ORDRE DES CARNASSIERS
I.es carnassiers forment une réunion considérable et va A ,in n»fères 0"guicute, qui possèdenl, comm7 'h0mnl * ’î' . ® T"
tranchantes. Ceux qui les nnf Pn «.neutres sont plus
prennent aussi piusl'
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Drogues, s, Z" ^ «'
LES MAMMIFÈRES
serrée comme un gond, ne lui permet aucun mouvement horizontal;
elle ne peut que se Fermer et s’ouvrir. t . ,
Leur cerveau, encore assez sillonné, n’a point de troisième oD ne recouvre point le cervelel, non plus que dans les ordres suiv™ ’ Leur orbite n'est point séparé de leur fosse temporale, dan e
squelette ; leur crâne est rétréci, et leurs arcades zygoma iq écartées et relevées, pour donner plus de volume et de 0 « a q muscles de leurs mâchoires. Le sens qui domine chez eux est tel m^^ l’odorat, et leur membrane pituitaire est génunleme ,
des lames osseuses très-mult ipliées. On les divise en trois familles distinctes : les chriroi>tères , les insectivores et les carnivores.
Les chéiroptères ont encore quelques aSTir.it/es avec les quadrumanes par leur verge pendante et par leurs mamelles placées, la poitrine. Leur caractère distinctif consiste dans un repli de peau qui pend aux côtés du cou , s'étend entre leurs quatre pieds et leurs doigts, les soutient en l’air et leur permet meme de voler. Ils ont quatre grandes canines ; mais le nom bic de leurs incisives varie. On les divise en deux tribus, d aptes e tendue de leurs organes du vol. Dans les vrais c le.rop te es (I), les bras, les avant-bras et les doigts, à 1 exception du pouc , sont excessivement allongés et forment, avec la membrane qui en remplit les intervalles, de véritables ailes, aussi étendues en Lrïace que celles des oiseaux. Leurs --clés pectoraux onMjne épaisseur proportionnée aux mouvements qu ils doivent exéc.i ter et leim sternum est pourvu d’une arête pour leur donnci atUcbe comme celui des oiseaux. Leur pouce est court et armé d’un ongle crochu qui sert à ces animaux à se suspend. e dans l’état de repos, aux murs ou aux rochers ; car ils ne posent guère à terre où ils ne rampent qu avec peine. Leurs pieds de derrière sont faibles, divisés en 5 doigts égaux et armés d ongles aigus I eurs veux sont très-petits, mais leurs oreilles sont généralement très- grand es et forment avec leurs ailes une énorme surrace membraneuse et sensible, qui leur sert à se diriger dans 1 obscurité par la diversité des impressions de l’air. Ce sont des animaux nocturnes et qui passent l’hiver de nos climats en léthargie On les divise d’abord en roussettes et en chauves-souris : les premie.es nui appartiennent à l’archipel Indien, se nourrissent en granoe n articule fruits ; les secondes, qui sont répandues dans les autre.
du monde, se nourrissent principalement des insectes qu’elles prennent au vol, et quelquefois, comme le vamp.re, du
TeslL^ES ont, comme les chéiroptères, des mâchehères hérissées de pointes coniques, et une vie le plus souvent
0) De yùp, main, et ™ov’ t,ile : ,natn ulke '
CARNASSIERS. — CARNIVORES. 19
"°C.l'îme.et f0utcraille : ils se noumssent principalement d’in-
l’hi S,n V, ans S „pay.S froids’ beauCüuP d’entre eux passent hue en léthargie . Ils n'ont pas de membranes latérales propres
au vol , leurs pieds sont courts et leurs mouvements faibles
fermleTans %S°nt P‘aCéeS S°“S 'e VClUre’ ct la verSe cst «■>ermée dans un fourreau. Aucun n’a de cæcum, et tous appuient
la plante entière du pied sur la terre en marchant
inciseives'eid,èt/'e lUnS?eS indsiVeS en avanl’ suivies d'autres incisives ct de canines toutes moins hautes que les molaires ce
lui les rapproche des tarsiers, parmi les quadrumanes, et un peu
Jes rongeurs. Les autres ont de grandes canines écartées entre
> I u^ord inah'e ''C incisives- ce <lui 'a disposition la
comnrend I .s 4 q,|at "lraî‘nes et aux carnivores. Cette famille
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carnivores. Quoique l’épithète de carnassiers convienne h tous te mammifères onguiculés à trois sortes de dents etnon quairm
anS/ qUei°USSe nourrissent P|US ou moins de matières • ^es, cependant il en est beaucoup, spécialement ceux des deux familles précédentes, que leur laiblesse ct les tubercules coniques de leurs dents mâchelières réduisent presque à vivre d’insectes.
C’est dans la famille actuelle que l’appétit sanguinaire se joint à la iorce nécessaire pour y subvenir, comme toujours . Lesanimaux qu’elle renferme sont d’autant plus essentiellement carnivores que leurs riPnfc ^ . ,
ment tranchantes. Ils ont tous quatre “osscs et |P Com|J,éleécartées, entre lesauelles «i 0 sscs et longues canines l/ia 7 s fil te? 1 sont s,x mcisives à chaque mâchoire
som é gnées sousT^Te'f 05 S°"1 'SS pk's Enchantes et
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sur les habitudes et sur le régime des carnivores ou qui en sont la conséquence, et qui les ont fait partager en trois tribus, sous les noms de plantigrades , de digitigrades et d’ amphibies.
Les plantigrades, de même que les quadrupèdes des famil es précédentes, appuient la plante entière du pied de derrièie sm la terre, lorsqu’ils marchent ou qu ils se tiennent debout, et l’on s’en aperçoit aisément par l’absence des poils sous toute cette partie. Ils participent à la lenteur et à la vie nocturne des insectivores et manquent comme eux de cæcum; la plupart île ceux des pays froids passent l’hiver en léthargie. Ils ont tous cinq doigts à' tous les pieds. Cette tribu comprend les ours, les ratons, les coatis , les blaireaux , les gloutons , les ratels, etc.
Les ours sont de grands animaux dont le corps est généralement trapu, les membres épais, la queue très-courte; leurs allures sont lourdes, mais ils ont beaucoup d’intelligence et sont doués d’une grande force.
L’ours brun habite les hautes montagnes couvertes de lorêts de toute l’Europe et d’une partie de l’Asie; il aime la solitude et établit sa demeure dans quelque caverne naturelle, ou dans un antre qu’il creuse avec ses ongles forts et crochus; il vit principalement de fruits, de racines succulentes, de jeunes pousses d’arbres, et recherche le miel avec passion. Ce n est guère que lorsque la faim le presse qu’il attaque les animaux , aussi ses dents molaires sont- elles moins tranchantes que celles de tous les autres carnassiers. Il est d’une grande prudence et s’éloigne de tout ce qu’il ne connaît pas; mais ce n est pas manque de courage, et ses efforts deviennent terribles lorsqu’il
est attaqué. . . .
La fourrure de l’ours brun est très-épaisse, surtout en hiver,
et se compose de poils longs et brillants; sa chair est bonne a manger quand il est jeune ; sa graisse a joui d’une grande réputation pour la guérison des douleurs rhumastismalcs, pour faire croître les cheveux et pour s’opposer à leur chute. Elle est demifluide, d’une couleur légèrement cilrine, d’une odeur assez lorte,
et se conserve longtemps sans rancir.
L’ours blanc des mers polaires diffère du précédent par sa forme générale plus allongée, son pelage tout blanc et son habitude de vivre par troupes plus ou moins nombreuses. Il nage et plonge avec une grande facilité et poursuit les poissons, les phociues et les jeunes cétacés. Il est aussi très-dangereux pour les navigateurs égarés sur les mers polaires; cependant son régime exclusivement animal est une conséquence iorcée du climat ou il vit; lorsqu’on le lient en captivité, il s’habitue facilement au régime végétal des autres -oui s.
CARNASSIERS. — CARNIVORES
Le blaireau d’Europe a la taille d’un chien de médiocre grandeur. Sa queue est courte, et au-dessous se trouve une poche d où suinte une humeur grasse et fétide; ses jambes sont trèscourtes et ses poils si longs que son ventre paraît presque toucher à terre. Ses ongles de devant sont forts, allongés et très-propres à fouir; aussi se creuse-t-il facilement des terriers tortueux où il passe solitaire la plus grande partie de sa vie. Il n’en sort guère que la nuit pour chercher sa nourriture, qui consiste en jeunes lapins, mulots, lézards, miel, œufs, etc. On le chasse à l’aide du basset qui pénètre dans son gîte, l’accule et facilite le moyen de le prendre avec des pinces, en ouvrant le terrier par-dessus. La fourrure du blaireau est épaisse, rude, peu brillante et peu estimée; mais les poils de sa queue sont très- recherchés pour la iabrication des pinceaux et des brosses à barbe. La graisse de blaireau ressemble beaucoup à celle de l’ours et était autrefois employée aux mêmes usages.
Les digitigrades, qui forment la seconde tribu des carnivores, ne marchent que sur le bout des doigts en relevant le tarse ; leur course en devenant plus rapide, ils sont essentiellement chasseurs et carnassiers; leurs pattes sont armées d’ongles puissants pour saisir leur proie, et leurs mâchoires robustes ne présentent que des dents plus ou moins tranchantes. On les divise en trois petits groupes comprenant:
1° Les martes et les loutres, dites quadrupèdes verrai formes ;
2° Les chiens et les civettes ;
3° Les hyènes et les chats.
Les animaux du premier groupe ont reçu le nom de vermiformes, à cause de la forme allongée et comme cylindrique de leur corps et de la brièveté de leurs pieds, qui leur permettent de passer par de très-petites ouvertures. Ils n’ont qu’une dent tuberculeuse en arrière de la carnassière d’en haut; ils manquent de cæcum, comme les insectivores et les plantigrades, mais ils ne tombent pas en léthargie pendant l’hiver. Quoique petits et faibles, ils sont très-cruels, vivent surtout de sang et sont la terreur des poulaillers et des garennes. Us répandent presque tous une odeur infecte. Ils comprennent les genres putois, marte, mouffette et loutre. Parmi les putois, se trouvent notre putois commun, le furet, la belette , Yhermine dont le pelage, brun et rosâtre pendant l’été, devient tout blanc pendant l’hiver; le mirtk de Russie, et différents putois de Pologne, de Sibérie, des États-Unis, du Cap, etc. Les martes comprennent la marte commune, la fouine, le vison de l’Amérique du Nord, et la marte zibeline dont la fourrure est si belle et si estimée, et que l’on chasse, au milieu de l’hiver sur les montagnes glacées de la
Sibérie. Les loutres habitent les rivières, dans toutes les parties du monde, et même les bords de la mer dans le nord de l’océan Pacifique; leurs pieds sont palmés, leur queue est aplatie, et elles se nourrissent exclusivement de poisson. Les Indiens savent les employer pour la pêche, comme nous nous servons des chiens pour la chasse.
Le deuxième groupe de carnivores digitigrades, comprenant les chiens et les civettes, est caractérisé par deux dents tuberculeuses aplaties derrière la carnassière supérieure, qui elle-même présente un talon assez large. Ils sont carnassiers, mais sans montrer un courage proportionné à leurs forces, et vivent souvent de charognes. Ils ont tous un petit cæcum.
« Le chien domestique varie à l’infini pour la taille, la forme, la couleur et la qualité du poil. C’est la conquête la plus complète que l’homme ait faite sur le règne animal ; toute l’espèce est devenue notre propriété; chaque individu est tout entier à son maître, prend ses mœurs, connaît et défend son bien, et lui reste attaché jusqu’à la mort. La vitesse, la force et l’odorat du chien en ont fait pour l’homme un allié puissant contre les autres animaux. Il est le seul qui ait suivi l’homme par toute la terre. »
Quelques naturalistes pensent que le chien est un loup, d'autres que c’est un chacal apprivoisé : les chiens redevenus sauvages dans les contrées désertes, tout en ayant les oreilles droites, ne ressemblent cependant ni à l’un ni à l’autre, et conservent la queue recourbée du chien domestique.
Le loup a la même organisation que le chien et peut produire avec lui des métis féconds; mais, au lieu d’être éminemment sociable comme le chien, il vit habituellement solitaire et ne se réunit à d’autres loups que pour mettre leur force en commun, lorsque la faim les presse. Il a la taille et la physionomie du mâtin, dont les oreilles seraient droites, le pelage fauve et la queue droite. Il attaque tous nos animaux domestiques, et ne montre pas cependant un courage proportionné à sa force. Ses habitudes et son développement physique ont beaucoup de rapport avec ceux du chien.
Le chacal, ou loup doré, a plus de rapport encore avec nos chiens. Il habite les contrées chaudes de l’Asie et de l’Afrique, et vit en troupes nombreuses dont les membres chassent en commun et se défendent mutuellement. Il est plus petit que le loup, a le museau plus poinlu, gris-brun, les cuisses et les jambes fauve clair, la queue droite n’atteignant guère qu’au talon.
Les renards sont distingués des chiens et des loups par une queue plus longue et plus touffue, par un museau rétréci et plus
CARNASSIERS. — CARNIVORES
pointu, parleurs pupilles qui, de jour, sont contractées en ligne verticale, comme celles des chats; enfin parleurs incisives supé* rieures moins échancrées. Ils répandent une odeur fétide, se creusent des terriers, sont très-rusés et n’attaquent que les animaux faibles. On en connaît un grand nombre d’espèces répandues dans toutes les parties du monde.
La sous-tribu des civettes présente trois fausses molaires en haut, quatre en bas, dont les antérieures tombent quelquefois ; deux tuberculeuses en haut, une seule en bas. Leur carnassière inférieure est pourvue en avant et du côté interne de deux tubercules saillants, le reste de cette dent étant plus ou moins tuberculeux; leur langue est hérissée de papilles aiguës et rudes; leurs ongles se redressent plus ou moins dans la marche, et près de leur anus est une poche plus ou moins profonde, où des glandes particulières font suinter une matière onctueuse et odorante. Cette sous tribu renferme plusieurs genres ou sous-genres: les cweltes proprement dites, les genettes, les mangoustes , etc.
Le genre propre des civettes comprend deux espèces, la vraie civette ( Vivevva. civet ta, L.),et le zibeth ( Viverra zibetha , L.). La première {fig. 787) habite les-contréesles plus chaudesde l’Afrique, depuis la Guinée et le Sénégal jusqu’en Abyssinie. Elle a environ
Fig. 737. — Civeite.
75 centimètres de long, non compris la queue, sur 27à 32 centimètres de hauteur au garrot. Son museau est moins pointu que celui du renard et garni de longues moustaches; son poil est assez long, un peu grossier, et celui qui règne le long du dos et de la queue forme une sorte de crinière que l’animal relève lorsqu’on l’irrite; il est d’un gris variable, irrégulièrement rayé et tacheté de brun noirâtre. Les quatre jambes sont d’un brun noirâtre uniforme, ainsi que la moitié postérieure de la queue; le haut des membres et le commencement de la queue sont marqués d anneaux tigrés; la tête et le cou sont blanchâtres avec de larges bandes brunes.
LES MAMMIFÈRES
Ce qui caractérise particulièrement la civette, c’est une bourse qui s’ouvre au dehors par une fente située entre l’anus et les organes de la génération (fig. 788). Cette fente est pareille dans l’un et l’autre sexe, ce qui les rend assez difficiles à distinguer extérieurement. Cette fente conduit dans deux cavités de la contenance d’une amande, dont la paroi interne est percée de
plusieurs trous conduisant dans autant defollicules glanduleux dans lesquels se produit la substance odoriférante. Tous ces follicules sont enveloppés par une tunique qui reçoit beaucoup de vaisseaux sanguins, et le tout est recouvert d’un muscle qui peut comprimer les follicules et la bourse commune, et en faire sortir le parfum.
Mais, pour se le procurer plus facilement, dans plusieurs parties de l’Afrique on élève les civettes en captivité, et, suivant des voyageurs, en Abyssinie, il y a des marchands qui en ont plus de 300.
Tous les huit jours on vide leur poche avec une petite cuiller qu’on y introduit après avoir fixé l’animal de manière à ce qu’il ne puisse nuire à l’opérateur, ni faire de mouvements capables de le faire blesser lui-même, et l’on renferme le parfum dans un vase qu’on bouche bien, ou mieux, à ce qu’il paraît, dans une corne creuse où la matière se dessèche en partie et acquiert un parfum plus agréable.
La civette parfum est une matière onctueuse de nature adiporésineuse; elle est d’abord jaunâtre et demi-fluide; mais elle brunit et devient très-épaisse en vieillissant. Telle que je l’ai, elle possède une odeur très-forte et ammoniacale, qui participe du musc et de la matière fécale, et qui est certainement fort désagréable; mais le papier qui recouvre le bouchon du flacon ne conserve qu’ur.e odeur de musc pure et adoucie, qui explique la confusion qui a si longtemps existé, quant au nom et à la matière, entre le musc et la civette (1).
Fig. 788. — Appareil de la civette
(l) C’est une espèce de civette qui se trouve décrite dans les Mémoires de l' Arade'mie , année 1731, sous le nom de musc ; d’un autre côté, les boîtes de musc de Chine contiennent, sous le couvercle, une représentation de la chasse d’un animal qui est une civette, et non un chevrotain porte-musc. (*)
(*) an, glandes de la civette ; b, leurs orifices s’ouvrant dans la poche ; ce, glandes anales ; dd, leurs orifices; e, anus; f, vulve ; g, clitoris (Vloquiu-Tandou).
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La civette a été usitée en médecine comme stimulante, nervale et antispasmodique; mais elle n’est plus guère employée aujourd hui que dans la parfumerie. M. Boutron en a donné une bonne description et un essai d’analyse (1).
Le zibetii {fitj. 789) a beaucoup de ressemblance avec la civette; mais il a le poil plus court et touffu, pas de crinière, la
queue ronde, à poil court et épais, blanchâtre, avec des demianneaux noirs sur toute sa longueur (2). Il habite les deux presqu îles de 1 Inde, les îles Moluques et les Philippines. On l’élève captif dans des cages, comme la civette d’Afrique, et on lui enlève sa substance odorante de la môme manière, à l’aide d’une petite cuiller ou d’une tige creuse de bambou. On étale la matière sur des feuilles de poivre pour lui enlever les poils qui s y froment mélangés, et on la lave, dit-on, avec de l’eau salée et du suc de limon, avant de la renfermer dans des boîtes de plomb.
Une ti oisième espèce de civette, propre â l’île de Java, nommée Tu en a tas.se, et qui est probablement Y animal au musc de La Peyronie (3), produit un parfum comparable aux précédents; mais la genette commune, qu’on trouve depuis la France méridionale jusqu’au cap de Bonne-Espérance, n’en fournit pas, sa poche a paifum se réduisant à un enfoncement très-léger presque sans excrétion. Cet animal diffère en outre des civettes par ses pupilles qui prennent â la lumière la forme d’une fente verticale, et par ses ongles qui se retirent entièrement entre les doigts* comme ceux des chats.
Les manfi'ousiei ont la forme et les habitudes carnassières des fouines et des belettes, le poil et la dentition des civettes, dont elles diffèrent par leur poche simple et volumineuse, au fond de laquelle s ouvre 1 anus. Il en existe un assez grand nombre d’espèces ou de variétés, répandues dans toute l’Afrique, dans l’Inde et aux îles Malaises. Celle d Égypte était connue des anciens
(1) Boutron, Journal de pharmacie, t. X, p. S'il.
(2) Buffon, Hist. nat., t. IX, pl. 31 et 32.
(3) La Peyronie, Académie des sciences, 1731, p. 443.
LES MAMMIFERES.
sous le nom cl ’ichneumon et a été nommée plus tard rat de Pharaon. Elle est longue de 50 centimètres, mesurés depuis le bout du museau jusqu’à l’origine de la queue, et cette dernière partie est d’une longueur à peu près égale; la hauteur du corps n’atteint pas 20 centimètres.
Les anciens Égyptiens élevaient la mangouste en domesticité et lui rendaient une sorte de culte; elle leur rendait des services réels en détruisant les rats et les souris, les petits reptiles, et surtout en se nourrissant d’œufs de crocodile qu’elle sait trèsbien trouver dans le sable où ils ont été déposés. Mais elle détruit la volaille et les lapins, étrangle les chats, attaque même les chiens, et sera d’autant moins utile et d’autant plus nuisible que le pays deviendra plus peuplé et plus civilisé. Elle y est plus rare qu’autrefois, et n’y est plus nulle part à l’état de domesticité.
La mangouste de l’iutle, et celle de Java décrite par Rumphius (1), ne sont pas moins célèbres par leur instinct qui les porte à attaquer les serpents les plus venimeux, et par l’usage qu’elles font, dit-on, de certaines racines pour se guérir de leurs morsures. Ces racines, connues dans les Indes, ainsi que l’animal, sous le nom de mungo (dont Buffon a fait mangouste ), sont surtout celle de YOphioxylum serpentinum et celle de YOphiorhiza mungos, Rich., de la famille des Rubiacées.
La dernière subdivision des digitigrades manque complètement de petites dents derrière la grosse molaire d’en bas. Elle contient les animaux les plus cruels et les plus carnassiers de la classe; on les divise en deux genres, les hy'enes et les chats.
Les hyènes ont trois fausses molaires en haut, quatre en bas, toutes coniques et singulièrement grosses; leur carnassière supérieure a un petit tubercule en dedans et en avant, mais l’inférieure n’en a pas et présente deux fortes pointes tranchantes. Cette armure vigoureuse leur permet de briser les os des plus fortes proies; leur langue est rude, leur train de derrière est beaucoup plus bas que celui de devant, et tous leurs pieds n’ont que quatre doigts. Au-dessus de l’anus est une poche profonde et glanduleuse. Les muscles de leur cou et de leur mâchoire sont si robustes, qu’il est presque impossible de leur arracher ce qu’elles ont saisi, et qu’elles peuvent emporter dans leur gueule des proies énormes, sans les laisser toucher au sol. Malgré cette grande force, ce sont des animaux lâches et nocturnes, qui attaquent rarement les animaux vivants et se nourrissent plutôt de cadavres, qu’ils vont chercher jusque dans les tombeaux.
(I, Rumphius, Amboin. auduar ., p. 60, tab. ?8.