‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou, Cours d'histoire naturelle professé à l'École de pharmacie de Paris (volume 2)Chapitre 33 sur 162 · RUMINANTS. — BŒUF DOMESTIQUE. SI · texte numérisé non relu

RUMINANTS. — BŒUF DOMESTIQUE. SI

moyen âge, en Arabie, en Grèce el en Italie. Il a le front bombé, aussi large que haut, très-épais. Ses cornes sont placées, comme dans le bœuf, aux deux extrémités de l'arête cervicale ; mais elles sont dirigées de côté et en arrière, et marquées en avant d’une arête longitudinale saillante. 1! a le même nombre de côtes que le bœuf, la peau très-épaisse et le poil très-ras, excepté aux joues et à la gorge. Il aime les terrains marécageux et se nourrit de plantes grossières qui ne pourraient suffire au bœuf. Il est d’une force considérable, et très-difficile à dompter.

Le buffle «lu Cap aies cornes très-grandes, dirigées de côté et en avant, remontant de la pointe, aplaties, cl tellement larges à leur base qu’elles recouvrent presque tout le front. C’est un trèsgrand animal, d’un naturel excessivement féroce, qui habite les bois de la Cafrerie.

Le bœuf musqué «l’Amérique [BnS moschütus , G:n.) a 1 CS Cornes rapprochées el dirigées comme le précédent, mais se rencontrant sur le front par une ligne droite. Son front est bombé, cl le bout de son museau est garni de poils. 11 est couvert d’un poil touffu qui pend jusqu’à terre. Il répand avec plus de force que tous les autres l’odeur musquée commune à tout le genre. On ne le voit que dans les parties les plus froides de l’Amérique septentrionale ; mais on en a trouvé quelques ossements en Sibérie.

L espèce du bœuf domestique ne sc recommande pas seulement par les services qu’elle rend à l’agriculture, par le lait qu elle fournit, et par sa chair qui, appliquée à la nourriture des nations européennes, est peut-être la cause première de leur suprématie numérique, intellectuelle et industrielle (1). Toutes les parties du bœuf sont utiles, et leur exploitation a créé un grand nombre d’industries que je r.c puis qu’indiquer.

La peau de bœuf tannée, ou rendue imputrescible par la combinaison de 1 acide lannique de l’écorce de chêne ou du sumac avec la substance gélatineuse qui la constitue presque entièrement, se change en cuir fort, qui forme la semelle de nos chaussures, et que l’on applique également à la carrosserie el à une multitude d’autres usages. Les peaux de vache el de veau fournissent des cuirs plus minces qui sont ouvrés, assouplis, imbibés de suif ou d huile, teints en noir a laide du sulfate de fer, ou colorés de toute autre manière, ou la ssés dans leur couleur naturelle, et appliqués de même à la confection des chaussures, à la carrossei œ, à la sellerie, à la reliure des livres, etc. A Paris seulement, on tanne chaque année plus de 50,000 peaux de bœufs ou de vaches, et plus de 00,000 peaux de veaux. On évalue à plus de 56

(!) Il est évident que les Anglo-Américains font pariie de la grande famille européenne.

LES MAMMIFERES.

millions la valeur des peaux employées annuellement en France par les tanneurs, et on estime que leur conversion en cuir plus ou moins ouvré en double le prix; mais toutes ces peaux ne proviennent pas du sol; on en importe une grande quantité du Brésil, de Bucnos-Ayres, de Russie, etc.

Les poils dont on dépouille ces peaux sont employés à divers usages : après les avoir filés, on en fait une étoffe grossière nommée thibaude, dont les rouliers se servent comme de manteau, et qui sert aussi ù la doublure des tapis de pied.

La corne des bœufs, qui est formée d’une substance fibreuse, élastique, demi-transparente, de la même nature que les poils, est employée à faire des peignes et d’autres ouvrages de tabletterie. On la colore avec des sels métalliques pour lui donner l’apparence de l’écaille, ou bien on la décolore par le moyen du chlore, on la ramollit par une longue ébullition dans l’eau, on la soude et l’on en forme des masses comparables à l’agate, que l’on moule ou que l’on tourne pour en faire une foule d’ustensiles et d’objets d’ornement.

La membrane musculaire des petits intestins sert aux boyaudiers pour faire des cordes pour les instruments de musique, et la membrane séreuse qui fixe ces intestins aux parois del abdomen, étant convenablement préparée, devient de la baudruche.

La graisse de bœuf, , ù laquelle on donne le nom de suif, est moins consistante à froid et un peu plus fusible que celle du mouton; mais, comme elle est beaucoup plus abondante, en raison du poids de l’animal, c’est elle qui forme la majeure partie du suif consommé par l’art du chandelier et aujourd’hui par le fabricant d’acide stéarique.

Le sang de bœuf récent est employé, à l’instar de l’albumine de l’œuf, pour la clarification des sirops de sucre, ou bien, étant desséché, mélangé avec de la terre, il constitue un excellent engrais.

Les os de bœuf n’ont pas des applications moins variées ni moins importantes. Les plus gros, après avoir servi dans les cuisines, ù la préparation du bouillon, sont livrés aux tourneurs et aux tableliers qui en font des spatules, des manches de couteau, des étuis, des dominos, etc. C’est l’ivoire du peuple, comme la corne en est l’écaille. Les débris qui proviennent de cette fabrication, bien loin d’être perdus, servent à toutes les fabrications suivantes.

Les os ordinaires servent à la préparation delà gélatine. A cet effet, ils sont lavés, cassés ou broyés grossièrement, puis portés à l’ébullition dans l’eau, afin d’en extraire la graisse qui vient nager à la surface. Ou les traite ensuite par l'acide chlorhydrique

affaibli, qui les prive de phosphate de chaux et les réduit leur partie cartilagineuse. On soumet celle-ci à une forte ébullition dans l’eau qui la convertit en gélatine susceptible de se prendre en gelée ferme par le refroidissement. Cette gelée est ensuite coupée par plaques minces que l’on pose sur des cordes tendues sur des châssis, et dont on opère la dessiccation dans de vastes séchoirs. On peut également extraire la gélatine des os en les traitant directement par l’eau, â une température supérieure à 100 degrés, dans un autoclave ou marmite de Papin; maisonn’obtient par ce procédé qu’une gélatine de qualité inférieure. Les os qui ont subi cette opération et tous ceux qui ne servent pas à la fabrication de la gélatine sont décomposés par le feu, dans des vases lermés, et convertis en charbon animal , noir animal ou noir d’os, très-usité dans la peinture commune, et dont les raffineurs de sucre tout aussi un grand usage pour la décoloration de leurs sirops.

La gélatine animale n’est pas toute extraite des os et prend ditlérents noms dans le commerce, suivant qu'elle est destinée â 1 alimentation ou aux arts. Celle qui est presque incolore, inodore, insipide, réduite en plaques très-minces et de la plus belle transparence, s’appelle grenétine , du nom du fabricant de Rouen qui l’a préparée d’abord, ün l’extrait des os traités par l’acide chlorhydrique, ou mieux encore de peaux récentes de jeunes animaux et de cartilages tic veaux.

La colle de Flanche ordinaire est en plaques un peu plus épaisses, longues de 18 centimètres, larges de 5 à G, jaunes et d’une transparence un peu nébuleuse. Elle est quelquefois sèche et inodoie, et c est la meilleure, le plus souvent hygrométrique et d une odeur désagréable. On l’emploie dans une foule d’arts et en pliai inacie, pour la composition des bains gélatineux. Enfin la colle forte ds menuisiers ou colle de Giuet est sous forme de plaques carrées, de IGà 18 centimètres de côté, épaisses de 1 centimètre, plus ou moins brunes et en partie solubles dans l’eau.

Bu luit.

Le lait est un liquide blanc, opaque, d’une saveur douce et sucrée, sécrété du sang par les glandes mammaires, dans les animaux qui ont pris de cette conformation le nom de mammifères, et destiné à servir de première nourriture à leurs petits qui naissent \ivanls, mais hors d’état de se suffire à eux-mêmes. Ce liquide, considéré dans les animaux herbivores, qui sont les seuls dont le lait soit appliqué â la nourriture de l’homme, et même dans d’autres animaux qui ne se nourrissent pas exclusivement

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