‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou, Cours d'histoire naturelle professé à l'École de pharmacie de Paris (volume 2)Chapitre 14 sur 162 · ORDRE DES PACHYDERMES · texte numérisé non relu

ORDRE DES PACHYDERMES

Les édentés, qui terminent la série ordinaire des mammifères onguiculés, nous présentent des espèces dont les ongles enveloppent tellement l’extrémité des doigts, qu’ils se rapprochent jusqu’à un certain point des animaux à sabots. Cependant ils ont encore la faculté de ployer ces doigts autour des divers objels et de saisir avec plus ou moins de force. L’absence entière de cette faculté caractérise les animaux à sabots. Se servant de leurs pieds uniquement comme de soutiens, ils n’ont jamais de clavicules ; leurs avant-bi as restent toujours dans l’état de pronation, et ils sont réduits à paître les végétaux. Leurs formes comme leurs habitudes offrent beaucoup moins de variétés que celles des onguiculés, et l’on ne peut guère y établir que deux ordres, ceux qui ruminent ou les ruminants, et ceux qui ne ruminent pas, que nous désignerons en

LES MAMMIFÈRES

commun sous le nom de pachydermes (\). Ces derniers forment trois familles : les probo^cidiens ou pachydermes à trompe, les pachydermes ordinaires el les sol'pèdes.

Les proboscidiens ne comprennent que les seuls éléphants ; ils ont cinq doigts à tous les pieds, bien complets dans le squelette, ma s tellement encroûtés dans la peau calleuse qui entourele pied, que ces doigts n’apparaissent au dehors que par les ongles attachés sur le bord de ceLle eqtèce de sabot. Les dents mùchelières sont au nombre de quatre seulement, une de chaque côté des mâchoires; mais elles se renouvellent sept ou huit fois d’arrière en avant, à mesure qu’elles s’usent par la trituration ; de telle manière qu’aux époques de la crue des nouvelles dents, elles se trouvent doublées ou au nombre de huit. Toutes les autres dents manquent ; mais dans les os incisifs supérieurs sont implantées deux fortes défenses qui sortent de la bouche et peuvent prendre un accroissement considérable. La grandeur nécessaire aux alvéoles de ces défenses rend la mâchoire si haute et raccouicit tellement les os du nez que les narines se trouvent dans le squelette vers le haut de la face ; mais elles se prolongent dans l'animal vivant en une trompe cylindrique, flexible en tous sens, d’une force considérable, et terminée par un appendice en forme de doigt. Cette trompe donne à l’éléphant presque autant d’adresse que la main peut en donner au singe. Il s’en sert pour saisir tout ce qu’il veut porter à sa bouche et pour pomper sa boisson qu’il lance ensuite dans son gosier, suppléant ainsi ù un long cou qui n'aurait pu porter sa grosse tête et ses lourdes défenses.

Les éléphants sont les plus grands et les plus massifs des animaux terrestres aujourd’hui vivants. On en distingue deux espèces, celui des Indes et celui d'Afrique. Le premier a la tète oblongue, le front concave et les oreilles plus petites que l’autre. Les couronnes de ses dents mâchelières présentent des rubans transverses ondoyants, qui sont les coupes des lames qui les composent, usées par la trituration. L’éléphant d’Afrique a le front convexe, les oreilles très-grandes, la couronne des mâchelières dessinée en losanges. Les femelles ont des défenses presque aussi grandes que les mâles, et cette arme est en général plus volumineuse que dans l’espèce des Indes; on en voit qui ont plus de 2 mètres 1/2 de longueur et une grosseur proportionnée. La matière de ces défenses constitue l’ ivoire. Ces défenses sont recouvertes d’un épiderme grisâtre, mais à l’intérieur elies sont blanches, d’un tissu compacte disposé en réseau, et susceptibles de recevoir

(1) De rca/ùc, épais, et de Ssp^a, peau ; la plupart des animaux de cet ordre étant remarquables par l'épaisseur et la (lui été de leur peau.

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