‹ Histoire naturelle des coralliaires, ou polypes proprement dits;Chapitre 19 sur 337 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

Le Coralliaire est un animal à structure radiaire et de forme plus ou moins cylindrique qui repose par sa base sur les corps étrangers. Son extrémité supérieure présente un orifice central qui tient lieu de bouche et d’anus et qui est entouré de tentacules tubulaires. Son corps est creusé d’une cavité unique dont une portion constitue la chambre stomacale et dont une autre portion sert de réservoir aux fluides nourriciers et loge les organes générateurs. La chambre stomacale en occupe l'axe et

(1) Beitræge zur Kenntniss wirbelloser Thiere des norddeutschen Meeres, p. 37, 1847.

communique librement avec la chambre viscérale où portion inférieure par un orifice garni d’un sphincter. Des lames membraneuses, que nous désignerons sous le nom de cloisons ou replis mésentéroïdes, s'étendent de la surface externe de ce tube stomacal à la surface interne des parois du corps et se prolongent inférieurement dans la chambre viscérale de façon à diviser le pourtour de la cavité générale en une série de loges qui se continuent en haut dans les tentacules. Enfin les organes de la génération sont contenus dans l'épaisseur de ces lames qui donnent attache par leur bord à des organes secréteurs (x).

Tantôt les téguments sont contractiles dans toute leur étendue et conservent partout leur mollesse primitive; d’autres fois la portion basilaire du corps s’ossifie en quelque sorte et constitue une espèce de gaine solide dans l’intérieur de laquelle les parties molles de animal rentrent plus ou moins complètement quand il vient à se contracter (2). Cette portion consolidée du système tégumentaire forme ce que l’on a appelé le polypier; la portion molle et contractile du Coralliaire a reçu le nom de Polype.

Chez certains Coralliaires il n’y'a point de polypier, et le Polype constitue l’animal tout entier, tandis que chez d’autres que l'on a désignés sous le nom de Lolypes à polypier, le corps se compose de deux parties bien distinctes : l’une basilaire et dure, l'autre supérieure et contractile. La différence entre ces deux sortes de Coralliaires ne dépend d'aucune modification apportée au plan général de l’organisation de ces animaux et tient seulement au degré de consistance plus ou moins grande des parois de la portion basilaire de leur corps; mais elle a assez d’importance pour être représentée dans la classification de ces animaux, etelle nous servira pour la distinction de deux groupes : celle des Coralliaires malucodermés et celle des Coralliaires sclérodermés.

Page 1