‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou, Cours d'histoire naturelle professé à l'École de pharmacie de Paris (volume 2)Chapitre 10 sur 162 · RONGEURS. — ONDATRA · texte numérisé non relu

RONGEURS. — ONDATRA

celle de l’hyracéum. Cette substance avait une odeur mixte de tan, de castoréum et de fiente de vache; cllectaiten grande partie soluble dans l’eau, et renfermait, indépendamment d’une matière brune, extractive, azotée, du nitrate de potasse, du chlorure de potassium, du benzoate de potasse et du sulfate de chaux.

L’extrait aqueux, chauffé dans une cornue, avec un peu d acide sulfurique affaibli, formait un sublimé d’acide benzoïque. Le castoréum du Canada, essayé comparativement, a donné lieu au même résultat.

Ondatra, ou rat musqué du Canada.

L’ondatra ( 1 ) est un quadrupède rongeur, du genre des campagnols, qui habite en grand nombre le Canada. De même que le castor, il se réunit aux approches de l’hiver, sur le bord des eaux, pour se construire des huiles eu terre, où il habite en commun. 11 se nourrit de plantes aquatiques et principalement de racines de nymphæa et d’acorus, dont la dernière ne paraît pas être étrangère à la production du parfum qui le caractérise. Mais il est vorace et se nourrit de chair à défaut de végétaux; on dit même que les ondatras se dévorent entre eux, pendant l'hiver, lorsque toute autre nourriture vient à leur manquer, et que les chasseurs ne trouvent plus alors dans les huttes que les débris des animaux qui les avaient construites.

L’ondatra, de même que les rais, n’a que trois molaires de chaque côté, à chaque mâchoire; mais ces molaires n’ont pas de racine et sont comme formées, sur toute leur hauteur, de prismes triangulaires placés alternativement sur deux lignes. 11 a cinq doigts à tous les membres, et ceux de derrière sont demipalmés; la queue est écailleuse comme celle du castor, mais couverte aussi d’un assez grand nombre de poils courts qui sortent au nombre de 1, 2 ou 3, de dessous chaque écaille. Elle est aussi plus étroite, aplatie dans le sens vertical, et comme à deux tranchants. La femelle a six mamelles abdominales, et l’ouverture de l’urètre distincte de celles du vagin et de l’anus, situées plus près de la queue. Il n’en est pas de même chez le mâle qui n’a qu’une seule ouverture pour l’urètre et pour la verge, située au-devant de l’anus. La verge est dirigée en arrière, et est accompagnée de deux glandes pyriformes écartées en lorme de Y, comme dans le castor, et dont le canal excréteur se prolonge le long du pénis et vient s’ouvrir sous le prépuce. La femelle porte deux glandes semblables, mais plus petites, qui viennent

(l) Duffon, Hist. nal., t. X, pl. 1.

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s’ouvrir 1 entrée de l’urètre. Ces follicules excrètent une liqueur blanche et opaque comme du lait, et d’une forte odeur de musc, qui se communique au pelage de l’animal (I) et à sa queue. Je représente (/q/. .803) une de ces queues prises, il y a nombre

Fig. 800. — Queue d’undatra.

d années, dans le commerce de la parfumerie, et qui conservent toujours une forte odeur de musc. Celle qui est ici représentée a 17 centimètres de longuoursur2,5 centimètres dans sa plus grande largeur; d’autres ont 19 centimètres de longueur sur 1 ,5 à 2 centimètres seulement de largeur.

On connaît deux autres animaux sous le nom de rats musqués : l’un est le rat musqué des Anti' tes ou pilori; c'est un vrai rat, long de 41 centimètres, non compris la queue qui est encore plus longue, écailleuse et cylindrique comme celle des rats; il est très-vorace et très-nuisible. L’autre est le rat musqué de Russie ou desmin (-2), Mygale moscovita , Geoff. , mammifère insectivore dont le museau s’allonge en une petite trompe très-flexible, dont tous les membres ont cinq doigts palmés et dont la queue est longue, écailleuse et aplatie $ur les côtés comme celle de l’ondatra. 11 est presque grand comme un hérisson, et fort commua le long des rivières et des lacs de la Russie méridiona'e. Il s’y nourrit de vers, de larves d’insectes et surtout de sangsues qu’il retire aisément de la vase avec son museau mobile; son terrier, creusé dans la berge, commence sous l’eau et s’élève de manière que le fond se trouve placé au-dessus du niveau des plus grandes eaux. Son odeur musquée provient d’une matière onguenlacée sécrétée dans de petits follicules placés sous la queue. Celte odeur se com-

( I) De même que le ta tor, l’ondatra possède deux sortes de poils, dont, le plus fin a été usité. pour la fabrication des chapeaux. Sa peau ferait de belles fourrures ma'is on ne l’emploie pas à cause de sa forte odeur musquée.

(2) Billion, Hist. fiat., t.. X, pi. Il ; allas du D.di mnoire des sciences nafw'ellcsy MAMMIFÈr.ES, pl. XX111.

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