‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou, Cours d'histoire naturelle professé à l'École de pharmacie de Paris (volume 2)Chapitre 143 sur 162 · LES ANIMAUX RAYONNÉS OU Z00PI1YTES · texte numérisé non relu

LES ANIMAUX RAYONNÉS OU Z00PI1YTES

du corail des idées que M. Yogel, de Munich, a rectifiées, en montrant que ce principe était l’oxyde rouge de fer, et non une substance organique, puisqu'il n’est pas décoloré par le chlore, qu’il est insoluble dans l’eau, l’alcool et l’éther; qu’il noircit par l’acide sulfhydrique et qu’il disparaît en se dissolvant dans les acides azotique, sulfurique et chlorhydrique, dans lesquels alors les réactifs indiquent, comme seul principe colorant possible, l’oxyde de fer (I). Suivant M. Yogel, le corail rouge est composé de :

Acide carbonique. 27,50

Chaux 50,50

Magnésie 3

Oxyde rouge de fer 1

Sulfate de chaux 0,50

Chlorure de sodium ..... traces.

Débris animaux 0,50

Eau 5

Le corail rouge n’est plus guère employé en pharmacie que comme dentifrice. La teinture et le sirop qu’on en préparait autrefois, après l’avoir fait dissoudre dans le suc de berbéris, ne sont plus usités.

On comprenait autrefois au nombre des drogues médicinales deux autres productions polypiaires nommées, l’une corail blanc, l’autre corail noir. La première est une oculine ( Oculina virginea, Lamk.), c’est-à-dire un polypier à animaux inconnus, contenus dans des loges slelliformes régulières, arrondies, plus ou moins saillantes et mamelonnées, éparses à la surface d’un polypier calcaire, solide, compacte, arborescent et fixé. Il est d’un blanc de lait. On le trouve dans la mer des Indes et dans la Méditerranée; il existe aussi à l’état fossile dans le terrain de Paris.

Le corail noir, ou antipathe, est un polypier branchu formé par une substance dure, élastique et cornée, disposée en couches concentriques distinctes. L’écorce molle a été détruite par la dessiccation, et les animaux qu’elle contenait sont inconnus. La souche est souvent entourée d’une incrustation calcaire grise, ù

(1) Ce qui pourrait faire douter de l’exactitude de cette conclusion, c’est la facilité avec laquelle le corail se décolore par certains agents réductifs, et reprend ensuite sa couleur au contact de l’air. Ainsi j’ai vu des boucles d’oreilles de corail, blanchies par l’application d’un cataplasme de farine de lin, reprendre leur couleur primitive après quelques jours d’exposition à l’air. On sait aussi qu’une forte transpiration fait perdre au corail une partie de sa couleur. Les corps gras et les huiles volatiles le décolorent également. Nul doute que l’oxyde de fer ne fasse une partie essentielle de la matière rouge du corail; mais il est possible qu’il ne la compose pas à lui tout seul.

structure radiée, que je crois appartenir au polypier, car les rameaux présentent quelquefois des concrétions semblables qui sont recouvertes par une couche de matière cornée, o

• -h JKpongos.

Les éponges sont des êtres placés au plus bas degré du règne animal, composant des masses plus ou moins considérables, de formes très-variables et irrégulières, de structure fibreuse et comme feutrée, et de consistance molle ; elles sont percées d’un grand nombre de conduits sinueux, de pores et d’orifices plus grands, nommés oscules. On n’y rencontre aucun polype ou animal rayonné distinct, ainsi qu’on en observe encore dans les alcyons ; mais seulement une sorte de mucilage animal qui enveloppe toutes les parties de leur tissu fibreux, et dont on les débarrasse par le lavage, avant de les livrer au commerce.

Cette description, ainsi conçue en termes généraux et telle que l’admettait Lamarck, peut encore renfermer des corps d’une organisation bien différente, ainsi que cela résulte principalement des observations de M. Grant (1). Les uns, ce sont les moins nombreux, je pense, sont formés d’une substance tendineuse percée de pores ou de conduits de forme irrégulièrement rayonnée, et soutenue par des faisceaux d’aiguilles simples ou tricuspidées auxquelles on donne le nom d ’acicules, et qui en forment comme le squelette. Ces acicules sont de nature calcaire ou siliceuse, suivant les espèces.

C’est dans ces spongiaires spécialement que l’on a observé la production des ovules tombant dans les conduits qui la traversent et rejetés au dehors, avec le courant d’eau. M. Flemming a imposé îi ces spongiaires les noms de calcéponycs ( Calcispongia ) et de huléponge» ( Halispongici ), suivant la nature calcaire ou siliceuse de leurs acicules. On trouve, parmi les calcéponges, les éponges comprimée, botryoïde et ciliée de différents auteurs ; et parmi les halépongCS, les éponges papillaire, paniforme, cendrée, arborescente, oculéc, dichotome, etc. Ces fausses éponges, desséchées, sont dures et cassantes ; celles qui sont calcaires font effervescence avec les acides ; celles qui sont siliceuses rayent le verre ; elles se gonflent peu par l’eau et y restent dures au loucher. Elles ne sont d’aucun usage dans la vie domestique.

Les autres spongiaires, qui sont les seuls auxquels on conserve aujourd’hui le nom d 'éponges, présentent un squelette cartilagineux, formé de fibres très-déliées, transparentes, flexibles, élas-

(1) Gr nnt, Annales des sciences naturelles, 1827, t. XI, p. 180.

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