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directe la nature du corail, et bien qu’il soit tombé dans des erreurs graves à ce sujet, il a cependant constaté des faits importants. Ainsi, en allant en mer avec les pêcheurs de corail du détroit de Messine, il a reconnu que les anciens avaient eu tort de dire que ce corps est mou et flexible tant qu'il est dans l'eau et n’acquiert sa dureté pierreuse qu’au contact de l'air. El à vu aussi que l'espèce d’arbuscule lithoïde qui en forme la partie principale est revêtu d’une sorte de croûte .ou d’écorce molle; enfin, il a découvert dans cette enveloppe une multitude de pores étoilés. Mais en s’élevant contre l'opinion que le corail était une plante, il chercha à établir que ce n’était qu’une simple concrétion, une sorte de pierre, et Guisoni, à qui il adresse ses remarques, est encore plus explicite à cet égard, ear il assimile ce produit marin aux arborisations que les chimistes obtiennent par la cristallisation des métaux, l'arbre de Diane, par exemple (!). |
D’après un passage de l’ouvrage de Boccone, on voit qu'à cette époque les apothicaires de Marseille disaient non-seulement que le corail était une plante, mais qu'il portait des fleurs (?). Ce fait, cependant, n’était pas entré dans la science lorsque Marsilli entreprit le grand travail qu'il publia plus tard sous le titre d’Aistoire physique de la mer (5). Dans une
blanc et rouge vray de Dioscoride, Paris, 1671. — Paul Boccone, né à Palerme en 1633, a publié aussi des observations sur des polypes qui se rapportent à la famille des Astréides et qu’il appelle des Pierres étoilées. Il est auteur de plusieurs ouvrages de botanique. Il est mort en
(1) Lettre de Guisoni à P. Boccone, impriméegdans l'ouvrage de ce dernier sur le corail, p. 40.
(2) « Car quoy que veuillent dire les apoticaires de Marseille de leurs fleurs de corail, ce ne sont, selon. ma pensée et mon observation, que les extremitez de cette pierre qui sont arrondies et percées de plusieurs pores étoilés. Il n’y a dans le corail ny fleurs, ny feuilles, ny racine. » (P.5.)
(3) Louis Ferdinand, comte de Marsilli, né à Bologne en 1658, fut élève de Malpighi et de Borelli. Après une vie fort agitée, il se retira en Provence où il étudia le corail ; puis i! retourna dans sa ville natale et il fonda, en 1712, l’Institut de Bologne qui a joui d’une grande célébrité. Son Histoire physique de la mer, qu'il a dédiée aux membres de
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lettre insérée dans le Journal des savants en 1707, il annonce la découverte des fleurs du corail, et dans le livre que nous venons de citer il décrit avec détail.les parties qu’il désigne sous ce nom et en donne de bonnes figures. Marsilli fit connaître aussi les parties dures d’un certain nombre d'espèces de Coralliaires, dont les unes on! la tige cornée, compacte et lisse, dont les autres sont d’une consistance pierreuse et ont une structure éloilée, c’est-à-dire des Gorgonides et des Astréides ; mais il ne constale rien d’important relativement aux parties molles de ces corps, et pour lui ce sont des plantes marines de même que le corail.
Shaw (*), qui pendant son voyage sur les côles de la Barbarie, avait étudié la Dendrophyllia ramea et quelques autres Coralliaires, considérait également lous ces corps comme étant des plantes; mais il prenait pour des racines des appendices filiformes dont il avait vu leur surface garnie.
L'illustre Réaumur (?) n'eut pas l’occasion d'observer ces
l'Académie des sciences de Paris, fut d’abord imprimée, par extraits, à Venise en 1711, puis, d’une manière plus complète, à Amsterdam, en 1725. On y trouve un grand nombre de planches gravées avec soin et beaucoup de détails sur la pêche du corail aussi bien que sur la configuration du fond de la mer dans le golfe de Lyon. On lui doit encore un grand ouvrage sur le Danube formant 6 volumes in-fol., imprimés à La Haye en 1726. Il mourut en 1730.
(1) Thomas Shaw entreprit ce voyage en 1727 et visita toute la ré- - gion corallifère comprise entre Oran et la régence de Tunis, aiusi que différents points de la Syrie et de l'Egypte. Il y employa douze ans et publia, en 1738, la relation de ce voyage dont une traduction française parut en 1743. Il y figure trois espèces sous les noms de Madrepora astroiles, M. abrotampides et Porus magnus. La première appartient au genre Stylopore, la seconde est la Madrepora verrucosa, et la troisième la Dendrophyllia ramea. Shaw mourut en 1751.
(2) Réné Ant. de Réaumur, né à La Rochelle en 1683, mort en 1757, fut un des hommes les plus richement dotés par la nature et par l'élude. Son esprit ingénieux se prétait à la culture de toutes les sciences, mais se plaisait surtout à scruter les merveilles de la nature. Mécanicien habile, il fut chargé par l'Académie des sciences d'écrire une série de traités sur les arts et les manufactures, et en s'acquittant de cette tâche, il rendit à la technologie des services signalés. A titre de physicien, son nom est devenu populaire et resta longtemps attaché à l’un des instruments dont l'usage est devenu universel. Mais c'est surtout comme ento-
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productions de la mer à l’état frais, et dans ses premiers écrits il adopta pleinement l'opinion régnante touchant leur origine végétale, mais il appela avec raison l'attention des naturalistes sur la différence qui existe entre la partie corlicale du corail et son axe lithoïde ; il chercha à prouver que ce dernier est le résultat d’un simple dépôt de matière inerte, fournie par l'écorce vivante, et il la compara à la coquille des mollusques dont la croissance se fait aussi par la superposilion de couches nouvelles, et non par un travail d’intussusception. Pour lui, le corail n’est pas une plante, mais une pierre branchue produite par une plante. À cette occasion, il ajoute que d’après l'opinion d’un observateur habile qu’il ne nomme pas, les fleurs de celte plante, découvertes par Marsilli, seraient en réalité des animaux, et que dans ce système, les Lithophytes aussi bien que le corail et toutes les autres plantes pierreuses, seraient l’ouvrage de certains insecles, des espèces de coquilles réunies (1). Réaumur consacre une grande partie de ‘son mémoire à combattre ces vues nouvelles, dont il ne tardera cebspdant pas. à reconnaitre lui-même la justesse.
$ 4. L'observateur dont Réaumurcrut devoirtaire le nom, par ménagement pour sa réputation comme naturaliste, n’est autre que Peyssonnel, dont les belles découvertes font époque dans l'histoire de cette branche de la zoologie. Nous les exposerons bientôt; mais avant d’en parler avec délail, il est nécessaire de remonter bien loin en arrière et de faire connaître ce que les zoologisles de l'antiquité avaient constaté relativement à d’autres corps marins, les Actinies ou Anémones de mer qui, par leur forme ressemblent à des fleurs, mais qui sont évidemment des êtres animés, et qui depuis longtemps étaient désignés sous le nom d’animaux-plantes ou de Zoophytes.
mologiste que son rôle a été considérable, et son grand ouvrage intitulé Mémoires pour servir à l'Histoire naturelle des insectes, 6 vol. in-4°, 1734-1742, est aujourd'hui encore entre les mains de tous les naturalistes.
(1) Observations sur la formation du corail et des autres productions appelées plantes pierreuses. (Mém. de l' Acad. des sciences, 1727, p. 269.)