LE
à l’arrivée du cadavre à Dublin, le prosecteur du Collège royal des chirurgiens d'Irlande ne trouva à disséquer que le larynx et le pharynx, les muscles spinaux et la nageoire pectorale.
Le travail le plus important, sous le rapport anatomique, est dû à un anatomiste très habile, M. James Murie !. Une gamme d’une vingtaine d'individus, parmi lesquels il s’en trouvait de 26 pieds, était venue à la côte, dans la baie de Forth, à la fin d'avril 4869. M. JF. Murie a eu à sa disposition une femelle avec un fœtus de 3 pieds.
Après un exposé de la partie historique, M. James Murie fait connaître les caractères extérieurs, la structure des divers appareils, et s'attache particulièrement à l'étude des fosses nasales, qui ont été également l’objet de recherches de von Baer et de Huxley. I figure toute la cavité de la bouche, avec le larynx et les fosses nasales, le tube digestif avec ses dépendances, l'appareil respiratoire et circulatoire, la disposition des vaisseaux dans le canal vertébral, le système musculaire et Pappareil sexuel femelle.
James Murie termine son beau travail par des considérations zoologiques et physiologiques d’une grande importance ; son mémoire est accompagné de huit planches dessinées avec soin et parfaitement exécutées.
M. Rob. Brown ? s’est occupé également de cette espèce, en parlant des Cétacés qui fréquentent le détroit de Davis et la mer de Baffin ; il fait des observations sur la distribution géographique, le genre de vie et la synonymie des Grindewalls.
Dans une Note publiée en 1872, le D° Fischer 3 passe en revue les espèces de (Globicephales signalées par les auteurs, et eroit devoir admettre deux espèces, lune qui visite régulièrement les Féroë, l’autre qui fréquente l'océan Pacifique. Heureusement que les Musées possèdent aujourd’hui des squelettes de diffé-
3 James MuriE, On the organizat on of the Coaing Whale (Globiocephalus melas.) Trans, Zoo. Soc. vol. VIT, 1875.
2 Noues on tre history and geografical relations of the Cetacea frequentinq Davis strait ant Baffix's Bay, Proc Zoor. Soc., 1868, p 555.
5 Fiscaer, Note sur deux espèces de Globicéphales. Gervais, JOURNAL DE ZooLoGiE, vol. 1. 1872, p. 275.
rentes mers, et permettent d'assurer aujourd'hui que le Grindewall des mers australes, aussi bien que celui des eaux du Japon, ne diffère pas de celui de PAtlantique.
Le Chauderon dont parle Pierre Belon, ainsi que les Chauderons jetés sur les côtes de la Manche au XVIT: siècle sont sans doute des Globicephalus, dit avec raison le D Fischer ft,
M. James Hector a lu, en 1876, devant la Société philosophique de Wellington, une notice sur le Grindewall, sous le nom de Globiocephalus macrorhynchus, de Gray. M. James Hector l’a parfaitement reconnu. Cette notice est accompagnée d’un dessin représentant exactement l'animal ?2. Il a trouvé l'estomac plein de becs de Céphalopodes.
Le capitaine Scammon a décrit et figuré Je Globiceps qu'il a observé dans le nord du Pacifique; il fait la remarque que ce Cétacé forme des gammes, comme dans l'Atlantique, de dix, de vingt et même de cent individus, et que les individus de la même gamme sont très attachés les uns aux autres; s’il y en a un qui périt, il y en a plusieurs autres qui le suivent, dit-il. C'est le Globiceps Scammoni, de Cope.
Depuis longtemps M. Flower 3 avait reconnu que le Globiceps des Féroë ne présente pas la moindre différence avec celui de Tasmanie et de l’île Kerguelen; il en est de même de celui du Cap, qui ne diffère non plus ni par son ostéologie, ni par sa dentition.
Les dernières observations sur le Globiceps sont de Aug. Fjelstrup, de Copenhague. Il à assisté à la pêche des Grindewalls aux Féroë. Son attention à été particulièrement attirée sur la composition de la peau, et il a fait quelques observations intéressantes sur trois fœtus recueillis sur place #.
1 La nature et diversité des poissons, p.6, 1555. Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie, p. 662 (1876-1877). Fiscuer, loc. cil., p.190.
2 Transact. N.Z. Institute, vol. IX, pl. XII, 1876.
5 H, Fcower, Zoology of Kerguelen Island, Report of the British « Transit of Vénus » eæpedition to Kerquelen Island, in-4°, 1878.
4 Zoo!ogischer Anz'iger, 9 janvier 1888.
( 498 SYNONYMIE
Globicephalus melas \.
Delphinus melas, Traill, Nicholson’s Journal, vol. XXIL, 1809.
Delphinus deductor, Scoresby, An account ofthe arctic regions,
Delphinus globiceps, Cuvier, Ann. du Muséum, XIX, tab., Rech. oss. foss., t. V, pl. XXI, fig. 11, 12, 43.
Delphinus globiceps, Schlegel, Abhandelungen, 1841, p. 33.
Delphinus globiceps, Schlegel, Fauna Japonica. Mammif. Tab. 27.
Phocæna melas, Couch, Ann. of nat. hist., vol. iX.
Phocæna melas, De Selys Longchamps, Faune belge.
Delphinus melas, Paul Gervais, Zoologie et Paléont. françaises, Paris, 1859.
Globiocephalus macrorhynchus, Gray.
Globicephalus Scammoni, Cope, Marine animals of the North- Western coast. San Francisco, 1874, p. 87, pl. XVE.
Grindewall, des Féringeois et des Norwégiens. Coaing whale, des pêcheurs et des Shetlandais. Nisarnak, des Islandais et des Groënlandais.
Black fish et Pilot whale, des marins anglais.
Le Dauphin nesarnak de Lacépède est sans doute le Globiceps, quoiqu'il lui accorde des pectorales petites et une taille de plus de trois mètres.
D'après R. Brown, c’est le même animal aussi que Fabricius a désigné sous le nom de Delphinus tursio.
Nous avons vu plus haut que M. James Hector 2, le directeur
! A Ja séance du 17 juin 1884 de la Société Zoologique de Londres, M. Flower communique une note sur la nomenclature de deux genres de Dauphins, et préfère le nom de Globicephalus à celui de Globiceps, parce que ce dernier nom a déja été applique à un insecte hémiptère, par Le Pelletier et Serville. Proc. Zool. Soc., 1884, p. 418.
? James Hecror, Art. LXVI, p. 481.
du Musée à la Nouvelle-Zélande, n’a pas hésité à se prononcer sur l'identité de ce Cétacé d'Australie avec celui du Nord, et que depuis longtemps M. Flower a exprimé cette opinion.
CARACTÈRES
Le Grindewall est une des espèces les mieux connues de notre hémisphère; il n’y a pas une côte où on n'en ait vu échouer, et souvent en grand nombre à la fois. Comme le nom générique l'indique, ce Delphinide a la tête globuleuse, des nageoires pectorales longues et aiguës, des dents au nombre de dix ou de douze de chaque côté; le corps noir, avec un plastron blanc assez large sous la gorge, terminé en arrière par une bande étroite au devant de l’anus. Leur moustache est formée de six poils comme celle du Dauphin ordinaire. Fjelstrup ne croit pas à la constance de ce nombre.
On remarque que les dents manquent souvent dans des têtes de collection; n'est-ce pas un effet de l’âge et de ce que beaucoup de têtes des collections proviennent d'individus isolés, de solitaires répudiés de leur gamme?
Dans plus d’une vingtaine de têtes, provenant des Féroë, il n'y en avait pas une seule dans laquelle une dent manquût.
La taille varie de quinze à vingt-cinq pieds; les mâles sont plus forts que les femelles. En venant au monde, les jeunes ont de quatre à cinq pieds.
DESCRIPTION
Ce qui frappe surtout quand on voit cet animal pour la première fois, c’est la forme si singulière de la tête; on croirait avoir quelque monstruosité sous les yeux, surtout que toute la partie postérieure du corps, au lieu d’être arrondie comme le thorax, est comprimée comme dans un étau.
Il tient, par divers caractères, des Orques, mais par la forme de la tête, il tient plus des Hyperoodons.
Le rostre forme un prolongement en guise de bec, et une
gouttière peu profonde sépare la région rostrale de la tête proprement dite.
Dans le fœtus on voit, au-dessus de chaque lèvre, au fond d’un sillon, plusieurs mamelons déprimés, au milieu desquels s'élèvent autant de poils, d’un centimètre de longueur.
La forme et la grandeur des nageoires, surtout des nageoires pectorales, ne se retrouvent dans aucun autre Cétacé. On peut dire que ces dernières sont falciformes. Nous ne connaissons aucune forme aussi gracieuse dans un autre Cétacé; elle est peu large à la base, se courbe légèrement vers le milieu et se termine en une pointe eflilée, comme les lobes de la queue de certains poissons bons nageurs.
La couleur de la peau n'est pas moins remarquable : tout le corps est noir, et le nom spécifique de Delphinus melas est parfaitement justifié. La tête surtout, ainsi que les nageoires pectorales, dorsale et caudale, sont noires comme l’ébène. Sur les flancs, le noir est beaucoup moins foncé et, par suite de vergettures, la peau paraît même un peu pâle, en approchant du ventre de l'animal. Depuis la face inférieure du thorax, sur toute la ligne médiane, jusqu'aux organes sexuels, règne une bande pâle, qui est surtout bien limitée dans le fœtus, et sur laquelle les vergettures continuent.
Tout le corps du fœtus est d’un noir grisàtre, ayant une certaine teinte tirant sur le vert. La face inférieure, depuis la gorge jusqu'à l'anus, est au contraire d’un blanc mat, et ces couleurs ne se fondent aucunement sur leurs limites : ce blanc s'étend sous la forme d’une bande qui va, en s’élargissant, d’arrière en avant, et elle se termine brusquement en avant, un peu au devant des nageoires pectorales.
Les principaux appareils du Globiceps sont connus auJourd'hui : Macalister a fait connaitre le résultat de ses recherches dans les Proc. de La Société zoologique de Londres (1867, p. 47), et James Murie a publié un intéressant mémoire, avec de belles planches, sur les principaux organes, dans les Transactions zoologiques de la même Société (t. VII, p. 235, pl. XXX à XXXVIIT, 1867).
Le crâne du Globiceps se distingue facilement de celui de tous les autres Cétacés, par la largeur des intermaxillaires, qui ont au moins les deux tiers de la largeur du rostre.
La colonne vertébrale est formée de sept cervicales, de onze dorsales iles trois premières côtes atteignent le sternum), de treize lombaires et de vingt-neuf caudales; les dix-sept premières caudales ont des os en V. On ne trouve pas toujours soixante vertèbres ; nous n’en avons compté que cinquante-six dans un squelette qui paraissait complet.
Les cervicales sont diversement synostosées : le plus souvent la septième seule est libre, mais on voit aussi les cinq premières synostosées.
Le Grindewall n’a que deux doigts bien développés, index et le médian; l'index compte treize phalanges, le médian neuf, l’annulaire deux, le petit doigt, un, le pouce, trois.
Dans un fœtus à terme, de 1"70 cent., de nos côtes, nous en trouvons également treize pour l'index, sept dans le médian, deux dans les deux autres.
Dans un fœtus qui n’a en tout que 35 centimètres de longueur, les phalanges sont indiquées comme les os carpiens et métacarpiens, mais il n'y à qu'un petit nombre de phalanges ossifiées.
Nous trouvons quelques différences dans une nageoire pec- {orale très bien conservée, provenant d’un animal fort jeune, provenant du Musée de Kroyer, à Copenhague, et dans une nageoire du Musée d’Eschricht; mais le nombre de phalanges du doigt indicateur le plus long paraît être toujours le même.
Dans l’Ostéographie des Cétacés nous avons reproduit le dessin des divers os de la nageoire pectorale d’un animal capturé dans la Méditerranée; les phalanges y sont au nombre de treize également pour le plus long des doigts.
Nous ne voyons pas de différences entre les jeunes et les adultes, si ce n’est que ces derniers, qui sont encore à l'état de cartilage dans les jeunes, ont leurs phalangés ossifiées; c'est dans ce sens que le nombre de phalanges postembryonnaires est plus grand que celui des phalanges embryonnaires. Le membre est un organe plus complet, mais pas plus parfait.
Il y a des Mystacocètes, comme la Megaptera, qui ont souvent la main moins complète à l’état adulte que dans le jeune äge, et cet état moins complet n’est pas toujours dû à des pertes des bouts des doigts : il y a parfois des atrophies véritables sans cause extérieure,
Dans un squelette du Grindewall provenant du japon, nous avons trouvé la première côte double.
Nous avons eu l’occasion de voir un fœtus à terme, encore en place dans la matrice, et de voir comment le placenta se comporte dans cet organe. IT est membraneux dans toute son étendue et contracte adhérence avec toute la surface interne de Ja matrice, à l’exception des deux pôles. C’est une zone qui recouvre tout le milieu de l'œuf. Le cordon ombilical se termine du côté de la matrice par une expansion foliacée dans laquelle les vaisseaux se répandent comme dans un mésenthère.
Fjelstrup a publié récemment des recherches sur la structure de la peau du Globicéphale et signale à la mâchoire supérieure comme à l’inférieure, des follicules, qui ont probablement renfermé des poils fætaux !. Il ne croit pas que le nombre de poils dans les fœtus soit aussi constant qu’on l’a supposé. Eschricht en accordait seulement 3 de chaque côté. Dans trois embryons, de 48,5, de 44 et de 38 millimètres de long, Fjelstrup a trouvé »,4 et 4 poils de 3 à 6 millimètres de long, à chacune des lèvres supérieures.
MOEURS
Les Grindewalls vivent par gammes de dix, vingt, de cent, même de deux cents individus. M. Aug. Fjelstrup en a vu capturer, le 11 du mois d'août 1887,370 à la fois. Ces gammes sont formées de mâles et de femelles; souvent on voit des jeunes avec les adultes. Les femelles sont souvent en majorité.
Les gammes d'Hyperoodons qui sont également de passage dans ces mêmes eaux ne comptent au plus qu'une dizaine d'individus.
AuG. FsecstTrup, Ueber den Bau der Haut bei Globiocephalus melas. Zoo'og. Anzeïiger, 9 janv. 1888.
On voit ces gammes également nombreuses sur les côtes d’ Europe, à Magdalena-Bay, États-Unis d'Amérique, au Japon et en Australie. Le capitaine Scammon fait également remarquer, comme nous l'avons dit plus haut, que ces Cétacés se réunissent en grand nombre dans le Pacifique comme ailleurs.
Il paraît que, dans chaque gamme, il y a un chef de bande et si, par malheur, un individu échoue, la perte de toute la troupe est à peu près certaine. C’est à cause de ce chef que Scoresby, d'accord avec les baleiniers en général, désigne le Globiceps sous le nom de Delphinus deductor.
Des bandes de Grindewalls apparaissent à époque fixe aux Féroë et tous les ans on en capture un nombre assez considérable. Les habitants de ces îles comptent sur ces Cétacés comme les cultivateurs sur la récolte.
Leur pâture parait être la même que celle des Cachalots, c'est-à-dire, formée de Céphalopodes.
Holbôll n’a trouvé que ces Mollusques dans leur estomac au Groënland. Ceux que l’on prend aux Féroë ont généralement estomac vide; c'est que ces animaux rendent ordinairement tout quand ils sont poursuivis; mais il reste toujours des becs de Sépia et de Loligo.
Indépendamment de ces becs, on trouve souvent des pierres dans leur estomac et la présence de ces pierres n’est pas plus un accident que celles que lon trouve dans le gésier des oiseaux. Dans une femelle venue à la côte, à Heyst, nous avons trouvé plusieurs cailloux fort intéressants, et nous avons espéré un instant que leur nature allait nous faire découvrir les lieux de leur provenance.
Ü y a, du reste, plusieurs autres Cétacés qui présentent ce phénomène : on a trouvé dans l'estomac d’un Hyperoodon des cailloux gros comme une poire, à côté de morceaux de bois. Hector à trouvé une quantité de pierres dans l'estomac d’une Balénoptère de la Nouvelle-Zélande. On en a trouvé également dans l'estomac d’un Béluga et dans celui d’une Balcænoplera rostrala capturée à Weymouth.
La présence de pierres dans l'estomac parait se rencontrer
plus souvent chez les carnassiers Pinnipèdes : on cite le Morse, en particulier ; on voit souvent des tas de pierres dans le voisinage des endroits où cet animal soigne ses jeunes Ce sont les breathingholes des pêcheurs.
Il y a lieu de croire que ces pierres jouent un rôle plus ou moins important : on a souvent été frappé de leur poids et, comme on en à vu qui les rendent avec une grande facilité, on en a conclu, non sans raison, qu’elles servent dans certains cas de ballast pour plonger plus aisément. Peut-être serventelles aussi pour faciliter, comme chez les oiseaux, la trituration des aliments.
On trouve également des pierres dans l’estomac de plusieurs espèces de Squales.
Nous ne connaissons encore rien de bien certain sur l’époque des amours et le mode de parturition de ces animaux; entrentils en rut à des époques fixes comme les mammifères terrestres ? Mettent-ils bas dans des régions déterminées ?
Des baleiniers prétendent que la mise bas des Cétacés a lieu à toutes les époques de l’année et nous espérons que les pêcheries pourront par le temps fournir la réponse. Lyngbyé 1, qui s’est beaucoup occupé de la pêche de ces animaux, pense que le Globiceps n’a pas d'époque fixe pour la mise bas; il a vu des femelles pleines en été comme en hiver et des fætus approchant du terme à diverses époques de l'année.
Nous avons pu recueillir quelques faits relativement à leur parturition ; ce que l’on connaît jusqu’à présent fait supposer que c’est vers le mois de novembre qu'ils mettent bas, du moins les Grindewalls de nos parages.
Laissons parler les faits : Au mois d'avril ils partent pour le Nord.
Une femelle capturée, à la fin d'avril 1867, dans la baie de Forth, portait un fœtus de trois pieds de longueur; elle: faisait partie d’une gamme dont on a capturé sept individus, qui ont tous été squelettés.
1 Om grinle fangsten, 1825.
Au mois d'août, une gamme de trois cent soixante-dix individus est capturée aux Féroë, et M. Aug. Fjelstrup 1! y trouve trois femelles pleines, avec des embryons, un de 48,5, un autre de 44 et un troisième de 38 centimètres.
La même année (1867), une femelle mettait naturellement bas sur les côtes d'Italie, le 10 du mois d'octobre.
Au mois de novembre, le 12 ou le 13, le cadavre d’une femelle est recueilli en mer par les pêcheurs de Heyst (Belgique) et portait un fœtus du quart de la longueur de la mère. Nous avons tout lieu de croire que la mère est morte pendant la parturition. La mère avait une longueur de 4 mètres 30 centimètres.
On évalue la taille du jeune Grindewall à terme de 1 mètre 30 à 4 mètre 40.
Nous avons vu plus haut que Watson a vu, au mois de décembre, des femelles allaiter des jeunes d'environ 4 1} pieds; les jeunes pris à la mamelle, en janvier, sur la côte de Bretagne, avaient de 7 à 7 !/à pieds.
D’après cela, nous devons croire que la mise bas des Grindewalls a lieu vers le mois de novembre.
A en croire le capitaine Scammon, 1l n’en serait pas de même pour le Grindewall des côtes ouest d'Amérique; ce Cétacé mettrait bas peu importe où et à toutes les époques de l’année; le savant baleinier a vu sur la côte du Guatémala, au mois de février 1853, une femelle de 13 pieds de longueur avec un fœtus de 1 pied, et on voyait dans la même gamme des jeunes de la longueur de cette femelle.
Il y a quelques faits qui tendent à faire croire que ces animaux s’accouplent pendant l'hiver dans des régions chaudes pour mettre bas, l’année suivante, à leur retour.
Où passent-ils l'hiver? C’est ce qu’on ignore encore; on sait seulement qu'ils arrivent au nord de l'Atlantique en été, qu'ils quittent le détroit de Davis en automne, qu’à leur retour au midi ils passent par gammes aux Féroë et que, par-ci par-là,
1 Zool. Anzeiger,9 janvier 1888.
une femelle ou un mâle s’égare, même dans la Méditerranée.
Ceux qui habitent le nord du Pacifique et qui se pêchent dans les eaux du Japon, se comportent probablement dans ces parages comme ceux d'Europe.
DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE
Le chapitre de la distribution géographique du Grindewall est d'autant plus intéressant, que l’on possède un nombre très grand de squelettes des mers les plus éloignées, et que l’on a pu comparer directement ceux d'Europe avec ceux du Japon et de la Nouvelle-Zélande.
Depuis les temps les plus reculés, les Dôgling font régulièrement leur apparilion sur les côtes de Féroë,-et, comme nous l’avons dit plus haut, si par hasard ils font défaut, les habitants en souffrent comme les campagnards qui ont fait une mauvaise récolte.
Nous allons passer en revue les côtes où l’on a vu se perdre soit des gammes entières, soit des individus isolés.
Lacépède parle de cent et deux individus échoués, vers la fin du siècle dernier, sur les côtes de l’une des Orcades.
En janvier 1812, une gamme de soixante à soixante-dix individus, parmi lesquels se trouvaient des mâles, des femelles et des jeunes de quelques mois, se montre près de la côte, à Paimpol ; quelques-uns y échouent et toute la gamme y périt. Ils ont été l’objet d’intéressantes observations de la part de Lemaoüt. Les jeunes avaient de 7 à 8 1} pieds de longueur f. Il y avait dans cette gamme neuf mâles, cinquante et une femelles et douze jeunes à la mamelle.
En 1871, une gamme d’une centaine d'individus s’est montrée dans la baie de la Forêt (dép. du Finistère). M. Guillon a conservé le crâne d’un des individus capturés. Nous n’avons pu connaître à quelle époque de l’année la capture a eu lieu.
En février 1809, une gamme de quatre-vingt-douze individus
1 Ann. du Muséum, t. XIX, pl. I.
fut jetée, à la suite d’une tempête, dans la baie de Scalpa, mais nous n'avons pas d’autres détails sur cet événement.
Une gamme s’est perdue sur les côtes de Zélande en 1824; plusieurs squelettes en ont été préparés pour divers musées.
Plusieurs individus ont échoué à Egmond (Hollande) en 1884. On en voit un squelette à Amsterdam, au Musée du Jardin Zoologique et un autre au laboratoire de zoologie.
Le 8 août 1846, une gamme a paru sur les côtes à Helgoland ; une autre, le 27 juillet 1844, près de Bergen.
On en a vu également une dans le Kattegat.
Un grand nombre de Grindewalls ont été capturés séparément. On en a vu sur les côtes d'Angleterre et d'Écosse, dans la Manche comme dans la mer du Nord, sur les côtes de Norwège, de Danemark, .de Hollande et de Belgique, dans la Méditerranée, comme dans la Baltique.
Un mâle non adulte a été capturé au Havre en 1856. Les muscles étaient farcis de cysticerques (Fischer). C’est lui qui a été dessiné pour les velins du Muséum. Son squelette est conservé au Muséum.
En 1857, au mois de novembre, une femelle de Globiceps est venue échouer sur les côtes de Belgique, entre Blankenberghe et Heyst; elle voulait sauver son petit qui s'était aventuré dans un bas-fond. Son squelette est conservé au Musée de Bruxelles.
Dans la nuit du 12 au 13 novembre 1859, les pêcheurs de Heyst trouvèrent, à peu de distance de la côte, le cadavre encore chaud d’une femelle ; elle avait le ventre volumineux et portait un jeune de près de à pieds de long. Nous conservons à Louvain les squelettes de la mère et du fœtus !.
En 1864, dans la nuit du 26 au 27 avril, un mâle parut dans lEscaut devant Anvers et, quelques heures après, on le trouva échoué à marée basse, à peu de distance de la ville. Son squelette est au Musée de Bruxelles 2. II mesure 3",65.
! Bull. de l'Académie, ?° sér., t. VIII, n° 12,859. ? Bullelins de l’Académie royale de Belgique, 2e série, L. XX, n° 12, 1864
On en voit assez souvent se perdre sur les côtes d'Écosse : Sibbald fait mention d’une bande de vingt-cinq Globiocéphales échoués dans la baie de Forth, la plupart de 12 pieds, quelques-uns de 9 ou 10 f.
A la fin d'avril 1887, une gamme d’une vingtaine d'individus fit son apparition également dans la baie de Forth, dont une femelle capturée servit aux savantes dissections de J. Murray. Les pêcheurs en avaient vu cent à cent-vingt en pleine mer.
Sur la côte de Norfolk, une femelle est venue échouer le 29 janvier 1879. On ne dit pas si elle était grosse.
En mai 1853, une bande de 10 à 19 pieds de long a péri près de Dundrum. Il y avait six femelles et troïs mâles 2.
Le Grindewall pénètre, paraît-il, assez régulièrement dans la Méditerranée et toujours par gammes. Il ne,va pas jusqu’à Adriatique ni à la mer Noire. Au printemps, 1l paraît venir de la côte d'Afrique : il est fort bien connu des pêcheurs Acoréens; en automne il vient de la mer du Nord.
Risso 3 a eu l’occasion de le voir à Nice et le considère comme un Cétacé de passage en avril et en mai. Il visite annuellement la côte de la Provence, dit-il.
Une gamme composée de onze à quinze individus a échoué pendant le mois de février 1864 sur les côtes du Département des Pyrénées-Orientales, les uns à Barcarès, les autres dans des localités peu éloignées 4. M. Paul Gervais en a obtenu quatre, et il a bien voulu nous en céder un de la taille de 5 mètres.
Une autre bande a paru dans les mêmes parages en 1869.
Au printemps de 1886, un individu, dont le squelette est conservé au Musée de Florence, a été capturé également dans la Méditerranée.
Savi a signalé un Grindewall pris sur la côte de la Spagia.
! Phalainologia et Recherches sur la Faune littorale de Belgique, Mémoires ACan. ROY. DE BELGIQUE, t. XXXII, 1860.
? Proc. Zool. Soc., 1855, mag., ANN. NAT. HIST., XV, p. 218.
5 Risso, Eur. mer., 1. I, p. 25, 1826.
# Comptes rendus.... 28 novembre 1864.
Une capture importante a été faite le 10 septembre 1867 sur les côtes de Naples : une femelle, à son retour du nord, y a mis bas. Le squelette a été recueilli par Panceri pour le Musée de Naples.
Le Grindewall se rend au nord jusqu’au détroit de Davis et la mer de Baflin; il ne fait pas un séjour régulier dans le détroit de Davis; Holbôll ne l’a pas vu dépasser le 66° degré de latitude nord, mais Pausch en a vu encore trois d’une grande taille à la latitude de 73 degrés.
Holbôll dit que, à leur arrivée dans ces parages, ils sont toujours en nombre; il en a observé surtout pendant deux années, qui étaient également remarquables par la richesse des gammes, qui correspondait chaque fois, avec l'abondance des Céphalopodes et la rareté des Phoques.
Il est rare au nord de Godthaab, dit Holbôll !, et il n’y fait son apparition que pendant les mois d'été; quand il y apparaît, c’est toujours par grandes bandes. Il ne visite pas tous les ans ces parages et, pendant les 18 ans que le Gouverneur a passés au Groënland, il ne l’a vu que deux fois; ces deux fois les Phoques étaient rares et les Céphalopodes abondants.
R. Brown, dit comme Holbüll, que le Grind ne visite pas régulièrement ces parages, et qu’il n'apparaît qu’accidentellement sur les côtes du Groënland danois.
Le Grindewall se montre de l’autre côté de l'Atlantique et on le voit apparaître sur quelques côtes avec la même régularité qu’en Europe.
Le Muséum de Paris posséde des crânes rapportés de la Guadeloupe.
Harlan le cite parmi les Mammifères du Massachusetts, et on le voit sur les côtes de la Caroline du Sud comme dans la mer des Antilles. On le voit arriver en grandes gammes en été et en automne sur ces côtes ‘; on les cerne comme aux Féroë et au Japon, pour les pousser ensuite dans quelque crique où on les assomme à coups de marteau 2. En 1874, on a vu périr une gamme de plus de mille individus.
! Nordische Wallthiere, p. 105.
? Mammals of Massachusets, p.30. Notice of a Cetaceus animal supposed
Il est bien connu sous le nom de Black-fish sur les côtes de la Nouvelle Angleterre, et on y trouve des pêcheries dans plusieurs localités. On sait que c’est au cap Cod que les baleiniers ont fait leur début à la poursuite des Baleines.
Le Grindewall visite également le Pacifique et y conserve le même genre de vie.
Sa présence y a été constatée, en 1833, par le capitaine Delavitte !, qui en a envoyé une tête en Angleterre.
On le trouve abondamment sur les côtes de la Basse-Californie, surtout autour du cap Saint-Lucas, et on cite, parmi ses séjours favoris, dit le capitaine Scammon, les côtes de Guatémala, d'Équador et du Pérou.
Le Muséum de Paris a reçu un Grindewall des îles Hawaï, par le consul de France à Honolulu. Le professeur Cope en cite de la Basse-Californie, Blyth, du Japon ?2. On en possède des os du cap de Bonne-Espérance 3.
Le Grindewall a été vu également entre les tropiques : Burmeister en a rencontré une gamme à la latitude de 8 degrés nord.
On a constaté sa présence également sur les côtes du Chili.
M. le professeur Flower a reçu plusieurs têtes provenant de l'hémisphère boréal et il n’hésite pas à dire, après la comparaison des squelettes, que le Globiceps des îles Kerguelen est
identique au nôtre 4.
= M. James Hector mentionne également le Globiceps melas dans les eaux d'Australie, d’où le capitaine Berard a rapporté des têtes au Muséum de Paris.
Nous avons reçu directement de la Nouvelle-Zélande un
Lo be new to the american Coast; by W. Sampson. (AMERICAN JOURNAL OF SCIENCES AND ARTS. BY SILLIMAN, VOl. XXII, 1855.
1! Proc. Zool. Soc., 1853, p. 65.
* Journal asiatic soc. Bengal, t. XIX, p. 246.
3 Musée de Bordeaux.
+ Report of the British « Transit of Venus » expedition to Kerguelen island.
squelette tellement semblable à celui de nos parages, qu'il n’y aurait pas moyen de les distinguer l’un de l’autre. Nous voyons une tête de Globiceps parfaitement caractérisée sur une photographie qui nous a été envoyée par M. James Hector, Directeur du Colonial Museum à Wellington, et qui reproduit les divers Cétacés de la Nouvelle-Zélande.
Le Challenger a rapporté du Pacifique (sud de Tahiti), de l’est de la Nouvelle-Guinée, et du sud de l'Australie, des caisses tympaniques provenant de la même espèce.
Nous le trouvons également dans la mer du Japon ; Schlegel a pu comparer le squelette rapporté de cette mer avec celui des Féroë et il n'hésite pas à dire, dans la Fauna Japonica ! : nous avons la certitude que ce Dauphin du Japon ne diffère nullement de celui de nos mers.
Il ne doit pas être moins abondant dans ces parages du Pacifique, puisque les Japonais pêchent les Globiceps par les mêmes procédés que les Européens et les Américains, en les poussant dans les fiords pour les assommer. Les canots entourent la gamme, formant un demi-cercle et ils resserrent leurs rangs à mesure qu'ils approchent de terre, pour les assommer ou les faire échouer. Les dessins représentant cette pêche au Japon sont identiques à ceux qui reproduisent la pêche aux Féroë.
En somme, en Europe, il a été observé dans la Méditerranée, sur les côtes de France et de l'Espagne, sur les côtes ouest de France, sur les côtes d'Angleterre, d'Écosse et d'Irlande, sur les côtes des Féroë, de Belgique, de Hollande, de Danemark, de Suède et de Norwège.
D’après ce que nous venons de dire, c’est donc en janvier que nous voyons une gamme entière se perdre sur les côtes de Bretagne et des Iles Britanniques, et dans ces gammes se trouvent des jeunes de quelques semaines.
Ces gammes passent aux Féroë en juillet, en se rendant au nord jusqu’à la baie de Baffin, et reviennent aux Féroë en août à leur retour.
! SCHLEGEL, Faun. jap., p. 17.
C'est à leur retour au nord que nous voyons des femeiles pleines. Selon toute probabilité, ce Cétacé passe la saison des amours dans le sud, émigre au nord pendant la durée de la gestation, puis revient vers le sud pour y mettre bas.
Celles qui sont à terme ou qui ont mis bas seraient donc des individus à leur retour du nord.
Nous ne parlons naturellement que du Grindewall de nos parages.
En dehors des mers d'Europe, nous trouvons le Grindewall au Cap de Bonne-Espérance, aux Indes, en Chine et au Japon, aux îles Kerguelen, au nord et au sud de la Nouvelle-Zélande, en Basse-Californie, aux iles Hawaï, aux Antilles, à la Guadeloupe, dans la Caroline du sud et sur les côtes de la Nouvelle- Angleterre.
Il fréquente donc toutes les mers, et c’est évidemment le Cétacé dont la nature cosmopolite est le mieux démontrée.
Le même Grindewall a laissé ses os dans des terrains quaternaires ; On en a mis au jour à Calais, et au Havre on a trouvé deux têtes dans des argiles remaniées à côté des restes d’une pirogue.
On en à également découvert une tête sur les bords de la Seine, près de Saint-Germain-en-Laye. En Angleterre, on en a reconnu des os dans les tourbières.
Il est fait mention également d’un crâne de Globiceps, trouvé en Westphalie, il y a quelques années. V. Olfers en a fait mention à l’Académie de Berlin, en décembre 1839, sous le nom de Delphinus Karstenii 1.
PÉCHE
Nous connaissons au moins une station principale de ce Cétacé dans les mers d'Europe, c’est l'archipel des Féroë; là,
tous les ans, des milliers d'individus viennent se faire prendre,
1 WiEGmAnN's, Archiv.
et leur capture fait un revenu considérable aux Féringeois; il y a, en effet, une pêche régulièrement organisée, à laquelle prennent part tous les habitants de la côte. Le premier équipage qui aperçoit un Grindewall hisse une veste de matelot au haut du mât, et tous les bateaux se disposent immédiatement de manière à former un demi-cercle autour du Cétacé. Ils savent par expérience que ces Delphinides ne voyagent jamais que par gammes de centaines d'individus. Les pêcheurs les entourent et les poussent vers le fond d’une baie ; la plupart d’entre eux échouent; les autres sont assommés à coup de crosse; c’est un massacre général auquel toute la population vient prendre part.
On capture chaque année des milliers d'individus; cette pêche fournit aux habitants de l'huile pour s’éclairer et de la chair pour se nourrir.
On compte en moyenne 1,200 captures de Grindewalls par an.
Cette pêche forme une des plus grandes ressources des iles Féroë. Pendant des siècles, elle a même été leur unique ressource.
Aujourd'hui encore, les habitants de ces îles mangent la chair de ce Dauphin avec délice et si, par hasard, le Grindewall fait défaut, la famine est à la porte.
De 1831 à 1860, on a pris 37,669 Grindewalls sur ces côtes, ce qui fait en moyenne 1,260 par an. En 1843, le nombre s’est élevé à 3,143, qui ont fourni 4,000 hectolitres d’huile. En 1857, on n’en a pris que 323.
On estime que chaque individu fournit une tonne d’huile, qui vaut près de 200 francs.
La chair est estimée à 40 francs par animal.
On en capture pendant toute l’année, mais c’est surtout au mois de juillet et au mois d’août que le passage a lieu. On prétend qu’anciennement ce passage avait lieu en septembre et en octobre.
Cette pêche n’occupe plus aujourd’hui dans cet Archipel que le troisième rang en importance, depuis que l'élève du mouton et les travaux de l’agriculture y ont fait des progrès.
On se demande si c’est le nombre de Grindewalls qui a diminué, ou si c’est le nombre de chaloupes qui a augmenté, ce qui a naturellement diminué le bénéfice par bateau.
Les Grindewalls ne sont pas comme les Crevettes sur nos côtes, les Maquereaux dans la Manche ou les Morues au Doggersbank, toujours également abondants. On ne capture pas impunément par an, des milliers de mammifères qui se reproduisent lentement et qui mettent des années à se développer.
Il a paru un article important sur cette pêche en 1861 !.
Eschricht avait en portefeuille une gravure qu’il comptait publier et qui représente une pêche des Grindewalls aux Féroë, en présence du Roi de Danemarck. On voit des milliers de nageoires dorsales des Grindewalls au-dessus de l’eau et les pêcheurs en canot qui les poussent vers le fond de la baie.
Cette pêche est également connue et pratiquée de la même manière de l’autre côte de l'Atlantique, au cap Cod, et au nord du Pacifique dans la mer du Japon. Comme nous l'avons dit plus haut, les Japonais, comme les Féringeois et comme les Américains au cap Cod, poussent des gammes entières dans des criques pour se livrer ensuite à une véritable boucherie.
Le capitaine Scammon rapporte que les habitants des côtes du Pacifique font tous la pêche du Grindewall de la même manière, et ils en estiment également la chair, qu'ils font sécher à l'air pendant quelques jours.
La pêche des Grindewalls se fait encore de la même manière aux îles Marquises. Le capitaine Jouan rapporte: un Jour à l’île Na Pou (Marquises) les naturels en poussaient une centaine devant eux ; ils les forçaient à échouer au rivage, en les chassant à coups de pierres et en faisant grand bruit.
? Lixcsy, Tidskrift for Naturvi denskaberne, vol. IV, p. 205. —- Ueber der Fang der Grindwale auf den Fœrüer. Ze1Ts. FÜR ALL6. ERDKUNDE, Berlin 1861, p. 379. (Signé v. E.)
Irmincer, Notice sur les péches du Danemark des îles Féroë.... REVUE MARITIME ET COLONIALE, septembre 1865.
(515) MUSÉES
Il y a une bonne vingtaine d’années, le Docteur Gray considérait la possession d’un squelette de Black-fish ou même des ossements séparés, comme une rareté !. Aujourd’hui on en trouve dans tous les Musées qui possèdent des ossements de Cétacés: nous pouvons citer par ordre alphabétique les Musées de Bonn, Bordeaux, Bruxelles, Cambridge (Angleterre), Christiania, Copenhague, Florence, Gand, Gôteborg, Gôttingue, Groningue, Leyde, Liège, Londres, Louvain, Munich, Paris, Philadelphie, Pise, Upsala.
Le squelette du Cap, du Musée de Bordeaux, provient de Jules Verreaux et ne présente pas de différences appréciables avec le type européen, dit le Docteur Fischer 2.
Le Musée de Christiania est en possession d’un squelette provenant du cap de Bonne-Espérance.
À Gand, à Liège et à Louvain on trouve des squelettes d’une même gamme, échouée sur les côtes de Zélande (Pays-Bas), en 1824.
Le Musée royal de Bruxelles conserve celui d’une femelle capturée sur nos côtes, et nous conservons à Louvain celui d’une autre femelle avec son jeune à terme qui est venu se perdre sur les côtes de Heyst.
Le pilote Guillou conserve à Concarneau le crâne d’un individu échoué en 1871 sur les côtes de Finistère.
Le Musée de Christiania possède un squelette du cap de Bonne-Espérance.
À Dorpat on conserve un fœtus de 32 centimètres, des Féroë.
Un crâne est conservé au Musée de Florence, provenant d’un Cétacé capturé au printemps de 1886, dont toutes les dents sont tombées.
À Gôteborg on conserve le crâne d’un animal capturé sur les côtes de Bohuslän en novembre 1861.
? Ann a.mag.nal. hist., febr. 1864, p. 174.
? Fiscaer, Not. sur deux espèces de Globice,hales (JouRN. LE Z00L. DE GERVAIS, 1872, 1. [, p. 275)
Le Musée de l’Université de Gand possède, outre le squelette dont nous parlons plus haut, la tête d’un jeune animal de quelque gamme échouée sur les côtes des Pays-Bas.
Le Musée de Louvain possède un fœtus, et, outre le squelette dont nous parlons plus haut, celui d’une femelle adulte, un squelette incomplet d’un individu de la Méditerranée et un quatrième squelette de la Nouvelle-Zélande.
Le Musée de Leyde possède un squelette fort intéressant du Japon, rapporté par von Siebold, d'un animal échoué près de Nagasaki en octobre 1827.
Il conserve en outre des squelettes de la gamme qui a péri en Zélande en 1824.
Schlegel a consigné ses observations sur ces pièces dans la Fauna Japonica.
On conserve aujourd’hui einq squelettes au Musée du Collège royal des chirurgiens, à Londres, provenant de Hobart-Town, de Kerguelen et de notre hémisphère.
On possède au British Museum : un spécimen monté, de sept pieds de long, des côtes d'Angleterre; deux têtes moulées, un squelette des côtes d'Irlande, un de femelle de la baie de Forth (elle renfermait un fœtus conservé dans la liqueur) ; un squelette de jeune animal de la baie de Forth, une tête d’adulte de la Tamise, un autre de l’entrée de la Tamise, et des mandibules. On y conserve aussi des squelettes de mâle et de femelle de la Nouvelle-Zélande, un squelette incomplet de Falkland-Islands (Malouines). On y conserve aussi un jeune animal empaillé du cap de Bonne-Espérance, qui a été décrit sous le nom spécifique de Macrorhynchus.
MM. Flower ! et Fischer ? rapportent quelques crânes à une espèce distincte, quoiqu’elles proviennent d'individus vivant au milieu des autres.
Au Muséum de Paris on conserve deux iêtes ra pportées de la Guadeloupe par l'Herminier, et une autre par Castelnau.
* FLower, Report ofthe Brit. « Transit of Venus » Expedition to Kerquelen island, p. 6.
? Fiscner, Journal de Zoologie, t. 1, p. 272.
Nous avons donné un dessin de la tête dans l’ostéographie des Cétacés (pl. LIT, fig. 3). Il en est fait mention aussi dans le voyage Erebus and Terror, et dans les Proceedings de Philadelphie 1.
Il y a encore de nombreux crânes au Muséum, provenant de localités très éloignées les unes des autres; entre autres une tête très forte sans indication d’origine, rapportée du temps de Cuvier, et deux têtes rapportées par Gaimard, de son voyage d'Islande.
Il s’y trouve aussi un squelette du cap de Bonne-Espérance, rapporté par Verreaux.
Le Muséum de Paris possède encore le squelette d’un jeune animal qui lui a été envoyé par Lemaoûüt, et qui, d’après la taille, ne doit avoir que quelques semaines, pour ne pas dire quelques jours; il est marqué : Épaulard à tête ronde, Delphinus globiceps. C'est sous ce nom que cette espèce est décrite dans le Règne animal de Cuvier.
Au Musée de l'Université de Lund on conserve une tête dont l’origine n’est pas indiquée; à Naples le squelette d’une femelle qui a mis bas sur les côtes d'Italie le 20 octobre 1887; à Pise celui d’un animal capturé à San-Rossoro, à l'embouchure de PArno, en 1869 ; à Palerme on en possède des têtes sans indication d'origine. À Stuttgard on voit le squelette d’une femelle capturée dans la baie de Forth; à Stockholm un crâne, à Upsala un squelette, l’un et l’autre des Féroë.
DESSINS
On trouve des dessins du Grindewall dans un grand nombre d'ouvrages et il y en a dans le nombre qui sont très bons.
Le plus ancien, après celui de Du Hamel ? et qui est en même temps un des meilleurs, est celui de Hunter, dans les Transactions philosophiques 3.
? Core, Proc. ac. nat. sc. of Philadelphia, 1876, p. 129. * Du Hanez, Péches, 11e part , Xe sect, pl. IX, fig. 5. * Vol. LXXVII, 1787, pl. XVI.
Scoresby en a publié également un dans ses Arctic Regions 1.
La figure de Scoresby représente parfaitement le dessin en blanc à la face inférieure du corps depuis la gorge jusqu’autour de l'anus.
Risso en a publié également un dessin, mais, si ce n’est la nageoire pectorale qui est si caractéristique, on reconnaîtrait difiicilement le Globiceps 2.
On en voit également une figure dans les Annales du Muséum (t. XIX, pl. 1), 1812, dans l'Histoire naturelle des Cétacés de Fréd. Cuvier (pl. XII, fig. 2), dans Couch, qui figure fort bien le plastron ; il le désigne sous le nom de Phocæna melas 3, dans Schlegel {Fauna Japonica) d’après un animal des côtes du Japon #. Siebold a fait exécuter ce dessin sous ses yeux.
Traill, Bell et Jardine en ont également publié un dessin.
Un dessin, fait d’après un animal pris au Havre en 1856, est conservé dans les vélins du Muséum.
Un autre dessin plus intéressant encore est conservé dans les mêmes vélins ; il représente un jeune individu capturé sur les côtes de la Nouvelle-Zélande ; ce dessin a été fait par les soins du capitaine de la Vaux (Fischer).
J. Verreaux a rapporté un dessin d’un individu capturé au Cap de Bonne-Espérance. Il est entre les mains du Docteur Fischer.
J. Murie a eu à sa disposition un corps frais, et il a eu l’heureuse idée de faire dessiner les divers appareils qui sont reproduits dans les Transactions de la Société zoologique de Londres (vol. VIIT, 1867).
Eschricht a fait graver une belle planche qui représente la pêche du Grindewall aux Féroë. Il la destinait à la publication qu’il n’a malheureusement pu achever. Le dessin a été fait
1 Scoresey, Account... Vol. I, pl. XIE.
? Risso, Aisloire naturelle de l'Europe méridionale, t. IN, pl. I, fig. 1,
5 Ann. nal. hist., vol. I, 1842.
“ Fauna Jopouica, pl. XXVII.
sur les lieux, en présence du Roi, qui est représenté debout et armé d’une lance.
Un dessin a été publié par Jon. Couch, d’après un individu des côtes des Cornouailles.
Burmeister a vu, à son passage à travers l'Atlantique, à 8 degrés de latitude nord et 22,5 de longitude, une gamme de Globicéphales, dont il donne un croquis. L'animal est fort reconnaissable à ses nageoires pectorales et à la manière dont il se tient à la surface de la mer. Burmeister a fait figurer sur cette même planche une tête de Pseudorque.
Le capitaine Scammon a publié une planche (pl. XVI, Marine animals) sur laquelle il reproduit le Globiceps du Pacifique, vu par-dessus et par-dessous.
Sampson a publié le dessin d’un individu capturé de lautre côté de l'Atlantique t.
Le Giobiceps de nos antipodes, en tout semblable au nôtre, est représenté dans les Transactions de l'Institut de la Nouvelle- Zélande ?.
Nous avons en portefeuille le dessin de grandeur naturelle d’un jeune animal à terme, que nous avons trouvé dans le ventre de la mère que les pêcheurs de Heyst {côtes de Belgique) avaient trouvée morte en mer à quelques lieues des côtes. On voit parfaitement la forme du plastron blanc sous le thorax.
Dans l’Ostéographie des Cétacés, nous avons consacré trois planches (LI, LILI et LIIT à la reproduction de toutes les parties du squelette.
Il en existe aussi une photographie, d’après un individu capturé dans la Méditerranée en face de l’Arno, en 1869 (presso la foce dell Arno, dit M. Giglioli).
1 Ann. Journ. sc. a. Arts, 1835.
? Trans. N.-Z. Institute, vol. IX, pl. XII, 1876.
PARASITES
Steenstrup 1 a donné le nom de Xenobalanus globicipitis, à une Balane qui s'établit sur les nageoires et sur les dents; à côté de cette Balane se développent également des Otions.
Lowe a trouvé le même Xenobalanus globicipitis sur un Cétacé, capturé durant la traversée de Madère aux côtes d’Angleterre. Il a été décrit par Darwin sous le nom de Siphonicella, dit Fischer, et il reconnait qu’il se rapproche des Tubicinella et des Coronula. Le professeur Lutken l’a reconnu sur des Globiceps des Açores.
Willemoes-Suhm en a envoyé à v. Siebold 2 qu'il avait recueillis sur les lieux de pêche.
Dans les chairs d’un mâle adulte, capturé au Havre en 1856, on a trouvé des Cysticerques en abondance; mais ils n’ont pas été étudiés. Le D' Fischer en fait mention.
Paul Gervais a recueilli plusieurs Antilocres dans les fosses nasales d’un Globiceps capturé dans la Méditerranée. Feu notre ami nous en a envoyé un certain nombre que nous conservons avec soin. Comme on ne connaît que ce seul exemple, il serait difficile de dire si ces Crustacés sont commensaux, ou s'ils se sont trouvés accidentellement dans ces cavités.
1 Srerwsrrup, Forelübig Bemaerkning om forekomsten af en Otion og en cyamus pan den Focrüeske Grindehval. Videnskubabelige meddelelser. . Copenhague, 1849-1850, nes 1-2, p, 95.
* V. Siesouo, Nachträge zu den Briefen, p. cix.