‹ Histoire naturelle des cétacés des mers d'EuropeChapitre 36 sur 51 · AAA · texte numérisé non relu

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La première paire supérieure est plus petite que les autres.

Les Orques ont communément treize dents de chaque côté et à chaque mâchoire, les Grindewalls dix-huit et souvent elles sont caduques chez ces derniers.

Les vertèbres de Pseudorca sont allongées et ressemblent plutôt à celles de Narval qu’à des vertèbres d’Orque.

Les cervicales sont soudées ensemble comme dans les Grindewalls ; les Orques ont toujours les deux dernières libres, les Pseudorques seulement la dernière.

MOEURS

Nous ne connaissons rien des mœurs de ces animaux, si ce n'est qu'ils vivent par bandes comme les Grindewalls et qu'ils se nourrissent de poissons.

Comme nous l'avons dit plus haut, M. Behn a trouvé une assez grande quantité de vertèbres de Gadus œglefinus, dans l'estomac d’une femelle et, sous le rapport des associations, il y a moins de ressemblance avec les Orques qu'avec les Globicephalus ; ces derniers, comme les Pseudorques, se réunissent en grand nombre pour former leurs Schools, tandis que les Orques se réunissent tout au plus à cinq ou six.

DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE

Un des faits les plus curieux des migrations des Cétacés est celui de ce Pseudorca qui fit son apparition dans la baie de Kiel; une gamme de plus de cent individus entra dans cette baie et, heureusement pour la science, quelques-uns d’entre eux y échouèrent ou furent capturés sur place.

Indépendamment de ceux qui furent pris dans la baie, un

mâle de 19 pieds vint se perdre sur les côtes de Danemark ; ils

servirent aux recherches du professeur Reinhardt.

Deux individus furent pris ensuite sur la plage d’Oresund et sur les côtes du Kattegat; leurs squelettes sont conservés au Musée de l'Université de Lund.

Comme nous l'avons dit plus haut, le Pseudorque n'est pas rare dans la Méditerranée.

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Nous trouvons dans nos notes qu'il existe une tête au Muséum, provenant de la Méditerranée, avec les dents © et qui n’est pas sans grandes affinités avec le Pseudorca.

Depuis l'apparition de ce Delphinide dans la baie de Kiel, la présence de Cétacés semblables à été constatée au Brésil et dans de mer de nos antipodes.

Burmeister a décrit et figuré, sous le nom de Globiocephalus Grayi, un animal capturé à l'embouchure de la Plata et qui appartient sans doute à la même espèce. Nous ferons remarquer qu’en 1861 une bande de Dauphins a suivi un navire depuis la côte du Brésil jusqu’à son entrée dans la Manche. Paul Gervais a publié une note spéciale sur ce sujet dans son journal ?,

Burmeister a vu, le 10 novembre 1850, en plein Atlantique, une bande de cinq Pseudorques, à 8° latitude nord et 29,5 au sud-ouest de Greenwich, qu'il a fait connaître sous le nom de Globicephalus Grayi ?.

Le Musée royal du collège des chirurgiens de Londres a reçu de Tasmanie, d’abord deux crânes, puis deux squelettes, et son savant directeur, M. Flower, ne trouve aucune raison de les distinguer des Pseudorca crassidens

Les Pseudorques hantent également les côtes de Patagonie.

Ce Cétacé semble hanter exactement les mêmes parages que le Tursiops.

En résumé, le Cétacé qui a fait son apparition dans nos mers en 1861, n’est pas une espèce à enregistrer dans la faune d'Europe; elle appartient plutôt à ces espèces qui ont l'Océan pour patrie et qu'on peut désigner avec raison comme orbicoles ou cosmopolites.

MUSÉES

Presque tous les squelettes connus proviennent de la bande qui à visité la baie de Kiel en 1861.

! Journal de Zoologie, t. 1, p. 68.

? Annales del Mus. publ. de Buenos-Ayres, 1860.

Au Musée de cette Université, on conserve les squelettes d’une femelle et d’un jeune ; à Copenhague, celui d’un mâle de dix-neuf pieds; à Lund on en conserve deux qui viennent de Torekov, près de Bästad (entrée 17 décembre 1852). Gôteborg possède également le squelette d’un animal perdu sur les côtes de Halland (1862). On en trouve encore des restes à Malmo et à Upsala.

Au Muséum de Paris, on en trouve une tête et quelques ossements de la bande de Kiel, donnés par Reinhardt, une tête provenant de la Méditerranée, avec les dents ++, et des ossements de Pseudorca meridionalis, donnés par M. Flower. On y conserve, en outre, un bout de maxillaire, avee les dents, envoyé jadis par Risso, qui peut bien appartenir au Pseudorque.

Au Musée de Brest, nous avons vu également le crâne d’un jeune animal, marqué Delphinus tursio, dont les dents -- sont plus fortes que celles du Tursiops.

Au Musée de Cambridge, on conserve, outre le squelette de Tasmanie, une région cervicale de cette espèce, retirée de la tourbe.

Au Musée de l'Université de Palerme se trouvaient deux crânes, un adulte et un jeune. Un de ces deux crânes est aujourd'hui à Florence.

Le British Muséum est aussi en possession de plusieurs pièces intéressantes : d’abord d’un squelette monté de la baie d'Aventure (Tasmanie) provenant d’une bande de quatre individus, capturés en même temps, dont deux se trouvent au Musée du collège royal des chirurgiens à Londres, et un, au Musée de l’Université de Cambridge.

Au Musée de Buenos-Ayres, on trouve les ossements des animaux décrits par Burmeister.

On conserve au Musée de Stamford (Museum of the Stamford institution) le squelette trouvé dans la tourbe, qui a été décrit par Owen.

(489) DESSIN

Nous possédons le dessin de l'animal et des principaux os :

R. Owen a figuré d’abord la tête et la région cervicale 1.

J. Reinhardt a représenté ensuite l'animal complet ?, la tête, vue de deux côtés et le squelette de la nageoire pectorale.

Paul Gervais a fait dessiner la mâchoire de l'animal échoué sur la côte d'Elne (Pyrénées-Orientales); cette pièce lui a été remise par le professeur Crova, de Montpellier 3.

M. Flower a fait figurer la tête vue par-dessus et de profil sous le nom de Pseudorca meridionalis #.

Burmeister a vu l’animal en pleine mer et il en a publié une figure dans les Annales du Musée de Buenos-Ayres5. Nous ne savons si le dessin de cet animal est bien fidèlement reproduit. Il nous semble que si cela était, le Pseudorque de Burmeister devrait plutôt prendre place parmi les Grindewalls. Le squelette de la nageoire pectorale et ie dessin de cette nageoire ne correspondent pas complètement avec les figures publiées par Reinhardt.

Il existe un modèle réduit, exécuté par les soins de Reinhardt, dont le professeur de Copenhague a fait don à plusieurs Musées. Nous le possédons à Louvain.

Il existe aussi une photographie de l'animal de Kiel, au sortir de la mer, et une autre d’un des crânes du Musée de Palerme.

PARASITES

Nous ne connaissons ni parasite ni commensal de cette espèce.

1 R. Owen, Brit. fess. Mamma!s, London, 1846, p. 516, fig. 215. ? RrinnarorT, Pseudorca crassidens, Copenhague, 1863

? Van BENEDEX et Gervais, Ostéographie. . . PL. LXIV, fig. 5. ‘ Fcower, Proc, Zool. Soc. London, november 1864, p. 420, fig 1 ct 2. * BüurMEIsTER, Annal. Mus. publ. Buenos-Ayres, t. I, pl. XXI, fig. 5-6, 1869.

LE GRINDEWALL

(GLOBICEPHALUS MELAS.)

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HISTORIQUE

Landt a donné le premier des renseignements sur le Grind, et c’est à Lyngbye et Gruba que lon doit les premiers détails sur la pêche du Grindewall, aux Féroë.

Grindewall est le nom que les Féringeois donnent au Globicephalus melas des naturalistes.

Fabricius a connu ce Cétacé pendant son séjour sur les côtes du Groënland, mais il ne le distinguait pas du Delphinus lursio.

Lacépède la désigné sous trois noms différents : 1l l'appelle d’abord Calodon svineval et donne une figure très reconnaissable de la tête (pl. IX, fig. 2); puis il parle du Dauphin nésarnak, qui est bien notre Globiceps; puis enfin il donne la description du Dauphin Ferès, qui a péri près de Saint-Tropez à la fin du siècle dernier et qui tient en même temps du Pseudorque.

Dans les observations anatomiques de Pierre Camper, publiées par son fils en 1820, il est question d’un crâne de Narval édenté, Au Musée royal de France, qui n’est qu'un crâne de Grindewall. Le nom d’Aodon, que Pierre Camper proposait de lui donner, reposait sur une erreur d'observation. Les dents tombent ordinairement avec l’âge, mais elles ne font pas défaut.

Ce sont les Féringeois, c’est-à-dire les habitants des Féroé, qui connaissent le mieux cet animal; tous les ans il arrive en si grand nombre sur leurs côtes, que c’est une vraie calamité pour l'île, si par hasard il fait défaut, Les habitants mangent sa chair et en font même provision pour leur long hiver, en même temps qu'ils s’'approvisionnent de son huile pour s’éclairer.

Scoresby, le célèbre baleinier anglais, a également connu le Grindewall et le désigne sous le nom de Delphinus deductor !,

1 An accountof the Arctic regions.

c'est-à-dire Pilot-whale. Les pêcheurs ont observé qu'à la tête de leur gamme se trouve un mâle qui semble servir de pilote.

Il accompagne sa description, faite surtout d'après P. Neil et le D' Traïll, d’un bon dessin reproduisant le plastron thoracoabdominal si caractéristique de cette espèce.

Les pêcheurs de la mer du Nord connaissaient depuis longtemps le Grindewall, quand les naturalistes ignora:ent encore complètement son existence. Ce n’est qu’au commencement de ce siècle que Cuvier eut l’occasion de l’étudier, et, frappé de la forme globuleuse de la tête, proposa le nom de Delphinus globiceps. Cuvier connaissait sa manière de vivre et la forme particulière de ses intermaxillaires, mais il ignorait que l’animal fût connu déjà de quelques naturalistes et des pêcheurs Féringeois.

Depuis les travaux de Cuvier sur ce Cétacé, on en a vu échouer un certain nombre sur plusieurs côtes et dans différentes mers, et on peut dire aujourd’hui que le Grindewall est une des espèces les mieux connues, aussi bien sous le rapport de son organisation que de son genre de vie.

Bonnaterre ! a parlé d’un Dauphin ferès qui a été harponné en 1787 auprès de Fréjus (Var), et dont le squelette a été conservé quelque temps au séminaire de Fréjus. Cet animal appartenait à une nombreuse gamme. Risso, qui a eu l’occasion de le voir à Nice, lui accorde 4 mètres de long, des nageoires pectorales fort longues et une grande bande d’un gris sâle de chaque côté, depuis la gorge jusqu’à l'anus.

Traill paraît être le premier qui ait proposé le nom spéeifique de Melas que cette espèce porte encore aujourd’hui; Îles pêcheurs anglais le désignent sous le nom de Black fish ?.

Lesson, en écrivant en 1898 son Jlistoire naturelle des Cétacés, se borne à adopter le nom de Globicephale conducteur, sans rien ajouter à ce que l’on savait avant lui.

! Cétologie de l'Encyclopedie méthodique, in-4°. Paris, 1789, p. 27. Nicholsorws Journal, t. XXI, p. 21, pl. TI, 1809.

LEssox, Œuvres complètes de Buffon. Céracés, Paris, 1828. Nouv. tabl. Bègne animal, 1842.

cr

En 4850, Schlegel publia sa Fauna Japonica et donna une description de l’espèce qui nous occupe, sous le nom de Dauphin à tête ronde, Delphinus globiceps. I accompagna cette description d’une figure faite au Japon sous les yeux de von Siebold; l'animal avait échoué en octobre 1827, près de Nagasaki 1. Dans ses Abhandlungen (t. 1, p. 33), Schlegel donne des détails sur le squelette ; nous avons acquis la certitude, dit-1l, que le Globiceps du Japon ne diffère nullement de ceux de nos mers. Nous verrons qu’il en est de même du Globiceps qui vit dans les eaux de nos antipodes.

En mai 1853, tout une gamme de Grindewalls périt sur les côtes d'Angleterre, près de Dundrum : six femelles et trois mâles ; ils avaient de 10 à 19 pieds de longueur. M. Gulliver communiqua le résultat de ses observations à la Société zoologique de Londres 2; il fait connaître l’anatomie et les mesures d'un fœtus recueilli dans le corps d’une des femelles.

Dans la nuit du 12 au 13 novembre 1859, une femelle a été trouvée morte en mer par les pêcheurs de Heyst (Belgique); elle portait également un fœtus à peu près à terme; nous avons eu Poccasion de faire quelques observations sur la mère et sur le fœtus 3.

À la séance du 28 novembre 1864, P. Gervais présente à l'Académie des sciences de Paris une Note sur les Cétacés des côtes françaises de la Méditerranée ; 11 y fait mention d’une troupe composée d'environ quinze individus qui avaient échoué, pendant le mois de février, sur les côtes du Département des Pyrénées-Orientales, principalement à Barcarès #.

A. Macalister 5 a eu l’occasion de disséquer un Grindewall deG pieds de longueur qui avait péri sur la côte ouest d'Irlande;

ScuLEGEL, Fauna Japonica, Lugduni Batavorum, 1850, p. 17. Proc. Zool. Soc., 1855, p. 63. Ann. nat. hist, XV, p. 218.

5 Bulletin de l'Académie, 2: ser, t. VII et Recherches sur les Célacé*, ME. ACAD. ROY. DE BELGIQUE, t. XXXII, 1860,

# P. GERVAIS, Comples rendus des séances de l'Académie des Sciences. ... t. LIX,p 878.

5 MAcALISTER, On some points in the anatomy of Gloliocephalus sivinéval, Proc. Zoo. Soc., 1887, p. 477.

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