PACHYDERMES. — COCHON
chaque côté des incisives on trouve, à chaque mâchoire, une uent canine; la supérieure est droite, assez courte; l’inférieure est beaucoup plus longue, cannelée, recourbée vers le haut et vient s’user en forme de biseau contre la canine qui lui est opposée. Ces dents ont quelquefois 30 centimètres de longueur; elles constituent une espèce d’ivoire fort dure et qui ne jaunit pas. On es tourne comme l’ivoire et on en fabrique des dents artificielles.
Les cochons ont à tous les pieds deux doigts mitoyens, grands et armes de torts sabots (ce qui leur donne le pied fourchu), et eux doigts latéraux beaucoup plus courts et ne touchant pas à terre ; leurs incisives sont en nombre variable, mais les inférieures sont toujours couchées en avant; les canines sont très-fortes, privées de racines, croissent pendant toute la vie et sortent de a bouche en se recourbant l’une et l’autre vers le haut; elles orment des défenses redoutables ; le museau est terminé par un
boutoir tronqué, propre à fouiller la terre; l’estomac est peu divise. 1
L espece piincipale pour nous est le sanglier, qui est la souche de nos cochons domestiques. 11 a six incisives à chaque mâchoire, les canines prismatiques, s’usant en un biseau tranchant par leur frottement réciproque, mais de telle manière que inferieure reste plus longue que la supérieure et constitue la principale défense de l’animal. Les mâchelières sont au nombre de sept de chaque côté des deux mâchoires. Il a le corps trapu les oreilles droites, la peau épaisse et dure, le poil grossier noir et hérissé. Il habite les forêts, où il se nourrit principalement de racines et de fruits; mais le manque de cette nourriture peut le rendre carnivore, et il attaque môme alors les animaux vivants, es \ieux sangliers vivent seuls, dans un fourré épais nommé
21°!' °Dt fabl‘ leur relraite- Les femelles, qui portent le nom de h, es, se réumssent avec leurs portées de deux à trois ans pour se defendre en commun.
Le cochon commun (I) diffère du sanglier par ses oreilles allonnoils !?HleS,rS défenSeS P'US faiblcs et Plus courfes, scs
I - plus faibles, plus rares et généralement d’un blanc sale : plusieurs races cependant ont gardé le poil noir du sanglier, et d’au-
Jeâ°el n!eS] C<3 d°S animaux ^marquables par leur malpropreté et par leur gloutonnerie qui leur fait accepter presque toute
St;e^rilU,C-°n leu, d0nne’ senties circonstances! Lofes OS f par e vcnl’ des S'cnds, des faînes, des chàlai-
foutes sorto’d hS| 'ea’.dU maïs’ de r°rSc- du «>" trempé, toutes sortes de débris d animaux, des résidus de cuisines, de
“ussi f0™; ta femelle se nomme truie, et le mâle non clrâné
CüiiiOLRT, Drogues, 6e édition.
LES MAMMIFERES.
sucreries, de brasseries, etc. En France, il n’y a guère de ménage de paysan qui n’engraisse un ou deux cochons chaque année pour les besoins de sa famille. A Paris, on mange plus de 80,000 cochons par an, tirés de la plupart des départements, sans compter la viande salée ou fumée, consommée sous un grand nombre de formes particulières. Cette viande est lourde, de difficile digestion et parfois infestée de vers, tels que les cysticerques et les trichines, qui, se développant dans le corps de l’homme, peuvent produire des étals morbides sérieux. Le poil du sanglier et du cochon est connu sous le nom de soies , et sert à la fabrication des brosses et des balais. Le plus estimé, en raison de sa force et de sa roideur, est le poil de Russie, dont on importe annuellement en France plus de 200 000 kilogrammes.
Le porc fournit deux espèces de graisse : l’une, qui est beaucoup moins ferme que l’autre, se nomme lard , et se trouve immédiatement sous la peau; l’autre, plus solide, nommée panne , est placée près des côtes, des intestins et des reins. C’est elle qui, fondue et purifiée, constitue la graisse de porc dite aussi axoage ou saindoux.
La graisse de porc est blanche, solide, grenue, d’une légère odeur qui lui est propre, et d’une saveur agréable; elle se fond dans les doigts, se solidifie à environ 27 degrés, lorsqu’elle a été fondue au feu; 100 parties d’alcool froid, à 93 centièmes, en dissolvent, d’après M. Boullay, 1,04; lO<) parties d’acool bouillant, 1,74; et 100 parties d’éther froid, 23 parties. Cette graisse est emplovée en pharmacie comme excipient des pommades, ou comme partie constituante des onguents et des emplâtres. 11 faut autant que possible la préparer soi-même ; et, lorsque, en raison de la grande consommation qu’on en fait, on est obligé de la prendre dans le commerce, il faut la choisir blanche, ayant le moins d’odeur possible, privée d’eau et non battue à l’air, moyen par lequel on lui procure de la blancheur, mais qui la rancit très-promptement.
La graisse de porc a été regardée anciennement comme un produit immédiat simple, de même que les autres corps gras végétaux ou animaux. M. Chevreul nous a appris le premier qu’elle était formée de deux et peut-être de trois substances grasses inégalement fusibles, nommées oléine , margarine et stéarine. La première est encore liquide à 0, et se convertit par la saponification en acide oléique et en glycérine ; la seconde fond à 38 degrés et forme de l’acide margarigue fusible à 60 degrés; la troisième fond à 62 degrés, et forme de l’acide stéarique fusible à 70 degrés.
(1) Voir pour plus de développements l’article Enfozoaircs.
pachydermes. — CHEVAL. 5l
erÎJ‘ ®™oonno|a également reconnu la nature complexe des corps
ment frinn^ °' ’^°U,r -G? ana^’ser' un moyen qui a généralement frappé par sa simplicité. Il consiste à soumettre le corps gras
coÛé e°t's o,rSSe’, enve,°PPé dc P'usiei"-S doubles de papier Ln colk et sous une température déterminée et d’autant plus basse
dans leC,nnierCTlTl P'"S d° 8''aiS5e ,l"ide : celle-ci s’imbibe
ms le papier, I autre reste en masse solide : on la fond avec un peu d essence de térébenthine bien rectifiée, et on l’exprime dc
la choeur T °" la débarrasse <le ''essence de térébenthine par ' a graisse fluide se retire du papier, soit par l’expressmn avec un peu d'eau, soit par l’alcool bouillant. 1
h,.i é “''ac“nno1 a,retiré- Par ee moyen, de la graisse de porc : qu,de ou oleine 62, graisse solide 38 : total 100
des ?,LI.1DES ne forment clu’un seul genre (celui
„p caractérisé surtout par la disposition insolite dc
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Ils portent six incisives à chaque mâchoire, et partout six molaires à couronne carrée, marquées par des lames d’émail
Fis.
SOI. — Pied de devant du cheval (*),
Fig. 802. — Tète de cheval mâle (**),
à h mâchoiVeé8UlT: LeS m41eS °nt d° p,us deux P01'11’8 cîmines (À sot, rTcn P 'eUre Ct <IUel<‘uefois aus deux mâchoires
J J- es canines manquent presque toujours aux femelles
Entre les canines et la première molaire se trouve un espace vide r a n gé e d' e "c ' o s ;C m ” o s d u^ ni é "a c a r pe ' où canons 7 °$ dü Car'ie = c”>
nommé stylet; p, première phalange^u doï-t dite’ na/Jfl .U".Sec0nd üs lfu métacarpe, d'te 7-'- * troisième phafa^ ££&££%£
( ) o, os occipital ; p, pariétal ; f, frontal; j, jugal • n nasal - mi mi h ■
05 !ntermaii*l>,’re Portant les incisives su/érîeîre.’ ; J
LES MAMMIFÈRES
répondant à l’angle des lèvres, où l’on place le mors an moyen duquel l’homme est parvenu à dompter ces vigoureux quadrupèdes. Leur estomac est simple et médiocre, mais les intestins sont très- longs, et leur cæcum est énorme. Les mamelles sont entre les cuisses (1).
Le cheval proprement dit ( Equus caballus , L.) est le plus beau et le mieux soigné de nos animaux domestiques. Il se distingue des autres espèces du genre par sa couleur uniforme et par sa queue garnie dans toute son étendue de longs poils très-solides nommés ci ins, et par la crinière longucet tombante qui lui i ecou\ î c aussi le cou, depuis le sommet de la tête jusqu’au garrot. Il paraît originaire des grandes plaines de l’Asie centrale ; mais, devenu le compagnon de l’homme à la guerre, dans les voyages et dans les travaux de l’agriculture, du commerce et des arts, il a été transporté dans tous les pays où la civilisation a pénétré, et l’espèce tout entière a subi l’influence de la domesticité. Dans les vastes steppes de la Tartarie, berceau de leur race, on trouve encore des chevaux sauvages, mais altérés probablement par leur mélange continuel avec des individus échappés à la domesticité. Dans toute l’Amérique, où il n existait aucun cheval avant 1 arrivée des Espagnols, on trouve aujourd’hui des troupes immenses de chevaux sauvages que l’on chasse au lasso , et qui redeviennent domestiques avec une grande facilité (2).
La chair du cheval, lorsqu’il est jeune et bien nourri, est saine, de fort bon goût et très-nourrissante. L’usage de la viande de cheval touche à l’un des problèmes les plus importants de notre époque, l’alimentation des classes pauvres. Cette question, giâce aux effoits d'un assez grand nombre d’expérimentateurs, de M. Déliât (3), qui a avancé que le bouillon qu’on prépare avec elle est au moins aussi bon que celui qu on prépare a\ec le bœuf, d’isid. Geoffroy-Saint- Hilaire qui l’a préconisée dans divers travaux (4), a fait un pas immense. Il est dès lors nécessaire de fixer les idées à cet égard. J'insisterai donc sur les essais qui ont été tentés, et, pour cela, j’emprunterai à Camille Delvai lie des détails qu’il a lui-même puisés dans les leçons d’Isidore Geoffroy- Saint- Hilaire.
Un fait incontestable et douloureux, c’est qu il y a des millions de Français qui mangent ü peine de la viande. Le Play a établi que :
(1) Voyez Chauveau et Arloing, Traité d'anatomie comparée des animaux domestiques. 2* édition. Paris, 1870.
[2, Voyez Brehni, La vie des animaux illustrée. Paris, 1870.
f}' Bell a t , Comptes rendus de l'Accad. des sciences. Séance du 19 avril 1858.
(4) Voyez on particulier: Isid. Geoffroy -St- Hilaire, Emploi alimentaire de la viande de cheval, etc. Paris, 1856.