‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou, Cours d'histoire naturelle professé à l'École de pharmacie de Paris (volume 2)Chapitre 47 sur 162 · LES OISEAUX · texte numérisé non relu

LES OISEAUX

o I.es oiseaux sont des animaux vertébrés, ovipares, à sang chaud, à circulation et respiration doubles, éminemment bipèdes et destinés à vivre dans l’air, où ils se soutiennent au moyen de leurs membres antérieurs développés en ailes (I).

> <( Leurs poumons non divisés, fixés contre les côtes, sont enveloppés d’une membrane percée de grands trous, et qui laisse passer l’air dans plusieurs cavités de la poitrine, du bas-ventre, des aisselles et même de 1 intérieur des os, en sorte que ce fluide baigne, non-seulement la surface des vaisseaux pulmonaires, mais encore celle d’une infinité de paisseaux du reste du corps. Ainsi les oiseaux respirent, à certains égards, par les rameaux de leur aorte comme par ceux de leur artère pulmonaire, et l’énergie de leur irritabilité, de môme que l’augmentation de leur caloricité, sont une conséquence de la grande étendue et de la quantité de leur respiration.

« Les extrémités antérieures, destinées au vol, ne pouvant servir à la station ni à la préhension, les oiseaux sont bipèdes et prennent les objets à terre avec leur bouche ; alors, leur corps devant être penché en avant de leurs pieds, les cuisses se portent aussi en avant, et les doigts s’allongent pour former au corps une base suffisante. Le bassin est très-étendu en longueur pour fournir des attaches aux muscles qui supportent le tronc sur les cuisses ; il existe môme une suite de muscles allant du bassin aux doigts, en passant sur le genou et le talon, de manière que le simple poids de l’oiseau fléchit les doigts. C’est ainsi qu’ils peuvent dormir perchés sur un pied.

« Le cou et le bec s’allongent pour pouvoir atteindre jusqu’à (erre, et le premier a la mobilité nécessaire pour se reployer en arrière dans la station tranquille. Il a donc beaucoup de vertèbres. Au contraire le tronc qui sert d’appui aux ailes a dû être peu mobile ; le sternum surtout, auquel s’attachent les muscles qui abaissent l’aile pour choquer l’air dans le vol, est d’une grande étendue et augmente encore sa surface par une lame saillante, dans son milieu, qui porte le nom de bréchet. La fourchette produite par la réunion des deux clavicules et les deux vigoureux arcs-boutants formés par les apophyses coracoïdes tiennent les épaules écartées, malgré les efforts que le vol détermine en sens contraire. L’aile soutenue par l’humérus, par l’avant-bras, et par

(I) Voy. Dcgland et Gerbe, Ornithologie européenne ou catalogue descriptif, analytique et raisonné des oiseaux observés en Europe. Ie édition. Paris, 18G7.'

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la main qui est allongée et montre un doigt et les vestiges de deux autres, porte sur toute sa longueur une rangée de pennes élastiques qui étendent beaucoup la surface qui choque l’air. Les pennes adhérentes à la main se nomment primaires, et il y en a toujours 10; celles qui tiennent à l’avanl-bras s’appellent secondaires, et leur nombre varie; des plumes moins fortes attachées à l’humérus s’appellent scapulaires ; l’os qui représente le pouce porte encore quelques pennes nommées bâtardes; sur la base des pennes régne une rangée de plus petites plumes nommées couvertures..

« La queue osseuse est très-courte, mais elle porte aussi une rangée de fortes pennes qui, en s’étalant, contribuent à soutenir l’oiseau ; leur nombre est ordinairement de 12, quelquefois de 14; dans les gallinacées, il va jusqu’à 18.

« Les membres postérieurs ont un fémur, un tibia et un péroné qui tiennent au fémur par une articulation à ressort dont l’extension se maintient sans effort de la part des muscles. Le tarse et le métatarse y sont représentés par un seul os terminé vers le bas en trois poulies.

« 11 y a le plus souvent trois doigts en avant et le pouce en arrière; celui-ci manque quelquefo s. Le nombre des articulations croît à chaque doigt, en commençant par le pouce qui en a deux, et en finissant par le doigt externe qui en a cinq.

« L’œil des oiseaux est disposé de manière à distinguer également bien les objets de loin et de près ; une membrane vasculeuse et plissée, qui se rend du fond du globe au bord du cristallin, y contribue probablement en déplaçant cette lentille. La face antérieure du globe est d'ailleurs renforcée par un cercle de pièces osseuses; et, outre les deux paupières ordinaires, il y en a toujours une troisième placée à l’angle interne, et qui, au moyen d’un appareil musculaire remarquable, peut couvrir le devant de l’œil comme un rideau. La cornée est très-convexe ; mais le cristallin est plat, et le vitré petit .

« L’oreille des oiseaux n’a qu’un osselet, formé d’une branche adhérente au timpan, et d’une autre terminée par une platine qui s’appuie sur la fenêtre ovale; leur limaçon est un cône peu arqué; mais leurs canaux semi-circulaires sont grands et logés dans une partie du crâne, où ils sont environnés de toutes parts de cavités aériennes qui communiquent avec la caisse. Les oiseaux de nuit ont seuls une conque extérieure, qui cependant ne fait point de saillie comme celle des quadrupèdes. L’ouverture de l’oreille est généralement recouverte déplumés à barbes plus effilées que les autres.

« L’organe de l’odorat, caché dans la base du bec, n’a d’ordinaire que des cornets cartilagineux, au nombre de trois, qui varient en complication, il est très-sensible, quoiqu’il n’ait pas de sinus creusés dans l’épaisseur du crâne. La langue a peu de substance musculaire et es peu délicate dans la plupart des oiseaux.

Les plumes, ainsi que les pennes, qui n’en diffèrent que par la grandeur, sont composées d’une tige creuse à la base, et de barbes latérales qui en portent elles-mêmes de plus petites; elles tombent deux fois par un. Dans certaines espèces, le plumage d'hiver diffère par ses couleurs

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de celui d’été, et dans le plus grand nombre la femelle diffère du mâle par des teintes moins vives. Hans ce cas, les petits des deux sexes ressemblent à la femelle. Lorsque les adultes mâles et femelles sont de même couleur, les petits ont une livrée qui leur est propre.

« La trachée des oiseaux a ses anneaux entiers; à sa bifurcation est une glotte le plus souvent pourvue de muscles propres, et nommée larynx inférieur : c’est là que se forme la voix des oiseaux. L’énorme volume d’air contenu dans les sacs aériens contribue à la force de celte voix, et la trachée, par ses diverses formes et par ses mouvements, à ses modifications. Le larynx supérieur, fort simple, y entre pour peu de chose.

« La face ou le bec supérieur des oiseaux, formée principalement de leurs os intermaxillaires, se prolonge en arrière de deux arcades, dont l’interne se compose des os palatins et ptérygoïdiens, et l’externe des os maxillaires et des jugaux, et qui s’appuient l'une et l’autre sur un os tympanique mobile, vulgairement, dit os carré, répondant à l’os de la caisse. En dessus, cette même face est articulée ou unie au crâne par des lames élastiques; ce mode d’union lui laisse toujours quelque mobilité. La substance cornée qui revêt les deux mandibules tient lieu de dents et est quelquefois hérissée de manière à en représenter, forme, ainsi que celle des mandibules qui la soutiennent, varie selon le genre de nourriture que prend chaque espèce.

« La digestion des oiseaux est en proportion avec l’activité de leur vie et la force de leur respiration. L’estomac est composé de trois parties :1e jabot , qui est un renflement de l’œsophage; le ventricule succenturié , sac membraneux garni dans l’épaisseur de ses parois d’une multitude de glandes dont l’humeur imbibe les aliments; enfin le gésier, armé de deux muscles vigoureux, et dans lequel les aliments se broient d’autant plus aisément que les oiseaux ont soin d’avaler de petites pierres pour augmenter la force de la trituration.

« Le cloaque est une poche où aboutissent le rectum, les uretères et les canaux spermatiques, ou, dans les femelles, l’oviducte. Il est ouvert au dehors par l’anus. Dans la règle, les oiseaux n’urinent pas au dehors, parce que leur urine, peu abondante, se mêle aux excréments solides. Les autruches ont seules le cloaque assez dilaté pour que l’urine s’y accumule à l’état liquide.

« Dans la plupart des genres, l’accouplement se fait par la seule juxtaposition des anus: les autruches et plusieurs palmipèdes ont cependant une verge creusée d’un sillon, par où la semence est conduite. Les testicules sont situés à l’intérieur, au-dessus des reins et près du poumon. 11 n’y a qu’un oviducte de développé; l’autre est réduit à une petite bourse. »

L’œuf détaché de l’ovaire, où l’on n’y aperçoit que le jaune, s’entoure dans le haut de l’oviducte de la liqueur nommée le blanc ou l 'albumen, et se garnit de sa coque calcaire dans le bas du même canal. C’est dans cet état que l’œuf est pondu: mais le germe, placé sur un point blanchâtre [cicatricule) de la sui face du jaune, ne s'y développe que moyennant un certain degré de chaleur que communique la mère

rapaces.

niH n ' Y GS TUVrant de SOn C0,'P- aPrôs les av°ir déposés dans un n d pr°pre à les abriter. Entre tous les oiseaux, les autruches seules,

n ' 1 a,U miheu df déierts sablonneux de l’Afrique, paraissent se dis-

penser de couver leurs œufs, et peuvent les abandonner à la chaleur des rayons solaires, , après les avoir rassemblés dans un creux pratiqué ans le sable; mais elles les couvent dans les climats moins chauds. Apas un temps d incubation qui est constant pour chaque espèce le pe it, qui a épuisé la nourriture contenue dans l’œuf et qui est sufmmenl développe pour pouvoir en recevoir du dehors, fend la coquille au moyen d’une pointe cornée qu’il a sur le bout du bec et qui tombe peu après sa naissance. q 1

On divise les oiseaux en six ordres, qui sont les rapaces , les passereaux les grimpeur*, les gallinacés, les échassiers et les palmipèdes.

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