‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou, Cours d'histoire naturelle professé à l'École de pharmacie de Paris (volume 2)Chapitre 30 sur 162 · RUMINANTS. — GIRAFE · texte numérisé non relu

RUMINANTS. — GIRAFE

nient h les remplacer par de la graisse et de la moelle de bœuf.

On employait également ce qu’on nommait l’os de cœur de cerf, qui n’est autre chose que la crosse de l’aorte endurcie et presque ossifiée dans les vieux cerfs; elle est tout h fait oubliée.

Le cerf du Canada n’est probablement qu’une variété de notre cerf commun; il est d’un quart plus grand, et ses bois, qui sont très-développés, n’oil'rent pas d’empaumure élargie à l’extrémité. Le cevf de la Louisiane est au contraire plus petit que le nôtre; il a les bois plus courts et courbés en arc de cercle en dedans et en avant. L’Inde possède aussi plusieurs espèces de cerf dont une très-élégante, nommée axi», ressemble beaucoup au daim par sa taille, sa livrée de taches blanches répandues sur tout le corps, et la longueur de sa queue; d’un autre côté, l’axis se rapproche du cerf par ses bois ronds, mais il s’en distingue parce qu’il ne porte jamais qu’un andouiller à la base de la perche et un second vers l’extrémité. Ces bois se trouvent dans le commerce et peuvent être employés comme ceux du cerf.

Le chevreuil est le plus petit des cerfs d’Europe. Ses bois, peu développés, s’élèvent perpendiculairement sur la tète, sont ronds et ne portent qu’un andouiller trèscourt aux extrémités (/ 1g . 816). Il est ordinairement d’un brun roux.

La girafe ( Cameloparclalis g ira fa , L.) constitue ù elle seule une des divisions de la famille des ruminants, caractérisée par deux petites cornes coniques, persistantes et toujours recouvertes par une peau velue.

Leur noyau osseux est d’abord articulé par une suture sur l’os frontal; mais il finit par s’y souder. Au milieu du chanfrein est un tubercule que l’on doit considérer comme une troisième corne, plus large et beaucoup plus courte que les deux autres. Cet animal est d’ailleurs un des plus remarquables qui existent, par la hauteur disproportionnée de ses jambes de devant et la longueur de son cou, qui élèvent sa petite tète à environ 6 mètres du sol. Son pelade est ras, lisse et de couleur grise, tout parsemé de taches anguleuses fauves. Il porte sur le cou une petite crinière grise ou lauve. Il habite les déserts de l’Afrique, où il se nourrit de feuilles d’arbres. Il est d’un naturel fort doux et vit par petites troupes de cinq ou six individus. H fuit avec une grande vitesse de\ant le danger, mais se défend par des ruades vigoureuses si la fuite lui est impossible.

l'ig. 816. — Tète de chevreuil.

LES MAMMIFÈRES

Les RUMINANTS A CORNES CREUSES NON CADUQUES SOIlt très-nom-

breux et renferment ceux dont l’homme civilisé fait sa principale nourriture. Leurs cornes sont principalement composées d’une gaine élastique, formée de poils agglutinés, de même que le sabot de leurs pieds, et constituant la substance qui porte spécialement aussi le nom de corne. Ces cornes se développent sur deux protubérances de l’os frontal, et la principale différence d’organisation observée dans cette famille dépend de la structure de ces protubérances qui, dans le genre antilope , sont solides et sans cavités apparentes, tandis que, dans les genres ou sous-genres chèvre , mouton et bœuf , ces protubérances ou chevilles osseuses présentent des cavités qui communiquent avec les sinus frontaux.

Les antilopes ressemblent pour la plupart aux cerfs, par l’élégance de leur taille et la vitesse de leur course. On connaît un grand nombre d’espèces répandues par toute l’Afrique et dans une grande partie de l’Asie, où elles servent de pâture au lion, à la panthère, au tigre et aux autres forts carnassiers. Les principales espèces sont :

La gazelle commune d’Afrique ( Antilope dorCÜS, L.) (I). Elle a la forme élégante du chevreuil, et la douceur de son regard fournit une comparaison sans cesse renaissante à la poésie galante des Arabes. Elle a les cornes rondes, grosses, noires, annelées, pointues et à double courbure. La Corinne , le kevel et Yahu de Kæmpfer en diffèrent très-peu.

Le saïga ( Antilope saïga, Pall., colas de Strabon), habite la Sibérie méridionale, la Russie, la Pologne, la Hongrie, la Moldavie et la Yalachie. Il est grand comme un daim et a les cornes de la gazelle, mais jaunâtres et transparentes. Son museau cartilagineux, gros et bombé, le force à brouter en rétrogradant, comme l’élan. Il se réunit quelquefois en troupes de plus de dix mille.

L’antilope des Indes {Ant. cervicapra , Pall.) (2). Elle est très-semblable à la gazelle, mais grande comme un daim et pourvue de cornes rougeâtres, à 3 ou 4 courbures. La femelle n’en porte pas.

Le bubale des anciens {Ant. bubalis , L.) (3). Il est commun en Barbarie. Il est de la taille d’un cerf, mais il a les proportions plus lourdes, la tête plus longue et plus grosse, le pelage fauve, excepté le bout de la queue, qui est terminé par un amas de poils noirs. Ses cornes sont annelées, à double courbure dirigée en sens contraire des précédentes, avec la pointe

(1) Buff., t. XII, pl. XXIII.

(2) Buff., Suppl., t. VI, pl. XVIII et XIX.

(3) Buff., Suppl., t. VI, pl. XIV.

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