon semble se tenir pendant l'été dans les mers arctiques, où il vit par petites bandes, et en haute mer. En automne il se rend au sud en passant, ou sur les côtes d'Islande, ou sur les côtes de Färoër où 1l arrive à peu près à époque fixe. Dans cette dernière île, il est même l’objet d’une pêche régulière ; on en prend tous les ans vers la fin d'octobre cinq ou six, et chose curieuse, ce sont toujours des femelles.

1 MaLuçrex, Troschels Archir., 1864, p. 92,

En 1886, le commandant de l'Éclipse part pour la pêche dans la Mer de Bafin; il quitte Peterhead (Écosse) le 20 avril et à cent milles des côtes il rencontre plusieurs Schools d'Hyperoodons ; quatre jours après 1l en rencontre encore et entre autres un Orque, très reconnaissable, dit-il, à sa nageoire dorsale, du moins le mäle. Le 26, le 27, il voit de nouveau l'Hyperoodon, et il apperçoit le même Cétacé jusqu'au dernier jour en approchant des glaces 1. Ces Hyperoodons se rendent sans doute à cette époque de l’année dans leur quartier d'été, comme plusieurs autres Cétacés.

On peut considérer les profondeurs de l'Atlantique septentrionale, de janvier à mars, comme station d'hiver des Hyperoodons, dit Eschricht. Cependant ils seraient très rares sur les côtes ouest d'Islande, dit Haalland, et, d’après Holbôll, ils le seraient également sur la côte ouest de Groënland. Ils sont sans doute rares à la latitude à laquelle Holbôll avait sa résidence, mais, à l’époque où Holb6ll gouvernait ce pays, les baleiniers ne croyaient pas les Hyperoodons assez importants pour leur faire la chasse; ils étaient confondus avec les autres espèces qui ne donnent aucun profit.

On voit les Hyperoodons dans le détroit de Davis, jusqu’au 70e degré latitude nord, dans le détroit de Hudson, et dans la baie de Cumberland.

On le voit aussi autour du cap Farewell, autour de l'Islande, de Jan Mevyen, jusqu’au 71° degré autour de Beereneiland, et jusqu’à la Nouvelle-Zemble.

Is fréquentent la mer ouverte dans ces régions, le long des glaces, en petites gammes de 4 à 10 individus.

Fréd. Martens cite l'Hyperoodon, sous le nom de Butskop, parmi les Cétacés observés au Spitzberg.

Chemnitz, de même, a reconnu les Hyperoodons à la hauteur de Spitzberg à la fin de l'été en 1777.

Malmgren a fait l’observation que l'Hyperoodon ne se trouve plus dans les eaux dont la température descend au-dessous

1 Ror. Gray, The Zoolugist, fév. 1887.

de — 3°; il en a vu en allant et en revenant du Spitzherg, mais seulement dans les eaux d'azur chauffées par le Gulfstream.

A son retour du Spitzberg, il en a vu reparaitre le 14 septembre sous la latitude de 78° nord.

Nous connaissons quelques exemples d'Hypéroodons perdus sur les côtes de Danemark, de Norvège et de Suède. Pontoppidan cite deux échouements sur les côtes de Norvège; nous en avons parlé plus haut.

Le 14 novembre 1838, quatre individus périssent sur les mêmes côtes, deux vieux, l’un de 24, l’autre de 27 pieds, et deux Jeunes, chacun de 8 pieds.

Dans le courant du mois d'août 1846, dans l'intervalle de quelques jours, il en vient deux à Ja côte dans la baie de Christiania, près de Frederichstadt.

Vers la fin du mois d'octobre 1860, une petite school de cinq individus est venue se perdre sur la côte de Jutland (Danemark), après un très gros temps. Parmi eux se trouvait un nouveau-né qui a été malheureusement massacré, nr'écrivait Eschricht. Je me suis rendu sur les lieux, dit-il dans une lettre du 28 novembre 1860, mais il était trop tard pour étudier le nouveau-né, les débris en étaient dispersés !.

En avril 1881, un Hypéroodon mäle a échoué aux îles Loffoden ; son crâne est conservé au Musée de Christiania.

En draguant dans la mer du Nord, sur le great Fischer Bank, on a recueilli la tète d’un mâle adulte. Elle est déposée à Norwich. Nous avons fait connaître une tête de Balænoptera rostrata recueillie dans les mêmes conditions, également dans la mer du Nord.

1 Vo'ci comment Eschricht s'exprimait à ce sujet cn français :

«L'orage qui a jeté au mois d'octobre une masse de navires sur nos côtes paraît ma‘ntenant éterde ses effets aux Hypéroodons. Il n’y en a pas moins de cinq qui viennent d’échouer sur nos côtes. Ce qui m'a fait le plus de peine, c'est qu'un nouveau-né se trouvait parmi eux et qu'il a été complètement massacré par ces …. Je vicns de donner ordre qu'on m'envoie les viscères qui sont enterrés ». (Lettre du 9 mars 1861.)

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