LES ENT0Z0AIRES
Anchylostoma , Strongylus , Ascaris , Oxyuris , Tricocephalus , S pir optera, Filaria et Trichina.
L Anciiylostome duodénal est un petit ver long de 8 à 10 millimètres, cylindrique, transparent dans son quart antérieur, jaunâtre, rougeâtre ou brun, dans le resle du corps. Il habite le duodénum et le jéjunum. On l’a observé en Italie, et surtout en Egypte où, d après M. Griesinger, il produirait la maladie connue sous le nom de chlorose et Egypte. Cette opinion se trouve confirmée par les observations de MM. Grenier, Monestier et de M. Wücherer, qui tendent à attribuer une maladie analogue nommée malcœur , cachexie africaine, à la présence de ce même ver dans les intestins.
Le genre Strongylus contient deux espèces parasites de 1 homme. La plus commune est le strongle géant ( Strongylus gigas, Itud. ) , qui produit dans le rein de graves désordres, et détruit à peu près complètement la substance de cet organe. Il occasionne de violentes douleurs, des hématurées et des phénomènes comparables à ceux des calculs rénaux. On l’a trouvé chez le chien, le cheval, le bœuf, chez quelques animaux sauvages, et de temps en temps chez l’homme.
Ses caractères sont les suivants (ftg. 978 et 979) : son corps est rouge, presque cylindrique, un peu rétréci aux extrémités ; finement strié transversalement. La bouche, placée à 1 extiémité antérieure, est petite et entourée de six papilles. Le mâle porte à l’extrémité du corps une bourse entière, ayant en son milieu une vésicule renflée membraneuse, d’où sortent deux spiculés longs et filiformes. La femelle n’a pas cette bourse terminale, et sa vulve s ouvre très-près de la bouche. Les dimensions de ce nématoïde sont considérables. Le mâle peut avoir 40 centimètres de longueur sur 5 millimètres de large : la femelle a de 60 centimètres à 1 mètre de longueur et peut acquérir la grosseur du petit doigt.
La seconde espèce de strongle (Strongylus longenivatus, Diesing) a été observée en Transylvanie dans le parenchyme pulmonaire d’un enfant.
Les Ascarides ont un corps atténué en avant : la bouche est entourée de 3 papilles très-marquées et très-saillantes : les mâles ont deux spiculés pour pénis.
L 'ascaride lombricoide (. Ascaris lumbricoides , L.) {fi g. 980) rappelle par sa forme générale les lombrics terrestres, et on a même pensé pendant longtemps que ce n’était qu’un état particulier de ce ver de terre. Il atteint parfois jusqu’à 40 centimètres ; mais sa longueur habituelle chez l’homme est de 16 à 22 centimètres. Son diamètre varie de 2 à 5 millimètres. Les individus mâles sont
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plus petits et moins communs que les femelles dans le rapport
Fig. 979. — Slrongle.
Fig. 978. — Slrongle. ,1 ig. 980. — Ascaride lombricoïde (•).
de I à 4. Il est épais, aminci aux deux extrémités, blanchâtre,
(*) a, ascaride lombricoide de l’homme, individu femelle,; b, c , extrémité antérieure grossie ; J, individu mâle ; e, son extrémité postérieure grossie.
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demi-transparent. Le mâle est recourbé à son extrémité posténcure : ses spiculés sont presque droits et aplatis. Il est long de i i a 17 centimètres et large de 3 millimètres environ. La femelle
, ! ? us t^ande ; elle peut atteindre 30 centimètres de long sur à à 5 millimètres de large.
Ce ver est très-fréquent chez les enfants ; il vit habituellement cfn,s intestin grêle et descend rarement dans les gros intestins, d ou il est rejeté au dehors. Il remonte quelquefois dans l’eslomac <‘t jusque dans l’œsophage, d’où il peut être expulsé par la bouche ou par les narines. On l’a également trouvé dans d’autres \iscères, en rapport avec l’intestin ; mais ce n’est qu’accidentelcment. Ne pouvant facilement en être expulsé, il peut y produire des accidents graves. — Quand il est dans l’intestin grêle, il peut en être chassé par l’usage de la mousse de Corse, du semen- contra, de 1 huile de ricin, du calomel, etc., etc.
D après M. Davaine (1), l’œuf de lascaride lombricoïde ne se développe pas dans l’intestin : il est expulsé et reste même assez longtemps sans que l’embryon se développe. Ce dernier ne sort probablement de sa coque, que lorsqu’il est ramené au milieu des sucs intestinaux. Les œufs, entraînées par les eaux pluviales, peuvent rester longtemps dans les mares, les puits ou les ruisseaux, sans cesser de vivre ; et c’est en buvant à ces sources que 1 homme peut introduire dans son intestin les germes de ces helminthes. Aussi sont-ils beaucoup plus communs dans les campagnes que dans les villes où on a l’habitude de boire des eaux filtrées.
Nous ne mentionnerons que pour mémoire 1 ascaride ailé (Ascaris alata), espèce douteuse, dont on n’a observé que deux femelles dans l’intestin grêle de l’homme.
A côté des ascarides, il faut placer les Oxyures, caractérisés par trois lobes peu saillants autour de la bouche, le spiculé unique, court et falciforme du mâle, et l’atténuation de la partie terminale du corps de la femelle. C’est dans ce genre que l’on comprend aujourd’hui l'Ascaride vermiculaire de Rudolphi (Oxyurus vermicularis , Biemser), tiès-commun dans le rectum chez les enfants, et parfois aussi chez les adulles, il cause souvent des démangeaisons insupportables à l’anus. Le mâle (fig. 981) est long de 3
(1) Davaine, Recherches sur le développement et In propagation du tricocéphale de l homme et de l ascaride lomhncoï le ( Comptes rendus de l’ Académie des sciences, XLVI, il juin 1858), et Traité des entozoaires et des maladies vermineuses de l'homme ou des animaux domestiques. Paris, fig. üô.
Fig. 981.
Oxyure mâle.
nématoides.
h 1 millimètres seulement, linéaire, obtus à son extrémité antérieure, contourné en spirale à l’autre extrémité ; la femelle (fig. 982) est longue de 8 à 10 millimètres, atténuée en une pointe très-fine. On a observé ce ver dans toute l’Europe et en Afrique. On le détruit par des lavements d’infusion d’absinthe ou de semen-contra ; par,, des Irictions d’onguent mercuriel â l’anus ; quelquefois par de simples lavements d’eau froide.
Les Trichocéphales ont le corps très-allongé formé de deux parties : l’antérieure, filiforme très-amincie en avant; l’autre,
Fig. 982. — Oxyure femelle.
Fig. 983. — Trichocéphale (*).
moins longue, subitement renflée, et se terminant en pointe obtuse. L’anus se trouve à cette extrémité. Le mâle a un spiculé simple, contenu dans une gaîne renflée ou vésiculeuse, la femelle (*)
(*) a, mâle de grandeur naturelle; — b, mâle grossi ; — c, femelle de grandeur naturelle.
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a la vulve placée au point de jonction des deux parties du corps.
Le plus connu des Trichocéphales est le Tr. dispar Rudolphi, qui est un des vers les plus communs dans le gros intestin de
nomme, plus rare dans l’intestin grêle.
Ce ver se distingue surtout par son cou capillaire terminé par un corps assez gros. Le mâle a environ 37 millimètres de longueur ; la femelle de 40 à 50 millimètres. La partie épaisse du corps n’en occupe que le tiers. Dans le mâle cette partie (fig. 983 a b) est roulée en spirale. La femelle a la partie postérieure plus droite et simplement percée à l'extrémité. Les œufs, qu’elle pond, ne se développent point dans l’intestin : comme ceux des ascarides lombricoïdes, ils sont expulsés avec les fèces , et ne germent que lorsqu’ils sont reportés dans le tube intestinal probablement par les boissons. Leur forme extérieure est ti ès-cai actérisée : ils sont oblongs, revêtus d’une coque résistante, prolongée à chaque extrémité en un goulot court, arrondi, translucide.
Le genre Spiroptère contient une espèce {S pir optera hominis, Rud.) encore incertaine et sur laquelle nous n’avons pas à insister.
Les Filaires sont des vers très-allongés cylindriques fdiformes, dont les mâles ont deux pénis inégaux plus ou moins tordus. Une de leuis espèces est célèbre sous le nom dragonneau , de ver de Medine ou de Guinée. C’est le Filana medinensis, Gmelin. On ne connaît que la femelle, qui présente les caractères suivants : coips blanc, épais de 2 millimètres, pouvant acquérir jusqu’à 75 centimètres, et, d’après certains auteurs, lm,&0, et même 3 mètres de longueur, terminé en crochet; bouche ronde portant d’après les uns quatre épines disposées en croix, selon d’autres trois petits nodules arrondis. Corps terminé en crochet un peu atténué.
Ce ver est très-commun dans les régions chaudes de l’ancien continent ; il est rare en Amérique, où on ne l’observe qu’à l’île de Curaçao. Il s’insinue sous la peau des diverses parties du corps, aux cuisses, aux jambes, au scrotum, au bras, à la poitrine, mais surtoulà la cheville des pieds. On ne sait pas exactement de quelle maniéré il s introduit dans l’organisme. On a cependant remarqué qu’il envahissait les membres inférieurs des gens qui marchent dans les endroits humides, la région dorsale des Indiens qui charrient de 1 eau sur leurs épaules, enfin les diverses parties du corps des personnes qui se baignent dans le Nil ou le Sénégal. On en conclut que le ver se trouve dans l’eau, à l’état jeune, et qu’il attaque la peau par les conduits sudorifères ou la gaine des poils. Une fois sous les téguments, le ver s’accroît et peut déterminer au bout de quelques mois la production de tumeurs
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douloureuses, et d’abcès au milieu desquels on doit aller chercher le ^r poui 1 extraire. On le saisit pour cela avec précaution et on le retire tout doucement en l’enroulant autour d’un petit bâton. Il faut bien prendre garde de ne pas le rompre : car il peut en résulter de graves accidents, dus soit à la présence dans les chairs des embryons dont la fi lai re est en général toute pleine, soit à la putréfaction du corps de la mère.
Une autre espèce de flaire existe assez communément chez les nègres entre la sclérotique et la conjonctive de l’œil : c’est le Filaria oculi , qui peut acquérir de I pouce i/2 à 2 pouces de longueur et cause souvent des douleurs très-vives.
Le dernier des nématoïdes, dont il nous reste à parler a acquis dans ces derniers temps une grande célébrité par les graves maladies dont il est la cause, et dont l’opinion publique s’est assez vivement préoccupée; c’est la trichine, Trichina spiralis , que M. R. Owen avait déjà fait connaîtreen 1835, mais dont l’hisloire n’est bien établie que depuis quelques années. Tel qu’on le rencontre dans les muscles, c’est un petit ver cylindrique, filiforme, ressemblant un peu à un ver de terre, de 1 millimètre à peu près de longueur, de 0™, 003 à 0m, 005 d’épaisseur. Sa peau est assez épaisse, transparente, homogène, ridée transversalement. L’extrémité buccale est un peu plus effilée que l’autre : à cet état, les trichines ont un tube digestif assez simple s’ouvrant par une fente terminale; mais pas d’organe sexuel. On les rencontre parfois libres, cheminant dans les fibres musculaires, mais elles finissent presque toujours par s’enkyster. A l’endroit où elles s’établissent, les fibres du muscle changent de nature, ses stries disparaissent ; il devient granuleux, le sarcolemme s’épaissit tout autour, et le \er se trouve entoure d une enveloppe à deux parois, ayant la forme d’un œil humain, de la grosseur d’un petit grain de sable ou d’une petite tête d’épingle. Plus tard les parois de ce kyste s’encroûtent de sels calcaires ; et c’est alors seulement qu’on peut les apercevoir facilement à l’œil au milieu des fibres rouges du muscle. La trichine est roulée en spirale sur elle-même dans 1 intérieur de cette poche, elle y reste très-longtemps vivante, mais elle n y atteint jamais l’état sexué .' ce n’est que lorsque les sucs intestinaux agiront sur sa coque extérieure et qu’elle se trouvera dans le tube digeslif qu’elle accomplira celte évolution. M. "Virchow, à Berlin, Leuckart, à Giesscn, ont fait connaître d’une manière positive ces phases curieuses de la vie de la trichine. Si 1 on tait avaler à un lapin, par exemple, un morceau de viande contenant des kystes de trichines, ces vers se trouvent débarrassés par les sucs digestils des muscles et des enveloppes qui les contiennent : une fois libres, ils grandissent, acquièrent des organes