‹ Histoire naturelle des champignons comestibles et vénéneuxChapitre 23 sur 83 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

DESCRIPTION DES ESPÈCES

Section I. — AGARICINÉS

Réceptacle nu ou renfermé dans une volve. Basides situées sur des lames.

A. Lames disposées en rayons ou en éventail.

1er SOUS-GENRE, AMANITA

Le genre Amanite est très nombreux et renferme un grand nombre d’espèces; c’est le Champignon le plus complet, celui dans lequel toutes les parties ont atteint le plus haut degré d’organisation; le caractère essentiel de ce genre consiste, outre le mycélium hyménoïde et souterrain, dans la volve ou bourse (planche III, lig. 8, C), qui dans le jeune âge renferme toutes les parties du Champignon (fig. 9); elle se déchire de bonne heure pour que celui-ci puisse se développer entièrement.

DESCRIPTION DES ESPÈCES

Dans quelques espèces, le Champignon adulte n’en offre plus aucune trace; mais l’Amanite porte sur son chapeau't'des débris parfois à peine reconnaissables. La volve acquiert un grand développement, et avant de se rompre elle s’attache à la base du pédi~ celle. Ce caractère est très facile à saisir, mais c’est celui qui exige l’étude la plus attentive, car, sauf quatre espèces excellentes à manger, les autres contiennent des poisons mortels pour l’homme et pour les animaux.

Il existe un caractère vraiment important et de premier ordre pour distinguer l’Oronge comestible de l’Oronge fausse ou Agaric mouche, si abondante dans tous les bois au mois de septembre. Les lamelles de celle-ci sont toujours blanches (planche II, fîg. 7, O), sans variation dans aucune espèce; tandis que la couleur du chapeau passe du rouge au jaune selon l’âge et les terrains, la couleur blanche des lames ne change pas.

Les lamelles de l’Oronge vraie, ou Amanita cæsarea, sont toujours d’un jaune d’œuf (planche III, fig. 8).

Amanite mouche, Amanita muscaria, planche II, fîg. 7.

Noms vulgaires : Faux jaseron, Mujolo, Folo, Agaric aux mouches, Tue-Mouches.

Syn. : Mitch. t. 78, fig. 2; Schæff., t. 27, 28; Grewscot, Cryp., t. 54; Roq., t. 12, fîg. 1, 2; Orf., Med. Ley., t. 14, fig. 1; Paul, t. 157; Lenz, Schw., fîg. 3; Krombh., Schw., t. 9; Vittad., t. 5; Hofïin., t. 1 ; DG., Fl. Fr., 561, Fr. Epie., p. 7; A. aurantiacus, Bull., t. 122.

Chapeau large de 10 à 18 centimètres, d’un rouge écarlate, plus prononcé au centre, convexe ou à peu près plan à la maturité, presque constamment moucheté de verrues blanchâtres, anguleuses, formées par les débris du volva, adhérentes au chapeau, qui est un peu visqueux et à bord faiblement strié. Feuillets blancs, larges, droits, inégaux, adnés, coupés brusquement à leur terminaison. Pédicelle blanc, long de 10 à 20 centimètres, plein, cylindrique, bulbeux à sa base (planche II, fig. R), où se trouvent à peine quelques vestiges d’un volva écailleux. L’anneau (fig. P) est large, blanc, ordinairement rabattu. Spores blanches, fuligineuses (fig. V, sp). Bois en septembre, octobre. Saveur vireuse. — C’est un poison actif.

Amanite oronge, Amanita cæsarea, planche III, fig. 8.

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