‹ Histoire naturelle des cétacés des mers d'EuropeChapitre 43 sur 51 · Bulletin... .., 2e série, t. XXXIX, et 5° série, L XV · texte numérisé non relu

Bulletin... .., 2e série, t. XXXIX, et 5° série, L XV

Un individu a été pris, en septembre 1885, dans la Baltique (Conventz-Danzig !).

Newton a trouvé des ossements de Tursiops (Tursio?) à Overstrand (Norfolk) dans le Forest-Bed (Newton).

Nous connaissons un certain nombre de Tursio observés hors des mers d'Europe.

Il reste à savoir si tous ces animaux appartiennent bien à la même espèce, ou si quelques-uns d’entre eux présentent des différences assez grandes pour en faire des espèces vicariantes.

A Paris on voit un crâne des côtes de Chine, un autre des îles Seychelles, un rostre de la Nouvelle-Zélande; à Bordeaux on en possède un du cap Vert et, à Liverpool, un des côtes de Gambie.

Le Delphinus brocchii des terrains tertiaires d'Italie est un Tursio.

Le capitaine Scammon fait mention du Tursiops (Turs. gillii, Dall).

On fait mention d’une pêcherie établie à Hatteras. MUSÉES.

Il existe des squelettes ou des crânes séparés dans la plupart des Musées ; nous pouvons citer particulièrement: Amsterdam, Anvers, Bordeaux, Bonn, Boston, Brest, Bruxelles, Copenhague, Édimbourg, Florence, Gand, Gênes, Gæœttingue, Greiswald, Groningue, Hanovre, Leyde, Londres (Coll. roy. chirurgiens), Louvain, Lund, Paris, Pise, Saint-Pétersbourg, Stockholm, Upsal.

Le squelette du Bottle nose de Hunter se trouve au Musée du collèse des Chirurgiens.

Le British Museum possède également des moules de la tête du mâle et de la femelle capturés sur les côtes des Etats-Unis d'Amérique, un squelette de mâle adulte, de femelle et de jeune de la baie de Forth, et plusieurs têtes, dont deux de Hernebay.

! Schriflen des Naturfarschenden gesellschaft in Danzig. Dantzig, 1888, [pe 28.

L'original du Delphinus abusalem est à Francfort.

Le squelette du Musée de Copenhague est d’un animal capturé sur les côtes de Danemark.

A Saint-Pétersbourg se trouve le squelette rapporté par Rathke de la mer Noire.

A Paris on voit le crâne d’un animal de la Manche.

A Louvain nous possédons des crânes d'individus capturés dans le canal Saint-George.

Le Musée de Brest possède un squelette intéressant, quoique incomplet, par l'usure de ses dents. On n'en connait pas l'origine.

Le Musée de Leyde possède le squelette du Tursio de 11 pieds qui a échoué vers 1820 sur les côtes de la province de Groningue.

Plusieurs squelettes et des cränes nombreux sont conservés aux Musées de Bordeaux et d'Arcachon (Fischer).

Le Grampus du Musée de Bruxelles, dont il est question quelquefois, n’est qu'un Tursiops tursio qui a été empaillé et dont les dents, toutes artificielles, ont été ajoutées par le préparateur.

On voit au Musée de Hanovre un squelette de 11 à 12 pieds, d’un animal pris à Lunebourg, dans l’Elbe. Il avait perdu ses dents.

À Leyde on possède plusieurs squelettes et des crânes ; un de ces squelettes vient de la province de Groningue ; il a 11 pieds de long; à Dorpat on conserve un fœtus de 23 centimètres.

Les Musées renferment, en somme, des crânes et des squelettes provenant de la mer Noire, de la Méditerranée, du canal Saint-George (Englesea), de la Manche, des côtes de Belgique et des Pays-Bas, d'Helgoland, de la Baltique.

Le Dr Fischer a vu au Musée de Bordeaux un crâne de la côte occidentale de l'Afrique, et qui ne présente aucune différence appréciable avec les têtes osseuses du golfe de Gascogne.

A Gand on possède le squelette du mâle échoué à la Panne le 20 décembre 1874.

DESSINS

Rondelet figure le Tursiops (p. 474.

Nous trouvons un dessin de ce Cétacé dans Belon, Hist. nat. des Poissons marins étrangers, chap. XLV, pl. XXX, fig. fol. 32 verso.

Lacépède a publié un dessin du Dauphin ordinaire, pl. XITF, fig. 1, et de son crâne, pl. XIV, fig. 1.

Bonnaterre reproduit la figure de Lacépède dans sa Cétologie, px T fie.

Gray en donne aussi un dessin dans la Zoology d'Erebus and Terror, pl. X, d'après un jeune animal de 7 pieds 6 pouces, capturé au sud de l'Irlande en novembre 1898 ; il publie aussi le dessin de la tête d’un vieux mâle capturé dans le Firth of Forth dans les Proceedings de la Société zoologique de Londres en 1868.

. Camper a donné le dessin de la tête, sous le nom de Dauphin vulgaire, pl. XXXV, XXXVI, XXXIX et XL.

Nous trouvons ensuite une figure dans Schlegel, Abhandlungen, pl. V, fig. 1 (d’après un animal échoué sur les côtes des Pays-Bas). Il est entièrement noir.

Rüppell a donné un dessin de son Dauphin de la mer Rouge.

Flower montre un dessin de Tursio d’après un individu capturé près de Halyhead en 1878. Z.S. L., mai 1879.

La meilleure figure de cette espèce, dit Flower, est celle de Hunter, publiée dans les Philosoph. Transact., vol. LXXVIT, 1787, pl. XVIII. Ce dessin est fait d'après un jeune animal capturé avec sa mère près de Berkeley (Glocestershire). Il est décrit comme Delphinus delphis.

Sous le nom de Another grampus, Hunter donne le dessin d’un animal capturé dans la Tamise lequel est sans doute un Tursio. (PI. V, fig. 2.)

Un bon dessin du Delphinus tursio a été publié en 1880 par M. Flower dans les Transactions de la Société zoologique de

Londres (vol. XI, part. 1, pl. D), d’après un animal capturé à Holyhead en 1868.

Dans l'Ostéographie des Célacés, nous avons reproduit les squelettes d'individus capturés dans la Méditerranée, pl. XXXIV, fig. 3-6 et fig. 7-9 de la même planche des figures de Tursiops capturés dans la Manche.

Gray, Erebus and Terror, on Celaceous animals. PI. X, fig. 1.

PARASITES

Dans un individu capturé dans la Méditerranée, H. Gervais a trouvé un Phyllobothrium 1, et Pietro Marchi a observé dans les intestins grèles d’un autre animal de la même mer une quantité considérable de distomes, auxquels il a donné le nom de Distomum tursionis 2.

! Comptes rendus, 28 novembre 1871.

? Atti soc. ital, sc. nat., vol. XV, fase. IV. Milano, 1875

GENRE PRODELPHINUS.

Parmi les Dauphins, voisins du Delphinus delphis, se trouvent des espèces qui n’ont point la gouttière bilatérale au palais ; en 1852, Gervais fit connaître un Dauphin à palais plat, pris sur la côte départementale de l'Hérault, qu’il désigna sous le nom de Delphinus tethyos.

Douze ans après, Gray, trouvant le palais plat dans plusieurs autres Dauphins étrangers, propesa de réunir ceux-ci en un genre nouveau auquel il proposa de donner le nom de Clymène, qu'il transforma ensuite en Clymenia. C’est le nom d’une espèce dont il a fait un nom générique.

Dans lOstéographie des Cétacés (1880,, Paul Gervais, à propos de la tribu des Delphinus, propose le nom générique d’Eudelphinus pour le Delphinus delphis, et celui de Prodelphinus pour remplacer celui de Clymenia. H donne pour motif d'introduire plus de régularité dans la synonymie.

Mon collaborateur fait remarquer ensuite qu'il existe au Muséum de Paris, dont il a la direction, plusieurs crânes de la même division, parmi lesquels se trouvent quelques types décrits par les auteurs ; il y en a du Sénégal, du cap de Bonne- Espérance, du cap Vert, de la mer des Indes, de la Vera-Cruz, des îles Honolulu, du détroit de Banca et de la Nouvelle-Guinée.

En 1885, le professeur Flower communique le résultat de ses recherches sur les Dauphins, sous le rapport de leurs caractères et de leurs divisions et il admet le genre Clymenia

proposé par Gray, comme synonyme de Prodeiphinus de Gervais 1.

1 Proc. Zool. Soc', 1885, p. 495.

L’année suivante, le savant Directeur du British Museum insère une note dans les mêmes Proceedings et propose de conserver le nom proposé par Gervais, parce que celui de Clymenia, substitué à celui de Clymene, a été donné déjà par Münter à un Céphalopode et par Savi à un Ver !. Il a comparé les crânes des divers Dauphins sans gouttières au palais, et les rapporte à plusieurs types : le premier, caractérisé par la largeur de la tête, est représenté par le Dauphin obscurus ; le second par le Dauphin tethyos ; le troisième, par celui qui est connu sous le nom de Dauphin Dubius et qui est rapporté, avec un signe de doute, au Prodelphinus doris de l'Atlantique; le quatrième type comprend les espèces à rostre étroit, comme le Dauphin longirostris de Gray (Spicilegia, p. 1, 1898), conservé dans le Musée de Brookes et qui est aujourd’hui à Leyde. M. Flower confirme les observations de Schlegel,que les sillons du palais manquent dans ce crâne et qu’on a eu le tort de le conserver, comme Gervais l’a fait, parmi les vrais Dauphins. Le savant cétologue anglais fait remarquer ensuite la rareté des squelettes de ce groupe dans les Musées qu'il a visités.

Dans la lisie des espèces de Cétacés conservés dans le British Museum (1885), M. Flower admet dans le genre Prodelphinus sept espèces de Prodelphinus : obscurus, euphrosyne, doris, attenuatus, alope, microps et longirostris.

Le professeur Lütken, dans un intéressant mémoire qu'il vient de publier en danois avec un résumé en français, admet onze espèces dans ce genre, mais il avoue que les diagnoses laissent encore beaucoup à désirer sous le rapport de la précision et de l'amplitude; ces espèces sont : P. doris, P. euphrosyne, P. euphrosinoides, P. clymene, P. obseurus, P. Petersü, P. Alope, P. attenualus, P. longirostris, P. Holbülli, P. tethyos. Il a accompagné son mémoire de deux cartes indiquant la partie de l'Atlantique où ces Cétacés ont été capturés.

Le Prodelphinus tethyos semble répandu dans l'Atlantique septentrional, comme lObscurus et le Doris ou dubius, dont

1 Proc. Zoul. Soc., 188 p. 418:

la présence a été signalée récemment par M. True, dans le golfe du Mexique.

Le Cetaceum de Copenhague renferme dix crânes et dix-neuf squelettes appartenant à des espèces de ce genre.

Les Prodelphinus semblent bien représentés, surtout dans le grand courant équatorial et la mer de Sargasse de l'Atlantique ; ce sont les Dauphins pélagiques par excellence, dit le professeur Lutken.

En général, ces squelettes sont rares dans les Musées, fait remarquer également le savant professeur de Copenhague, par Ja raison qu'on voit bien rarement ce Dauphins échouer sur les côtes d'Europe. Les marins qui ont la chance de harponner un Cétacé en pleine mer ont rarement l'envie d'en conserver autre chose que la tête.

Een RAA

DAUPHIN DE TETHYS (PRODELPHINUS TETHYOS.)

LITTÉRATURE

Gray, Erebus and Terror, 1859-45,

PB. Gervais, Remarques sur les Mammuifères marins qui fréquentent les

côtes de la France, BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ D'AGRICULTURE DE L'IJÉRAU LT, 2e série, t. XX, 1855, pl. I.

Duvernoy, Aevue ct Magazin de Zoologie, 1854, p. 547.

Pucheran, Revue ct Magazin de Zoologie. Notices mamma'ogiques,

P. Gervais, Zoologie et Palcontologie francaises. Paris, 1859, p. 502.

Gray, Calaloque of Seals and Whales in the British Museum, p. 251, Van Fencden et Gervais, Ostéologie des Célacés. Paris 1880, p. 604.

Flower, On the Characters and Divisions of the Family Delphinide, Proc. Zooc. Soc., 1884, p. 466.

Chr. Fr. Lütken, Pidrag til kundskab om de tre pclagiske Tandhval- Slæyter Steno, Delphinus og Prodelphinus. Vivexsk. Secsk. Skr , 6,Rœkke, Kjobcnhavn, 1889.

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