TROISIÈME GENRE, MARASM1US
un tomentum membraneux. Odeur de ciboule. Fin de l’automne, en groupes dans les feuilles de hêtre et de chêne. — Vénéneux.
Agaric pied rouge, Mar. erythropus, planche XVI, lig. 71.
Berkl., Outl., p. 220 ; Kickx., p. 210; Pers., Sgn., p. 367;fQuel., p. 108; Fr. Epie., p. 470.
Chapeau mince, large de 2 à 4 centimètres, d’abord convexe, puis plan, d’une couleur roux ou incarnat pâle, blanchissant par le temps sec. Lamelles sinuées, libres, larges, lâches, réunies par des veines, blanchâtres. Pédicelle tenace, fistuleux, brunâtre, brillant, blanc et un peu satiné à la base. Eté, automne en groupes, parmi les feuilles, dans les bois. — Comestible.
Agaric roux, Mar. caryophylleus, planche XLIX, lig. 262.
SchæfT., t. 77 ; A. pralensis, Sow., t. 247; Fr. Epie., p. 467.
Chapeau charnu, convexe puis plan, lisse, glabre, large de 4 à G centimètres, d’une couleur roux fauve ; chair à saveur agréable. Lamelles libres, larges, espacées, blanchâtres, en vieillissant elles sont de la couleur du chapeau. Pédicelle plein, tenace, jaune pâle, sa base est un peu radicante. Des le printemps, en cercles, sur le bord des bois, dans les prés; odeur agréable. — Comestible.
Agaric des feuilles mortes, Mar. epiphyllus, planche XXII, lig. 106.
Berkl., Outl., p. 224; Kickx., p. 212 ; Fr. Epie., p. 470.
Chapeau convexe-plan, large de 1 à 2 centimètres, très ténu, d’un blanc de lait, puis jaune, et un peu ombiliqué. Lamelles adnées, espacées, rameuses, souvent en forme de nervures, blanches. Pédicelle fistuleux, très grêle, blanchâtre, brun en bas. Été, automne. — Ne se mange pas.
Agaric des rameaux, Mar. ramealis, planche XXIII, lig. 116.
Berkl., Outl., p. 221 ; Kickx, p. 211 ; Agaricus, Bull., t. 336; Pers., Mge. Eui'i, 3, p. 124 ; Fr. Epie., p. 124.
Chapeau peu charnu, large de 1 à 2 centimètres, plan, déprimé, blanc, roux au centre. Lamelles adnées en anneau, étroites, blanches. Pédicelle plein, souvent recourbé, farineux, blanchâtre, roux ù la base. Toute l’année, sur les branches mortes, dans les bois. — N’est pas vénéneux.
Agaric rotule, Mar. rotula, planche XXIII, lig. 119.
DESCRIPTION DES ÉSI'ÈCES
Berkl., Oull., t. 14, f. 7; Agaricus, Scop., S. M., I, p. 136, c.; Syn., Sowerb., t. 95; Bull., t. G4 , 569, f. 3; Fr. Epie., p. 477; Quel., p. 200.
Chapeau très petit, un demi-centimètre, un peu sillonné, roussàtre, avec un mamelon brun. Lamelles espacées, ventrues, adnées, libres. Pédicelle fistuleux, presque filiforme, brillant, d'un pourpre noir. Dès le printemps, sur les petites branches mortes, les feuilles en fascicules. — Ne se mange pas.
Agaric réuni, Mar. amadelphus, planche XXIY, fig. 130.
Berkl., Oull., p. 221 ; Agaricus, Bull., t. 550, f . 3 ; Secr., il0 798; Syn ., Monlp., p. 138; Fr. Epie., p. 474.
Chapeau convexe-plan, déprimé, lisse, d’une couleur fauve clair, blanchissant, strié sur les bords, plus foncé au centre. Lamelles adnées, larges, espacées, subdécurrentes. Pédicelle court, pâle, un peu farineux, tuberculeux, aplati à la base. Été, en groupes sur les branches mortes, dans les bois. — Ne se mange pas.
Agaric alliacé, Mar. alliaceus, planche XLIX, fig. 263.
Jacq., Aust., t. 82 ; Berkl., Oull., p. 223; Paul, t. 122, f. 1 ; Fr. Epie., p. 475; Quel., p. 199.
Chapeau campanulé, ouvert et légèrement mamelonné, large de 2 à 4 centimètres, lisse, d’une couleur blanc brunâtre, devient strié sur les bords. Lamelles un peu ventrues, sèches, d’un blanc brun, un peu crispées. Pédicelle très long, fistuleux, atténué en haut où les lamelles forment un anneau, de la couleur du chapeau. Ce joli Champignon a une odeur alliacée très forte. On le rencontre sur les feuilles mortes, le bois pourri. L’été et l’automne dans tous les bois. — Comestible.
Agaric brûlant, Mar. urens, planche XLIX, fig. 261.
Ed., I, p. 373; Berkl., Outl., t. 14, f. 3; Kickx., p. 209; Agaricus, Bull., t. 528, f. 1; A. tomentellus , Schum., Fl. Dan., t. 2018, f. 1; A. rctipes , Lasch., Linn., III, n. 145.
Chapeau coriace, mince, gris jaunâtre, finement écailleux, à marge mince, large de 4 à 8 centimètres; chair jaunâtre. Lamelles libres, rougeâtres, sinuées, réunies en anneaux, décollées autour du pédicelle qui est fibreux, allongé, jaunâtre, recourbé ù la base et couvert d’un duvet blanc cotonneux.
Élé, automne, parmi les feuilles, dans les bois; sa saveur est âcre, brûlante. — Il est vénéneux.
QUATRIÈME GENRE, LENTINUS
4e GENRE, LENTINUS. — Fr.
Les Champignons de ce genre ont le chapeau tenace, homogène. Lamelles dentelées. Spores blanches, oblongues.
Agaric tigré, Lent, tigrinus, planche XLIX, fîg. 266.
Berkl., Outl., p. 224; Quel., p. 202; Agaricus , Bull., t. 70; Sowerb., t. 68; Weinm., p. 281 ; Lasch. in Linn., III, p. 395; Fr. Epie., p. 481.
Chapeau mince, coriace, convexe-plan, ombiliqué, puis en entonnoir, d’une couleur ocracée, blanchâtre, moucheté de poils fins brunâtres. Lamelles décurrentes, étroites, serrées, inégales, dentelées, blanches. Pédicelle recourbé, pâle, écailleux, floconneux; dans le jeune âge, il est muni au sommet d’un anneau réfléchi fugace. Eté et automne, sur toutes les souches. — Comestible.
5e GENRE, PAN US. — Fr.
Champignons à chapeau charnu, tenace, puis coriace. Lamelles à trame floconneuse et coriace. Spores blanches.
Agaric stiptique, Pan. stipticus, planche XXIV, fig. 122.
Berkl., Outl., p. 227; Kickx., p. 212; Agaricus , Bull., t. 140, 557, f. 1 ; SchæfL, t. 208; Krombk., t. 44, f. 13, 17; Fr. Epie., p. 489; Quel., p. 205.
Chapeau mince, élastique, sec, réniforme, large de 2 à 4 centimètres, d'une couleur ocracé cannelle, un peu pruineux; chair sale. Lamelles minces, étroites, serrées, réunies par des veines, de la couleur du chapeau. Pédicelle latéral, recourbé, un peu dilaté au sommet, jaunâtre ou fauve pâle. Toute l’année sur les souches ou les troncs secs. — Vénéneux.
Agaric puant, Pan. fœtens, planche XLIX, fig. 264.
Ag. dimidialus, Secr., n. 1076; Bull., t. 517, f. II, N; Fr. Epie., p. 489.
Chapeau très excentrique, plan, puis en spatule, d’une couleur fauve pâle ou blanc lavé de gris, dimidié, flasque, assez épais. Lamelles parallèles, assez décurrentes, inégales, incarnat pâle. Pédicelle plein, tenace, court, oblique, d’une couleur blanchâtre ou fauve pâle. Automne, sur les souches de pin, Vincennes, Chantilly. — Ne se mange pas.
Agaric en conque, Pan. conchatus, planche XLIX, fig. 267.
DESCRIPTION DES ESPÈCES
IGG
Berkl., Oull., p. 227; Krombh., t. 42, f. 1,2; Schæff., f. 43, 44; Bull ., t. 298, 517, f. O, P; Weinm., p. 123; Fr. Epie., p. 488.
Chapeau excentrique, dimidié, flasque, assez mince, versiforme, couleur cannelle. Lamelles très décurrentes, parallèles, inégales, incarnat pâle. Pédicelle assez grêle, comprimé, très court, poilu à la base, roux. Été et automne, sur les branches mortes et les vieux troncs d’arbre. — N’est pas vénéneux.
6" GENRE, SCHIZOPHYLLUM. — Fr.
Champignons secs, coriaces-subéreux, persistants, lignicoles. Lamelles à arêtes dédoublées en deux lamellules enroulées. Spores rondes, blanches.
Schiz. commun, S. commune, planche LVII, fig. 287.
Grev., Scot., t. 61 ; Krombh., t. 4, f. 14, 16 ; Berkl., Outl., p. 228 ; Ivickx., p. 213; Bull., t. 34G, 581, f. 1 ; Sowerb., p. 183; Fr. Epie., p. 492.
Chapeau très sec, horizontal ou pendant, revêtu d’un duvet blanc, grisâtre plus ou moins caduc. Lamelles disposées en éventail, pales ou grisâtres, purpurines. Pédicelle très court, entier ou lobé. Spores blanches, cylindriques. Toute l’année, sur les bois morts.
7° GENRE, LENZITES. — Fr.
Champignons subéreux-coriaces, lignicoles et sessiles, plus ou moins zonés. Lamelles coriaces, simples, inégales ou rameuses et anastomosées en aréoles en arrière, arête obtuse ou aiguë.
Lenz. du bouleau, L. betulina, planche LVII, fig. 288.
Chapeau large de 3 à 6 centimètres, sabéreux-coriace, ferme, aplani, tomenteux, plus ou moins zoné incarnat, souvent grisâtre. Lamelles droites, simples ou rameuses et même anastomosées, d’un blanc sale; chair floconneuse blanche, sessile. Automne, sur les souches, dans tous les bois.
8° GENRE, BOLETUS. — Pile.
Le genre dit Bolet est très homogène; les caractères différentiels de ses nombreuses espèces, une centaine environ, ne reposent pas
HUITIÈME GENRE, ROEETUS
sur des diversités saillantes de forme, d’organisation ou de texture. Comme les Agarics, ils se développent sur un mycélium blanc ou jaunâtre, ordinairement nématoïde ou filamenteux, qui rampe sous terre, et se laisse distinguer facilement. Du mycélium naissent de petits agrégats semblables au premier état des Agarics et de tous les Champignons à réceptacle charnu. Le Bolet, né du développement de cette sorte de bouton, se compose d’un pédicelle (planche L, fig. P), supportant un chapeau (Q) charnu comme le pied ; le chapeau, ordinairement épais, ne s’écarte guère d’une forme hémisphérique plus ou moins bombée, bosselée ou déprimée vers le centre.
Les tubes hyménophores garnissent la partie inférieure du chapeau (planche L, flg. R), ils se touchent et forment une surface poreuse; la flg. Rr Rr représente une section de ces tubes qui peuvent être concaves avant et après l’épanouissement complet du chapeau, ou devenir plans et même convexes. Ces tubes varient de longueur et de capacité suivant les espèces; sur un même réceptacle, ils sont plus ou moins inégaux, et se montrent plus courts à mesure qu’ils se rapprochent du pédicelle ou de la circonférence du chapeau. Tantôt ils sont décurrents sur le pédicelle, tantôt ils deviennent libres, car ils en sont éloignés par un sillon circulaire. Quand on exerce une traction sur eux, ils se séparent facilement du chapeau et s’écartent les uns des autres. Ce caractère permet de distinguer les Bolets des Polypores.
De même que les lamelles des Agarics, les tubes des Bolets, incolores chez certaines espèces, se colorent en même temps que les spores. Cette couleur des tubes, le professeur Fries la fait intervenir dans la caractéristique de ses quatre divisions primordiales, mais cette classification n’est qu’un procédé transitoire. Les caractères qui doivent seuls être pris en considération sont la forme et les dimensions des spores, leur couleur quelquefois différente de celle du tube hyménial envisagé dans sa longueur; l’état de la surface extérieure du réceptacle, les changements de couleur ou l’immutabilité du tissu intérieur, etc. La coloration extérieure des Bolets varie du blanc grisâtre au brun très foncé, en passant par le jaune, le rouge, le vert; ces teintes, en se mélan- 1 géant, donnent le ton brun rougeâtre ou olivâtre, extrêmement fréquent chez les Bolets. Quant à la chair intérieure, elle est
DESCRIPTION DES ESPÈCES
blanche, ou d’un blanc lavé de jaune citrin, ou franchement jaune, quelquefois teintée d’un peu de rouge sous l’épiderme. Chez beaucoup d'espèces, le Champignon prend, quand on le coupe ou qu’on le rompt d’une manière quelconque, des teintes bleues, vertes ou rouges. On a souvent étudié les Bolets dits bleuissants, sans arriver à rien de plus certain que des hypothèses.
L’hyménium est formé de cystides (planche L, fig. S, S), et de basides (fig. Z), nées de l’extrémité ou sur les parcours des cellules minces et allongées qui forment le tube; les fig. S, Sf, U (fig. 2G9), présentent des coupes de tubes; les cystides (fig. S', S, S) sont en général renflées au milieu, souvent volumineuses. Les spores (U), portées au nombre de quatre sur les basides (Z), sont allongées, fusiformes, de dimension peu variable, en général de 0mm008 à 0mm015 de longueur sur 0mm003, à 0mm006 de large. Elles sont plus souvent colorées en jaune, jaune brun, jaune rouillé ou gris, brunâtre, rose et blanc. Presque tous les auteurs modernes se servent de la coloration des spores pour former quatre groupes : 1° les Ochrospori, à spores jaune ocracé; 2° les Dermini , à spores brun rouillé; 3° les Hyporrliodii, à spores rosées; h° les Leucospori, à spores blanches.
La chair abondante de ces Champignons rendrait un grand service comme substance alimentaire, si les changements de coloration qu’elle subit parfois n’avaient fait attribuer à un trop grand nombre, sans preuve certaine, des qualités malfaisantes. Plusieurs Bolets fournissent, sous le nom de cèpes, un aliment des plus nutritifs et d’un parfum recherché; on les mange frais, secs ou conservés dans des liquides par le procédé d’AppERT.
Bolet comestible, Bol. edulis, planche L, fig. 2G8.
Bull., t. GO, 494 ; Sowerb., t. 111 ; Lenz., f. 34 ; Krombh., t. 31 ; Vittad., t. 22; Barl., t. 34; A. bulbosus , Schæff., t. 134; B. esculcntus, Pers., Myc, Pur., 2, p. 131 ; Fr. Epie.,]). 308.
Bolet à chapeau épais, large de 10 à 20 centimètres, gris fauve ou brun, pulvérulent, souvent humide; chair fine, blanche,, un peu rougeâtre sous la pellicule. Tubes blanchâtres, puis jaune verdâtre. Pédicelle obèse, d’une couleur blanche ou fauve grisâtre avec un réseau blanc. Vient dès le printemps dans les bois, sur le bord des chemins ; saveur et odeur agréables. — Comestible.