‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou, Cours d'histoire naturelle professé à l'École de pharmacie de Paris (volume 2)Chapitre 29 sur 162 · RUMINANTS. — DAIM, CERF · texte numérisé non relu

RUMINANTS. — DAIM, CERF

ljOte de somme et de trait, et qui trouvent dans son lait et dans sa chair une nourriture substantielle, et dans sa peau un vêlement chaud et solide. La nourriture des rennes consiste principalement en une espèce de lichen nommé à cause de cela Lichen r cmgi férus, L. (Cenomyce rangiferina, Ach.), qui est presque la seule production végétale qui se développe pendant le Ion" hiver des régions polaires.

Le daim (Cervusdama, C.) habite l’Europe tempérée et méridionale, une grande partie de l’Asie et se trouve aussi en Abyssinie. 11 présente, chez le mâle seulement, des bois divergents, à base ronde avec un andouiller pointu, aplatis et dentelés en dehors dans le reste de leur longueur (fig. 814). C’est le platyctros de Pline, et non son dama, qui appartient aux antilopes. Il n’a pas de dents canines, mais il est pourvu d’un mufle comme le cerf.

Le daim est un peu plus petit que le cerf; il est en été d’un brun fauve tacheté de blanc, et en hiver d’un brun foncé uni-

forme. Cependant les fesses sont blanches en tout temps, avec une raie noire de chaque côté, et le ventre et l’intérieur des cuisses sont blanchâtres. La queue est plus longue que celle du ceif, noire en dessus, blanche en dessous. Les mœurs du daim sont analogues à celles du cerf. On en connaît une variété d’un brun noirâtre presque uniforme.

Le cerf commun (Cervus elaphus , L.) habile les forêts de toute 1 Europe et de l’Asie tempérée, jusqu’au Japon. Le mâle est pourui de dents canines à la mâchoire supérieure, et de bois îonds et ramifiés. Le mâle et la femelle adultes ont en été le

LES MAMMIFERES.

dos, les flancs cl le dehors des cuisses d’un fauve brun, avec une ligne noirâtre régnant tout le long de l’épine, et garnie de chaque côte de petites taches fauve pâle. En hiver, ces parties sont d’un gris brun uniforme. La croupe et la queue sont, en tout temps, d’un fauve beaucoup plus pâle. Le petit, âgé de moins de six mois, nommé faon , a tout le corps parsemé de petites taches blanches. A six mois environ, deux bosses commencent à se montrer sur le front du mâle; mais ce n’est que pendant la seconde année que les bois se développent, sous la forme de tiges simples qui portent le nom de dagues. L’année suivante les branches ou andouillers se forment sur la face antérieure de la tige principale, nommée perche ou merraia ; enfin, pendant la quatrième année, les bois se couronnent d’une empaumure un peu élargie, divisée en plusieurs pointes ( fig . 815).

La chasse du cerf a fait de tout temps l’exercice des guerriers et l’amusement des hommes puissants. Sa chair est peu estimée, mais sa peau est recherchée pour la chamoiserie : ses bois constituent une sorte d’ivoire commun dont la coutellerie fait un assez grand usage.

Ces bois, principalement composés, comme les os, de phosphate de chaux, de carbonate de chaux et de gélatine, mais sans graisse, sont aussi usité» en pharmacie sous le nom de corne de cerf. On les râpe et on les fait bouillir dans l’eau pour en faire des gelées, ou bien on les calcine au blanc, on les porphyrisc ensuite, et l’on en forme des trocliisques. On emploie également l’huile empyreumatique et l’esprit ammoniacal qui proviennent de leur décomposition dans une cornue.

Le commerce nous offre la corne de cerf sous deux formes :

1 0 sous celle de cornichons , qui sont les extrémités des andouillers ; on les destine â la calcination ; 2° râpée : celle-ci est sujette à être falsifiée avec des os de bœuf. Cette substitution est même tellement reçue, qu’on distingue deux sortes de corne de cerf râpée: la grise , qui est la véritable, et la blanche , qui n’est formée que d’os râpés. A moins donc que d’insister pour avoir de la corne de cerf grise, on vous donnera des os râpés avec autant d’assurance et de repos de conscience qu’on vous livrera une autre fois du sulfate de soude sur une demande de sel d’Epsom, par la raison qu’à force de substituer le premier au second, on a fini par lui donner le nom absurde de sel d' Epson de Lorraine, et qu’il est devenu par là, aux yeux de bien des gens, une espèce de sel d’Epsom.

On employait autrefois la graisse et la moelle de cerf : on pourrait le faire encore, si l’on était certain de les avoir pures et en bon état; faute de cette assurance, il n’y a pas d’inconvé-

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