‹ Histoire naturelle des coralliaires, ou polypes proprement dits;Chapitre 9 sur 337 · INTRODUCTION HISTORIQUE. XVI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION HISTORIQUE. XVI

stance est de la même nature que la substance des animaux, et donne par la distillation des sels ammoniacaux, caractère chimique qui les distingue des plantes (!). Ses recherches ne se

Cet insecte s’épanouit dans l’eau et se ferme à l'air, ou lorsque je versais des liqueurs acides, ou que je le touchais avec la main. Cela est ordinaire aux poissons et aux insectes lestacès d'une matière haveuse et vermiculaire. J'avais le plaisir de voir remuer les pattes ou pieds de cette ortie, et ayant mis le vase plein d'eau, où le corail était, à une douce chaleur, auprès du feu, tous ces petits insectes s'épanouirent ; je poussai le feu et fis bouillir l’eau, et je les conservai épanouis hors du corail. Réitérant sur d’autres branches mes observations, je vis clairement que les petits trous qu’on aperçoit sur l'écorce du corail sont les issues par où les orties sortent ; ces trous répondent à ces petites cavités ou cellules qui sont partie dans l'écorce, et partie tracées dans la substance propre du corail. Ces cavités sont les niches ou le séjour des orties corallines; les tuyaux que j'avais apercus sont les sacs où sont contenus les.organes de l’animal; les glandules sont les extrémités des pieds, et le tout contient réellement la liqueur ou le lait du corail, qui est le sang ou le suc de l'animal. Lorsque je pressais avec les ongles ces petites élévations, je faisais sortir les intestins et toute corps de l'ortie, qui confus et mélés ensemble, ressemblaient au suc épaissi qui sort des glandes sébacées de la peau. Je vis que l'animal, lorsqu'il veut sortir de sa niche, force le sphincter qu "il trouve à son entrée, rend alors cette entrée rayounée et semblable à une étoile ayant des raies blanches, jaunes et rouges ; lorsque cela arrive, les tubules s’enflent et l’ortie sort en dehors avant de se développer ; les pieds et le corps de l'animal forment le corps blanc que M. de Marsigli observa; l'ortie sortie étend ses pieds et forme ce que M. de Marsigli et moi avions pris nour les pétales de la fleur du corail; le calice de cette prétendue fleur est le corps même de l'animal avancé et sorti hors de la cellule. Le lait du corail est le sang ou le suc naturel de tous les insectes placés le long du corail ; ils n’ont pas le sang rouge, mais blanc, de même que tous les autres poissons de même nature... L'expérience fait voir que l'écorce où est le gîte de ces orties est absolument nécessaire à la croissance du corail, et que, dès qu’elle manque, le corail cesse de croître et d'augmenter,» (Peyssonxnez, mss. {re partie, p. 44 à 47.)

(1) « La nature du corail est, d’ailleurs, semblable à celle des coquilles, qui, par la force du feu, se réduisent en chaux et ont la propriété d’être dissoutes par les acides. Tous les principes chimiques qu’il donne sont semblables à ceux qu’on tire du crâne humain, de la corne de cerf et des autres parties des animaux... Le corail fortement chauffé répandit une odeur très-désagréable, approchant de celle de la corne brûlée. Le feu lui fit perdre sa couleur rouge naturelle ; il devint d'un grisbrun et bien moins dur qu'auparavant... Je reconnus qu'on retirait du corail les principes ordinaires qu’on tire des parties des animaux. »

(Pevssonnez, mss. {re partie, p. 48 et 61.)

xvii] INTRODUCTION HISTORIQUE.

sont pas bornées au corail, il les a étendues aux corps soutenus par un axe corné, qu'il appelle Litophytons, et qui sont les Gorgones (!) et les Antipathes (?) des zoologistes modernes; aux Aleyons (5) qu’il désigne sous le nom de mures de mer ou

(4) « Toute l’organisation du corail consiste dans son écorce, et entre elle et sa substance, il y a un poisson qui, déposant un suc, fait croître le corail. El en est de même des Litophitons ; toute leur organisation réside dans la croûte ou écorce du corps, qui contient, comme le corail et comme les Millepores, une infinité d’orties ou poissons vivants qui lui donnent sa consistance. Leur substance propre est d’une nature approchante de celle de la corne, ou, pour mieux dire, semblable à celle de l’écaille de tortue ou du carret.. Cette substance est toujours couverte d’une écorce ou croûte tantôt tartareuse, comme celle du corail, tantôt mucilagineuse et coriace.. J’examinai le croûte tartareuse qui enveloppe ces productions, je la trouvai en tout semblable à celle du corail... Je vis l'animal ou l’ortie en sortir, remuer, paraître et disparaître, donner du lait semblable à celui du corail. Il n’est pas extraordinaire de voir l'ortie coralline donner une matière pierreuse, ou, comme celle des testacées et les orties litophitonnes, en donner une d’une nature semblable à celle de l’écaille du carret. Il n’y a que la na-, ture de cette matière qui fait la différence essentielle entre le corail et les Litopbitons; à cela près, ils sont également branchus.… ils produisent le même lait, ont les mêmes orties, etc.

(PeyssonneL, mss. 2 partie, p. 76 à 80.)

(2) « …… La substance de l’Antipates ou Litophiton noir est semblable à celle des autres Litophitons.. Ces espèces ne sont point comme les autres couvertes d’une croûte tartareuse; mais elles sont enduites d'une mucosité baveuse et transparente qui, en se desséchant, ressemble à l’icthiocole ou colle de poisson. Celte mucosité membraneuse est parsemée de plusieurs petites élévations où sont renfermées les orties qui la forment. On voit se dilater une membrane qui les couvre, et les pattes du poisson paraître ensuite. Le corps de l'Antipathes est souple et pliant, qualités différentes du corail qui est pierreux, dur, inflexible, »

(Peyssonnez, mss. 2e partie, p. 97.)

EE Es sont semblables en tout à l'écorce des Litophitons rouges à points jaunes, mais ils n’enveloppent rien de solide; ils sont mollasses et comme coriaces, se soutenant par eux-mêmes. Leur substance est fongueuse, rouge, percée de trous jaunes et rayonnés qui . répondent à de petites cellules. A yant laissé ces corps dans l’eau, j'ai vu les petites orties sortir des trous, s'élever à la hauteur d’une ligne et s'épanouir ; en les percant, elles rendaient une liqueur semblable au lait du corail... En un mot, j'observai que la nature de ces orties était la même que celle des autres orties dont j'ai parlé.»

(Peyssonnez, mss. 2 partie, p. 82 et 83.)

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