‹ Histoire naturelle des coralliaires, ou polypes proprement dits;Chapitre 5 sur 337 · Y] INTRODUCTION HISTORIQUE · texte numérisé non relu

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gnantes à son époque, dit au contraire que le corail est une herbe molle tant qu'elle est dans l’eau et qui se durcit au contact de l’air (1), erreur qui a été répétée par Sextus Empiricus (2) et quelques autres écrivains de l'antiquité. Dioscoride, dans son ouvrage sur la matière médicale (*), parle aussi de ces corps, et les range également dans le règne végétal. Il n’ajoute ien à l'histoire naturelle du corail et nous apprend seulement que de son temps on l’appelail aussi Liüthodendron. Le premier, il fait connaître l'existence des Antipathes, qu’il compare au corail et qu'ilearactérise même d'une manière assez nette (). Pline connaissait un plus grand nombre de ces corps. Indépendamment de ce qu’il a copié dans les écrits de Théophraste et de Dioscoride, relativement aux plantes marines du premier el au corail (°), on lit dans son Traité des pierres précieuses que les Gorgones (Gorgonia) ne sont autre chose qu’une sorte de corail (6). Il y est également question de l’Antipathe et d’une pierre de Paros, nommée pore (porus) (7), qui paraît être une sorte de polypier fossile; enfin, dans son livre des plantes, il rapporte les observations de Juba sur l'existence de deux autres corps qu’il regarde comme arbrisseaux de mer, et qu'il appelle

(4) « Nunc quoque Coralliis eadem natura remansit ; » Duritiem tacto capiant ut ab aere, quodque » Vimen in æquore erat, fiat super æquore saxum. » (Ovine, Mélamorphoses, liv. IV.)

(2) « Corallium in mari quidem molle, in aere autem durum. » (Opera que exstant, Hypotyp. Pyrrhon., lib. I, p. 24) (Edit. Henri Estienne, 1621).

(3) Opera omnia, edit. J. Ant. Saracenus, 1598. De medica materia, liv. V, ch. 139, p. 382.

(4) « Quod Antipathes vocatur, Corallium quoque esse censendum » est, sed specie tantummodo distans. Est autem colore nigro, arboris ‘ » et ipsum figura at magis ramosum. Vires corallii babet. » (De materia medica, liv. V, ch. 140, p. 382.)

(5) Historia naturalis, liv. XXXIL, ch. 2; dans le livre des Médicaments fournis par les animaux aqualiques.

6) « La Gorgonie n’est autre chose qu’un corail et elle a été ainsi nommée parce qu’elle devient dure comme la pierre, » (Hist. nat., liv. XXX VII, ch. 10.)

(7) Hist. nat., liv. XXXVE, ch. 37.

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Chevelure d’Isis (sis crinis) et Charitoblepharon (xopro8r:-

geo») (1). Ce sont probablement des Antipathes ramifiés ou des espèces de la famille des Gorgones.

$ 2. Nous ne trouvons rien dans les écrits d’Athénée, d'Elien et des autres naturalistes des derniers siècles de l'antiquité qui mérite de nous arrêter ici; et les ouvrages des premiers naturalistes de la Renaissance sont également stériles pour l'histoire des êtres qui nous occupent.

On doit cependant aux botanistes du xvr° siècle la connaissance de divers Coralliaires dont les anciens n'avaient pas fait mention. Ainsi, Lobel (?) donne la figure de six espèces, dont l'une, désignée par lui sous le nom de corœ! blanc, n’est autre chose que la Madrepora oculata de Linné, une seconde la Dendrophyllia ramea de la Méditerranée, une troisième le corail proprement dit ou corail rouge, une quatrième un Antipathe, et les deux autres des Gorgones. Ces figures se trouvent reproduites dans les ouvrages des Bauhin (5).

Charles de l'Ecluse (Clusius) à aussi représenté quelques . espèces exoliques, entre autres l'Zsis hippuris et la Gorgonia flabellum de Linné, la Manicina areolata d'Ehrenberg et nos Fungia patella et Madrepora verrucosa (*). Enfin, Jacques Théodore Tabernæmontanus a figuré parmi les plantes marines, non-seulement le corail et des Gorgones, mais encore un animal en forme d’anémone, dont nous aurons bientôt à parler sous le nom d'Actinie (*). À la même époque, André Césalpin réunit dans le dernier livre de son ouvrage de Plantis les Coralliaires

(1) Historia nat., liv. XILL, ch. 95.

(2) Mathias de Lobel, Plantarum seu stirpium historia, p. 650

et 651, 1576. — Icones slirpium seu plantarum, pl. 251, 252 et 253, 1591. |

(3) Gaspard Bauhin, Phylopinax, 1596, et in Matthioli Opera omnia, p.955, 1598. — Jean Bauhin et Henri Cherler, Hist. plantar. universalis, t. LEE, liv. XXXIX, 1651.

(4) Exoticorum libri decem, p. 119 à 125, 1605. — Curæ posleriores, édit. in-fol., p. #7; édit. in-40, p. 90, 1611.

(5) Icones plantarum, curante Nicolao Bassæo, 3e part., sect. 4, pl. 1122 et 1123. Francfort, 1590.

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et les végétaux qu'il connaissait, mais il n’ajoute que peu de chose à ce qu’en avaient déjà dit les auteurs de l'antiquité (1). L'ouvrage le plus important de cette période est sans contredit l'Histoire naturelle de la mer, de Ferrante Imperalo (?). Sous la dénomination de Coraux et de Pores il décrit et figure plusieurs espèces, parmi lesquelles on reconnaît une Pocillopore, la Stylophora digitata , V'Ampluheha oculata, une Mopsée, la Cladocora cespitosa, V'Astroides calycularis et la Dendrophyllia ramea. 1 distingue parmi les Pores certaines espèces soûs les noms de Millepores, d’autres sous celui de Madrépores ; il parle aussi des Eschares, et il fait connaitre la Tubulaire pourpre ou Tubipore musique des naturalistes modernes. Il considère tous ces corps comme étant des végétaux marins, mais, en parlant de ce dernier, il ajoute que les tubes dont il se compose sont peul-être des loges produites par des animaux marins, à la manière des alvéoles des abeilles (5).

En 1700, Tournefort inséra dans les Mémoires de l'Aca-

démie des sciences (*) un travail sur les plantes qui naissent

(1) De plantis libri XVI, liv. XVE, p. 608 à 611. Florence, 1583. — Parmi les botanistes du xvri siècle qui ont copié les figures de Lobel, de l’Ecluse et de Tabernæmontanus, nous citerons : John Parkinson, Theatrum botanicum, p. 1297 à 1303, 1640, et Dominique Chabræus, Scirpium icones et sciagraphia, p. 572 à 578, 1677.

(2) Ferrante Imperato, pharmacien distingué de Naples, y établit, vers le milieu du xvr siècle, un jardin botanique. On ne sait que peu de chose sur sa vie et on lui a contesté, «mais à tort, la propriété de l’ouvrage qu'il publia à Naples, en 1599, sous le titre Dell” Istoria naturale, lib. XXVIIT, un vol. in-fol. Il en parut une autre édition à Venise, en 1672, augmentée de quelques observations de J. Marie Ferro, pharmacien de la Quarantaine, puis une traduction latine à Cologne, un vol. in-4°, 1699. C’est l'édition de Venise qu'on cite le plus habituellement.

- (3) « Alle dette maniere de Pori è di condizion simile la Tubulara purpurea, consistenza marina, composta de piccoli tubuli, ordinatamente accostati insieme, di color vino puniceo, concavi, e lisci di dentro, e fuori, uniti da alcune traverse cruste, disposte con eguale intervallo; si slima madre ove si concreino animali marini, nel modo, che le api nelle favi; da alcuni e numerata tra gli Alcyonï. » (ImperATo, Historia nalurale, édit. de Venise, p. 625.)

(4) Observations sur les plantes qui naissent dans le fond de la

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dans le fond de la mer. Il chercha à expliquer comment elles se nourrissent du limon déposé par les eaux, et les divisa d’après leur consistance en trois groupes : celles qui sont molles et flexibles, celles qui sont dures comme la pierre ou ligneuses comme du bois, mais revêtues d’une écorce mollasse ; enfin, celles qui sont dures en dehors et remplies d’une matière spon+ gieuse. Dans la première division il range les fucus et les éponges, dans la seconde le corail, les Lithophytes, c’est-àdire les Gorgonides, les Madrépores et les corps qu'il nomme champignons pierreux, tels que le bonnet de Neptune (Halomitra) (); enfin, dans la troisième il place lAlcyonum durum d’Imperato, qui est un spongiaire à croûte dure, ou Géodie de Lamarck (?).

Rumpf (5) ajouta davantage à nos connaissances relatives à

mer, lues le 15 février 4700 et insérées dans le volume des Mémoires pour celte année, lequel fut publié en 1703.

(1) Il donne une bonne figure de cette espèce, p. 30, ainsi que de deux Gorgones, p. 34.

(2) Tournefort, dans ses Eléments de botanique publiés en 1694 et dont une seconde édition parut en 1700 sous le titre de Instiluliones rei herbariæ, plaça les Coralliaires dans la 3° section de la classe 17, qu'il appelait Herbes marines dont on ignore la fruclification et qui contenait aussi les algues et les fucus. Il en parle dans les genres Corallum, Madrepora, Lithophyton et Tubularia.

Un autre botaniste célèbre, Robert Morison, avait, dans sa Plantarum Historia universalis Oxoniensis, figuré, avant Tournefort, en 1680, un certain nombre de Coralliaires qu'il plaçait parmi ses plantes anomales ou submarines.

(3) Georg Everhard Rumpf (dont le nom s'écrit aussi quelquefois Rumpb ou Rumpbhius), médecin et botaniste, naquit en 1626, à Solme. Il se rendit de bonne heure dans les possessions hollandaises des îles de la Sonde, où il remplit, pendant longtemps, des postes importants au service de la Compagnie des Indes. El s’y occupa heaucoup d'Histoire naturelle et dessina lui-même les objets qu'il recueillit; malheureusement, il perdit la vue à l’âge de 42 ans et, à raison de son éloignement, il resta ignoré de la plupart des naturalistes de son époque. Il mourut à Amboine en 1693, et ce ne fut que 48 ans après son décès que Jean Burmann publia sa Flore d’Amboine (Herbarium amboinense, 7 vol. in-fol. Amsterdam, 1741-55). Le livre qui a pour titre Amboënsche Rarileilkamer, Amsterdam, 1705 (cabinet des rarelés d'Amboine), a été réimprimé en 1741. Les 60 planches qui l’accompagnent, ainsi que leur

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ces corps marins répulés végétaux. Dans son grand ouvrage

sur les plantes d’Amboine (!) il donne une description accom-

pagnée de bonnes figures, d’un nombre assez considérable d'espèces nouvelles pour la science. Dans une autre publication (?) il émet des doutes sur la nature végétale de ces corps, et les rapproche des étoiles de mer, des Holoturies, des Actinies et de beaucoup d’autres animaux radiaires, sous le nom commun de Zoophytes, mais il n’entre dans aucun détail à ce sujet et ne fournit aucune preuve de l’animalité des Coralliaires. Aussi, son opinion passa-t-elle presque inaperçue des naturalistes et n’exerça aucune influence sur la marche de la science.

D’après les idées régnantes au commencement du xvmf siècle, les Coralliaires étaient donc des plantes, et à l'exemple de Césalpin, les botanistes classificaleurs les plus illustres de celte époque, Ray (5), par exemple, les plaçaient avec les fucus dans le groupe des plantes qui n’ont pas de fleurs, division qui correspond à peu près à la classe des Cryptogames des naluralistes modernes (*).

$ 3. Boccone (*) fut le premier à étudier d’une manière

explication, ont été reproduites, en 1759, sous le titre de Thesaurus imaginum piscium lestaceorum el cochlearum ; mais cette édition latine ne contient pas le texte de l'ouvrage hollandais.

(1) Herbarium amboinense, 1. VE, p. 223 à 249, 1750.

(2) Amboinsche Rarileitkamer, p. 44%, édit. de 1741. — Rumpf avait fait insérer, en 168%, dans les Acta Acad. nat. Curios. 2e décurie, 3e année, p. 77, un mémoire intitulé De Coralliorum quibusdam speciebus et lithodendris, et dans lequel on trouve des figures des Trachyphyllia amaranthum, Madrepora je one Isis hippuris et d'un Antipathe.

(3) Historia plantarum, t. III, 1704.

(4) Parmi les ouvrages du xvur siècle où il est question des Coralliaires, nous citerons encore un traité du corail qui a pour titre Corallorium historia, par Johann Ludwig Ganz ou Gansius, Francfort, 1630, et dont une seconde édition a paru en 1669, ainsi qu’un petit mémoire de Hermann Nicolas Grimm (Acad. curios. nat., 2 décurie, {re année, p. 408, 1682) accompagné d'assez bonnes figures représentant l’He/;opora cœrulea, \Isis hippuris, la Melitæa ochracea et la Leiopathes glaberrima ?

(5) Recherches et observations curieuses sur la nature du corail

pas Le

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