‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou, Cours d'histoire naturelle professé à l'École de pharmacie de Paris (volume 2)Chapitre 43 sur 162 · CÉTACÉS. — BALEINES · texte numérisé non relu

CÉTACÉS. — BALEINES

point encore bien fait connaître dans quelle partie du corps il se forme, ni quelles sont les causes accidentelles de sa formation.

« Ce cachalot vit en grandes troupes, et, à moins qu’il n’y ait entre ceux des divers parages des différences qui n ont point été indiquées on doit croire qu’il se trouve dans toutes les mers. Aujourd’hui c’est dans les mers méridionales et des deux côtés de l’Amérique que l’on en prend le plus.

" Exisle-t-'l en outre des cachalots à dorsale? en existe-t-il dont lèvent soit percé près du front sur le milieu de la tête? en existe-t-il ou es branches de la mâchoiie inférieure ne soient pas réunies sur la plus grande partie de leur longueur en une symphyse cylindrique?

01 a ce qui i este a chercher, ce qui reste à prouver autrement que Par LS iguies liacées par des matelots. Ce n’est qu’après que des hommes éclairés auront observé ces êtres avec soin, et en auront expose les parties osseuses dans des collections où elles puissent être uti mes par des naturalistes, qu’il sera possible à la critique de les adniLitie dans le catalogue des animaux. »

Les baleines sont plus exactement connues. Elles égalent les cachalots pour la taille et pour la grandeur proportionnelle de la te le, mais elles n’ont aucunes dents. Leur mâchoire supérieure, en forme de carène, ou de toit renversé, a ses deux côtés garnis’ de limes transverses minces et serrées, appelées fanons, formées d une espèce de corne fibreuse, effilées à leurs bords, et servant • ic emr les petits animaux dont ces énormes cétacés se nourrissent. Leur mâchoire inférieure, soutenue par deux branches osseuses arquées en dehors et vers le haut, sans aucune armure oge une langue charnue fort épaisse, et enveloppe, quand la bouche se ferme, toute la partie interne de la mâchoire supérieure et les lames cornées dont elle est revêtue. Ces organes ne permettent pas aux baleines de se nourrir d’animaux aussi grands que leur taille pourrait le faire croire. Elles vivent de harengs, de maquereaux, de sardines, et principalement de crustacés de mollusques et de zoophytes d’une extrême petitesse, mais dont le* légions innombrables, une fois entrées avec l’eau, dans leur énorme gueule, s’y trouvent retenues par les barbes de leurs lanons. Elles ont un cæcum très-court.

Les baleines ont été divisées en trois sous-genres: le premier comprend la baleine franche ( Balæna mysticetus , L.), qui manque de nageoire sur le dos et n’a pas la gorge plissée. Elle peut a\uir il mètres de longueur et surpasse toutes les autres baleines par la grosseur de son corps, dont le poids équivaut presque à ?e U1 e ' KEufs gras. Son lard forme sous la peau une couche paisse cep usieurs pieds, dont on relire environ 120 tonneaux lui e, e qui est la cause de la chasse active qu’on lui fait tous es ans. uti dois la baleine franche se montrait dans nos mers

LES MAMMIFÈRES

et était assez commune dans le golfe de Gascogne; mais elle s’est retirée peu à peu jusqu’au fond du Nord, où le nombre en diminue chaque jour. Outre son huile, elle fournit encore au commerce ses fanons noirâtres et flexibles, longs de 2m,G0 à 3m,25, qui sont connus sous le nom vulgaire de baleines; chaque individu en a huit ou neuf cents de chaque côté du palais. On dit que ce monstrueux cétacé ne se nourrit que de très-petits mollusques qui fourmillent dans les mers qu’il habite. Ses excréments sont d’un jaune safrané ou rougeâtre qui teint assez bien la toile.

Les balénoptères se rapprochent de la baleine franche par leur gorge dépourvue de plis, mais en diffèrent par une nageoire dorsale. On n’en connaît qu’une espèce nommée gibbar par les basques ( Balœnn physalus , L.), et encore n’est-il pas certain que ce gibbar ne soit pas une jubarte mal observée. Le gibbar est aussi long, mais bien plus grêle que la baleine franche; il est très-commun dans les mêmes parages, mais les pêcheurs l’évitent parce qu’il donne peu de lard et qu’il est difficile à prendre et dangereux pour les embarcations, à cause de la violence de ses mouvements quand il est attaqué.

Les rorquals ont une nageoire dorsale et la peau du dessous de la gorge et de la poitrine plissée longitudinalement, et susceptible, en conséquence, d’une grande dilatation. On en connaît plusieurs espèces dont une, nommée jubarte des Basques (I), surpasse par sa longueur la baleine franche, mais présente, pour la pêche, les mêmes inconvénients que le gibbar. Le rorqual de la Méditerranée n’en diffère que par quelques caractères peu importants.

Des huiles de Cétacés.

Ces huiles sont produites principalement par la baleine, le cachalot, les dauphins et les marsouins. Mais elles sont souvent mélangées d’huiles de phoques, de morses et même d’huiles de poissons, ce qui rend l’exposition de leurs caractères distinctifs difficile à faire.

L’huile du marsouin à tête ronde ( Globicephalus mêlas , Lesson ; Delphinus globiceps, Cuv.) a été examinée par M. Chevreul, dans le cours de ses savantes recherches sur les corps gras. Cette huile est d’un jaune citrin, d’une odeur forte et d’une pesanteur spécifique de 0,9178 â la température de 20 degrés. Elle est très-soluble dans l’alcool, puisque 100 parties d’alcool à 0,812 de densité en dissolvent 100 à la température de 70 degrés, et que 100 parties

(1) Par corruption sans cloute du mot gibbar.

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