TROISIÈME EMBRANCHEMENT
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Les mollusques n’ont point de squelette osseux ni de canal vertébral. Leur système nerveux ne se réunit pas en une moelle épinière; mais seulement en un certain nombre de masses médullaires dispersées en différents points du corps, et dont la principale est située en travers de l’œsophage. Les organes du mouvement et des sensations n’ont pas la même symétrie de nombre et de position que dans les animaux vertébrés, et la variété est plus frappante encore pour les viscères, pour la position du cœur et des organes respiratoires, et pour la structure même de ces derniers ; car les uns respirent directement l’air atmosphérique, et les autres le puisent dans l’eau douce ou salée.
Le sang des mollusques est incolore ou légèrement bleuflîre, et il circule dans un appareil vasculaire compliqué, composé d’artères et de veines. Un cœur, formé d’un seul ventricule, et, en général, d’une ou de deux oreillettes, se trouve sur le trajet du sang artériel et envoie ce liquide dans toutes les parties du corps, d’où il revient à l’organe de la respiration par 1 intermédiaire des veines. Quelquefois, cependant, on rencontre à la base des vaisseaux qui pénètrent dans ce dernier appareil, des cœurs pulmonaires qui accélèrent le cours du sang dans les vaisseaux de la petite circulation. La circulation se fait ainsi à peu près comme chez les crustacés et d’une manière inverse de ce qui a lieu chez les poissons.
« L irritabilité est très-grande chez la plupart des mollusques et se conserve longtemps après qu’on les a divisés. Leur peau est nue, trèssensible, ordinairement enduite d’une humeur qui suinte de ses pores. On na reconnu à aucun d’organe particulier pour l’odorat, mais on suppose que la sensation des odeurs est perçue par toute la surface de la peau. Presque tous sont privés d’yeux; mais les céphalopodes en ont d au moins aussi compliqués que ceux des animaux à sang chaud. Ils sont aussi les seuls où l’on ail découvert des organes de l’ouïe, et où le cerveau soit entouré d’une boîte cartilagineuse particulière.
« Les mollusques ont presque tous un développement de la peau qui recouvre leur corps à la manière d’un manteau, et qui en a reçu le nom ; mais souvent aussi ce prolongement de la peau se rétrécit en un simple disque, ou se rejoint en tuyau, ou se creuse en sac, ou s’étend enfin et se dix ise en forme de nageoires.
« On nomme Mollusques nus ceux dont le manteau est simplement membraneux ou charnu ; mais il se forme le plus souvent dans son
ANIMAUX mollusques.
épaisseur une ou plusieurs lames de substance plus ou moins dure qui s y déposent par couche et qui s'accroissent en étendue aussi bien qu en épaisseur, parce que les couches internes, qui sont les plus récentes, débordent toujours lesanciennes.
« Lorsque cette substance dure, en raison de son peu de développemen , reste cachée dans l’épaisseur du manteau, on laisse encore aux animaux qui présentent ce caractère, le nom de mollusques nus ; mais e p us souvent elle acquiert assez d'étendue pour que l’animal puisse se contracter sous son abri. On lui donne alors le nom de coquilles (testa) et a 1 anima! celui de Testacé. h
« Le» variétés de formes, de couleur, de surface et d’éclat des coquilles sont infinies. La plupart sont de nature calcaire ; mais il y en a de simp ement cornées. Dans les deux cas, elles se composent toujours d’une mahere déposée par couches, ou transsudée par la peau sous l’épiderme, comme les ongles, les poils, les cornes, les écailles ou même les ( ents. Le tissu des coquilles digère selon que celte transsudation
se lai! par lames parallèles ou par filets verticaux serrés les uns contre les autres.
« Les mollusques offrent toutes sortes de mastication et de déglutition; leur estomac est tantôt simple, tantôt multiple, souvent muni d armures particulières ; leurs intestins sont diversement prolongés • ils ont toujours un foie considérable.
« Les mollusques présentent toutes les variétés de génération, lusieurs se fécondent eux-mémes ; d’autres, quoique hermaphrodites, ont besoin d’un accouplement réciproque; beaucoup ont les sexes sépales. Les uns sont vivipares, les autres ovipares. Les œufs de ceux-ci sont tantôt enveloppés d’une coquille, tantôt d’une simple viscosité. »
La toime générale des mollusques, étant assez proportionnée à la complication de leur organisation intérieure, peut servir de base à leur division naturelle en cinq classes (I), dont les caractères se trouvent exposés dans le tableau suivant.