LES POLYPES. — MADRÉPORES
sac gélatineux en forme de tube, et dont l’ouverture est garnis de tentacules filiformes d’une très-grande sensibilité. Le microscope ne fait apercevoir dans leur substance qu’un parenchyme transparent rempli de granules un peu plus opaques. Néanmoins ils nagent, ils rampent, ils marchent même, en fixant alternativement leurs deux extrémités comme les sangsues; ils agitent leurs tentacules qui sont quelquefois fort longs, et s’en servent pour saisir leur proie, qui se digère à vue d’œil dans la cavité de leur corps. Ce qu’il y a de plus surprenant, et ce qui montre bien l’homogénéité de toute leur substance, c’est qu’on peut retourner le tube qui les forme comme un doigt de gant, mettre en dehors la surface intérieure, et vice versa , sans nuire en rien à leur existence, la nouvelle surface intérieure faisant fonction d’estomac, tout aussi bien que la première. Mais la propriété la plus merveilleuse de ces animaux est celle de reproduire constamment et indéfiniment les parties qu’on leur
Fig. 1019. — Hyilres fixées à des lentilles d’eau douce (*).
enlève, en sorte qu’on peut les multiplier à volonté par la section. Leur multiplication naturelle se fait, soit par le moyen de bourgeons qui se montrent à la surface du tube et qui s’en détachent après avoir produit un individu semblable à la mère, soit par de petits corpuscules qui sortent de leur parenchyme à l’automne, se conservent au fond de l’eau pendant l’hiver et ne se développent qu’au printemps.
On trouve ces singuliers animaux dans les eaux dormantes, la plupart du temps fixés par la base de leur tube à la face inférieure des lentilles d’eau, et s’agitant la tête en bas dans l’eau.
(') a, lentilles; b, petits naissant.