‹ Histoire naturelle des coralliaires, ou polypes proprement dits;Chapitre 11 sur 337 · INTRODUCTION HISTORIQUE. XX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION HISTORIQUE. XX

physiologiques de ses Hydres d’eau douce pour ébranler les convictions de cet illustre zoologiste. De concert avec Bernard de Jussieu, il répéta les expériences de Trembley sur ces animalcules, et il leur donna le nom de Polypes, parce que « leurs cornes, dit-il, sont analogues aux bras de l'animal de mer qui est en possession de ce nom >» (Poulpe). Il fut même conduit à considérer les Actinies ou Ortlies de mer comme étant du genre des Polypes ou, si l’on veut, les Polypes comme étant du genre des Orties de mer. Enfin, il se rangea complètement à l'avis de Peyssonnel lorsque son collègue Bernard de Jussieu (1), observant sur les côles de Normandie les Alcyons, les Eschares et d’autres prétendues plantes marines à l’état vivant, les eut vus couverts d’animalcules très-semblables à ceux qu'avaient étudiés Trembley, et qu’il nomma de même des Polypes. Quant aux parties dures qui servent de support ou d'enveloppe à ces Polgpes, Réaumur Les considéra comme des produits de leur industrie architecturale comparables à ceux des abeilles et des guêpes, et il les appela en conséquence des polypiers (2). $ 6. Depuis lors l’animalité des Coralliaires n’a plus été révoquée en doute. J. Parsons, il est vrai, s’efforça d'établir que ces animaux n'étaient, pour ainsi dire, que des parasites, et ne pouvaient produire ni le corail, ni les autres corps dendroïdes sur lesquels on les trouve (5); mais les observations

(1) Bernard de Jussieu, dont le nom appartient à la botanique beaucoup plus qu’à la zoologie, naquit à Lyon, en 1699. Nous n'avons pas à nous arrêter ici sur ses travaux relatifs à la classification naturelle des végétaux, et nous nous bornerons à ajouter que ses observations sur les polypes furent faites sur les côtes du Calvados, en 1741, et portent principalement sur les Alcyons, les Flustres et les Tubulaires. Son mémoire est intitulé : Examen de quelques produclions marines qui ont élé mises au nombre des plantes, el qui sont l'ouvrage d’une sorte d'insectes de mer, et se trouve dans les Mémoires de l'Académie des sciences, pour l’année 1742, p. 290.

(2) Mémoires pour servir à l'histoire des Insectes, t. VE, préface, p. LxIx, 1742,

(3) On the formation of"Corals, Corallines, etc. Philosophicai Transactions, t. XLVIE, p. 505, 1753. — Nous voyons encore Jean- François Marratti, en 1776, regarder les Coralliaires comme des végétaux. Son petit ouvrage est intitulé : De plantis zoophylis et lithophytis in mari Medilerraneo viventibus, in-8°, Rome, 1776.

Coralliaires, Tome 1. 2

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