INTRODUCTION HISTORIQUE
$ 1. Sur divers points du littoral de la Méditerranée, les pêcheurs ramènent souvent du fond de la mer des corps singuliers qui par leur forme rameuse ressemblent à des plantes, mais qui ont la consistance de la corne ou même une dureté pierreuse ; tels sont le corail qui, employé pour la fabrication de divers bijoux, est devenu l'objet d’un commerce important, et les rameaux durs et flexibles que les zoologistes désignent sous les noms de Gorgones et d’Antipathes. Ces produits dendroïdes n'avaient pas échappé à l'attention des premiers naluralistes de l'antiquité, et Théophraste, le disciple et Le successeur scientifique d’Aristote, en fait mention. Pour lui, le corail est une pierre comparable à l’hématite, à cause de sa belle couleur rouge, mais qui croît dans la mer à la facon d'une racine (1); tandis que les Gorgones des auteurs modernes seraient des végétaux, comme l’indiquent les noms de chêne et de sapin de mer sous lesquels il les désigne (?).
Ovide, qui dans ses vers exprimail sans doute les idées ré-
(4) « Corallium enim, hoc enim veluti lapis est, colore quidem ru- » brum est, teres autem tanquam radix.» Tneoparasre, Opera omnia, Liber de lapidibus, Edit. Daniel Hensius, p. 396, 1613.
(2) Historia plantarum, lib. IV, ch. 7 et 8.
Coralliaires. Tome 1. d 1