‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou, Cours d'histoire naturelle professé à l'École de pharmacie de Paris (volume 2)Chapitre 24 sur 162 · RUMINANTS. — MUSC · texte numérisé non relu

RUMINANTS. — MUSC

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doublées à 1 intérieur par une autre boîte en feuilles de plomb exactement soudées. Sur les boites qui renferment le musc de piemièic Qualité, on lit ces mots! hngehong ntus/c, et sur le couvercle de la boîte de plomb on voit un dessin grossier représentant une chasseau musedans laquelle des chasseurs tirent l’animal, tandis qu’un autre est occupé couper la poche à ceux qui sont abattus. Mais, ce qu’il y a de singulier, c’est que, par tradition sans doute, 1 animal ainsi chassé est une civette, reconnaissable à ses cinq doigts à tous les pieds, à sa longue queue hérissée, enfin à sa forme générale, et qu’on y a seulement ajouté sous le \entie un petit cercle figurant la poche au musc; ce qui montre au moins que 1 auteur primitif de cette gravure supposait que le musc était produit par une espèce de civette. On trouve dans la boîte environ vingt-cinq poches dont chacune est enveloppée dans un papier fin portant cette inscription rouge, en anglais : Musc collected in Nankin bij Tung-t-hin-chung-chung-Kee ; au-dessus de l’étiquette se trouve un médaillon qui représente une divinité chinoise ayant à ses pieds une civette et portant une banderole qui indique qu’on vend dans ce magasin le musc le plus précieux. Enfin les poches mêmes portent sur leur surface plane et nue une inscription chinoise en encre rouge, mais illisible (I).

Lespoches de musc de Chine sont arrondies ou quelque peu ovales, larges de 5 G centimètres, généralement peu épaisses et aplaties (fi g. 806); les poils qui les recouvrent se dirigent de tous es points de, la circonférence vers l'ouverture au musc, qui est toujours située entre le centre et le bord antérieur de la poche, es podsse dirigent vers l’ouverture, non directement, mais en s arrondissant en forme de tourbillon ; ils sont généralement grisâtres, courts (2), grossiers et cassants à la circonférence, et

*ig. 806. — Musc de Chine.

imni cinep116» pei)s[)nnes Pensent Hue cos inscriptions et dessins ne sont d’aucune importance, et qu’ils sont fabriqués en Angleterre. Cela pourrait être mais h!

n’ont* g u ère afl^re^n n’à * d PU ^ bi°n être faites en Chine’ où ^ Chinois ont guere allaire qu A des commerçants anglais. Il est certain d’ailleurs nue le

musc de Chine qui présente ces marques extérieures est de la meilleure qunhté et que celui qui en est dépourvu, quoique renfermé dans des boites de même forme et de môme volume, est moins estimé.

(2) Parce qu’ils ont été coupés.

Guibourt, Drogues, 6* édition.

fi6 les mammifères.

prennent plus de finesse, plus de longueur, et une couleur fauve brunâtre en s’approchant de l’ouverture au musc, où ils forment une sorte de pinceau brunâtre. Aux endroits où les poils sont détachés de la peau, celle-ci paraît d’un brun foncé. Le côté de la bourse qui touchait au ventre est formé par une peau sèche, brunâtre, unie, peu épaisse et sans ouverture. Ce musc, étant d un prix très-élevé, n’est jamais desséché qu’en partie, et les commerçants ont soin de le renfermer dans des vases exactement fermés, afin qu’il ne perde rien du poids qu’il avait lorsqu’ils l’ont acheté. Il conserve donc à l’intérieur la consistance d’une pâte grumeleuse, et il éprouve une fermentation ammoniacale, qui exalte considérablement son odeur et la rend fort difficile à supporter. Celte odeur, cependant, n’offre rien de l’odeur fécale de la civette.

IL Musc tonquiu. Ce musc arrive par la voie de Canton. Tel que je l’ai vu chez M. Charles Garnier, négociant à Paris, il est en poches moins larges, plus épaisses et plus également bombées sur les deux faces que ne l’est communément le musc de Nankin ; enfin il présente une forme lenticulaire arrondie presque régulière. Il est couvert d’un poil très-court et blanchâtre, et toute sa surface est comme couverte d’une fine efflorescence blanche. Il est plus sec que le musc de Nankin, non ammoniacal, mais il me paraît doué d’une puissance odoriférante plus faible ; peutêtre tous ces caractères tiennent-ils à ce que ce musc étant plus sec, n’a pas fermenté et n’a pas imprégné ses enveloppes de son suc brunâtre intérieur. Il serait donc en réalité plus naturel que le musc de Nankin; mais est-ce un avantage, s’il est moins odoriférant ?

M. Garnier m’a montré un autre musc d’une forme très-remarquable, mais que je regarde comme une simple variété du précédent. 11 est en petites poches presque rondes en tous sens, et de 35 millimètres de diamètre. Il est recouvert d’un poil très-ras, et présente partout une teinte blanchâtre uniforme. Il est généralement percé d’un trou rond assez considérable, formé par l’agrandissement de l’ouverture naturelle de la poche, et obstrué avec un petit bouchon de papier gris tortillé.

III. Musc «l’Assam. Assam est un royaume d’Asie assez étendu, situé au nord du Bengale, et dont les Anglais ne se sont pas encore emparés, sans doute par la raison qu’il y a temps pour tout. 11 nourrit dans les montagnes une grande quantité de portemusc, dont les poches arrivent par la voie du Bengale, contenues au nombre de deux cents environ dans un sac de peau, lequel est lui-même renfermé dans une caisse de bois ou de fer-blanc. Ce musc présente les formes les plus variées et les plus irrégu-

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