‹ Histoire naturelle des champignons comestibles et vénéneuxChapitre 75 sur 83 · CHAPITRE IY · texte numérisé non relu

CHAPITRE IY

EFFETS DES CHAMPIGNONS VÉNÉNEUX SUIt L’HOMME ET LES ANIMAUX.

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Sans vouloir rapporter ici des exemples particuliers d’empoisonnement, sur l’homme, et je pourrais en citer un grand nombre, je crois avoir fait connaître la dangereuse influence des Champignons autant que le permet l’état actuel de la question; voyons les effets qu’ils peuvent déterminer. Ces effets varient un peu avec l’espèce qui les produit, mais, en général, ils se réduisent aux suivants : tranchées, envies de vomir, évacuations par haut et par bas, chaleur d’entrailles, langueurs, douleurs vives presque continues, crampes, mouvements convulsifs de telle ou telle partie du corps, soit dévorante, pouls petit, dur, tendu et fréquent; dans certaines

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circonstances, il se manifeste une sorte d’ivresse, un délire sourd et une espèce d’assoupissement qui endort le malade, jusqu’à ce que les douleurs et les convulsions le réveillent. Quelquefois l’infortuné conserve toutes ses facultés intellectuelles; des douleurs et des convulsions atroces épuisent ses forces et finissent par amener la mort. Presque toujours, les effets des Champignons vénéneux ne se manifestent que 5, 7, 12 ou môme 24 heures après qu'ils ont été mangés.

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Débarrasser les voies digestives des Champignons qui s’y trouvent par l’émétique, à la dose de 0,15 centigrammes que l’on dissout dans un verre d’eau. On fera boire la dissolution d’émétique tiède par gorgées, de cinq en cinq minutes, jusqu’à ce que le vomissement ait lieu. Si l’on agit immédiatement après le repas, le vomissement suffit quelquefois pour entraîner tous les Champignons et faire cesser les accidents ; mais si les secours convenables ont été différés, si les symptômes ne sont survenus qu’au bout de plusieurs heures, on doit présumer qu’une partie des Champignons vénéneux a passé dans l’intestin, et il faut avoir recours au médecin. En l’atLcndanton peut donner un purgatif: GO grammes d’huile de ricin avec 60 grammes de sirop de fleurs de pêcher, que l’on fait prendre en trois fois de quart d’heure en quart d’heure; si on parvient à chasser les Champignons, il faut combattre l’inflammation qu’ils ont produite ; on fait boire à cet effet de l’eau de riz gommée, ou de la tisane de racine de guimauve, du café noir. Dans le cas de convulsions, on calme le système nerveux avec une potion éthérée : GO grammes de sirop d’éther pour 100 grammes d’eau de fleur d’oranger. En même temps, on donnera au malade, d’heure en heure, un paquet de 0,25 centigrammes de sulfate de quinine; ce moyen m’a réussi une fois. On fera des frictions sur le ventre avec de l’huile de camomille camphrée tiède, pendant cinq minutes, avec la main et toutes les heures; des bains peuvent être prescrits.

Quand on veut expérimenter un Champignon vénéneux sur un chien, c’est toujours à jeun qu’on le fait, pour que l’absorption ait lieu avec une plus grande rapidité. Que ce soit avec les Amanites ou les Bolets vénéneux ou suspects, on donne généralement

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100 grammes de Champignons en pâtée; une ou deux heures après l’ingestion du Champignon, j’ai toujours constaté chez les animaux une tendance à la syncope. Mais ce qui frappe surtout, c’est la dilatation effrayante de la pupille, une soif ardente, la gorge toujours sèche ; le chien meurt quelques heures après.

J’ai cherché naturellement bien des fois à enrayer les effets toxiques, en introduisant dans la gueule des chiens 0,15 centigrammes de turbith minéral pour favoriser les vomissements, et en leur faisant prendre une grande quantité cle sirop de nerprun. Quand la substance toxique était absorbée, on les laissait mourir. Dans ces dernières années, j’ai cherché un contre-poison physiologique , un contre-poison dont les effets après absorption fussent diamétralement opposés dans l’organisme à ceux produits par l’alcaloïde du Champignon, caractérisé comme poison âcre cl stupéfiant. J’ai fait quelquefois, au moyen de la seringue de Pravaz, d’aborcl sous la peau au milieu du dos, une injection avec deux milligrammes de nitrate de pilocarpine. Une demi-heure après je commençais à donner une seconde injection avec la môme dose, mais cette fois un peu à gauche du cœur. Trois quarts d’heure après la première, un quart d’heure après la seconde, sous l’influence de ce médicament sudorifique par excellence, on constate à la surface de la peau un faible retour de chaleur, que l’on active encore par des frictions avec un bouchon de foin. Aussitôt que possible on fait boire à l’animal 5 grammes de nitrate de potasse dissous dans 100 grammes cl’eau de guimauve. Avec l’aide de ces divers moyens combinés, la pupille devient sensible, se contracte, ce qui n’avait pas lieu précédemment. Pour être rigoureusement vrai, je dirai que jamais le chien ne revient à son état normal, mais il vit, et l’empoisonnement cesse. Ce qui réussit chez le chien est indiqué pour l’homme.

CULTURE DES CHAMPIGNONS POUR L’ALIMENTATION

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