PI
(3) Voyez Annales des sciences naturelles, t. 19, PI. 10.
La forme de ces diverses mâchoires varie encore plus que leur nombre ; celles qui suivent immédiatement les mandibules ressemblent en général à de petites lames cornces , dont le bord est découpé en lobes et garni d'épines et de soies ; disposition dont le but est évident (1). Les pates- -mâchoires, au contraire, sont presque toujours allongées et ont la forme de tiges recourbées sur elles-mêmes (2) ; enfin, celles de la dernière paire sont souvent élargies vers leur base de mapière à constituer une espèce d'opercule qui recouvre tout l'appareil buccal (3).
Chez les Crustacés qui vivent en parasytes sur d’autres animaux , et se nourrissent en sucant leur sang, la disposition de l'appareil buccal est très-différente de ce que nous venons de voir chez les Crustacés broyeurs , mais on y retrouve toujours les mêmes élémens (4). Les pièces médianes, qui, d’après leur position, sont évidemment les analogues du labre et de la languette, s'allongent excessivement et se réunissent pour former un tube conique destiné à agir à la manière d'une pipette ou suçoir (D); les tubes qui, chez les broyeurs, s'élargissent et se raccourcissent pour constituer les mandibules, éprouvent ici des changemens inverses , et se transforment en deux tiges grêles et acérées qui se logent dans l’intérieur du tube dont nous venons de parler, et se montrent à son extrémité comme deux petites lancettes destinées à perforrer le
om
(n) PL 3, gra
(2) P13, fig. 9, 10, etc.
OMR 8; + 2,b; et fig. 8.
(4) Voyez nos recherches sur l'organisation de la bouche des
Crustacés suceurs, Annales des sciences naturelles, t. XXVNT. (5) PL. 38, fig. 2, etc.
corps dans lequel il doit s’introduire pour en pomper les humeurs. Les membres des deux paires suivantes, qui répondent aux mâchoires , deviennent inutiles , et sont par conséquent réduits à l'état rudimentaire ou bien disparaissent complétement. Enfin , les membres qui constituent les pates - mächoires chez les Crabes et les Écrevisses, sont encore ici des parties accessoires de l'appareil buccal ; mais , au lieu de servir à l’introduction des alimens dans le tube digestif, ils sont transformés en crochets acérés, et ont pour usage de fixer l'animal à la proie sur laquelle il doit vivre.
Le canaz miéssrir s'étend en ligne droite depuis la bouche jusqu’à l'anus , qui occupe toujours le dernier anneau du corps (1). Près de son extrémitéantérieureon y remarque en général un renflement très-considérable, auquel succède un tube gréle et cylindrique , de facon que cet organe se compose de trois parties distinctes qui constituent l’œsophage, l’estomac et l’intestin. L’œsophage (2) ne présente rien de remarquable; il est très-court, et dirigé verticalement entre la bouche et la face inférieure de l'estomac , dans lacavité duquel il vient s'ouvrir; sa face intérieure présente plusieurs replis ; enfin, on y distingue deux tuniques, l’une externe, formée par un prolongement de la membrane séreuse générale, l’autre interne, de structure muqueuse, qui se continue avec les couches externes des tégumens, et entre elles se trouvent un assez grand nombre de fibres musculaires qui entourent ce conduit et s'opposent, par leur contraction, à la sortie des substances contenues dans l’estomac.
A © © ms
CPL 4," 680"7 2, 3,4.
(2) PL 4, fig,5, e.
Ce dernier viscère est en général très-grand et oceupe la majeure partie de la tête. Chez la plupart des Crustacés il paraît à peu près globuleux lorsqu'on le regarde en dessus (r); sa face supérieure est aplatie, son bord antérieur très-large, et son extrémité postérieure fort rétrécie ; enfin, sur les côtés et au-dessous , ses parois sont bombées (2). Dans les Décapodes , où sa structure est la plus facile à étudier, l'estomac occupe toute l'épaisseur du corps, et correspond à la portion médiane et antérieure de la carapace désignée par M. Desmarests sous le nom de région stomacale. Sa face antérieure correspond au cerveau et à l’origine des yeux et des antennes; enfin , sur ses côtes se voit une partie du foie et des organes de la génération (3). Ses parois, comme celles de l’œsophage, sont formées de deux tuniques membraneuses fines et transparentes , séparées par des fibres musculaires; mais on y voit aussi un appareil osseux ou cartilagineux, dont la structure est très-remarquable. Chez tous ces Crustacés l'estomac est divisé en deux portions bien distinctes, que l’on pourrait désigner sous les noms de portion cardiaque et de portion pylorique (4). La première est très-vaste et se trouve immédiatement au-dessus de l'œsophage ; la seconde est au contraire très-pelite et dirigée directement en arrière, de facon à former un angle droit avec l’axe de l’œsophage et de la portion cardiaque à la partie postérieure et supérieure de laquelle elle est
(a) PL 4, fig. 1 (2 PL 4, fig. 1 (3) PL. 4, fig. 1 (4) PL. 4, fig. 1 fig. 6, mêmes lettres.
DES CRUSTACÉS. 67 placée. Une partie de l'appareil cartilagineux dont il vient d'être fait mention , occupe la portion cardiaque de l'estomac et paraît servir à soutenir ses parois, et à les empêcher de retomber dans lœsophase ; le reste de cet appareil entoure la portion pylorique et soutient un certain nombre de pièces qui font saillie dans son intérieure, et font l’oflice de dents ou de râpes. Sa structure, qui a déjà été décrite par M. Cuvier (1), est très-compliquée; et, pour la faire bien comprendre, il sera nécessaire d'entrer dans quelques détails , et de l’étudier d’abord dans une espèce déterminée, le Crabe commun , par exemple.
On remarque d’abord à la face supérieure de la portion cardiaque de l'estomac une arête transversale qui est située immédiatement au-dessus de l’ouverture œsophagienne; en examinant avec plus d’attention cette bande osseuse, on voit qu’elle est composée de trois pièces, une médiane et deux latérales ; la première, que nous appellerons cardiaque (2), est petiteet a peu près quadrilatère, tandis que les deux autres, que nous désignerons sous le nom de ptérocardiaques (3), sont longues, étroites et terminées en pointe. Du bord postérieur du cartilage cardiaque part une pièce impaire (cartilage urocardiaque) qui est assez large et qui se dirige en arrière versle pylore(4) ; sa face supérieure ne présente rien de remarquable, mais à son extrémité postérieure elle porte en dessous une grosse tubérosité osseuse qui fait saillie dans la cavité
(1) Lecons d'anatomie comparée, t. IV, p. 126. (2) PL 4, fig. 1, a, et fig: 7, a.
GPL 4, er; 6, "et fig. 7, à.
(4) JOIE fig. x4d; êt he. 7. d.
Cr
de l'estomac, et constitue une des dents dont cet organe est armé. Au-dessus de cette dent s'articule une petite pièce osseuse que nous appellerons la pylorique antérieure (1) ; elle se trouve en haut, et présente à son extrémité supérieure deux branches latérales, de manière à représenter assez exactement la lettre T. Chacune de ces branches s'articule à son tour avec une pièce cardiaque latérale supérieure (2) qui se dirige en avant en décrivant une ligne courbe, et va s'unir à l'extrémité latérale de la pièce ptérocardiaque correspondante (b) ; sa portion antérieure est grêle et linéaire, mais vers son extrémité postérieure elle s’élargit beaucoup , et porte à sa face intérieure un gros tubercule qui se prolonge dans l’intérieur de l'estomac, et constitue de chaque côté du pylore une dent placée immédiatement au-dessous de celle appartenant à la pièce urocardiaque , et semblable à elle. Il résulte de cette disposition des pièces qui garnissent la face supérieure de l'estomac, que, lorsqu'on les regarde en dessus , elles ressemblent assez à une petite arbalète tendue, dont l’arc serait formé par les pièces ptérocardiaques, (b) le manche par le cartilage urocardiaque (4) et toute la portion pylorique de l'estomac (P), et la corde par les cartilages cardiaques latéraux supérieurs (f). À la face postérieure de la portion cardiaque de l’estomac, on voit sur la ligne médiane une plaque cartilagineuse (3) qui se porte obliquement du pylore vers l’œsophage (pièce cardiaque postérieure), et s'articule de chaque côté avec une arête qui suit la
(DEL 4e. Tr, le.
2) PL. 4, fig. 1, , et fig. 7, f.
GPL: 4; fe. 7, 0.
DES CRUSTACÉS. 69 même direction ; par leur extrémité supérieure, ces pièces cardiaques latérales inférieures (1) s'articulent aussi avec un petit osselet (pièce cardiaque latéro- Postérieure) qui Punit au bord inférieur et postérieur de la pièce cardiaque latéro-superieure (p) ; au devant de cette articulation se trouve un petit tubercule dentiforme (pièce cardiaque latérale) qui occupe le côté de l'ouverture pylorique, et se voit immédiatement audessous des dents appartenant aux pièces cardiaques latéro-supérieures (2). De chaque côté de l'estomac il existe encore une grande plaque cartilagineuse (s) qui se soude au bord inférieur des pièces cardiaques latérales, et porte à sa face interne un grand nombre de poils courts et raides qui font saillie dans la cavité de ce viscère, et constituent deux espèces de brosses ou de râpes situées au devant et au-dessous du pylore. Enfin, une arête osseuse (pièce cardiaque latérale accessoire ), recourbée sur elle-même, se porte de la partie antérieure de ces petites dents vers le point de réunion des tiges cardiaques latéro-supérieures avec les ptérygo-cardiaques (3).
Les parois de la portion pylorique de l'estomac sont également garnies d’un nombre assez considérable de pièces cartilagineuses ou calcaires : on y distingue d’abord deux petites plaques qui font suite à la pièce pylorique antérieure, et s’articulent aussi avec le bord postérieur des pièces cardiaques latéro-supérieures; nous les appellerons pièces pyloriques (3). En arrière
(à) PL'4 he. 7, q.
(2) PL 4, fig. 5, re (5) PL 46: x, 2.
d’elles,lacavitéstomacalese rétrécitassez brusquement, et présente à sa face supérieure quatre ou cinq petits osselets méso-pyloriques (1), puis une arête transversale qui semble donner attache à l'intestin, et que l’on peut nommer uro-pylorique (2). De chaque côté des osselets méso-pyloriques , on remarque l'insertion des conduits biliaires (3), et, au-dessous de cette ouverture, une petite arête (pièce pylorique latérale) qui vase joindre à une plaque cartilagineuse qui occupe la portion antérieure et inférieure du pylore ; le bord supérieur et antérieur de cette pièce pylorique inférieure s'élève dans l’intérieur de la portion correspondante de la cavité stomacale, et y constitue une espèce de cloison garnie de poils, au-dessus de laquelle se voient deux prolongemens membraneux qui paraissent remplir l’office de valvules, et qui naissent de la face interne des pièces pyloriques latérales. Enfin, en arrière de la plaque pylorique inférieure, il existe encore deux ampoules carlilagineuses assez grosses qui occupent la partie inférieure et postérieure du pylore (4).
Divers faisceaux musculaires se fixent à cet appareil compliqué,et en font mouvoir les piècesles unes sur les autres de manière à broyerentre lesdents qui garnissent l'entrée du pylorelesalimens qui s’y présentent. Un certain nombre de muscles s'étendent d’une pièce à l'autre entre les deux tuniques membraneuses de l'estomac, et concourent ainsi à fortifier les parois de ce viscère ; mais d’autres ne s’y fixent que par une de leurs extrémités, et prennent leur point d'appui sur la partie
CELA Ge x @)PT'4, fig", (3) PI. 4, fig. 1, (4) PL 4, fig. 8,
voisine de la carapace. Ces derniers muscles sont les plus puissans, et servent à mouvoir la totalité de l'estomac aussi bien qu’à le fixer au squelette técumentaire. Deux d’entre eux, qu'on peut appeler les muscles antérieurs de l'estomac, s’insèrent d’une part à la partie antérieure des pièces ptérocardiaques ou à la pièce cardiaque elle-même, et del’autre à la partie antérieure de la carapace immédiatement au-dessus des yeux(r). Deux autres muscles , qui sont les antagonistes des premiers, s'étendent de la partie supérieure de la carapace à la portion postérieure des pièces cardiaques latéro-supérieures et aux parties voisines de l’estomac(2). Enfin, une troisième paire de muscles trèsgréles se porte de’ la pièce pylorique inférieure au bord postérieur de la bouche, en s'appuyant sur la face extérieure de la pièce cardiaque postérieure.
La disposition de l'appareil osseux de l'estomac est essentiellement la même chez tous les autres Crustacés décapodes que nous avons examinés ; mais souvent son aspect change beaucoup à cause des différences que les pièces présentent dans leur grandeur relative. Ainsi, chezl’Écrevisse (3), l’arête transversale, formée par les pièces cardiaques et ptérocardiaques, qui occupe la face supérieure de l'estomac, au lieu d’être située à une distance assez considérable de la pièce pylorique antérieure, n’en estéloignée que de quelques lignes, par conséquent la pièce urocardiaque ; au lieu d'être trèslongue comme chez le Crabe, est réduite presque à rien; il en est de même des pièces ptérocardiaques,
; : Pre arE 7.
() PI. 4; fig. 2, a; PI. 5, fig. 1, n; et PL. 11, fig. 3, f”. (2) PL 4, fig. 2, b 5et PL. 11, fig. 3, /".
G) PL 4, fig. 2, et fig. 6.
72 HISTOIRE NATURELLE tandis que les pièces cardiaques et pyloriques prennent un accroissement considérable. Ces différences sont quelquefois assez grandes pour faire méconnaitre au premier abord l'identité de certaines parties de cet appareil chez les Brachyures et les Macroures ; mais, par une étude attentive de ces pièces , nous sommes toujours parvenus à reconnaître leurs analogies. La forme des dents qui entourent l'ouverture pylorique varie aussi; tantôt elles sont arrondies, tantôt bosselées ou striées ; d’autres fois garnies de côtes saillantes (1).
Dans l’ordre des Édriophthalmes , on rencontre encore dans l’estomac des parties analogues à celles que nous venons de décrire, mais elles sont peu développées, et au lieu d’être osseuses elles n’ont qu'une consistance cartilagineuse ; leur structure ne nous a paru offrir rien de remarquable, si ce n’est que la face intérieure de plusieurs de ces lames mobiles est recouverte de poils. Chez l’Orchestie, par exemple, il existe à la partie antérieure de l'estomac, près de son ouverture œsophagienne, deux petites dents ciliées, et chez la Lygie océanique on trouve à la partie postérieure de ce viscère des pièces analogues, mais beaucoup plus minces et moins saillantes.
Enfin, dans les Squilles on voit aussi, à la partie postérieure de la portion cardiaque de l’estomac, deux petites pièces semi-cornées très-minces, dont la face interne est armée d’une série verticale de petits mamelons coniques. Il n’existe point ici de grosses dents stomacales capables de broyer les alimens; mais le même résultat est obtenu au moyen d’une branche de
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la mandibule qui pénètre dans l’intérieur de cette cavité, et s’y voit à peu de distance du pylore; car, chez ces Crustacés, l’æsophage, au lieu d'occuper le milieu de la portion cardiaque de l’estomac, est placé près de son extrémité postérieure, et immédiatement au-dessous de l’entrée du pylore.
L'intestin qui fait suite à l’estomac, et qui s'étend en ligne droite jusqu'à l'anus , est grêle et très-allongé (1). Ses parois sont très-minces et composées comme dans les autres parties du tube digestif de deux tuniques ; de chaque côté il est en rapport avec le foie (2) et les organes de la génération; sa face supérieure est recouverte, en majeure partie, par le cœur et l'artère abdominal supérieur, et sa face inférieure repose sur une portion du foie et sur les muscles fléchisseurs profonds des anneaux correspondans (3). Chez les Crustacés des ordres inférieurs, il présente dans toute son étendue la même largeur, et son aspect ne change pas; mais chez la plupart des Décapodes on peut y distinguer deux parties. La longueur relative de ces deux portions du tube intestinal varie beaucoup suivant les espèces ; la première, que l’on pourrait appeler le duodénum, est très-court chez le Maja (4), tandis que chez le Homard elle constitue les sept huitièmes de l'intestin ; elle est, en général, beaucoup moins musculaire que la seconde, que nous distinguerons sous le nom de rectum (5), et sa limite postérieure nous a toujours paru facile à reconnaître, d’après la position
@) PL 4, fig. x, L.
(2) PI..4, figua,LF.
(3) PL..7,-f5,4, dr:
(4) PL 4, fig. D.
(5) PL 4, fig. 1et2,R.
d’un appendice sécrétoire dont nous parlerons par la suite. Chez le Homard, la face interne du duodénum est lisse, tandis que celle du rectum est froncée ; enfin, une espèce de valvule circulaire sépare la première cavité de la seconde, et correspond à un petit bourrelet qui se voit au dehors. Dans l'Écrevisse, la première portion du duodénum présente à l’intérieur un grand nombre de petites villosités, et il n’y a pas de limite tranchée entre le duodénum et le rectum.
L’anus est situé, comme nous l’avons déjà dit , au dernier anneau de l'abdomen ; c’est une fente longitudinale qui en occupe la face inférieure, et dont les bords sont garnis de deux replis ayant la forme de lèvres. Immédiatement au-dessous des tégumens, on trouve de chaque côté de cette ouverture un faisceau de fibres musculaires longitudinales qui appartient au fléchisseur du lernier anneau, et qui paraissent remplir aussi les fonctions de sphincter.
Telle est la disposition du canal alimentaire chez presque tous les Crustacés, maïs quelquefois sa forme est très-différente. Dans un petit animal de cette classe qui vit en parasite sur les branchies du Homard, au lieu de présenter un seul renflement stomacal, il offre de chaque côté une énorme poche qui communique avec sa cavilé (1). Ce mode d'organisation rappelle celui de l'appareil digestif de la plupart des sangsues, et il est à noter que les Crustacés dont nous venons de parler se nourrissent dela même manière que ces Annélides.
Divers organes de sécrétion viennent se grouper au-
(1) Voyez Mémoire sur le Nicothoë du Homard , par M. Audouin et moi, Annales des sciences naturelles, t. 9 ; p« 345, PI. 49:
tour du canal digestif, et y versent les humeurs nécessaires à l'exercice de ses fonctions. L'appareil biliaire est le plus important et le plus volumineux de ces parties accessoires du tube alimentaire.
Dans les Lysies et quelques autres Crustacés Édriophthalmes , sa structure est essentiellement la même que chez les insectes ; car il est composé de trois paires de vaisseaux biliaires qui s'ouvrent dans l'estomac, et côtoyent l'intestin dans toute la longueur du corps (1); mais, en général, la disposition de cet appareil de sécrétion est tout-à-fait différente. Chez tous les Décapodes, par exemple, il est formé de deux grandes masses glandulaires qui occupent la majeure partie de la cavité viscérale (2), et sont souvent réunies entr’elles. La couleur jaune de ces organes se distingue à travers la membrane mince et transparente qui les recouvre et qui s’enfonce entre les lobes qui les composent. Au premier abord on pourrait croire que chez ces animaux Île tissu du foie est spongieux ; mais, lorsqu'on l'a dépouillé de sa tunique externe, on trouve qu'il est fermé par l’agglomération d’un nombre immense de petites vésicules plus ou moins «llongées et semblables à des vaisseaux bornes. En poursuivant (dans de l’eau) cette dissection délicate, on voit aussi que ces espèces de cæœcums vont aboutir à des canaux membraneux sur les côtés desquels ils s’implantent, et que ces conduits excréteurs se réunissent à leur tour entre eux de manière à former un gros tronc qui va s'ouvrir sur la partie latérale de la portion pylorique de l'estomac (3), et y verser la bile qui est d’une couleur jaune verdä-
(1) PL, Mes, CYEL 6 He id; PI 4, fe. 2, F, et fig. 5: