‹ Histoire naturelle des champignons comestibles et vénéneuxChapitre 17 sur 83 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Nous venons d’étudier la première organisation d’un Champignon du genre Agaric jusqu’à la surface du sol ; pour connaître maintenant la structure de l’ordre auquel appartient le genre Amanite, un examen de cette espèce sera presque suffisant. Ici nous trouverons trois parties bien distinctes à examiner : le pédi— celle, le chapeau, qui portent l’hyménium, et les feuillets insérés à la surface inférieure du chapeau.

Prenons comme exemple l’Amanite mouche, Amanita muscciria (planche II, fig. 7), qui est le type le plus complet et le mieux organisé. Lors donc que ce Champignon est arrivé presque à maturité, le chapeau se déploie déchirant le voile du bord, qui reste pour un certain temps en collier autour du pédicelle et prend le nom d’anneau (fig. 7 P). Des fragments du voile demeurent souvent attachés sur le chapeau ou au bord, sous la forme d’une membrane plus ou moins consistante qui contient le Champignon dans son jeune âge. Elle existe dans tous les Champignons à chapeau, mais chez un très grand nombre sa texture est si délicate, qu’elle disparaît complètement pendant la première évolution, sans qu’on puisse en trouver la moindre trace.

On ne doit y attacher d’importance que lorsque ses débris restent manifestes à la base du pédicelle ou sur le chapeau. C’est

la volve qui se compose de cellules allongées et rameuses s’anastomosant entre elles, est dite complète quand elle se déchire pour laisser passer le chapeau, le pédicelle, et qu’elle reste à la base de celui-ci ; incomplète quand elle ne recouvre pas le Champignon en entier ; caduque ou persistante, épaisse ou mince, ample quand elle représente un vase dont le bord est largement ouvert, comme l’Oronge véritable (planche III, fig. 8, C), et enfin vaginée lorsqu’elle est longue et assez étroite (planche VI, fig. 18 à 20).

Cette partie, que l’on rejette souvent comme inutile, est au contraire de la plus haute importance pour la distinction des espèces ; aussi faut-il enlever un Champignon de terre avec précaution pour constater l’existence de cette membrane.

DU PÉDICELLE

Le pédicelle, que certains auteurs nomment pédicule, stipe, pied, etc., est la partie, en forme de tige, qui supporte le chapeau et fixe le Champignon au lieu où il a pris naissance.

Selon ses divers modes d’insertion, il est dit central (cas le plus commun), excentrique, latéral ou ascendant. Sa partie moyenne est nue, souvent munie d’un anneau ou d’une cortine.

Il est court ou long, plein ou fistuleux, creux quand sa partie centrale vient à disparaître. Dans quelques espèces il est floconneux, c’est-à-dire traversé en longueur par un filament byssoïde. La forme du pédicelle, toujours très variable, est simple, rameuse, bulbeuse, fusiforme, atténuée à l’une ou à l’autre extrémité.

Dans un grand nombre d’espèces il est uni, mais chez d’autres il présente des lignes parallèles et longitudinales; c’est le pédicelle strié. Si ces lignes sont séparées par de profonds sillons, il est sillonné ; si le pédicelle présente des éminences arrondies foncées en couleur, il est écailleux ; quand les écailles s’entrecroisent en circonscrivant des enfoncements irréguliers, on le nomme écailleux, réticulé; si ces enfoncements sont profonds, il est lacuneux. Parfois dans les endroits sombres et obscurs comme les souterrains, il s’allonge, se ramifie même, et ne produit pas de chapeau ; les Agarics ressemblent alors à des Clavaires.

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