ORDRE DES COPÉPODES
Les Copépodes se distinguent des autres Entomostracés par leur corps bien distinctement divisé en plusieurs anneaux, par l'absence d’une enveloppe ressemblant à une coquille bivalve, par l'existence de pates -mâchoires , et par le nombre des pates qui s'élève toujours à quatre ou cinq paires.
La tête de ces Crustacés (PI. 37) est grosse et distincte du thorax, qui se compose de trois, quatre ou cinq articles, et qui est suivi d’un abdomen formé à son tour de deux ou de plusieurs anneaux mobiles. Les antennes de la première paire sont sétacées et multiarticulées; celles de la seconde paire manquent quelquefois et sont d’autres fois transformées en rames natatoires. La bouche, dans les espèces où sa structure a été étudiée avec attention, paraît être armée d'une paire de mandibules ordinairement palpigères (fig.9), d’une ou deux paires de mâchoires foliacées et peu développées, et de deux ou trois paires de pates-mâchoires dont les postérieures sont en général très-grandes et garnies de soies plumeuses qui recouvrent presque tout le reste de l'appareil buccal (fig. 13). Les pates sont très-courtes et presque toujours au nombre de quatre paires ; en
général toutes sont biramées ; quelquefois cependant celles de la quatrième paire sont simples et préhensiles chez le mâle. Le dernier anneau thoracique porte les orifices des organes générateurs , et donne ordinairement naissance chez la femelle à un ou deux sacs ovifères. Enfin l’abdomen se termine par deux appendices formant une petite nageoire caudale bifurquée.
Tous les Copépodes dont le mode de reproduction est connu portent leurs œufs pendant assez longtemps dans les poches appendues à l’extrémité postérieure de leur corps, et subissent dans le jeune âge des métamorphoses remarquables.
On peut les diviser en deux groupes, les Ponriens et les Moxoczess, reconnaissables à l’existence de deux yeux non pédiculés bien distincts, ou d’un seu] œil formé par la réunion de ces deux organes sur la ligne médiane.
FAMILLE DES PONTIENS.
Cette famille, qui a pour type principal les Pontia, se compose de plusieurs genres, dont la plupart ne sont encore que très - imparfaitement connus, el dont les formes extérieures varient beaucoup; aussi ne puis-je y assigner d’autres caractères généraux que celui tiré de la disparition des yeux. Quant aux genres que j'ai cru devoir y réunir, on les distinguera faciiement à l’aide des particularités de structure indiquées dans le tableau suivant.
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CRUSTACÉS, TOME Ill.
GExre SAPHIRINE. — Sophirina (1).
Le genre Saphirine de M. Thompson est, à quelques égards , intermédiaire entre les Ponties ou les Cyclopes et les Isopodes. Il a pour type un petit Crustacé, dont le corps est à peu près ovalaire, aplati au point d’être tout à fait foliacé, et divisé en neufarticles bien distincts (PI. 87, fig. 1). Le premier de ces segmens, beaucoup plus grand que les autres, constitue la tête, et porte une paire de points oculiformes, une paire d'antennes et les pièces de la bouche. Les cinq anneaux suivans paraissent appartenir au thorax; les quatre premiers portent chacun une paire de pates , et le cinquième paraît correspondre au segment qui, chez les Monocles, porte les poches ovifères ; enfin, les trois anneaux postérieurs constituent l’abdomen, qui se termine par deux petits appendices lamelleux. Les antennes de la première paire sont courtes, sétacées et insérées à la face inférieure de la tête (fig.2) ; elles m'ont paru être suivies d’une seconde paire d’antennes pédiformes, et j'ai trouvé la bouche garnie de plusieurs paires d’appendices lamelleux ; mais l'individu que j'ai eu l’occasion d’examiner n’était pas en assez bonétat de conservation pour me permettre de constater ni le nombre ni la conformation de ces organes ; et M.Thompson,quile premier a fait connaître ce genre, ne s'explique pas à ce sujet. Les pates sont courtes, aplaties et composées chacune d’un article basilaire assez large , portant deux rames formées de trois articles sétifères , dont le dernier est ovalaire (fig. 3).
Les Saphirines sont de très-petite taille, et se trouvent en haute mer ; elles flottent à la surface de l’eau, et répandent une lumière phosphorescente très-vive.
() Oniscus , Tilesius.—Sapphirina, Thompson, Zoological Researches, p. 46. — Templeton, Ent. soc. of Lond. vol. 1.