XIV INTRODUCTION HISTORIQUE
Ils n’avaient pas échappé à l'attention d’Aristote, qui les appelait Knides (k2) ou Acalèphes ({x451), C'est-à-dire orties de mer. Il parle de la manière dont ils vivent et s'emparent de leur proie, de la position de leur bouche et de leurs propriétés urticantes. Enfin, il distingue entre elles les espèces qui vivent toujours fixées aux rochers et celles qui peuvent s’en détacher pour flotter (*) librement dans la mer. Pline (?), Elien (5), Athénée(®)
en font également mention, et les premiers naturalistes de la Renaissance les étudièrent de nouveau. Wotton (°), Rondelet (6),
(1) Histoire des animaux, liv. I, ch. 1. Les commentateurs du xvi° siècle ont cru que dans cetie phrase Aristote faisait allusion à deux sortes d'animaux très-distinctes, les Acalèphes fixes qui sont bien certainement les Actinies, et les Acalèphes libres qui correspondraient aux Médusaires, et c’est sous l'influence de cette opinion que Cuvier a donné à la classe qui renferme ces derniers le nom d'Acalèphes; mais des observations récentes du professeur Edward Forbes (Travels in Lycia, Mylias and the Cybiratis, t. IL, p.121, 1847) ont montré que les Moschates, qui par’ leurs caractères extérieurs ressemblent extrémement aux Actinies et qui appartiennent au même groupe zoologique, sont tantôt adhérentes comme ces dernières et tantôt nagent librement dans l’eau. Il nous paraît donc évident que c’est aux Moschates, et non aux Méduses, que se rapporte le passage d’Aristote que nous venons de citer.
(2) « Equidem et his inesse censum arbitror, quæ neque animalium, neque fruticum, sed tertiam quamdam ex utroque naturam habent : urticis dico et spongiis. » (Historia naturalis, iv. IX, ch. 68.)
(3) De vi et naturà animalium, édit. P. Gyllius, p. 314, 1535. Elien parle des Actinies sous le nom de piscis urtica. Gyllius, dans son traité De gallicis et latinis nominibus piscium Massiliensum placé à la fin de cette édition d’Elien, dit, à la page 585 : « Plinius urticam et spongiam .numerat inter £wéoure. » C’est, croyons-nous, la première fois qu'on ait employé ce mot, au moins sous cette forme.
(4) Athénée rappelle quelques-unes des observations d'Aristote,.
« Autolicus, dit-il, appelle les Cnides Acalèphes. » Banquet des savants, liv. ILE, chap. 11. Trad. Lefebvre de Villebrune, 1789. . (8) Edward Wotton, né à Oxford, en 1492, publia à Paris, en 1552, un traité complet de zoologie sous le titre de : De differentiis animalium. On lui doit aussi le commencement d’un travail sur les insectes, qui fut terminé plus tard par Mouffet et publié en 1654, par les soins de Mayerne, sous le titre de : Insectorum sive minorum animalium Theatrum. F1 mourut en 1555.
(6) Guillaume Rondelet naquit à Montpellier en 1507, et étudia la médecine à Paris. Grâce à la protection de l’évêque Guillaume Pelicier,