RUMINANTS. — DU JAUNE INDIEN
mune dans le Népaul, et un bêzoard de chameau retiré de la vésicule de cet animal, et très-estimé comme couleur par les peintt es hindous(1).Me fondant encore sur 1 odeur de cette concrétion, je la croirais plutôt produite par un chameau que par un bœuf ou une vache, dont toutes les concrétions intestinales sont empreintes d’une faible odeur ambrée-musquée.
Le jaune indien, tel que je me le suis procuré à la douane du Havre, en 1841, est sous forme de concrétions ou de masses arrondies d un volume variable, mais pouvant avoir jusqu’à 5 ou 7 centimètres de diamètre. Ces masses sont couvertes à la surface d une sorte d enduit noirâtre; mais, à l'intérieur, elles sont d’un jaune doré et d’un aspect uniforme et pulvérulent. Elles ont un toucher un peu gras et s’écrasent avec une grande facilité entre les doigts. Enfin elles ont l’odeur forte indiquée plus haut et une saveur faiblement amère. Ce jaune indien, examiné au microcroscope, paraît entièrement formé de cristaux plats, jaunes, li ansparents, ayant la forme de fer de lance. J’en ai une seconde qualité qui est d’un jaune plus pâle et un peu verdâtre, d’une odeur moins forte, d un aspect plus sec et comme terreux, qui paraît formé au microscope de particules cristallines brisées, mélangées d’une matière amorphe.
D api ès M. Stenhouse, le jaune indien, connu dans le commerce sous le nom d epurree, est essentiellement composé de magnésie en combinaison avec un acide organique non azoté, qu’il a nommé acide pur réique, et auquel M. Erdmann a donné ensuite le nom d acide euxanthique . Cet acide est peu soluble dans l’eau ftoide, plus soluble dans l’eau bouillante qui le laisse cristalliser en longues aiguilles jaunâtres ; il est soluble dans l’alcool bouillant et dans 1 cther, il forme des combinaisons jaunes avec les alcalis et la plupart des oxydes métalliques. Chauffé au delà de 100 degrés, il donne lieu à un produit cristallin neutre qui a reçu le nom de purreon.
D’après M. Stenhouse, l’acide purréique =C20M9O11 le purréate de plomb = C^O" -f- PbO, le purréon“= C^ü».
M. Stenhouse pense que le purree , au lieu d’être une matière animale comme on l’a cru, est un suc végétal saturé artificiellement par la magnésie et évaporé à siccité.
J ai de la peine à croire qu’il en soit ainsi, et d’ailleurs la composition du jaune indien est plus compliquée qu’on ne vient de ,,e .C liej U1 c!uc >î a* décrit d abord est à peine attaquable par a coo , mais il est- en partie soluble dans l’eau et communique ; ce liquide, surtout à l’aide de l’ébullition, une couleur jaune
(1) Ainslic, Mat. inet ica, t. I, p. 3g.
LES MAMMIFÈRES
un peu brunâtre et un peu verdâtre, assez semblable à celle de la bile; il lui cède de cette manière un composé magnésien soluble, d’où l’acide chlorhydrique précipite immédiatement l’acide sous forme de flocons grisâtres très-abondants. La partie du jaune indien insoluble dans l’eau est d’un jaune magnifique et forme 60 pour 100 de la substance primitive.
Cette partie insoluble, traitée par l’éther, lui cède une petite quantité d’une matière jaune, cristallisable en belles aiguilles rayonnées, pouvant supporter une assez forte chaleur sans éprouver aucune altération, mais finissant par se fondre et par se dissiper en une fumée blanche inodore.
Le jaune indien qui a été traité par l’eau et par l’éther, étant délayé dans l’eau et additionné d’un peu d’acide chlorhydrique, éprouve une effervescence manifeste et perd aussitôt sa couleur jaune. Il se forme dans la liqueur un magma grisâtre très-volumineux. Si l’on fait chauffer la liqueur, il se produit une seconde effervescence très-prolongée , et qui paraît due plutôt à quelque réaction organique qu’à la décomposition d’un carbonate. La liqueur filtrée laisse précipiter, en se refroidissant, des flocons faiblement jaunâtres ; mais la plus grande partie de l’acide organique paraît ne pas se dissoudre dans l’eau. Il est très-soluble au contraire dans l’alcool bouillant, et se prend presque en masse formée de mamelons rayonnés, par le refroidissement.
La liqueur dans laquelle on a décomposé le jaune indien par l’acide chlorhydrique retient la magnésie en dissolution.
gjropiles .
Les œgagropiles (1) sont des concrétions trouvées dans la caillette des animaux ruminants, qui sont principalement formées de poils que ces animaux ont avalés en se léchant, et que les mouvements de leur estomac ont rassemblés en boules feutrées. On en trouve aussi quelquefois dans les intestins du cheval. Les anciens attribuaient à ces concrétions des propriétés analogues à celles des bézoards; mais elles ne sont plus aujourd’hui que de simples objets de curiosité.
On se procure facilement dans les abattoirs de Paris les ægagropiles de veaux, de bœufs et de moutons. Les premiers sont d’une forme sphérique ou cylindrique, et sont uniquement composés de poils feutrés d’une manière très-dense, et tous couchés en tourbillonnant autour de l’axe. Ils ne sont recouverts d’aucun enduit et acquièrent quelquefois des dimensions considérables;
(1) De aîyàypioç, chèvre sauvage, et de 7it),oc, balle de laine.