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QUATRE- VINGT-DEUXIÈME GENRE, USTILAGO

silos ou pédicellés, à une ou plusieurs loges. Les Urédinées comprennent quatre sections que l’on peut regarder comme autant de petites familles, les Acidies, les Phragmidies. les Urédinés , les Ustilaginés ; la première appartient aux Clinosporés endoclines, etles trois autres aux Clinosporés ectoclines.

Ustilago segetum, planche LXXIV, fig. 401.

Fr., Uredo segetum, Pers.; Urccolonm, Tul.; liredo pseudocyperi, Rabli.

Le charbon ( Ustilago segetum) se développe sur presque toutes les Graminées; on ne le voit jamais sur les feuilles ouïes chaumes, mais il attaque les pédicelles des épillets, lesglumes et les grains : le froment, l’orge, l’avoine en sont plus particulièrement affectés, même quand leurs épis se trouvent encore profondément enfermés dans les feuilles. Les plantes malades sont plus petites, leur vert moins vif; à la sortie des épis, les grains sont noirs, rapprochés ; quelques jours après, par l’agitation du vent, ils se réduisent en une poussière noire, et il ne reste plus que le squelette fortement défiguré de l’épi (fig. 401,1).

Une autre espèce de charbon ( Ustilago maydis) se développe dans toutes les parties de la plante; sur la tige elle détermine les tumeurs qui, après s’être ramollies, tombent en poussière et laissent des ulcères sanieux à leur place; lorsque l’épi est envahi, il n’est pas rare de le trouver entièrement stérile. On ne peut confondre le charbon avec aucune autre maladie des grains, parce qu’il se dissipe en poussière au moindre contact. Les spores, vues au microscope, sont extrêmement petites, très lisses, d’un noir fuligineux, et dépourvues de toute espèce d’appendice. La germination se produit facilement par un temps chaud ; le tube, un peu plus petit à sa base, germe dans l’espace de quinze à dix-huit heures; son contenu devient grossièrement granuleux. En même temps se montrent sur le tube de petits appendices, rétrécis à la base, dans lesquels passe une partie du protoplasma; ils mûrissent alors pour former des sporidies, tandis qu’une sporidie terminale apparaît généralement sur les fils.

Des sporidies primaires naissent des sporidies secondaires, qui sont d’ordinaire plus petites et donnent lieu quelquefois à une troisième génération.

DESCRIPTION DES ESPÈCES

La rouille (1), mais surtout le charbon et la carie, causent de grands ravages; aussi les agriculteurs ont-ils sérieusement cherché à les détruire sans y parvenir, toutefois. Les spores, les conidies, les sporidies, sont tuées par une immersion de quelques heures dans une dissolution de sulfate de cuivre : 5 grammes de sulfate de cuivre pour un litre d’eau. Pour éviter la carie , le meilleur moyen est de faire tremper la semence dans une pareille dissolution pendant dix à douze heures, en la remuant de temps en temps. On sème après dessiccation.

Division IV. — CYSTOSPORÉS (ASCOMYCÈTES)

Les Champignons appartenant à cette division vivent le plus souvent dans les matières végétales ou animales en voie de décomposition, plantes, fruits, excréments, etc. Cette division comprend beaucoup d'espèces très intéressantes et très instructives; plusieurs des phénomènes remarquables qu’elles présentent, ayant plus ou moins de rapports avec la reproduction, ont été étudiés récemment par MM. Ph. Van Tieghem et Lemonnier {Ann. des Sc. nat., 1873, p. 335, 5e série). Recherches sur les Mucorinées. Troisième mémoire sur les Mucorinées (ibid. IV, 187G). Quelques-unes sont parasites sur d’autres Mucorinées, sur des Champignons différents ou s r des Phanérogames. Les Mucorinées parasites le sont de deux manières dilférentes. Le parasitisme des unes est facultatif; ainsi les Sporodinia, Syncephalis et Mortierclla, qui vivent sur d’autres Mucorinées, atteignent leur développement complet avec moins de vigueur dans des liquides nutritifs ; le Sporodinia, qui vit sur les Agarics et les Bolets, se cultive bien dans une décoction de ces Champignons ou sur du pain sucré ; le Chænophora, qui vit en parasite sur les fleurs d’ Hibiscus, se développe sur une décoction de pétale de cette plante.

En cultivant ensemble plusieurs de ces plantes, on arrive à réaliser des associations parasitaires fort compliquées. On peut établir un Chœlocladium en parasite facultatif sur un Mucor, un Piptocephalis en parasite nécessaire sur ce Chœtocladium, puis un

(1) Tessier, Trailé des maladies des grains, p. 236,

DIVISION IV. — CYSTOSPORÉS

Syncephalis en parasite facultatif sur ce Piptocephalis ; les principes puisés par le Mucor dans le milieu nutritif parviendront de la sorte au Syncephalis après avoir traversé trois organismes différents. (Van Tieghem.)

Quand le réceptacle a acquis une certaine vigueur et qu’il est suffisamment aéré, il produit des spores destinées à multiplier la plante ; ces spores sont de deux sortes. Les unes naissent à l’intérieur d’une cellule mère ou sporange : ce sont les spores proprement dites ; elles se rencontrent dans tous les genres de la famille. Les autres se forment isolément à l’extrémité de rameaux différenciés; on les distingue des premières sous le nom de Conidies.

Pour le produire, une branche différenciée du réceptacle se dresse dans l’air perpendiculairement au support (planche LXXII, tlg. 391 bis, B); quand sa croissance terminale a pris fin, elle se renfle à l’extrémilé (fig. B), le renflement se sépare du filament par une cloison et le sporange est constitué au sommet d’un pédicellc plus ou moins long. Plus tard, le protoplasma s’y divise simultanément en un certain nombre de petites masses de forme déterminée, séparées par une plus ou moins grande quantité de matière gélatineuse non employée ; elles s’entourent d’une membrane de cellulose et deviennent autant de spores.

Le sporange est le plus souvent sphérique, parfois allongé en massue ou en étroit cylindre. Dans les deux premiers cas, il produit d’ordinaire un grand nombre de spores ; cependant il peut être assez petit pour n’en renfermer que deux à quatre ou même régulièrement une seule. Dans le troisième cas, il ne contient qu’une rangée de spores qui se suivent en chapelet. Ordinairement tous les sporanges ont la même forme ; mais, dans quelques genres, il y en a de deux sortes : un grand sporange porté au sommet du pédicelle primaire et de nombreux petits sporangioles, terminant des pédicelles secondaires dichotomes ou rapprochés en ombelles, tantôt droits, tantôt recourbés en crosse. Les spores ont un protoplasma ordinairement incolore, quelquefois coloré en jaune; leur membrane demeure ordinairement lisse et à l’état de cellulose pure, mais quelquefois se cutinise, s’épaissit et prend des ornements divers. Dans le premier cas, elles commencent par grossir beaucoup en germant, avant de pousser le filament bientôt ramifié qui devient un nouveau réceptacle;

Dans certaines conditions de milieu, le réceptacle, placé dans des conditions différentes de celles où il produit l’appareil sporangial, forme des conidies. A cet effet, il dresse dans l’air de petits rameaux différenciés, isolés ou groupés sur un pédicelle commun en grappe, en ombelle ou en capitule, qui se terminent chacun par une spore douée d’une forme et de propriétés différentes de celles des spores issues des sporanges. Dans certaines conditions de milieu, le réceptacle peut se développer et se multiplier longtemps en ne formant que des conidies, sans aucun sporange. Dans d’autres conditions, au contraire, il ne forme que des sporanges sans conidies. C’est seulement lorsque ces deux sortes de conditions se trouvent réalisées en des points voisins de la même culture que le même réceptacle porte à la fois des sporanges et des conidies.

Nous donnons d’après M. Brefeld: Uniersuc/iitngeniiberSchim-melpilze, II, 1872, et IV, 1881, etM. Van Tieghem (1), le développement de l’œuf (2) chez les Mucorinécs et comment il se développe aussitôt en un embryon unicellulaire, auquel on donne le nom de zygospore. C’est dans les Mucorinées, parasites des grands Champignons ( Sporodinia , Spinellus), dont le développement est, par conséquent, éphémère et la conservation difficile, qu’ils se montrent le plus fréquemment et qu’on les a rencontrés tout d’abord. La formation de l’œuf par conjugaison égale, c’est-à-dire par combinaison de deux corps protoplasmiques semblables de forme et de dimension, se manifeste de deux manières différentes :

Premièrement, elle est précédée delà rénovation, totale ou partielle, des deux corps protoplasmiques, et l’œuf, dans la composition duquel n'entre pas la membrane des deux cellules mères, a comme d’ordinaire un volume moindre que la somme des volumes de ses deux constituants.

Deuxièmement, il n’y a pas rénovation préalable des corps protoplasmiques, et l’œuf, qui demeure revêtu par la membrane des deux cellules mères, acquiert, avant de passer à l’état de vie latente, un volume beaucoup plus grand que la somme des volumes de ses deux constituants. Ce cas s’observe dans les Champignons de la famille des Mucorinées.

Sur le réceptacle unicellulaire et rameux de ces plantes, nais-

(1) Van Tieghem, Traité de botanique, Paris, 1883.

(2) C’est un embryon unicellulaire, non un œuf.

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