RUMINANTS. — AUROCHS
et 1 on en a vu d’autres peser 1500 kilogrammes ou davantage.
Les bœufs sont en général lents dans leurs mouvements et faciles àconduire, mais leur force est considérable ; la colère les rend furieux, et leurs cornes, dont ils se font une arme puissante, les rendent alors très-dangereux. La vache est plus douce et susceptible d’attachement pour les personnes qui la soignent; mais le taureau est toujours farouche et très-irascible. Aussi ne conservet-on entiers que ceux que l’on destine à la propagation de 1 espèce ; tous les autres sont châtrés à l’âge de dix-huit mois ou deux ans, puis employés aux travaux de l’agriculture pendant quelques années, et enfin engraissés pour être livrés au boucher.
Les vaches peuvent servir aux mêmes usages; mais, en général, on les consacre exclusivement a la multiplication de l'espèce et A la production du lait. Dans l’état demi-sauvage où elles se trou- Nent en quelques pays, dans la Colombie, par exemple, les mamelles sont peu développées et le lait se tarit aussitôt que le petit cesse de téter; mais, dans 1 état de domesticité, les mamelles prennent un volume considérable et continuent à fournir du lait jusqu au moment où la vache est près de vêler de nouveau. La quantité quelle peut en fournir varie suivant l’âge, la race, l’abondance de la nourriture, etc. C’est à l’âge de cinq où six uns, et dans les premiers mois qui suivent le part, qu’elle en donne le plus. Les vaches ordinaires de nos campagnes en donnent pi ès de 6 litres par jour; les belles vaches suisses en fournissent de 10 à 11 litres, et celles de la Frise, jusqu’à 13 litres. La vache paraît n’avoir qu’une seule mamelle à quatre tétins (fg.82^ éloignée de la vulve de 60 centimètres environ. Mais ces tétins sont disposés de manière que les deux d’un même côté ne sont distants l’un de l’autre que de 5e, 5, tandis que les deux postérieurs sont éloignés entre eux de 8 centimètres et les deux antérieurs de 12 centimètres, ce qui indique la connexion de deux mamelles collatérales portant chacune deux mamelons. Cette distinction devient encore plus certaine à l’intérieur, où l’on trouve deux glandes mammaires collatérales, réunies par du tissu cellulaire, chaque glande mammaire présentant à sa partie inférieure deux cavilés qui répondent chacune à un lélin,
et se terminant par un petit canal de 2 millimètres de diamètre {fi g. 823).
L’aurochs, nommé par les anciens Bonasus et Bison, a passé pendant longtemps pour être la souche sauvage de nos bœufs domestiques ; d autant plus que le nom unis , que les anciens donnaient au bœul sauvage, aujourd’hui disparu, paraît être l’origine du nom aurochs. Mais les ossements fossiles du vrai bœuf sauvage.
LES MAMMIFÈRES
qui ont été trouvés en divers endroits de l’Europe, joints aux différences essentielles qui existent entre les squelettes du bœuf et de l’aurochs, montrent que celui-ci est une espèce très-distincte du premier. L’aurochs a le front bombé, plus large que haut, et ses cornes sont attachées au-dessous de la crcte occipitale. Il a
Fig. 852. — Te dus île la vache. Fig. 853. — Tétin de vache ouvert, présentant une
des cavités inférieures de la glande mammaire ( ).
une paire de. côtes de plus et une vertèbre lombaire de moins ; il a les jambes plus hautes, les cornes petites, la queue longue, et une crinière laineuse qui lui couvre la tête, toute l’encolure jusqu’aux épaules et le dessous de la mâchoire, le cou et le poitrail. Le mâle répand une forte odeur de musc. C’est un animal farouche, qui vivait autrefois dans toute l’Europe tempérée, mais qui n’existe plusaujourd’hui que dans les forêts marécageuses de la Lithuanie, de la Hongrie et du Caucase. C’est le plus grand des quadrupèdes propres à l’Europe; sa peau a deux fois l’épaisseur de celle du bœuf.
Le bisoH d'Amérique [Bnf) al) des Américains) a beaucoup de rapport avec l’aurochs par sa grande taille (1), par sa tête couverte d’une longue laine crépue, ainsi que tout le cou, le poitrail et les épaules. Mais il a quinze paires décotes, et quatre vertèbies lombaires seulement; il a le dos plus élevé et comme bossu à 1 endroit des épaules, la croupe plus faible et la queue plus courte.
Le bufâlu est originaire de l’Inde, d’où il a passé, pendant le
(I) Il a 3ra,10 de longueur du bout du museau à l’origine de la queue, et pèse de 8UÜ à lOüü kilogrammes. (*)
(*) Celle-ci est composte d'un nombre infini de granules mous d’une teinte jaunâtre ou rougeâtre, renfermant les dernières ramifications des vaisseaux sanguins et les premières des conduits lactifères. Ces conduits se réunissent peu à peu pour former huit ou dix conduits principaux a, a, a, qui viennent s’ouvrir dans la cavité du tétiu. c, c. c, Granules glanduleux ; d, d, tube conique du tetin, présentant un certain nombre de plis à sa surface interne; et ouverture du tétin.