‹ Histoire naturelle des cétacés des mers d'EuropeChapitre 38 sur 51 · LE GRAMPUS · texte numérisé non relu

LE GRAMPUS

CORAMPELS GREISEUS.)

LITTÉRATURE

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HISTORIQUE

Le nom de Grampus ou de grand poisson a été donné par Hunter à un Delphinide dont il a été fait mention dans les Transactions philosophiques de 1787.

Du Hamel a représenté ce Delphinide, et Bonnaterre, dans sa Cétologie, l’a désigné sous le nom de Delphinus ventricosus.

D'Orbigny a connu aussi cet animal.

Le D' Gray fait, en 1844, dans le voyage d’Erebus und Terror, un nom générique du mot Grampus ; ce terme est généralement reçu aujourd'hui.

Lacépède avait confondu ce Cétacé avec POrque gladiateur, qui est reconnu maintenant, non pour une espèce distincte, mais pour le mâle de cette redoutable espèce.

Cuvier fait également mention, en 1812, du Grampus dans son rapport sur divers Cétacés pris sur les côtes de France.

Après avoir parlé de l’Orque, Cuvier dit : Nos côtes votent de temps en temps une espèce moindre (D. Aries, Risso), qui perd de bonne heure ses dents à la mâchoire supérieure et n’en conserve qu'un petit nombre à l’inférieure.

Dans le règne animal, le même Cétacé est désigné sous le nom de Grampus griseus, mais Cuvier fait une différence entre celui de la Méditerranée et celui de la côte de Bretagne.

En 1826, Risso parle d'un individu capturé, le 15 juin, dans le golfe de Saint-Jean, près de Villefranche, non loin de Nice, et dont nous avons vu la peau montée au Musée de cette ville. L'étiquette porte : Delphinus Risso, Cuvier. De tout le squelette le bout de la mandibule est seul conservé.

Risso assure que ce Dauphin n’approche des côtes qu'à l'époque des amours.

M. Richiardi parle du Grampus griseus dans les Actes de la Société des Sciences naturelles de Toscane, et E. Trois le cite sous le nom de Grampus rissoanus dans les Actes des Sciences naturelles de Venise.

Laureillard a vu un individu à Nice, qui faisait partie d’une bande de onze individus.

Paul Gervais fait connaître à l’Institut, en 1864, qu’une bande a pénétré dans les Bouches-du-Rhône deux ans auparavant.

M. Cornalia cite le Grampus dans sa Fauna d'Italia, sous le nom de Delphinus Rissoanus.

Rizzio cite sa présence sur les côtes de Sicile.

Le 22 juillet 1867 la mer rejeta sur la côte du département de la Gironde, entre Ferret et le poste de la douane de la Garonne, un grand Cétacé qui fut conduit Ie lendemain à Arcachon. Le D' Fischer se trouvait heureusement sur les lieux; il eut l’occasion de l’étudier et fit la description de l'extérieur de l'animal et de ses viscères ; il publia aussi la description de son squelette avec des détails intéressants sur la pâture de lanimal, qui avait l'estomac rempli de mandibules et de eristallins de Céphalopodes.

Le D: Fischer a eu ensuite Ia chance de rencontrer dans la Méditerranée une gamme d'une centaine d'individus qui prenaient leurs ébats sur les côtes du Maroc; ces observations ont permis à M. Fischer de se prononcer sur les aflinités du Delphinus griseus des côtes ouest de France avec le Delphinus Rissoanus de la Méditerranée, dont il ne fait, avec raison, qu’une seule et même espèce.

Dans les Actes de la Socitté linnéenne de Bordeaux, il a été fait mention également de ce Cétacé par Laporte.

Depuis lors le D' {. Murie a eu l’occasion d'étudier deux femelles, une adulte et une jeune, qui sont venues échouer en 1870 sur les côtes d'Angleterre. Le savant anatomiste fait connaître des détails intéressants sur les organes sexuels et leurs dépendances ; il fait Panatomie du larynx avec sa poche propre et les cordes vocales; on voit, dans le dessin qu'il ajoute, le rapport de ces organes avec les cartilages. Il s'étend ensuite particulièrement sur les fosses nasales. Il reproduit dans un diagramme les divers sacs qui se trouvent, au nombre de sept, à l'entrée de l’évent, et qui sont en communication avec la

cavité principale. Il décrit ensuite tout le tube digestif et donne des détails fort intéressants sur le système musculaire. Les

| jeunes portent un double rang de quatre poils à la lèvre supérieure. Sous le rapport des aflinités, 1. Murie place le Grampus griseus entre le Dauphin ordinaire et le Pseudorca.

Un autre individu des côtes d'Angleterre a été signalé par Balkwell dans le Répertoire de Institut de Plymouth.

Nous devons encore un beau travail à la plume correcte et sobre du professeur W. Flower ; 1l est inséré dans les Transactions de la Société zoologique de Londres (1872). Le savant directeur du British Museum fait la description du squelette, et l'accompagne de fort belles figures représentant en même temps l’animal frais. Ces descriptions sont faites d’après deux individus capturés à quelques jeurs d'intervalle sur les côtes d'Angleterre, à l'entrée de la Manche.

L'année après cette publication, le professeur Môbius eut l'occasion d'étudier un mâle et une femelle capturés sur la côte de Busum, entre l'embouchure de lElbe et de l'Eïder. La femelle s’est perdue le 17 février 1873 et, quelques jours après, le mâle a eu le même sort 1. La femelle mesurait 3,49, le mâle 3,70. Tous les deux étaient blancs au-dessous, en grande partie noirs au-dessus et, dans ce noir du dos, on voyait des lignes blanches qui serpentaient les unes dans les autres, comme des veines d’une plaque de marbre. Tous les deux sont adultes, puisque les épiphyses des vertèbres sont toutes réunies au Corps.

A la fin de janvier 1876, on a capturé sur la côte d'Alger une femelle dont le squelette est au Musée royal de Belgique. Nous avons publié la même année une notice sur cet animal dans les Bulletins de l'Académie.

Dans ces derniers temps on a pu capturer un Grampus vivant dans la Manche, que l’on a conservé en vie pendant quelques jours dans l’aquarium de Brighton ?.

* Schriften des Naturw. Vereins für Schleswig-Ho!stein, B. 1. ? Pendant la correction de cette épreuve, le lieutenant Fr. Af. Chaves,

Harlan s'est occupé aussi des Grampus ; il a même donné la description d’un animal pris sur les côtes de la Nouvelle- Angleterre, mais il en fait une espèce distincte, pour laquelle il propose le nom de Delphinus intermedius ; ce Grampus n’est que lespèce ordinaire d'Europe.

Ce même Grampus d'Europe a été vu dans les eaux de nos antipodes par M. Hector.

SYNONYMIE

.Delphinus ventricosus, Bonnaterre.

Phocæna griseus, D’Orbigny.

Delphinus griseus.

Delphinus aries, Risso.

Dauphin de Risso, Cuvier.

Delphinus intermedius, Harlan.

Grampus Rissoanus, Gray, E. Trois.

Delphinus Rissoanus, Cornalia.

Grampus griseus, Cuvier, Richiardi, Rizzio.

CARACTÈRES ET DESCRIPTION

La couleur de la peau n’est pas toujours la même d’après ce que nous apprend M. Fischer, qui en a vu une centaine ensemble, mais c’est le seul Delphinide dont la peau grise bleuâtre est couverte de lignes irrégulièrement coupées, semblables à des égratignures.

C’est le seul Cétacé aussi qui porte quatre ou cinq molaires à la mâchoire inférieure et qui n’a plus que des alvéoles faiblement indiquées à la mâchoire supérieure.

Les poils des moustaches sont au nombre de deux dessus et de six dessous (Flower). D’après le docteur Murie les jeunes portent une double rangée de quatre poils à la lèvre supérieure.

n'écrit de Ponta-Delgada (Açores), qu’on y a capturé, le 5 mai, un Grampus de 5 mètres 6 centimètres, dont le squelette a été envoyé au Muséum à Paris. A en juger par la taille, c'est probablement une femelle.

Camper avait déjà reconnu les deux poils aux lèvres supérieures d’un fœtus de 20 centimètres.

Klein a publié une bonne figure de fœtus, de 20 1/, pouces; ce Jeune avait aussi deux eryptes pileux.

Le mâle est plus grand que la femelle; le mâle capturé sur les côtes du Holstein mesurait 3",70, la femelle 3,49.

Les Grampus connus ont tous perdu leurs dents supérieures, et les inférieures ne dépassent pas le nombre de six.

Môbius a vu les dents manquer complètement dans un mâle, mais il a trouvé trois alvéoles à gauche et deux à droite.

Ces alvéoles sont pleines d’une masse spongieuse ossifiée. On voit toutefois distinctement que le mâle a eu également quatre dents de chaque côté, comme la femelle.

Nous trouvons dans un mâle, étudié par Fischer, =; dans

deux individus d’Aiguillon, étudiés par d'Orbigny, +, ; = ;

1— 49 559 dans une tête de Brest, =; dans une femelle du Muséum de Paris, 2; dans une autre femelle, observée par Flower, :—, enfin dans une femelle des côtes d'Algérie, +.

Le Grampus de la Nouvelle-Zélande, cité par M. Hector, a la formule dentaire, =.

Cuvier a décrit le premier le squelette de ce Cétacé, d’après un animal échoué sur la côte de Brest.

Les vertèbres cervicales sont en grande partie soudées, Îles deux premières le sont très intimement. La septième est libre.

Il existe douze paires de côtes, peut-être treize. Les six premières ont seules une double facette articulaire.

Les vertèbres lombo-sacrées sont au nombre de 16 ou 17, et les caudales de 30 environ.

La colonne vertébrale compte ainsi : cervicales, 7, dorsales, 12, lombaires, 17, caudales, 30 — 67.

Nous avons compté les phalanges 1, 9, 6, 2 et O0 dans un jeune animal; dans un autre adulte, nous trouvons : 2, 8, 6, > et 1.

La main des Grampus ressemble à celle des Tursio, dit Fischer.

MOEURS

Les individus échoués à l’Aiguillon (Vendée) poursuivaient des Muges ; à diverses reprises on en a pris dans des filets de pêcheurs, ce qui fait bien supposer que les Grampus poursuivent les poissons.

Le docteur Fischer a eu l’occasion de visiter l'estomac d’un mâle, capturé dans le golfe de Gascogne, et qui ne contenait que des restes de Seiches et de Calmars.

Les observations ne sont pas encore assez nombreuses pour dire que ces animaux vivent par couples à une certaine époque de l’année, et par gammes pendant une autre époque; mais les faits connus jusqu’à présent semblent le faire supposer.

L'animal pris dans une madrague, non loin de Nice, et qui a été dessiné par Laureillard, appartenait à‘ une gamme de onze individus.

En 1864, Paul Gervais annonce à l'Académie qu'une bande, dont il ne dit, pas même approximativement, le nombre, a pénétre, en 1862, dans le port de Carry (Bouches-du-Rhône; 1.

Le Grampus griseus vit en bandes très nombreuses dans la Méditerranée, dit M. Fischer. Le 27 Juillet 1881, se trouvant sur les côtes du Rif (Maroc) et à peu de distance du pénitencier espagnol de Penon de Velet, Fischer observait une bande de Grampus, composée d’une centaine d'individus, présentant les colorations les plus variées ; plusieurs petits nageaient à côté de leurs mères. Cet animal reste plus longtemps à la surface de l’eau que le Dauphin ordinaire; la pointe de son aileron se dresse sur les flots et décèle sa présence, dit auteur de cette note.

M. Richiardi, directeur du Musée de Pise, rapporte que l’on a capturé, au milieu du mois de juillet 1879, sur la côte de Sicile, près de Palerme, quatre individus de cette espèce, et deux en mai 1881.

‘ Comptes rendus . .., novembre 1864.

Il n’est pas douteux qu'ils vivent et voyagent aussi par couples.

Le professeur Môbius fait mention d’un mâle et d’une femelle, capturés, comme nous venons de le dire, à deux jours d'intervalle, entre l'embouchure de l’Elbe et de lEider.

La femelle, dont parle le professeur Flower, a été d’abord capturée seule et, après elle, on a capturé une autre femelle plus jeune que la première. Les mâles se sont sans doute tenus plus au large.

Ainsi nous voyons un individu seul, capturé sur les côtes d'Alger, à la fin de janvier 1876; une femelle seule, dans un filet à maquereaux (28 février 1870), près du phare d’Eddystone à l’entrée de la Manche ; encore un autre, jeté seul sur la côte, dans la baie d'Arcachon, le 22 juillet 1867.

On n’est pas éloigné de croire, d’après ces observations, que le Grampus griseus vit en compagnie (gamme) pendant une partie de l’année, et se réunit par couple à l'époque des amours, jusqu’à la mise bas.

Il y a sans doute aussi des solitaires, des mâles répudiés, mais qui sont beaucoup plus rares.

DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE

Pour determiner la distribution géographique, nous ne pouvons juger que d’après les captures et les échouements, puisqu'il n’y a pas de pêcheries de cette espèce.

Nous connaissons aujourd’hui des captures sur tous les points de la Méditerranée, même dans l’Adriatique; nous en connaissons également sur les côtes du Portugal, puis à l'entrée de la Manche, sur les côtes de France comme sur celles d'Angleterre ; nous en connaissons dans la mer du Nord jusqu’à la côte de Suède, et enfin de l’autre côté de l'Atlantique, sur les côtes des États-Unis d'Amérique, au cap de Bonne-Espérance, au Japon et dans les eaux de nos antipodes *.

1 Nous avons dit plus haut dans une note, qu'on vient de capturer un individu aux Açores.

La présence du Grampus de l’autre côté de l'Atlantique a été reconnue par le professeur Copé, qui a signalé des captures sur les côtes de Massachusetts et de la Nouvelle-Angleterre, où il n’est même pas très rare f.

On le voit ensuite sur les côtes ouest d'Afrique jusqu'au cap de Bonne-Espérance (M. Flower a reçu une tête du Cap), et on s’est demandé s'il ne tient pas son quartier d'hiver en Europe et son quartier d'été sur les côtes d'Afrique. La tête qui lui a été envoyée du cap de Bonne-Espérance a suggéré cette idée au directeur du British Museum.

Le Dr Fischer croit, au contraire, que ce Cétacé vient prendre son quartier d'été dans le golfe de Gascogne, à l'inverse des Tursiops et des Marsouins qu’on n'y voit qu’en hiver.

Le professeur Môbius ne partage pas l'avis que le Grampus se rend au nord pendant l'été; il croit que la côte du Holstein est jusqu’à présent le point le plus septentrional où l’on ait observé cette espèce.

La présence du Grampus a été également constatée dans les eaux du Japon; Schlegel en fait mention dans la Fauna Japonica, et Gray assure qu'il doit y être assez commun, puisqu'il y est désigné sous un nom particulier (Sakamata).

À. Murray, dans son livre sur la distribution géographique des mammifères, dit : The common Grampus tumbles through the heavy waves all the way from Britain to Japan, vid Nort-Westh passage.

Depuis que le Muséum de Paris a reçu un squelette du Japon, il ne reste plus de doute sur l’identité de l'espèce.

Le capitaine Scammon cite également le Grampus parmi les Cétacés de l'océan Pacifique.

Voici en somme le relevé des captures faites en Europe : d'abord nous voyons quelques individus pris dans la Méditerranée.

Dans la baie Saint-Jean, près de Nice, les pêcheurs capturent un mâle et une femelle.

1 Core, Proc. acad. nat. sc. Philadelphia, 1876, p. 129, pl. HI

Pendant son séjour à Nice, Laureillard voit des individus des deux sexes pris dans des madragues.

Celui dont parle Risso est pris par les pêcheurs de Villefranche (13 juin).

Un autre est signalé dans les environs de Palerme, par Rizzio, mais sans indication de date.

Les côtes d'Alger ont été également visitées par une femelle qui a été prise en janvier 1876.

P. Gervais a fait mention d’un Grampus pris à Carry (Bouchesdu-Rhône).

Au fond de lAdriatique, on en a capturé un à Chioggia (Venise), dont le squelette est conservé à Vienne (Autriche).

Sur les côtes du Portugal, un individu a échoué en 1879, dont les os sont conservés au Musée de Lisbonne.

Un jeune animal a été pris, 11 Y a quelques années, à Concarneau (Finistère), dont le squelette a été préparé par M. Guillou ; il est aujourd'hui au Muséum de Paris. Il possède trois ou quatre dents à la mandibule, mais qui sont encore toutes cachées dans les gencives.

Au mois de juin 1822, quatre individus, trois adultes de 3,25 et un Jeune de 2,35 (d’Orbigny), échouèrent à l’Aiguillon (Vendée), à la poursuite du Wugis cephalus. Le dessin de Fr. Cuvier est fait d’après un de ces Cétacés; il porte le nom de Marsouin de d’Orbigny, Phocæna griseus. C’est la reproduction de la figure qui accompagnait un mémoire de d’Orbigny, sur ces quatre prétendus Marsouins (Fischer:.

Le 12 avril 1844, on en a trouvé un sur le rivage de Cazeaux (Gironde), et un autre a été signalé par Laporte.

Celui dont parle M. Fischer a été jeté sur la côte dans le golfe de Gascogne, le 22 juillet 1867.

Un Grampus griseus, isolé, a été capturé dans la baie de Saint-Michel (côtes de Normandie), le 3 août 1871. Le squelette se trouve aujourd’hui au Muséum de Paris.

Le 17 février 1873, près de Bussum, côte ouest du Holstein, entre embouchure de l’Elbe et de l’Eider, un couple s’est fait

prendre à deux jours d'intervalle; la femelle d’abord, deux

jours après, le mâle. Celui-ci avait 98 centimètres de plus que la femelle et pesait 470 kilogrammes.

Un autre Grampus est venu échouer sur les côtes de Suède, dont le squelette est conservé au Musée de Stockholm.

La femelle, disséquée par le Dr James Murie et décrite par le professeur Flower, a été capturée dans un filet à maquereaux, le 28 février 1870, près du phare d’'Eddystone. Elle avait mis bas depuis peu de temps. Le 31 mars suivant, une femelle toute jeune fut prise dans la Manche; on ne connaît pas au juste le lieu de la capture.

À laquarium de Brighton on a espéré pouvoir conserver en vie un Grampus pris dans un filet de pêcheur.

On en à capturé également un à l'île de Wight.

Si nous faisons le relevé de ces captures, nous voyons en janvier une femelle sur les côtes d'Alger ; en février un mâle à l'embouchure de l'Elbe ; le mâle est pris le 17, la femelle le 19, à peu de distance de là. A la fin de février, on prend, à l'entrée de la Manche, à Plymouth, deux femelles, dont une venait de mettre bas.

Au mois d'avril, le 12, on en capture un à Caseaux (Gironde), en mai, deux, sur les côtes de Sicile, en juin, le 15, un à Villefranche, et le même mois trois adultes et un jeune sur les côtes de la Vendée. Au mois de Juillet, on en voit quatre sur les côtes de Sicile et on en prend un dans la baie d'Arcachon. Le 3 du mois d'août, il y en a un qui échoue sur la côte de Normandie (baie de Saint-Michel), et on en capture un au mois de septembre à Concarneau.

Il est diflicile de voir dans ces diverses captures un indice quelconque de pérégrination périodique.

Tout ce qu'on pourrait conclure de ce relevé, c’est qu'il semble y avoir une apparition plus ou moins régulière au printemps et en automne dans le golfe de Nice, ce qui correspond peut-être avec l'apparition de certains poissons dans ces parages.

MUSÉES

Les ossements de ce Dauphin, un des plus rares et des plus intéressants, a dit le Dr Fischer, sont répartis aujourd’hui dans divers Musées.

Nous allons énumérer par ordre alphabétique les villes qui en conservent dans leurs collections.

Le squelette de l'animal étudié par le Dr Fischer est au Musée d'Arcachon.

Nous croyons avoir vu un crâne de Grampus au Musée de Brest.

A Brighton on conserve le squelette d’un animal capturé vivant dans la Manche qui y a vécu peu de temps dans le grand aquarium de la ville.

À Bruxelles nous conservons aujourd'hui au Musée royal d'histoire naturelle le squelette de la femelle capturée sur les côtes d'Alger.

Giglioli en a vu des exemplaires à Gênes et à Zara.

Les deux squelettes de mâle et de femelle, capturés sur les côtes du Holstein, sont au Musée de Kiel.

Le Musée de Lisbonne renferme un beau squelette provenant d’un animal échoué vers 1879 sur les côtes de Portugal. Nous l’avons vu en 1880.

Au Musée du collège des chirurgiens à Londres, se trouvent les squelettes des individus qui ont été étudiés par M. Flower. On y conserve également le squelette d’un animal capturé à l'île de Wight (1845).

Au British Museum, on conserve le squelette d’une femelle adulte et celui d’une jeune femelle, toutes les deux prises dans la Manche. On y conserve en outre un autre du cap de Bonne- Espérance et un crâne d’origine inconnue.

On en voit aussi des ossements au Musée de Lund.

Il existe un squelette au Musée de Marseille d’un exemplaire tué en 1862, au milieu d’une bande, dans le port de Carry (Bouches-du-Rhône).

A Nice, on conserve la peau et une partie de la mandibule de celui du golfe Saint-Jean.

A Paris, au Muséum, on possède depuis longtemps des ossements envoyés par Risso; on y voit aussi la tête de la femelle capturée à Brest, le squelette envoyé de Nice, par Laureillard, le crâne d’un animal pris à la Rochelle, un autre de Concarneau, et, depuis peu, un squelette de Mont-Saint-Michel 1.

Il existe un crâne au Musée de la Rochelle.

Au Musée de Pise se trouve le squelette complet dont Richiardi a fait mention dans les Actes de la Société de Toscane.

A Vienne, en Autriche, on conserve, comme nous l’avons dit plus haut, le squelette de l'individu capturé sur les côtes de Dalmatie.

A ces squelettes des mers d'Europe, nous pouvons ajouter celui que le Muséum de Paris a reçu du Japon, ainsi que le crâne, rapporté du cap de Bonne-Espérance, qui est au Musée du Collège royal des chirurgiens, de Londres.

Celui de la Nouvelle-Zélande est conservé au Colonial Museum de Wellington, sous le nom de Grampus Richardsoni.

DESSINS

La première figure est de Hunter : elle accompagne son Mémoire sur les Cétacés ?.

Bonnaterre l’a reproduite planche XIL, figure 2, sous le nom de Delphinus ventricosus 3.

Gervais pense que c’est le même animal que Duhamel à représenté planche X, figure 5.

Plüsieurs auteurs ont publié depuis des figures du même Cétacé ; Cuvier en a reproduit une, en 1812, dans les Annales du Muséum (t. XIX, pl. I, fig. 1-4); elle lui a été envoyée de Brest, avec le squelette. Cette figure a été copiée par Schreber.

1 [1 faut y ajouter encore celui d'un individu qui vient d'être pris aux Acores.

2 Phil. Transact., 1887, pl. XVIL.

5 Célologie, p. 25.

rie

La figure 4 est faite d’après un dessin de Risso, par conséquent, d’après un animal de la Méditerranée.

Risso en a publié un dessin dans son Histoire naturelle de l'Europe méridionale, tome IT, planche L, fig. 1.

Un autre dessin, fait par Laureillard pendant son séjour à Nice, en 1820, a paru dans l'Histoire naturelle des Cétacés, de Fréd. Cuvier, planche XII, figure 1. Cette figure a été publiée d'abord dans l'Histoire naturelle des Mammifères, de Fréd. Cuvier.

La figure de l'individu pris près d'Eddystone a été publiée dans Rep. Plym. instit., IX 1.

I. Murie a accompagné sa Notice sur le Grampus de Risso d’une planche représentant tout l’animal, et il a intercalé dans le texte le diagramme de l'ouverture des évents et la cavité du larynx.

Le plus beau dessin est celui qui accompagne le mémoire ce M. Flower ; le squelette y est également représenté.

Cuvier a publié le premier le dessin de la tête dans ses Recherches sur les ossements fossiles, volume X, planche XXI, figure 1-2.

Gervais a donné le dessin du crâne rapporté par Laureillard, dans sa Zoologie et paléontologie françaises, planche XXXVIT, figures 1-2 et 5. Dans l’Ostéographie des Célacés nous avons publié le squelette. Planche LXIV, figures 4 et 4°, représente le crâne d’un jeune animal des côtes de Bretagne.

Ce qui prouve la supériorité des dessins des os sur la représentation de l’animal entier, ce sont les figures de G. Cuvier, de Risso et de Laureillard du même animal, et qui semblent indiquer trois espèces différentes.

Il existe une photographie du squelette d’un individu capturé dans la Méditerranée 2.

? BackwiL, Risso's Grampus, Rep. Pix. Ixsr. IX, avec pl.

? Une belle photographie vient d’être faite aux Açores, par le lieutenant M. Francisco Affonso Chaves, de l’armée Portugaise, en garnison à Ponta Delgada.

PARASITES

Le Grampus griseus des côtes d'Alger (1876) renfermait dans les voies respiratoires des Strongles voisins de ceux qui vivent dans le Marsouin, et que Diesing a désignés sous le nom générique de Prostecosacter.

Ce Strongle se termine en arrière, dans les deux sexes, en une massue ; les pénis sont fort courts et on voit, à la base de l'extrémité caudale du mäle, deux lobes médiocrement développés.

Nous croyons ce ver nouveau pour la science et nous avons proposé pour Jui le nom de Strongylus nodosus. 11 à de 3 à 4 centimètres de longueur f.

1 Van BexEDEN, Bull. de l'Académie roya'e de Belgique, avril 1876.

GENRE LAGENORHYNCHUS.

Les Lagénorhynques ont été longtemps confondus avec les Dauphins véritables; ce n’est qu’en 1846 que Gray a proposé ce genre nouveau, sans en établir cependant les caractères distinctifs.

Le genre Lagenorhynchus se distingue surtout par ses os palatins, comme M. Flower vient de le montrer. Ces os se font remarquer par leur grande largeur et par le quart de cercle qui forme le bord postérieur des deux os réunis.

Les Lagénorhynques sont de tous les Cétacés ceux qui ont le plus grand nombre de vertèbres ; on en compte jusqu’à 94.

Le Rostre est eflilé; à cause de ce caractère, ces Cétacés ont été confondus longtemps avec le Dauphin ordinaire.

Deux espèces nagent par bandes nombreuses dans l'Atlantique septentrionale.

Les poils des moustaches des fœtus sont au nombre de six ou sept.

Les Lagénorhynques n’ont pas les caractères aussi nettement tranchés que les genres précédents ; nous n’oserions nous prononcer avec la même confiance au sujet de leur répartition géographique. Nous pouvons dire toutefois que les deux Lagénorhynques de notre hémisphère sont plus méridionaux que le Beluga et le Narval ; les baleiniers assurent que ces derniers retournent à leurs régions polaires, quand les Lagénorhynques font leur apparition.

Rob. Brown les à reconnus sur les côtes du Groënland, et depuis longtemps on les signale aux iles Loffoden ; ils font une apparition périodique dans la mer de Davis. Ils paraissent aussi périodiquement sur les côtes des Féroc.

On en a vu souvent apparaître sur les côtes des iles Britanniques et sur nos côtes continentales, celles de Norwège, de Suède et ils pénètrent jusque dans la baie de Kiel. On en a vu aussi entrer dans le Canal Saint-George.

Les deux espèces d'Europe sont des espèces septentrionales plutôt que méridionales. Le Lag. albirostris serait plus commun dans le détroit de Davis et la mer de Baflin ; l’autre espèce serait, au contraire, moins septentrionale et répandue surtout aux Féroë.

Le professeur Lutken vient de faire la comparaison des deux espèces septentrionales en comparant le crâne, les dents, la colonne vertébrale et les nageoires pectorales, et il signale des différences entre toutes ces parties du corps; les vertèbres du Lag. albirostris varient de 88-94, celles du Lag. acutus de 78 à 82. Il fait remarquer, en même temps, que Malm attribue à un squelette du cap Horn, le Lagenorhynchus clanculus, seulement soixante et onze vertèbres. Il en résulte, dit le professeur Lutken, que la diagnose du genre, basée sur le grand nombre de vertèbres, devrait être modifiée.

On voit aussi les Lagénorhynques de l’autre côté de l’Atlantique; des gammes entières se sont perdues sur les eôtes de la Nouvelle-Angleterre ; le Musée Smithsonien en possède deux squelettes provenant de ces parages.

On a signalé des Lagénorhynques également au cap de Bonne-Espérance et sur la côte de Californie ; mais ce sont des espèces particulières à ces régions.

On à donné le nom de Lag. obliquidens à une de ces espèces qui fréquente ces parages.

On conserve au British Museum les ossements de cinq espèces différentes : les Lag. albirostris et acutus, de l'Atlantique boréale ; le Lag. electra, de la mer des Indes; le Lag. fitzroyi (rostre et mandib.), de la côte de Patagonie: le Lag. elanculus, de l'océan Pacifique.

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LAGENORHYNCHUS A LBIROSTRIS.

LITTÉRATURE

3. €. Gray, Zool. of the voyage of Erebus and Terror, p. 54. 1839-

3 E. Gray, Ann and Mag. Nat. Hist., vol. 17, p. 84. 1846. Th. Brightwell, Ann. and Mag. Nat. Hist., Are ser. vol. XVII.

D.F Eschricht, Ayl. danske vid. selsk. Afhand, Bd., XI, p. 297.

D.F. Eschricht, Comples rendus de l Acad. des sc , juillet 1858. M. Claudius, Dissertatio de Lagenorhynchis, Kiliæ. 1855.

Van Benecden, Recherches sur la faune littorale de Belgique, Célacés, Méu. Acao. Rr. BezGique, t. XX XIE, pl. I. 1860.

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