RUMINANTS. — GNOU
brusquement tournée en arrière. Le caamà, ou cerf du Cap des Hollandais, en diffère peu.
L antilope à longues cornes droites (1). Cet animal habite
1 Afrique, au nord du Cap de Bonne-Espérance. Il est grand comme un ceif. Ses cornes sont noires, grêles, presque droites, longues de 60 à 100 centimètres, annelées en spirales interrompues dans leur moitié inférieure, presque unies dans l’autre moitié, et très-aiguës à la pointe. Ce doit être une arme fort dangereuse. La femelle en porte de semblables, mais plus petites. Le même animal ou une espèce très- voisine, décrite par Pallas sous le nom d’ antilope oryx, se trouve au Thibet. C’est lui qui, ayant perdu accidentellement une de ses cornes, a été décrit par les anciens naturalistes sous le nom de licorne.
L’antilope à longues cornes courbes, OU l’algazel ( Antilope
gazella,h.,Ant. leucoryx, Lichtenst.). Cette espèce habile l’Afrique septentrionale, depuis la Nubie jusqu’au Sénégal. Scs cornes ne diffèrent de celles de la précédente que parce qu’elles sont courbées en un arc de cercle tel que, pour une corde de 73 centimètres, la distance de la corde au milieu de l’arc est de 12 centimètres (2). Cet animal est probablement Y oryx des anciens.
Le couiious [Antilope strepsiceros, Pall.). Ce bel animal se trouve représenté par Buffon. (3). Il est grand comme un cerf, d’un gris brun rayé de blanc, et le mâle seul porte une paire de cernes longues de 1 mètre, lisses, (4) h triple courbure, avec une seule arête longitudinale légèrement spirale. Il a une petite barbe sous le menton et une crinière le long de l’épine. Il vit isolé au nord du cap de Bonne-Espérance.
Le nyigau ( Ant . pie ta, Gmel.) (o). Grand comme un cerf et plus; des cornes très-courtes, unies, coniques, courbées en avant; un bouquet de barbe sous le milieu du cou; doubles anneaux noiis et blancs fort tranches aux quatre pieds, immédiatement au-dessus des sabots. La femelle n’a pas de cornes. Il habite les Indes.
Le gnou {Antilope gnu, Gmel.) (6). Animal fort singulier, vivant dans les montagnes, au nord du Cap. Il a le corps et là croupe d un petit cheval, avec une queue garnie de longs poils blancs, une crinière redressée sur le cou, une autre crinière sous
(I) Buff., Suppl., t. VI, pl. XVII.
. Une autre corn° d’algazcl, dont la corde a 8S centimètres, présente 15 centimètres de perpendiculaire au milieu; une corne d’oryx du Cap, dort la corne a 99 centimètres, ne présente que 6<=,7 de perpendiculaire
(3) Buff, Suppt., t. VI, pl. XIII.
(4) Buff., Hist. nat., t. XII, pl. XXXIX.
(5) Buff., Suppl., t. VI, pl. X et XI.
(G) Buff., Suppl., t. VI, pl. VIII et IX.
LES MAMMIFERES.
la gorge et sous le fanon, un cercle de cils blancs autour des yeux et une garniture de longs poils tout autour du museau. Les deux sexes ont des cornes dirigées d’abord en avant, puis brusquement recourbées vers le haut.
Le chamois ( Antilope rvpicapra , L.) (I). C’est le seul ruminant propre à l’Europe que l’on puisse assimiler aux antilopes;
car le saïga, qui en habite les parties orientales, paraît y être venu de la Sibérie. Le chamois est de la taille d’une grande chèvre; il a le pelage brun foncé, avec une bande noire descendant de l’œil vers le museau. Scs cornes sont droites avec une pointe subitement recourbée en arrière comme un hameçon {fi g. 817). 11 habite les Alpes et les Pyrénées, où il porte le nom d 'isard. 11 court avec la plus grande facilité sur les pentes les plus escarpées, et franchit les précipices en bondissant de rocher en rocher. Aussi sa chasse est-elle très-pénible et souvent dangereuse. Sa chair passe pour être bonne à manger, tandis qu’elle serait malsaine, suivant d’autres. Il fournit un suif de bonne débourrée, parée et foulée à l’huile, dans l’art du chamoiseur, présente quelques qualités pat ticuliôi es et une grande souplesse. Elle est surtout propre à passer le mercure que l’on veut débarrasser de ses impuretés, ou séparer des amalgames produits dans l’exploitation des métaux précieux.
° Les chèvres et les moutons constituent non-seulement un seul genre, mais sont formés d’espèces tellement voisines, que celles-ci peuvent toutes produire ensemble des métis féconds, ce qui, joint à l’état de domesticité où la plupart ont été réduites, en multiplie beaucoup les variétés et rend la filiation des races difficile à établir. Quatre espèces primitives et sauvages, particulières à certaines contrées, paraissent cependant avoir produit toutes les races de chèvres et de moutons. L’est, pour les chèvres, Yœgagre et le bouquetin, et, pour les moutons, 1 ’argali et le mouflon.
Les chèvres ont pour caractères particuliers : des cornes comprimées, dirigées en haut et en arrière, ridées transversalement; le chanfrein droit ou concave (-2); le menton généralement garni d’une longue barbe.
L’mgagre ( Capra œgagrus , Gtn.), paraît être la souche de nos chèvres domestiques, dont il offre la taille et les allures , mais
(I) Buff , t. XII, pl. XVI.
(•/) Le chanfrein est le devant de la tête, depuis les yeux jusqu aux naseaux.
Fig. 817.
Tète de chamois.
alité, et sa peau
RUMINANTS- — CHÈVRE DOMESTIQUE. si
il est d’un gris ronssâtrè en dessus, avec une ligne dorsale noire et la queue noire. La tête est pareillement noire en avant et rousse sur les côtés. La gorge et la barbe sont brunes Le mâle, ou le bouc, a les cornes très-grandes et fortement arquées en arriéré, sans retour sur tes côtés. Elles sont tranchantes nar levant, arrondies sur leur face postérieure, avec “noa!n tiansversaux très-marqués. La femelle a des cornes très-nelites
cLTdfl'A01 a.n,mal hal,ite par troupes les montagnes du Caucase, de 1 Arménie, de la Perse et du Thibet. Les Persans le
rsrr; et aur,',,ent je *“■*» p~p>««s à ««e :z .
ous e 1 ZT , SCS, ilUCSlinS; je la décrirai Plu* loin soub le nom de oezourd oriental.
me°nUtelsurTePmreU',‘nCS °°L IC"Sé 1UC ** trouvait égale-
? : sur lte ranntagues d Europe, et l'on voit souvent, en effet
a a tete des troupeaux de chèvres qui paissent sur les Alpes cl
nir V | 111 ' q"0q'103 individus d’une espèce plus grande qui
Otrren les caractères de l’ægagre; mais il y a lieu de croire’ ni," ont des métis nos du bouquetin et de la chèvre
lSutLTnlrCdPr','S'i'',;0(fa/"'a L’)> bien rePfésentée par
«"'ton (1), vli '1ère ,1e l’ægagre par ses cornes qui, après s’étre
edevées en se courban t en arrière, comme dans l’ægagre se recour à ngureCr0n,a'emCnt Cn <lc,,0rs et ™ P"t avantf de ma“è,e diefsur chau,TfnCem°nt <iC Spi''ale 818>’ Elles 3°"t arrondie bord ami S'"',C b3rd Postérie,'r extérieur;
boni anterieur est tranchant, inégal et quelquefois tube,-
(I) Buffon, t. V, pi. VIII et JX.
Glibourt, Drogues, 6* édition
82 LES MAMMIFÈRES
cul eux d’espace en espace. La surface de ces cornes est marquée sur presque toute leur longueur d'annelures transversales, ondoyantes et très-rapprochées. La femelle, ou la chèvre piopiemen dite, a souvent des cornes comme le bouc, mais elle les a moins fortes et moins grandes, et elle peut en manquer complètement (fia. 810). Les couleurs les plus ordinaires du bouc et de acnrc sont le blanc et le noir, et il y en a de blancs et de noirs en entier ; mais le plus grand nombre sont en partie noirs et blancs. Le po. est dur et de longueur inégale sur les différentes parties du corps. Ces animaux, malgré leur état de domesticité, ont conserve les allures de l’état sauvage; ils sont vifs, alertes, capricieux, vagabonds, et aiment à grimper sur les endroits élèves. Ils ne prospèrent pas dans les pays de plaine et recherchent les pâturages secs et montueux; ils éboui geonnent aussi les arbres et leui causent un grand préjudice. La chèvre, lorsqu’elle est bien nourrie donne beaucoup de lait proportionnellement à sa grosseur. Ce’liquide a un gcût particulier et ne produit qu’un beurre d une qualité médiocre; maison l’emploie avec avantage à la fabrication des fromages. On ne mange guère que la chair du chevreau; la peau de chèvre sert à faire du maroquin et du parchemin. Les outres dont on se sert dans les pays chauds pour contenu de l’eau, du vin et de l’huile, se font ordinairement en peau de
La domesticité et le croisement des races ont apporte de grands changements chez ces animaux. La chèvre commune a conserve les oT cilles droites et mobiles; mais la chèvre mambnne ou de Syrie les a très-allongées et pendantes, avec les cornes tres-eou. tes et le poil fauve et court. La chèvre d’ Angora a les oiei es pendantes également; mais le mâle a les cornes tres-grandes et contournées en spirales cylindriques (en tire-bourre) quis ccai en horizontalement de la tête, et la femelle lésa plus courtes, red lûtes à former un seul cercle ou lourde spire, qui vient se terminer en avant, tout auprès de l’œil (1). Mais ce qui donne du prix H celle variété, c’est son poil très-long, très-fin, ondoyant et lustre comme la soie, et dont on fait de très-belles étoffés. Les chèvres du Tliibet, dites de Cachemire , et celles du pays des Ivirg bis, qui ont été introduites en France en 1810, par les soins de M. Amedee jaubert, sont encore plus précieuses sous ce rapport, line parait pas, malheureusement, que ces chèvres se soient rcpanuucs en France, ni qu’elles aient exercé une influence avantageuse sur
"'Le rnUcufou bouc-estain [Copra Ibex , L.) (->), habite les
RUMINANTS. — ARGALI DE SIBÉRIE, sommais les plus escarpés des Alpes. Il eslde la (aille d'un fcouc ..... c°o,ert dun poil gris fauve sur le dessus du corps, “ !,m' e nTre sur tüu,e •’épiue du dos, jusqu'au bout de la , ' ’ T'ms, <la corPs cst d’™ Wanc sale. Le mile se distingue
en a ' aîfn ei"' descscon’escoml>'Uce à la sienne propre. Bullbn on lait figurer une paire ayant 89 centimètres de «mi-
mais celles qui existent à l'École de Pharmacie n'ont que 12 cm’ m.c'tres pris suivant la courbure de l’arête interne de la face
K ■ère'énàT lreS Tr 'a l0ni5,lcur dc la cordc- Elles ne sont s îaieessui le front que de l’épaisseur d’un doi"t; mais
. !®* secartent ^sensiblement, en se recourbant en arrière et
lu re de ro‘ ™0R’ "e manière 4 ollWr 4 ''o*1' ômité une ouverniées hi 9 ;,0- 1 ? °,'U 25‘’3 de tour 4 la ljase- Elles sont compri-
fa -e an è CmC '■ e” «l"’cn a™>‘. et présentent une
lace anterieure rectangulaire, dont l'angle interne est bien marque par une arête saillante, et l'angle externe arrondi. Elles présentent des plis circulaires très-nombreux et Irès-rapprochés qui, de distance en distance, prennent un plus grand développement et lorment des saillies transversales, et, plus liant, des , . , très-proeminents. On compte ainsi 10 fortes saillies
t.ansversa les tuberculeuses. La face postérieure des cornes est puis étroite que l'antérieure, beaucoup plus unie, arrondie des • îitondfe i “mincissant par former une seule arête
grammes. “ CWne’ pèsent eDsomble pl<* de 3 kilo-
„,!t'|0"?"-li” deCrèle’ observé par Delon, dilfere très peu du P e ruent, ainsi que le bouquetin du Caucase, dont les cornes sont cependant plutôt triangulaires que carrées, obtuses par-
devant, mais du reste semblables. ’ P'"
Le sang du bouquetin desséché était autrefois usité en médecine comme antipleuretique. On le trouve encore, dans le commerce enfeime dans de pentes vessies qui ont la forme d'un sau-
emplôvé C n°'r’ "Sant’ C''ISSam el sans saveur- Il n'est plus
,,,hZ °nt; lc chanrrein tombe, les cornes arrondies
e,s ttannelées, le menton non barbu. On les croit tous des’
Tcone dGUX raCGS Pdmitives’ Var°ali * Sibérie et le mouflon
m A,T0K' L’; 1>aIL)(l)' p0rle rllG2 le an-des anhiiê? r conles 4 b"se triangulaire , arrondies aux
et en dehors de m aT?n\sîr,ees en travcrs. courbées eu arrière tu dehors, dc manière à former un tour dc spire presque coin-
(lj l’allas, Spicileyin , XI, 1.
LES MAMMIFÈRES
plot, cl à venir se terminer pi ès de l’œil. La femelle les a comprimées et en forme de faux. Le poil d’été est ras et gris fauve; celui d’hiver est épais, dur, gris roussâtre. Cet animal habite les montagnes de toute l’Asie; il est grand comme un daim, et se rapproche plus par ses allures et son agilité du bouquetin que du mouton domestique.
Le «: o u üon «le Corse (■ Ovis Musimon , Pall.) était nommé par les Latins musmon ou musimon: les Fardes l’ont appelé ma floue, et c’est de l’une ou l’autre de ces appellations qu’est dérivé son nom actuel. Sa taille est un peu plus grande et plus élancée que celle de nos montons domestiques. Sa toison de laine est courte et grisâtre, et disparaît sous un poil plus long, analogue à celui de la chèvre, fauve ou noirâtre; il a la queue courte, une crinière sous le cou, des cornes très-grosses et arrondies qui se recout bent en demi-cercle et n’atteignent pas le garrot (le haut de l’épaule). La femelle n’a des cornes que rarement, et foi t petites.
Le mouton «lomestique (l)(éL isAries , L., fi(J. 820), au lieu d avon les formes sveltes et gracieuses et 1 agilité des races sauvages, est
lourd , indolent et presque dénué d’intelligence. Il présente un trèsgrand nombre de variétés qui different par leur taille grande ou petite, par leurs cornes plus ou moins grandes, manquant chez la femelle ou dans les deux sexes; par leur laine commune ou line, etc. Les variétés les plus recherchées pour leur toison sont celle du mérinos d'Espagne, àlaine
Tig. 820. — Tète de mouton.
fine et crépue et à grandes cornes spirales chez le mâle, et celle d’Angleterre à laine fine et longue. Les moutons des Indes et de Guinée sont privés de cornes et ont la queue longue, les jambes élevées, le chanfrein très-convexe, les oreilles pendantes, le poil ras. La race de Perse et de Tarlarie a la queue entièrement transformée en un double globe de suif. Celle de Sjiie et du Barbarie a la queue semblable, mais plus longue et quelquefois d’un poids si considérable, qu on est oblige d atteler 1 animal a
fl) Le mouton est plus particulièrement le mâle châtré : mais comme c’est lui qui forme la plus grande partie des troupeaux, il a donné son nom à l’espèce ; de même que la chèvre , composant la presque totalité des troupeaux de chèvres, a donné également son nom à l’espèce. Le mouton au-dessous d'un an porte le n< m d'agneau; d’un an â deux, on le nomme untenois ; le mâle adulte se nomme bélier et la femelle brebis.
RUMINANTS. — BŒUF COMMUN. So
une biouclte destinée à. la supporter. Dans toutes deux, les oreilles sont pendantes, les cornes grosses aux béliers et la laine mêlée de poils.
Le moulon est piécieux par sa chair, son suif, son lait, sa laine (ficj. 821) et son fumier. Les troupeaux qui en sont formés, étant bien employés, portent la fertilité partout. Sa peau, dépouillée de sa laine, a aussi d’importants usages. C’est avec elle que l’on piépare, suivant le procédé de fabrication, la basane qui couvre les livres reliés et les chaussures légères ; la peau blanche qui sert
l 'Lu' ; 7„ .f delailie.f>rossimill° Ws, présentant des fibres rondes, opalines, formées de
uflter renL'Inr655 CorueU est «tries obliques et par
° (E. Pauk.es.)
b la confection des gants et à la doublure des souliers ; \c parchemin,\q vélin et les peaux ch.tmoisées et maroquinées, substituées souvent au chamois et au vrai maroquin.
Les bœuf* sont de grands animaux à mufle large, à taille trapue, ù jambes robustes, dont les cornes sont dirigées de côté et reviennent ensuite, sous forme de croissants, en haut, en avant ou en arrière, suivant les variétés.
Le bœuf commun ( I ) {B os Taurus, L.) paraît avoir été naturellement répandu autrefois dans toutes les parties tempérées de l’ancien conlin rnt, mais il n’y existe plus aujourd'hui à l’état sauvage. Les anciens l’ont cepen huit connu à cet état et l’on décrit sous e nom d l rus. Il a le front plat, plus haut que large, et les cornes rondes et coniques, placées aux deux extrémités de la li-uc la plus élevée qui sépare le front de l’occiput. Dans les crânes fos-
J'I Pr°P|'e‘1fnt «e mâle coupé; mais comme c’est lui qui domine
dons les troupeaux, il a donné son nom â l’espèce et même à tout le genre Le
couverte "7nZ Γ'T' fCm0,le VaC,W’ et> lJ,ia,ld clle P« encore été couverte, génisse , le petit se nomme veau.
LLS MAMM1FEHES.
siles qui paraissent avoir appartenu à la race sauvage, les cornes se recourbent en avant et vers le bas; mais dans les nombreuses variétés produites par la domesticité, elles ont des directions et des grandeurs bien différentes, quelquefois même elles manquent tout à fait.
Le bœuf commun a treize côles et six vertèbres lombaires, comme la plupart des ruminants ; sa tête est terminée par un large mufle, et la peau inférieure du cou, lâche et pendante, forme un grand pli, nommé fanon , qui se prolonge jusqu a i intervalle qui sépare les jambes de devant.
Il a le poil ras et couché sur la peau, à l’exception d’une petite crinière placée entre les cornes et sur la partie supérieure du cou. Il est le plus ordinairement de couleur fauve rougeâtre; mais il est souvent taché de noir et de blanc ou de couleur pie, et quelquefois tout noir ou tout blanc.
Le bœuf domestique s’est propagé en abondance dans les quatre parties du monde. Il s’est prodigieusement multiplié en Amérique, où il a été importé par les Espagnols, et il y est même retourné en partie à la vie sauvage. [On y utilise depuis quelque temps la chair des nombreux individus, qu'on y abat, pour la préparation d’un extrait de viande, connu sous le nom de viande de Licbig ou extraction carnis. Cet extrait, qui contient les principes nutritifs de la chair, débarrassés de la graisse et de la partie gélatineuse, qui dans les tablettes de bouillon ordinaire s’altèrent rapidement et donnent bientôt un goût très-désagréable, peut se conserver très-longtemps, et rendre des services dans bien des occasions.]
On trouve dans l’Inde, dans la Perse, l'Arabie et dans toute l’Afrique au sud de l’Atlas, une variété du bœuf nommée zébu, remarquable par une forte loupe graisseuse portée sur les épaules, et ces zébus peuvent différer considérablement par la taille, qui tantôt égale presque celle de notre bœuf et tantôt ne dépasse pas celle du cochon. Tantôt également ils ont des cornes tièsgrandes et solides, et d’autres fois ils en ont qui sont trèspetites, adhérentes seulement à la peau et mobiles, parce que l’axe osseux ne s’est pas développé. Les Lœufs de nos climats diffèrent moins entre eux, quoiqu’ils offrent encore de grandes variations sous le rapport de la taille, de la grandeur et de la direction des cornes, etc. Le bœuf ordinaire peut avoir de 2m,20 à 2m,45 de longueur en ligne droite, depuis l’extrémité du mufle jusqu’à l’origine de la queue; lm,25 à iu, 30 de hauteur aux épaules, 2 mètres de circonférence derrière les jambes de devant, et il pèse, terme moyen, 350 kilogrammes. Mais, en France, les bœufs ne pèsent souvent que 250 kilogrammes