‹ Histoire naturelle des coralliaires, ou polypes proprement dits;Chapitre 8 sur 337 · INTRODUCTION HISTORIQUE. XV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION HISTORIQUE. XV

Belon (!) en firent connaître diverses espèces qui habitent soit la Méditerranée, soit les côtes de l'Océan.

Gesner (*), Aldrovande (*), Jonston (*) y ont consacré une partie de leurs écrits ; et pour tous ces naturalistes, ces corps, malgré leur forme radiaire, étaient des animaux. Ils les réunissaient aux Méduses et en rapprochaient aussi les Pennatules et les Alcyons.

$ 5. Peyssonnel fut le premier à démontrer l’analogie qui existe entre ces êtres et les prétendues fleurs du corail (5).

qui s'était occupé de l’histoire naturelle des poissons, et à celle du cardinal de Tournon, dont il était le médecin, il fut nommé, en 1545, professeur à la faculté de médecine de Montpellier. Il y établit un amphithéâtre d'anatomie, et contribua puissamment aux progrès de la zoologie par ses recherches sur les poissons de la Méditerranée. La. première édition de son ouvrage parut en 1554, sous le titre de : De piscibus marénis, libri X VILLE, et une traduction française en fut imprimée à Lyon en 1558. Rondelet mourut en 1566. On montre encore aux voyageurs la maison qu’il habitait près du bord de la mer, entre Montpellier et Cette. 6

(4) Pierre Belon, né aux environs du Mans en 1517, fit, en 1546, un voyage important en Italie, en Egypte et dans le Levant. Il publia, à son retour, plusieurs ouvrages sur les produits naturels de ces contrées. Celui pour lequel nous citons ici son nom est l'Histoire naturelle des Poissons, 1551. De même que Rondelet, Belon était médecin. Il périt assassiné par des voleurs dans le bois de Boulogne, près Paris, en

(2) Conrad Gesner, De aquatilibus, p. 1240, 1558.

(3) Ulysse Aldrovande, Animalia exsanguia (Zoophyta), p. 598,

(4) Johannes Jonstonus, Historia naturalis de piscibus et celis, liv. IV, De cœanguibus aquaticis, p. 54, pl. {8 et 20. Amsterdam, 1657. — 2° édit., p. 72, 1767.

(5) Jean André de Peyssonnel est né à Marseille en 1694. Il commença ses observations sur le corail dans le voisinage de cette ville, en 1733, et les poursuivit sur les côtes de Barbarie, en 1725, où le roi l’avait envoyé en mission scientifique. C’est là qu’il constata la nature animale de ce corps, et l’année suivante, il fit part à Réaumur du résultat de ses recherches, comme nous l'avons rappelé ci-dessus. En 1726, il fut nommé par le roi médecin botaniste dans l’ile de Guadeloupe, où il multiplia beaucoup ses observations sur les Coralliaires qui abondent dans ses parages.

En 1727, il adressa-à l'Académie des sciences quelques détails sur

xv] INTRODUCTION HISTORIQUE.

À l’aide d’une longue série d'observations délicates et bien faites, il a constaté que ces fleurs sont douées de la faculté de sentir et de se mouvoir, que dans une eau tranquille elles étendent leurs rayons, mais qu’au contact du doigt de l'expérimenlateur elles se contractent brusquement et rentrent dans leurs cellules (!), qu’elles pondent des œufs; et enfin, que leur sub-

ses découvertes, mais on n’y fit encore que peu d'attention; enfin, en 1751, il envoya à la Société royale de Londres un traité du Corail, dont un’ extrait traduit par un des membres de cette Société, William Watson, parut dans les Transactions philosophiques pour 1753, et fut imprimé en français sans nom d'auteur, sous le titre de : Traduction d'un article des Transactions philosophiques sur le Corail, 1 vol. in-12, Londres, 1756. A cette époque, jouissant d'une réputation bien acquise et d'une pension que le roi lui avait accordée en récompense de ses services, Peyssonnel voulut contribuer encore, d'une autre manière, aux progrès des sciences, et il proposa à l’Académie de Marseille de fonder un prix annuel dont il fournirait les fonds, et dont l’objet serait une dissertation sur quelques points de l'histoire naturelle de la mer ou de ses produits. L'Académie de Marseille, considérant que peu de personnes de la compagnie avaient étudié l’histoire naturelle de la mer, et qu'elle ne pouvait se mettre dags la nécessité de prononcer un jugement sur une malière qu'elle connaissait peu, décida qu'il n’y avait pas lieu d'accepter la proposition de Peyssonnel, et engagea ce savant à substituer une pièce de poésie à la dissertation demandée. Peyssonnel a fait ressortir l'utilité de son projet dans une lettre adressée à Buffon et à Daubenton.

Indépendamment des extraits précédemment cités, il a paru une nouvelle analyse du Traité du Corail, qui est due à M. Flourens. (Journal des Savants, février 1838.) Mais l'ouvrage n’a jamais été publié dans son entier. Le manuscrit complet, qui a élé écrit en 1744, fait partie de la bibliothèque du Muséum d'histoire naturelle. Nous en reproduisons ci-après quelques fragments, dont la plupart sont restés inédits. Voici le titre exact de l'ouvrage : « Trailé du corail, contenant les nouvelles découvertes qu'on a faites sur le corail, les pores, madréepores, scharras, litophitons, esponges, el autres corps el productions que la mer fournit, pour servir à l'histoire naturelle de la mer, par le sieur de Peyssonnel, escuyer, docteur en médecine, correspondant des académies royales des sciences de Paris et de Montpellier, et de celles des belles-lettres de Marseille, médecin botaniste entretenu par Sa Majesté dans l’isle Guadeloupe, cy-devant envoyé par le Roy aux costes de la Barbarie, pour les recherches de l’histoire naturelle. »

(1) Voici le passage principal relatif à cette découverte :

« Je fis fleurir le corail dans des vases pleins d’eau de la mer, et j'observai que ce que nous croyions être la fleur de cette prétendue plante n'était, au vrai, qu'un insecte semblable à une petite orlie ou poulpe.

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